Trois jours avant Noël et Le Voleur de Noël


Trois jours avant Noël & Le Voleur de Noël
de Mary & Carol Higgins Clark

443 pages, éditions Le Livre de Poche


Résumé de Trois jours avant Noël : Nora Reilly, célèbre auteur de romans policiers, n’a vraiment pas de chance. Passe encore d’être hospitalisée trois jours avant Noël pour une jambe stupidement cassée, mais quand son mari Luke et son chauffeur Rosita Gonzalez se font kidnapper par deux affreux méchants, Nora commence vraiment à se faire du souci.

Pas tant pour le million de dollars que réclament les preneurs d’otages, mais bien pour la vie de ceux-ci. Heureusement, Nora a sous la main sa fille Regan, détective privée de son état. Celle-ci sera bientôt rejointe par Alvirah Meehan, une collègue bien précieuse…

Résumé de Le Voleur de Noël : New York. Au pied du Rockefeller Center, sur la 5eme Avenue, on fête tous les ans Noël en musique, autour d’un immense sapin. Mais cette année, une mystérieuse disparition dans les forêts du Vermont risque de gâcher la tradition.

A moins qu’avant les douze coups de minuit, Regan Reilley et Alvirah Meehan ne démasquent le coupable qui a ravi un butin beaucoup plus précieux qu’on ne le croit.


Extraits : « La culpabilité est un cadeau qu’on ne finit jamais de recevoir.. »

« Lorsqu’un danger menace un être qui vous est proche, l’esprit se transforme en un kaléidoscope de souvenirs. »


Mon avis : Ce livre contient deux histoires policières, qui sont écrites à deux mains, par la très célèbre Mary Higgins Clark et sa fille, Carol Higgins Clark. Toutes deux se passent durant les fêtes de fin d’année.

La première, Trois jours avant Noël, est l’histoire du kidnapping de Luke, directeur de plusieurs funérariums et de sa chauffeuse, Rosita. La fille de Luke, Regan, est une détective reconnue dans sa profession et se lance à la recherche de son père. Aidée par Alvirah, une voisine et détective à ses heures perdues et Jack, un policier très compétent, ils espèrent retrouver Luke et Rosita avant le grand soir de Noël.

Dans la seconde histoire, Le voleur de Noël, nous retrouvons l’ensemble des personnages de la première enquête : Luke, Nora, Regan, Jack, Alvirah et Willy. Ils se retrouvent tous ensemble dans le Vermont et vont être les témoins de disparitions inquiétantes : celle de leur amie Opal d’abord, puis de l’épicéa qui aurait dû être abattu et trôner au centre du Rockfeller Center. Nos enquêteurs font tout de suite le rapprochement entre ces disparitions et la libération de Packy, un escroc condamné pour une douzaine d’années de prison, qui s’est échappé alors qu’il était en libération conditionnelle.

Les deux histoires se déroulent quelques jours seulement avant Noël. Mais hélas, je n’ai pas ressenti tant que ça la féerie de cette période de l’année. J’avoue qu’il est plus compliqué de placer un contexte de fêtes de Noël dans des romans policiers, mais quand même, au vu des deux titres des ouvrages, je pensais me projeter un peu plus que ça dans cette période. Il y a quand même quelques références à Noël : le déguisement du père Noël dans la première histoire, l’arbre de Noël du Rockfeller Center dans la seconde histoire… mais c’est tout. Assez léger quand même et pas suffisant pour être immerger dans l’esprit de Noël, vous ne trouvez pas ?

À part ça, j’ai quand même trouvé les deux histoires bien construites, remplie de suspense, avec suffisamment d’actions pour nous tenir en haleine jusqu’à la fin. D’autant, il faut le rappeler, que ces deux histoires ont été écrites à quatre mains : ce ne devait pas être évident de combiner les idées et d’écrire à tour de rôle, de façon à ce que chacune des deux auteurs puisse retrouver un peu de sa pâte dans les histoires. J’ai apprécié découvrir Carol Higgins Clark, la fille de la très grande écrivaine Mary Higgins Clark et lirai avec plaisir l’un de ses polars si l’occasion se présente.


Un livre regroupant deux histoires policières écrites à quatre mains, qui vous divertira en attendant Noël.

Ma note : 7/10

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Le tribunal des âmes


Le tribunal des âmes de Donato Carrisi

546 pages, éditions Le Livre de Poche, à 7,60€


Résumé : Les crimes commencent par des aveux.
Rome. Sa dolce vita, son Capitole, ses foules de pèlerins, ses hordes de touristes. Sa pluie battante, ses sombres ruelles, ses labyrinthes souterrains et ses meurtriers insaisissables.
Marcus est un homme sans passé. Sa spécialité : analyser les scènes de crime pour déceler le mal partout où il se terre. Il y a un an, il a été grièvement blessé et a perdu la mémoire. Aujourd’hui, il est le seul à pouvoir élucider la disparition d’une jeune étudiante kidnappée
Sandra est enquêtrice photo pour la police scientifi que. Elle aussi recueille les indices sur les lieux où la vie a dérapé. Il y a un an, son mari est tombé du haut d’un immeuble désaffecté. Elle n’a jamais tout à fait cru à un accident. Leurs routes se croisent pour les conduire chacun au carrefour où il faut choisir entre la vengeance et le pardon.


Extraits : « Ils ne sont pas muets, pensa-t-elle. Les objets nous parlent en silence, il suffit de savoir les écouter. »

« Quand ils parlent d’eux-mêmes, les gens s’entourent de superstructures auxquelles ils finissent par croire. Mais le lieu où ils ont choisi de vivre, inévitablement, dit tout d’eux. »


Mon avis : C’est la première fois que je m’aventure à lire du Donato Carrisi, et je m’attendais à quelque chose de grandiose. Il faut savoir que cet auteur italien, célèbre et reconnu mondialement, s’est principalement fait connaître pour son roman Le Chuchoteur, qui a connu un succès planétaire. Je me suis donc lancé tête baissée dans la lecture du Tribunal des âmes, convaincue du talent de l’auteur.

L’histoire se passe à Rome. Une jeune fille nommée Lara est portée disparue. Marcus et Clemente, deux mystérieux hommes, des pénitenciers dont personne ne doit connaître l’identité, se lancent, en parallèle de la police, dans une enquête effrénée pour retrouver la trace de Lara. D’autant plus que Jeremiath Smith, l’auteur présumé de l’enlèvement de Lara et de bien d’autres jeunes filles, se trouve être entre la vie et la mort, et donc incapable de dévoiler un indice du lieu où il la tient capture. À côté de ça, nous découvrons Sandra Vega, une policière photographe, qui s’est lancée à la recherche des causes de la mort, soit-disant accidentelle, de son défunt mari. Elle va faire la rencontre de Shaber, un agent d’Interpol, qui se dit prêt à l’aider dans ses recherches. Toutes les  enquêtes vont se croiser, les histoires vont se mêler, les personnages s’entraider les uns les autres pour arriver à percer leurs énigmes respectives.

On se retrouve face à un imbroglio assez extraordinaire. En essayant de résumer cette histoire, je me rends encore plus compte de la difficulté que c’est d’écrire en quelques lignes la trame de près de 600 pages. D’autant que l’histoire n’est pas simple à comprendre, il faut s’accrocher et bien rester concentré pour éviter de se perdre dans les différentes enquêtes. Donato Carrisi lance des idées comme s’il en pleuvait, et justement, ça en devient très compliqué d’appréhender correctement l’histoire et de comprendre les personnages. Tout se mélange et on s’y perd. D’autant plus que je m’attendais à retrouver un suspens intenable, de ceux dont seuls les maîtres des polars ont le secret, qui vous tient en haleine toute la soirée et vous empêche d’aller vous coucher. Mais non. Je ne me suis pas ennuyée, mais je n’ai pas été spécialement happée par cette histoire.

J’ai quand même grandement apprécié découvrir une autre facette de Rome et un univers singulier et caché de l’église : les pénitenciers. Ce sont des prêtres, surnommés « chasseurs des ténèbres », qui se sont octroyés le droit d’absoudre les pêchés les plus graves, mais surtout, d’enquêter, en parallèle de la police, sur des affaires importantes. Marcus et Clemente sont de ceux-là, et ils vont aider, dans l’ombre, la police a mener son enquête.

Je tiens à féliciter l’auteur pour les nombreuses informations qu’il nous fournit sur les pénitenciers, sur les monuments et éléments religieux divers. Il le dit lui-même dans ses notes de fin, ce travail de recherche lui a pris énormément de temps – plus de deux mois à dialoguer avec le Père Jonathan, un prêtre singulier vivant à Rome, avec qui il perdra totalement par la suite.


Une enquête complexe à suivre, mais bien documentée, qui vous entraînera au coeur des plus grands mystères religieux de Rome. Ce fût une bonne lecture, mais je m’attendais à mieux.

Ma note : 5,5/10

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Roadmaster


Roadmaster de Stephen King

605 pages, éditions Le Livre de Poche


Résumé : Un inconnu s’arrête dans une station-service perdue au fin fond de la Pennsylvanie, au volant d’une Buick « Roadmaster », un magnifique modèle des années 1950… qu’il abandonne là avant de disparaître. Alertée, la police vient examiner le véhicule, qui se révèle entièrement factice et composé de matériaux inconnus.
Vingt ans plus tard, la Buick est toujours entreposée dans un hangar de la police d’État, et rien n’a filtré des phénomènes surnaturels qui se produisent à son entour, et qu’elle semble provoquer. Un homme veut cependant savoir la vérité : Ned Wilcox, le fils du policier initialement chargé de l’enquête, mort depuis dans un mystérieux accident.
Et si rouvrir les portières de la mystérieuse automobile revenait à ouvrir les portes de l’horreur ?
Après l’accident qui faillit lui coûter la vie en 1999, Stephen King a consacré trois ans à l’écriture de ce roman – l’œuvre d’un magicien de l’épouvante parvenu au sommet de son art !


Extraits : « Il y a dans toute vie de ces moments difficiles où on s’aperçoit qu’il y a beaucoup plus de gens prêts à vous secourir qu’on ne l’aurait cru. Et que malheureusement, ce n’est pas encore suffisant. »

« Quelquefois, la réussite nous accable mille fois plus que l’échec. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est ainsi.« 


Mon avis : Après plusieurs longues années sans avoir relu un Stephen King, je me suis persuadée que cette période pré-Halloween était l’idéale pour sortir un de ses romans de ma Pile à Lire. Me voici donc en pleine lecture de Roadmaster.

Roadmaster, c’est la marque d’une mystérieuse Buick, abandonnée par un homme en noir à une station-service. Recueilli par les policiers et mise à l’abri dans un hangar, cette voiture est loin d’être ordinaire. Construite dans des matériaux étranges, il émane en plus d’elle des phénomènes qui dépassent l’entendement : une température qui baisse, des éclairs qui se produisent, des créatures qui apparaissent dans le hangar où elle est rangée… Ned Wilcox, le fils d’un policier mort vingt années plus tôt lors d’une de ses missions, veut en savoir plus sur cette voiture qui a tant intrigué son père. Les anciens collègues de son père, Eddie, Sandy, Shirley, et tous les autres, vont tâcher de retracer avec exactitude l’histoire de cette voiture au gamin.

Nous sommes donc constamment partagé entre le temps présent et les retours dans le passé, où les personnages se relaient pour raconter avec exactitude l’ensemble des événements qui leur sont arrivés avec la Buick. Le mystère qui entoure l’entoure demeure complet, du début à la fin. Personne ne sait ce qu’elle est, personne ne sait d’où elle vient, ni quels dangers elle représente. Tout comme les personnages, nous sommes plongés dans un flou profond, qui nous empêche de discernement clairement les motivations de cette voiture, presque extraterrestre. Au début, j’ai été immédiatement prise dans le récit, curieuse d’en savoir plus sur cette voiture.

Mais, malgré tout le respect que je dois à ce grand écrivain qu’est Stephen King, je me suis passablement ennuyée avec cette histoire. En effet, à part quelques courts épisodes d’actions sporadiques, l’histoire stagne, assez vide, dénuée de dynamisme. Les personnages se succèdent à tour de rôle pour raconter quelques anecdotes qu’ils ont vécus au contact de la Buick, mais rien de très palpitant.

J’ai quand même persévéré dans ma lecture jusqu’au dénouement final, m’attendant peut-être à un retournement de situation inattendu, qui aurait réveillé ma curiosité. Mais rien, à l’instar de l’ensemble du récit. Aussi, les plus de 600 pages que contiennent ce bouquin m’ont parues bien longues.


Passez votre chemin : ce livre s’étire en longueur et manque de dynamisme. Stephen King m’a habitué à beaucoup mieux, c’est pour ça que malgré cette déception, cela ne m’empêchera pas de lire d’autres livres de cet excellent auteur. 

Ma note : 4/10

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Amore 14


Amore 14 de Federico Moccia

603 pages, éditions Le Livre de Poche, à 6,95€


Résumé : Amore 14, c’est le journal intime de Carolina, adolescente de quatorze ans qui vit à Rome. À ce cahier, elle confie tout, ses doutes et ses espoirs, ses relations avec ses meilleures copines, les disputes dans la famille, notamment entre son frère aîné et son père.
C’est vers son journal qu’elle se tourne quand son grand-père meurt, quand son frère quitte la maison familiale, après une violente scène avec son père. Mais la vie de Caroline, c’est aussi des coups de cœur.
Notamment pour Massimilliano, qu’elle a rencontré dans un magasin de disques. Un seul regard et c’est le coup de foudre. Il la suit hors du magasin, lui offre un CD, lui donne son numéro de téléphone. A peine rentrée chez elle, Carolina découvre qu’on lui a volé son portable…
Une vision étonnante de réalisme et de candeur qui dit tout sur l’allégresse des premiers troubles de l’adolescence, sur ses cruelles désillusions aussi, avec une exquise tendresse…


Extraits « Et puis… le bonheur. On dirait un mot facile, mais je crois qu’en fait c’est un mot très difficile, c’est-à-dire que tout le monde en parle mais personne ne sait vraiment ce que c’est, et surtout où on peut le trouver. »
« Nous montons au quatrième étage. Et il y a un de ces silences… tu sais, ces silences, plus ils durent plus ils sont longs, plus ils sont longs et moins tu trouves quelque chose à dire ; et moins tu trouves quelque chose à dire plus tu as hâte qu’on arrive. »

Mon avis : Longtemps présent dans ma Pile à Lire, j’ai décidé, un beau jour de printemps, de sortir Amore 14 de mon armoire, pour le découvrir tranquillement installée sur mon transat. Je pense que le timing était idéalement choisi, puisque ce roman feel good et solaire se déguste par beau temps uniquement.

C’est l’histoire d’une bande de copines, Alis, Clod et Caroline, qui vont vivre les aventures de milliers d’autres filles : les premiers petits copains, les soirées entre copines, les mensonges aux parents, les disputes, les crises de jalousie… On se retrouve un peu à travers elles, dans des situations qui peuvent ressembler à des situations que nous avons nous-mêmes vécues.

L’histoire se passe en Italie, et l’auteur nous fait véritablement voyager dans son beau pays à travers toutes les pages du livre. C’est bon de se retrouver à déambuler dans les rues de Rome, une magnifique ville que j’affectionne tant, de découvrir des coins peu touristiques, de voir la ville sous l’oeil de vrais habitants, qui savent l’apprécier différemment que les touristes.

Écrit comme une sorte de journal intime amélioré, ce roman, sans être non plus exceptionnel, permet de nous faire passer un agréable moment. On se prend rapidement d’affection pour Caroline, notre protagoniste, pour sa famille, en particulier son grand frère RJ et ses grands-parents maternels, on se marre à ses côtés, on est tantôt émus, tantôt vexés, énervés, attendris… Federico Moccia nous fait passer à travers tout un spectre d’émotions qui représentent, en définitive, la vie telle qu’elle est réellement.


Federico Moccia vous emmène à Rome, découvrir la vie quotidienne de Caroline, une jeune fille pétillante et solaire. Une histoire feel good idéalE pour décompresser l’été. 

Ma note : 6,5/10

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L’amour aux temps du choléra


L’amour aux temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez

442 pages, éditions Le Livre de Poche, à 6€


Résumé : À la fin du XIXᵉ siècle, dans une petite ville des Caraïbes, un jeune télégraphiste pauvre et une ravissante écolière jurent de se marier et de vivre un amour éternel. Durant trois ans ils vivent l’un pour l’autre, mais Fermina épouse Juvénal Urbino, un brillant médecin.
Alors Florentino, l’amoureux trahi, se mue en séducteur impénitent et s’efforce de se faire un nom et une fortune pour mériter celle qu’il ne cessera d’aimer, en secret, cinquante années durant.
L’auteur de Cent ans de solitude et de Chronique d’une mort annoncée, prix Nobel 1982, donne libre cours à son génie de conteur, à la richesse de son imagination et à l’enchantement baroque de son écriture.


Extraits « Les symptômes de l’amour sont identiques à ceux du choléra. »
« Les gens que l’on aime devraient mourir avec toutes leurs affaires. »

Mon avis : Gabriel Garcia Marquez… ce célèbre écrivain, dont le nom si connu et le talent indéniable raisonne depuis longtemps dans la sphère littéraire… je l’ai enfin découvert ! Il m’en aura fallu du temps pour me lancer à la conquête d’une oeuvre de ce grand monsieur, mais plus jamais je n’attendrais aussi longtemps avant de relire un autre ses chefs-d’oeuvres.

XIXème siècle, aux Caraïbes. Fermina et Florentino sont très jeunes lorsqu’ils se rencontrent. Pour Florentino, le coup de foudre est immédiat, alors que pour Fermina, l’amour met du temps à apparaître. Ils vont correspondre pendant plusieurs années avant d’arrêter brusquement sur impulsion de la jeune femme. Celle-ci, devenue adulte, épousera Juvénal, un médecin respecté et respectable. Mais Florentino, jamais bien loin, malgré les années et le temps écoulé, n’arrêtera pas d’aimer Fermina.

En parfaite amoureuse de l’amour, je n’ai pu qu’adorer ce récit. L’amour transpire dans chacune des pages du livre, de différentes manières. On ne peut qu’être attendri par le personnage de Florentino, dont le coeur va rester fidèle, toute sa vie durant à son premier amour. Il va s’efforcer de s’enrichir et de s’élever socialement pour pouvoir plaire au père de Fermina, et séduire la jeune femme elle-même. Il n’entreprend pas une seule action sans penser à elle, et c’est admirable de voir la force de ses sentiments à son égard. On ressent de la pitié pour cet homme rejeté, mais qui continue à garder l’espoir que les choses puissent changer un jour.

L’amour passionnel et le choléra, deux maladies dont les symptômes peuvent se confondre, puisqu’ils mènent tous deux vers un inéluctable état dévastateur. J’ai beaucoup aimé l’analogie de ces deux états, l’un vaincu depuis maintenant bien longtemps, l’autre continuant à dévaster le monde, et ce pour les siècles qui suivent.

Malgré la taille que représente ce livre (c’est une petite brique de 450 pages écrit avec une police minuscule), les pages ont défilé sans que je ne m’en rende compte. L’écriture est fluide et intemporelle : écrit en 1985, L’amour aux temps du choléra reste encore parfaitement accessible aux lecteurs du XXIème siècle. Le génie de l’auteur se voit aussi bien dans son style d’écriture que dans sa forme : personnellement, j’ai adoré les transitions de narration et de points de vue, qui se font avec subtilités et finesse. C’est une prouesse littéraire, très rare, que je n’ai quasiment (voire jamais) lu dans aucun autre livre. Je parle de prouesse, puisqu’il me semble compliqué d’interchanger de narrateur, de glisser d’un personnage à un autre, sans embrouiller l’esprit du lecteur et sans cassure trop prononcée. Chapeau l’artiste !


Un roman intemporel qui vante les mérites de l’Amour et ses effets dévastateurs. Une perle littéraire à découvrir de toute urgence !

Ma note : 9,5/10

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N’oublie pas d’être heureuse


N’oublie pas d’être heureuse de Christine Orban

216 pages, éditions Le Livre de Poche, à 6,50€


Résumé : 4ème de couverture : Ma mère disait : « n’oublie pas ton chapeau » – mon père me disait : « N’oublie pas d’être heureuse ». Comme s’ils pressentaient à quels dangers je pourrais m’exposer …

Dans ce roman teinté d’humour et de mélancolie, Christine Orban touche à l’essentiel de toute vie.


Extraits  « Le ciel est le reflet du monde qu’il abrite. »

« Ma mère disait : « N’oublie pas ton chapeau ».
Mon père disait : « N’oublie pas d’être heureuse », et la recommandation valait en toute occasion. C’était à la fois plus simple et plus compliqué : attraper le bonheur comme un gilet dans un placard. Trop impalpable, trop indéfinissable, en cela il ressemblait au sommeil qui ne venait pas si on y pensait. »


Mon avis : J’ai été agréablement surprise par cette lecture. Il est vrai que j’aie pris la mauvaise habitude (comme beaucoup, je présume), de lire les avis d’autres lecteurs sur les livres que je m’apprête à découvrir. Très attirée par ce livre – notamment à cause de son fabuleux titre -, j’ai été passablement refroidie par les critiques négatives des internautes. Mais pour une fois, je suis passée outre et j’ai débuté ma lecture.

Maria-Lila vit à Fédala, un petit village rural du Maroc, aux bords de la mer, en pleine campagne. Mais Marie-Lila n’a pas envie de finir comme les femmes de son village, elle rêve de liberté et d’ailleurs. Cet ailleurs a un nom : Paris. Accompagnée de Fifi, une « parisienne » marocaine, Maria-Lila va atterrir à Paris. Mais entre ses rêves et la réalité, les choses sont parfois très différentes.

Paris est un monde à part, où l’aristocratie et la pédanterie se cache à tous les coins de rue. Le choque est brutal pour Maria-Lila, qui n’a jusqu’alors connue que son village natal du Maroc. J’avoue que certaines scènes parisiennes sont beaucoup trop exagérées et bien éloignées du quotidien parisien actuel. Edmond, ce jeune aristocrate et sa riche famille notamment, qui donne de grandioses réceptions nous renvoient quelque peu au XVIIème ou XVIIIème siècle. Cet anachronisme n’a pas gêné ma lecture outre mesure, mais certains pourraient voir ces scènes comme trop clichées et peu réalistes.

N’oublie pas d’être heureuse, c’est avant tout une jeune fille qui se cherche. Maria-Lila oscille entre d’un côté son désir de savoir, de connaissances et d’élévation spirituelle, omniprésent à son esprit, et de l’autre sa vie si simple à Fédala et l’amour pur de ses proches. Où se cache le vrai bonheur ? Comment l’atteindre ? Ce sont les questions qu’elle va se poser durant l’intégralité de l’histoire. Chaque lecteur peut également se questionner sur le sens de sa vie, et sur la place qu’occupe le bonheur dans celle-ci. J’ai particulièrement apprécié les quelques paragraphes destinés au pouvoir du sourire. Comme disait Frank Irving Fletcher « Un sourire ne coûte rien, mais il rapporte beaucoup« .

Je me suis laissée embarquer dans l’écriture simple, liée et presque dansante de Christine Orban. Bien que la première partie du récit m’ait sans doute moins émue que la seconde, je garderai une agréable image de ce roman. Un roman pur et existentiel, qui dresse le portrait d’une jeune fille perdue dans un monde trop grand, à travers laquelle j’ai pu me reconnaître. J’ai été touchée par son histoire, et particulièrement par le dénouement, surprenant et poignant.


Une histoire simple et authentique, qui se lit avec intensité, mais s’oublie très rapidement. 

Ma note : 7/10

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L’Armoire des robes oubliées


L’Armoire des robes oubliées de Riika Pulkkinen

422 pages, éditions Le Livre de Poche, à 7,60€


Résumé : Alors que sa grand-mère Elsa se meurt d’un cancer foudroyant et que tous ses proches se rassemblent pour adoucir ses derniers jours, Anna découvre que, derrière le mariage apparemment heureux de ses grands-parents, se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille.
Une vieille robe trouvée par hasard, et dont elle apprend qu’elle aurait appartenu à une certaine Eeva, va réveiller le passé. Cette Eeva, dont on ne lui a jamais parlé, aurait été, dans les années 60, la nourrice de sa mère. Mais Anna ne tarde pas à comprendre qu’elle a été beaucoup plus qu’une employée et que son grand-père, peintre célèbre, l’a profondément aimée…


Extraits « L’enfant naît, sa mère apprend à le connaître, petit à petit, année après année. Et puis viennent d’autres gens sous l’influence desquels il devient un étranger. »

« Les relations entre les gens sont comme des bois touffus. Ou bien les gens eux-mêmes sont des forêts, les sentiers s’ouvrent en eux l’un après l’autre, chemins se demeurant mutuellement inconnus, ne débouchant que par hasard sur les voies qui conduisent au bon endroit. »


Mon avis : J’avais acheté ce livre il y a plusieurs années maintenant, suite à de nombreux avis positifs que j’avais lu sur la Toile. Une envie subite m’a fait le ressortir de ma Pile à Lire. J’étais enthousiaste à l’idée de pouvoir enfin découvrir ce récit, mais malheureusement, je ressors déçue de cette lecture.

La grand-mère de Anna, Elsa, est atteinte d’un cancer foudroyant tant et si bien que ses jours sont comptés. Alors que la jeune fille tente de profiter un maximum de la présence de sa grand-mère, elle va faire une découverte qui va changer la perception de sa famille. En effet, elle découvre que ses grands-parents n’ont pas toujours été aussi heureux qu’ils le laissent percevoir. Alors que sa mère n’était encore qu’une enfant, Elsa et son mari ont embauchés Eeva, une nourrice, pour s’occuper de leur fille. Mais au fil des jours, des semaines, des mois puis des années, Eeva deviendra bien plus qu’une simple nourrice.

Pour mon plus grand malheur, je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire. Les personnages ne m’ont pas émus, ils ne m’ont pas particulièrement touchés, je suis resté un peu étrangère à eux. Leurs traits de caractères n’étaient pas assez prononcés, ils n’avaient pas l’originalité et la singularité qui fait qu’on se souvient parfaitement d’eux. C’est surtout qu’avec la densité des personnages, il est dur de se repérer, d’autant plus que le récit alterne entre les points de vues et les époques. Il faut s’accrocher et bien se concentrer pour replacer chaque personne dans son époque avec le bon statut !

J’ai trouvé que la tonalité générale du récit manquait d’émotions. Peut-être est-ce un choix de l’auteure de laisser de la pudeur autour des personnages et de leur histoire, de ne pas trop s’épancher pour ne pas virer au pathos et aux larmes, dans ce cas, c’est raté pour moi, je n’ai pas accroché.

De plus, j’ai trouvé l’histoire un peu banale, elle manquait d’originalité, d’un je-ne-sais-quoi qui aurait donné plus de dynamisme au récit et l’aurait rendue unique. En somme, je suis un peu déçue de cette lecture que j’avais espéré apprécier.

Cela n’enlève rien au fait que l’écriture de Riika Pulkkinen est irréprochable, tout en tendresse et en douceur. Même si ce roman n’a pas été à la hauteur de mes espérances et ne m’a pas emporté, peut-être que vous saurez l’apprécier autrement que moi.


Un récit tendre et beau, mais qui ne m’a pas touché. L’histoire est banale et manque de dynamisme. Dommage…

Ma note : 3/10