Veronika décide de mourir


Veronika décide de mourir de Paulo Coelho

287 pages, éditions Le Livre de Poche, à 5,50€


Résumé : Veronika est jeune et jolie. Elle a un travail, des amis. Une vie apparemment satisfaisante. Pourtant, elle n’est pas heureuse. Le 21 novembre 1997, elle décide de mourir. Son suicide raté la conduit dans un hôpital psychiatrique. Là, à côté de malades mentaux, elle découvre une population qui ne semble chercher qu’un abri contre la réalité, ou une fuite hors de la routine… Une nouvelle initiation va commencer pour elle. Elle comprendra que nous avons le choix de vivre ou de renoncer, que nous pouvons donner un sens à notre vie, qu’il faut pour cela retrouver notre Moi véritable. Et même notre part de folie… Les millions de lecteurs de L’Alchimiste et de La Cinquième Montagne ont trouvé auprès de Paulo Coelho un guide dans leur quête la plus intime. Il s’adresse ici à tous ceux qui, comme Veronika, ont été tentés de désespérer.


Extraits : « Le 21 novembre 1997, Veronika décida qu’était enfin venu le moment de se tuer. »

« Comment juger, dans un monde où l’on s’efforce de survivre à tout prix, ceux qui décident de mourir ? Personne ne peut juger. Chacun connaît la dimension de sa propre souffrance et sait si sa vie est vide de sens. »


Mon avis : Ce que j’apprécie particulièrement dans chacun des ouvrages de Paulo Coelho, c’est sa capacité à nous sortir de notre zone de confort, de nous ouvrir l’esprit à des questionnements philosophiques et spirituelles inattendus et surprenants. C’était notamment le cas dans Brida, le dernier roman que j’ai lu de cet auteur, où une jeune femme découvrait les secrets de l’univers, dont l’amour, sentiment le plus puissant au monde. Dans Veronika décide de mourir, le titre tragique met pleinement en valeur la thématique centrale : la mort. Mais autour d’elle, gravitent de nombreux sujets annexes, tout aussi importants, qui nous font immensément réfléchir sur la vie et la mort : la folie, la différence, l’amour, l’amitié…

Veronika est une jeune femme d’une vingtaine d’années, qui décide de mettre un terme à sa vie. Elle pense avoir fait le tour de son existence et ne plus avoir rien à découvrir. Elle choisit d’avaler un grand nombre de médicaments pour mourir. Mais sa tentative de suicide échoue et elle se retrouve dans un hôpital psychiatrique. Les médecins en charge de son cas lui annonce alors qu’il ne lui reste que quelques jours à vivre. D’abord agacée par son raté, puis impatiente de finir son existence, la jeune femme va finalement profiter du temps bénéfique qu’il lui reste à vivre pour faire des expériences nouvelles, qui vont lui ouvrir l’esprit et le coeur.

Comme souvent avec Paulo Coelho, on suit un cheminement spirituel qui nous questionne sur le sens de la vie. Une introspection bienveillante et pure, qui nous donne les clés pour comprendre la valeur de sa propre vie et tout le bonheur qui peut en résulter.

Plongés en pleine coeur d’un hôpital psychiatrique, on se rend compte que les personnes qui y sont internées ne sont pas toutes aussi folles que l’on voudrait nous le faire croire. Bien au contraire, ce sont des personnes sages, qui ont choisies de vivre leur vie différemment de celles des autres, de se soustraire aux lois qui régissent les codes de bonne conduite et de bien-vivre en société. Leur différence fait véritablement leur force. On fait la connaissance d’une Maria sage, mais torturée par la panique intérieure, d’un Edouard pudique et doux, jeune schizophrène aux goûts artistiques raffinés, qui se plaît à écouter Veronika jouer du piano pendant des heures, ou encore d’une Zedka mystérieuse, qui s’évade dans d’autres mondes à l’aide d’injections d’insuline. Autant de rencontres touchantes, qui vont donner un éclairage nouveau sur la folie, ce substitut péjoratif pourtant essentiel à chacun. Aussi, pour la petite anecdote, l’auteur lui-même, jeune homme âgé de 17 ans, introverti et rebelle, est forcé par ses parents à séjourner dans un hôpital psychiatrique à plusieurs reprises. C’est dans sa propre expérience qu’il puisera le matériau nécessaire pour écrire ce livre.

Arrêtons-nous un instant sur le dénouement de ce livre, qui m’a beaucoup surpris : je termine cette lecture sur une touche positive, avec un retournement de situation inattendu et intelligent, qui apporte davantage de réflexion spirituelle autour de la quête du bonheur. Je ne vous en dirais pas plus, pour ne pas vous gâcher le plaisir de le découvrir par vous-même, mais sachez qu’il vaut le détour !

Adapté au cinéma en 2009, le film Veronika décide de mourir a connu un succès modéré. Il est certainement difficile d’égaler l’oeuvre d’un aussi grand auteur que Paulo Coelho : la force de ses mots sont la véritable arme qui font de chacune de ses histoires un moment de pure découverte littéraire.


Un roman spirituel et philosophique, qui nous fait réfléchir sur le sens de l’existence : du Paulo Coelho dans toute sa splendeur !

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 2-253-15227-7
Traduction : Françoise Marchand-Sauvagnargues

Inferno


Inferno de Dan Brown

612 pages, éditions Le Livre de Poche, à 8,30€


Résumé : Robert Langdon, professeur de symbologie à Harvard, se réveille en pleine nuit à l’hôpital. Désorienté, blessé à la tête, il n’a aucun souvenir des dernières trente-six heures. Pourquoi se retrouve-t-il à Florence ? D’où vient cet objet macabre que les médecins ont découvert dans ses affaires ? Quand son monde vire brutalement au cauchemar, Langdon décide de s’enfuir avec une jeune femme, Sienna Brooks. Rapidement, Langdon comprend qu’il est en possession d’un message codé, créé par un éminent scientifique qui a consacré sa vie à éviter la fin du monde, une obsession qui n’a d’égale que sa passion pour « Inferno », le grand poème épique de Dante. Pris dans une course contre la montre, Langdon et Sienna font tout pour retrouver l’ultime création du scientifique, véritable bombe à retardement, dont personne ne sait si elle va améliorer la vie sur terre ou la détruire…


Extraits : « Pour un homme habitué à se remémorer le moindre détail visuel, ne plus avoir de souvenirs, c’était comme vouloir piloter un avion en plein brouillard et sans radar. »

« Rien n’est plus créatif, plus inventif, qu’un esprit brillant visant un but. »


Mon avis : Après Da Vinci Code ou Anges & Démons, Robert Langdon, notre héros intrépide, éminent professeur de symbiologie à Harvard, est de retour dans Inferno. L’ensemble des oeuvres de Dan Brown peuvent se lire indépendamment les unes des autres, n’ayez crainte.

Dans cet opus, Robert Langdon se réveille à l’hôpital, amnésique, avec une plaie conséquente au niveau de la tête, totalement incapable de se souvenir des deux derniers jours qu’il a passé. Quand une femme armée fait irruption dans sa chambre d’hospitalisation avec l’intention de le tuer, il s’enfuie avec Sienna Brooks, l’infirmière alors à son chevet. Ce n’est qu’une fois en lieu sûr qu’il découvre dans une doublure de son manteau un mystérieux objet, qu’il n’a pas souvenir d’avoir déjà vu. Il en est certain : les personnes qui le poursuivent veulent s’en emparer. Accompagné de Sienne Brooks, Robert Langdon se lance en aveugle dans une aventure qui va l’emmener à Florence, plus spécifiquement au coeur de l’Inferno de Dante. Une  course contre la montre est enclenchée… ou plutôt, une course contre la mort.

Dan Brown nous emmène à Florence, ville emblématique d’Italie, berceau d’une richesse artistique exceptionnelle, qui accueille bon nombre de musées, d’églises et de palais grandioses. Un voyage culturel sensationnel nous attend, nous, lecteur, mais aussi Robert Langdon et Sienna Brooks, lancés dans une traversée rocambolesque des lieux artistiques majeurs de la ville.

Florence (Toscane), Italie

Car nos deux héros semblent avoir un début de piste : ils soupçonnent que le mystérieux objet présent dans la veste de Robert Langdon ait un lien avec l’oeuvre de Dante, La Divine Comédie, et plus spécifiquement, son chapitre lié à L’Inferno, autrement dit L’Enfer. Dante accomplie un voyage initiatique périlleux à travers neufs cercles de l’Enfer qu’il a imaginé – chacun correspondant à un péché -, passant par le Purgatoire, avant d’arriver au Paradis et d’y rencontrer Dieu. Un éclairage moderne sur cet oeuvre majeure du XIIème siècle, qui a inspiré bien des artistes dans les siècles suivant sa publication.

 

Le récit de L’Enfer de Dante se divise en trois parties : L’Enfer, le Purgatoire puis le Paradis. 

Le peintre italien Sandro Botticelli, par exemple, va s’emparer de l’oeuvre de Dante et va l’illustrer en restant parfaitement fidèle au récit initial. Un tableau qui deviendra presque aussi célèbre que L’Inferno, et qui gravera dans l’esprit des curieux la représentation de L’Enfer imaginée par Dante.

La Divine Comédie illustrée par Botticelli

Dante et La Divine Comédie – Tableau de Domenico di Michelino

Les références culturelles et artistiques sont donc légion dans cette oeuvre. On ressent aisément que Dan Brown s’est largement documenté sur Florence, son architecture, ses symboliques, ses trésors cachés, son histoire secrète, sur les grands noms rattachés à cette belle ville. Si l’idée était de nous faire voyager sans bouger de notre siège, l’effet est réussi : je dirais même qu’il est doublement réussi dans mon cas, puisque j’ai maintenant très envie de voir de mes propres yeux les merveilles décrites dans ce roman.

À cette épopée historique s’ajoute des questionnements philosophiques et scientifiques qui m’ont drôlement fait réfléchir. En effet,  l’auteur aborde des sujets sérieux, actuels, débattus, ou potentiellement amenés à être débattus dans les années à venir, notamment concernant la surpopulation de la planète. Plus de 7 milliards d’habitants peuplent actuellement la planète Terre, dont une grande partie en Chine, en Inde et dans les pays Africains. Une population croissante due à l’avancée en matière de médecine moderne, qui contribue à allonger l’espérance de vie et grâce à une nette amélioration des conditions de vie. Beaucoup s’interrogent sur l’avenir de notre planète et sur un possible surnombre qui viendrait faire imploser la planète. Des scénarios catastrophes extrêmes, mais qui viennent néanmoins titiller notre intellect et nous fait réfléchir sur des actions à mettre en place pour mieux vivre ensemble et construire un avenir commun et durable. Pour en revenir à L’Inferno, l’un des personnages prend un parti pris extrême pour éviter cette surpopulation et les risques encourus pour la planète. Des actions surnaturelles sont mises en place par ce personnage pour limiter le nombre de naissances et réduire drastiquement le nombre d’habitants. Elles peuvent sembler illusoires, mais elles font néanmoins froid dans le dos, en raison des événements qui sévissent actuellement dans le monde.

J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver le coup de stylo si caractéristique de l’auteur, incisif, haletant, rythmé, qui nous fait oublier le volume de ce livre, pourtant heureux porteur de 600 pages bien remplies. Comme ses précédentes oeuvres (Da Vinci Code et Anges & Démons), Inferno s’est vu adapté au cinéma et a rencontré un vif succès auprès du public.


Une course poursuite mémorable à travers l’histoire culturelle et artistique de Florence : du grand Dan Brown ! 

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-253-00456-1
Traducteurs : Dominique Defert et Carole Delporte

Les rivières pourpres


Les rivières pourpres de Jean-Christophe Grangé

409 pages, éditions Le Livre de Poche, à 6,50€


Résumé : Un cadavre, horriblement mutilé, suspendu entre ciel et terre dans les montagnes de la région grenobloise.
Une tombe, celle d’un petit garçon, mystérieusement « visitée » pendant la nuit, cependant que les dossiers le concernant disparaissaient de son école.
Deux énigmes, que vont s’attacher à résoudre deux flics hors normes : Pierre Niémans, policier génial, dont les méthodes peu orthodoxes ont compromis la carrière. Et Karim Abdouf, l’ancien délinquant devenu flic, dont la couleur de peau et les dreadlocks suscitent plutôt la défiance dans le trou de province où on l’a nommé…
Les deux affaires vont se rejoindre, et les deux hommes se reconnaître. Ensemble, ils vont remonter vers le terrifiant secret des rivières pourpres. Un secret qui ne nous sera livré qu’aux dernières pages de ce thriller exceptionnel, dû à l’auteur du Vol des cigognes et porté à l’écran par Mathieu Kassovitz.


Extraits : « Chaque élément d’une enquête est un miroir. Et le tueur se cache dans l’un des angles morts. »

« Personne ne peut comprendre un flic, reprit-il avec gravité. Encore moins le juger. Nous évoluons dans un monde brutal, incohérent, fermé. Un monde dangereux, aux frontières bien établies. Vous êtes en dehors, et vous ne pouvez plus le comprendre. Vous êtes en dedans, et vous perdez toute objectivité. Le monde des flics, c’est ça. Un univers scellé. Un cratère de barbelés. Incompréhensible. C’est sa nature même.


Mon avis : Lauréat du Grand Prix RTL – Lire en 1998, ce roman policier de Jean-Christophe Grangé n’a pas pris une seule ride.

Nous suivons deux enquêteurs, Niémans et Abdouf, qui traitent de deux affaires distinctes. L’un est sur la piste d’un tueur de jeunes hommes, qui sacrifie certaines parties du corps de ses victimes, avant de les mettre en scène dans des positions spectaculaires. L’autre recherche une personne accusée d’avoir usurpée des photographies d’un enfant décédé et d’être allé fouiller à l’intérieur de son cercueil. En l’occurence, rien ne prédisposait les deux enquêtes à se lier… et pourtant, les deux enquêteurs vont collaborer pour tenter de percer ces énigmes… qui ne font qu’une.

J’ai ressenti un plaisir évident à rouvrir un polar de Jean-Christophe Grangé, d’autant que ma dernière rencontre littéraire avec cet auteur date de près de dix ans. Je l’avais découvert au travers de Miserere, un thriller angoissant, qui m’avait donné de terribles sueurs froides. Les rivières pourpres fait beaucoup moins peur au sens premier du terme, mais la tension accumulée au fil des pages amènent tout de même crainte et anxiété. Il faut dire que l’auteur manie les mots et les émotions de ses lecteurs à la perfection, nous captivant dans une enquête intrépide et frémissante d’excitation. 

Fort du succès de ce polar, le réalisateur français Mathieu Kassovitz l’adapte au cinéma en 2000, en choisissant des acteurs de renom, comme Jean Reno et Vincent Cassel. Une adaptation fortement plébiscitée par la critique, qui semble rester assez fidèle à l’histoire initiale.


Un bon thriller, saisissant, haletant et glaçant, qui vous alpague dès les premières pages, pour ne vous lâcher qu’au dénouement. 

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-253-17167-6

La vie rêvée d’Ernersto G.


La vie rêvée d’Ernersto G. de Jean-Michel Guenassia

566 pages, éditions Le Livre de Poche, à 7,90€


Résumé : 1910-2010. Prague, Alger, Paris. Nous suivons la traversée du siècle de Joseph Kaplan, médecin juif praguois, des guinguettes de Joinville à la peste d’Alger, de la guerre à l’effondrement communiste. Ses amours, ses engagements, ses désillusions sont contés à travers les tourmentes de l’Histoire. Et surtout, la rencontre qui bouleversa sa vie, celle qu’il fit un jour de 1966 avec un révolutionnaire cubain, un certain Ernesto G., échoué dans la campagne tchèque après sa déroute africaine.


Extraits : « Il en fallait du courage pour partir dans un pays inconnu et affronter la mort quand la plupart n’avaient jamais touché à une arme. »

« Dans la vie, mon fils, la seule chose durable et certaine, c’est la terre. Elle ne vous déçoit jamais. La pierre aussi, bien sûr.« 


Mon avis : Après son incroyable premier roman, Le Club des Incorrigibles Optimistes, récompensé du Goncourt des lycéens en 2009, Jean-Michel Guenassia revient en force avec La vie rêvée d’Ernesto G., un récit qui reprend les codes stylistiques et narratifs de son premier livre.

Dans celui-ci, nous suivons Joseph Kaplan, jeune médecin juif praguois, qui, après la fin de ses études parisiennes, est envoyé à Alger pour faire des recherches sur la peste à l’Institut Pasteur. La vie de Joseph n’est pas un long fleuve tranquille : balloté d’Alger à Prague, il traversera les époques et fera des rencontres étonnantes, qui marqueront sa vie à tout jamais. La vie rêvée d’Ernesto G. n’est pas une histoire qu’on raconte aisément : sa densité, sa consistance narrative ainsi que sa profondeur stylistique en font un roman magistral, qui se vit tout simplement. Tenter de le résumer serait régressif, tant les thématiques sont nombreuses.

Comme dans Le Club des Incorrigibles Optimistes, Jean-Michel Guenassia lie avec brio une histoire romancée, légère et accessible à des pans historiques plus complexes. Ainsi, il aborde avec menus détails les horreurs  de la guerre d’Espagne, puis de la Seconde guerre Mondiale, la Libération, la montée en puissance du communisme, avec notamment l’irruption du Che, révolutionnaire cubain qui se bat contre l’impérialisme américain. Grâce à ce livre, c’est une grande partie de l’histoire mondiale du XXème siècle que l’on traverse.

J’ai appréciée suivre la vie tumultueuse de Joseph Kaplan, ce personnage bienveillant mais énigmatique, qui garde une grande part de mystère durant l’ensemble du récit. C’est un héros complexe, qu’il est difficile de bien cerner. J’ai également particulièrement apprécié le personnage de Christine, la petite amie de Joseph, une femme indépendante, qui se revendique féministe et communiste, qui se bat pour ses idées et ses droits. J’ai aimé sa force de caractère, son courage, son tempérament de battante, qui la pousse à poursuivre ses actions, au détriment des échecs et déceptions. Ce sont des femmes comme elle qui ont fait avancer les choses en matière de droit des femmes, d’égalité des sexes et de droits sociaux en général.

Ne vous inquiétez pas, le contexte politique et historique prend de la place, mais il reste quand même une grande part de fiction. L’amour, l’amitié, la trahison, les nombreux pas de danse, la famille, les rencontres improbables, les moments de solitude, les grandes joies, les déceptions, les abandons, les retrouvailles… sont autant de moments qui dictent la vie de Joseph. Il faut reconnaître à l’auteur son talent de conteur, la puissance de ses mots, capables de nous embarquer dans des contrées lointaines, aux côtés de personnages rocambolesques. Même si j’ai beaucoup aimé découvrir ce roman, j’avoue garder une préférence pour Le Club des Incorrigibles Optimistes, lu il y a quelques années déjà, où j’avais ressenti bien plus d’émotions que dans La vie rêvée d’Ernesto G.. Peut-être que je deviens plus exigeante avec les années ? Ça n’en reste pas moins une bonne lecture !


La vie rêvée d’Ernesto G. est un récit palpitant, qui dresse le portrait de Joseph Kaplan, personnage énigmatique qui traversera l’Histoire du XXème siècle. Un voyage historique intelligent, passionnant et bien écrit, qui nous emporte facilement à travers cette épopée littéraire. Pas aussi bien que Le Club des Incorrigibles Optimistes, mais agréable à lire tout de même !

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-253-19416-3

Le Sourire des femmes


Le Sourire des femmes de Nicolas Barreau

329 pages, éditions Le Livre de Poche, à 7,10€


Résumé : Le hasard n’existe pas ! Aurélie, jeune propriétaire d’un restaurant parisien, en est convaincue depuis qu’un roman lui a redonné goût à la vie. À sa grande surprise, l’héroïne du livre lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Intriguée, elle tente d’entrer en contact avec l’auteur, un énigmatique collectionneur qui vit reclus dans son cottage. Qu’à cela ne tienne, elle est déterminée à faire sa connaissance ! Une comédie romantique avec un soupçon de magie et un zeste d’enchantement.


Extraits : « L’année dernière, en novembre, un livre m’a sauvé la vie. Je sais que cela semble très peu vraisemblable. Certains pourraient trouver extravagant ou mélodramatique que je dise ce genre de chose. Malgré tout, c’est précisément ce qui s’est passé. »

« Les années ne signifient rien. Seul compte ce que tu en fais.« 


Mon avis : Une comédie romantique légère et enivrante, voilà bien le genre de lecture qu’il me fallait en ces temps sombres de confinement !

Aurélie est une jeune propriétaire d’un restaurant parisien. Un beau jour, son compagnon, Claude, lui laisse un mot de rupture, qui va l’anéantir. Pour se consoler, elle déambule dans Paris et échoue dans une librairie, où, sous les recommandations du librairie, elle repart avec un livre feel good, « Le Sourire des femmes ». Hasard ou coïncidence, ce roman, qui se passe à Paris, met en scène son restaurant et une protagoniste qui lui ressemble étrangement. Voyant dans cette coïncidence un signe du destin, Aurélie va écrire une lettre à l’auteur, Robert Miller, lui disant tout le bien que son livre lui a procuré et l’invitant à dîner dans son restaurant. Sauf que Robert Miller n’existe pas réellement, c’est un personnage inventé de toute pièce par l’éditeur, André Chabanais. Comment Aurélie va-t-elle réagir en apprenant ce mensonge ?

J’ai dévoré ce livre en une seule après-midi. C’est le genre de lecture printanière, au style d’écriture légère, fluide et rythmée qui m’emporte et me fait du bien. Le scénario est original, bien qu’un peu surjoué et irréaliste, on se prend quand même au jeu. Les personnages sont attachants, un peu naïfs parfois, mais on ressent de la compassion et l’empathie envers eux.

Je regrette néanmoins que la romance ne soit pas plus développée. On ne peut même pas parler d’histoire d’amour entre Aurélie et le personnage masculin, puisqu’elle ne reste qu’à son état embryonnaire, superficielle, fictive, peu crédible. Seuls les quelques chapitres finaux mettent en scène l’effusion romantique telle que je l’attendais durant l’ensemble de ma lecture.


Le Sourire des femmes est une comédie romantique qui fait du bien, grâce à laquelle on passe un agréable moment de lecture aux côtés de personnages sympathiques. Je n’en garderais pas un souvenir impérissable, mais j’ai apprécié la légèreté de l’histoire, qui m’a apporté gaieté et sourire.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-253-09981-9
Traducteur : Sabine Wyckaert-Fetick