L’épopée de Sem, tome 2 : Le coeur de l’Orguï


L’épopée de Sem,
tome 2 : Le coeur de l’Orguï
de Yann Rambaud
413 pages, éditions Auzou, à 14,95€


Résumé : Sem-le-Brûlé a décidé de partir à la recherche de son grand amour, la guerrière Colchické, qui n’est pas revenue de son rite d’initiation. Accompagné de ses amis Gallipendre et Kiou, il s’éloigne au-delà des frontières de leur clan. Une quête toujours aussi périlleuse, où son pire ennemi pourrait bien être lui-même.


Extraits« Nous devons nous adapter pour survivre, et cela implique des changements, du mouvement. Si nous nous montrons rigides, par vents violents, à un moment ou un autre, nous finirons par être emportés. Alors que si nous nous assouplissons, même dans la bourrasque, nous plierons sans craindre d’être déracinés.« 

« – Nous vivons un cauchemar éveillé.
– Alors endors-toi, mon amour. Glisse-toi dans le refuge des rêves. »


Mon avis : Après un an d’attente, j’ai le plaisir de pouvoir découvrir la suite des aventures du jeune aventurier Sem-le-brûlé. J’avais beaucoup aimé le premier tome, Le rite, qui posait les bases d’un univers fantastique incroyable, prompte à la rêverie, à l’évasion, mais aussi aux aventures étonnantes. Dans ce deuxième tome, notre héros Sem part à la recherche de sa bien-aimée Colchiké, qui n’est pas revenue du rite de passage imposé à tous pour devenir adulte : la confrontation à l’épreuve du Grand Bruit. Inquiet mais téméraire, il est accompagné de ses fidèles alliés, la créature Poop’s, le jeune Kiou et son frère aîné Galipendre, qui vont lui être d’une précieuse aide dans sa quête incertaine. Mais leur chemin sera semé d’embûches, comme vous vous en doutez.

Encore une fois, Yann Rambaud réussit à me transporter dans cet univers étonnant, mélange entre monde féerique et monde bien sombre, peuplé de créatures imaginaires, certaines bien plus horrifiantes que d’autres. Dans Le coeur de l’Orguï, bien plus que dans Le rite, j’ai ressenti un monde étriqué, clôt, avec une sensation d’oppression et d’étouffement, qui vient grossir la tension narrative du récit. L’atmosphère est singulière mais tout à fait appréciable pour qui aime le dépaysement total.

C’est avec bonheur que je retrouve le protagoniste Sem que j’avais tant aimé suivre dans le premier tome. Son courage, sa témérité, son audace, sa combativité, son ingéniosité, sont autant de caractéristiques qui font de lui un véritable héros, digne des plus grands croisés dans les épopées populaires. Les personnages secondaires, je pense notamment aux frères Kiou et Galipendre, sont également dotés d’un courage sans précédent, doublé d’une servitude envers Sem très appréciable à suivre. Tous sont des personnages attachants, qu’il est agréable de voir évoluer.

Dans ce second tome, le personnage de Colchické, la bien-aimée de Sem, nous est présentée de façon bien plus détaillée. Ainsi, elle démontre un caractère bien trempé, une force physique étonnante, un esprit guerrier hors du commun. Somme toute, c’est une femme qui correspond parfaitement au tempérament de Sem, tous les deux serviles, prônant le dépassement de soi et la témérité. D’ailleurs, la fin de ce volume annonce un événement qui risque de bouleverser à jamais leur quotidien. C’est une des raisons qui me donne envie de connaître la suite au plus tôt !


Un deuxième tome à la hauteur du premier, qui présente une épopée fantastique remplie d’aventures et pleine de rebondissements. Il me tarde de lire la suite !

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-7338-8459-1

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L’épopée de Sem, tome 1 : le rite


L’épopée de Sem, tome 1 : le rite de Yann Rambaud

397 pages, éditions Auzou, à 12,95€


Résumé : Sem s’apprête à vivre un rite initiatique, comme tous les adolescents de son clan, un peuple primitif mais aux lois égalitaires. S’il réussit, il est destiné à devenir l’apprenti du chaman. Mais il lui faudra alors renoncer à l’amour de Colchiké, une redoutable guerrière. Et ce n’est pas la seule épreuve qui l’attend : Créatures dangereuses, rivaux menaçants, attaques des autres clans… Sem devra faire appel à tout son courage et ne pas perdre espoir.


Extraits : « S’il n’y a pas de danger, il n’y a pas de gloire.« 

« Trop conserver ses émotions à l’intérieur de soi était considéré, à long terme, comme dangereux. C’était là que se nichaient, à l’affût, les maladies. »


Mon avis : Le rite est le premier tome de la nouvelle saga fantastique jeunesse de Yann Rambaud, L’épopée de Sem. Il y a quelques années, j’ai lu Gaspard des profondeurs du même auteur, un roman qui m’avait entraîné dans un univers imaginaire féerique, où le protagoniste, Gaspard, partait, sac sur le dos, vers de lointaines aventures. Comme je gardais d’excellents souvenirs de cette lecture, j’ai souhaité me replonger dans un des univers oniriques créé de toute pièce par l’auteur.

Et me voici donc au coeur de la tribu des Une-Oreille, située au pied de l’Orguï, un arbre sacré. Chaque membre de la tribu a un rôle prédéfini pour faire marcher le village entier. Nous suivons Sem, un jeune homme chétif mais courageux, qui va se plier à la tradition de la tribu : partir seul affronter le Grand Bruit et ramener une pétale pour devenir un homme fait. Revenu indemne de cette épreuve, le vieux chaman du village va desceller en lui un potentiel : il va le prendre sous son aile et lui enseigner tous ses secrets de guérison, ses formules magiques et rites secrets. Seul ombre au tableau : les chamans ne peuvent pas avoir d’épouse, alors que Sem est secrètement amoureux de la belle Colchiké.

Sem va vivre mille et une aventures en quelques jours seulement. Sa vie bascule : il est maintenant un homme fait et un chaman en devenir. C’est une réelle épopée qui l’attend : des épreuves physiques et morales pour prétendre au titre de chaman, des combats épiques pour protéger ses amis et sa famille et bien d’autres aventures fantastiques qui vont venir jalonner l’existence du jeune Sem.

Pas une seconde de répit pour Sem, tout comme le lecteur, tenu en haleine jusqu’à la dernière page. Les actions s’enchaînent à une vitesse phénoménale pour mon plus grand plaisir : aucun temps mort, mais beaucoup d’aventures, qui rythment et dynamisent l’ensemble du récit.

Ce récit, parlons-en. Yann Rambaud ne s’est pas moqué de nous et a créé un univers onirique à nul autre pareil. La tribu vit recluse au milieu d’un désert, un peu comme le village des célèbres gaulois, ils se suffisent à eux-mêmes, partent souvent en exploration au-dehors, mais sans jamais s’aventurer jusqu’à la tribu de Ceux-qui-s’entaillent, leurs ennemis jurés depuis la nuit des temps. Ils vivent en harmonie avec certaines créatures imaginaires, comme Poop’s, une étrange bestiole avec de grandes mandibules, qui secouera Sem à de multiples reprises. J’ai été impressionnée par la construction de ce monde féerique, qui est à la fois rempli de surnaturel, donc prompte à la rêverie et à l’évasion, mais qui reste également ancré dans le réalisme, pour permettre aux esprits les plus rationnels de pouvoir s’y retrouver un minimum.

Le dénouement de ce premier tome m’a mis l’eau à la bouche : c’est certain, l’épopée de Sem ne fait que commencer ! J’ai déjà hâte de pouvoir me replonger au coeur de cette tribu fantastique.

Dommage que la couverture du livre, assez triste, froide et terne, ne donne pas plus envie aux lecteurs de le découvrir. La retravailler donnerait sans doute plus de visibilité au récit.


Plongez dans cet univers onirique aux côtés de Sem et ses amis, des jeunes héros qui vivent des aventures fantastiques. Un premier tome réussi, qui promet une saga explosive ! 

Ma note : 8/10

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Gaspard des profondeurs

Gaspard des profondeurs de Yann Rambaud
298 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,90€

 

Résumé : Gaspard a décidé de partir : son père lui manque. Sur la route, il rencontre Honoré, l’ami de sa vie. Sur la route, il rêve des rêves qui le font grandir. Il rêve des rêves peuplés de créatures étranges : hommes-arbres, tortues géantes et perroquets savants.
Ensemble, Gaspard et Honoré parcourent la Provence et la Camargue. En quête d’un père pour l’un, l’autre n’ayant qu’une idée en tête : voir la mer. Ils marchent, et en marchant, c’est toute leur enfance qu’ils vont traverser.

Extraits :  « Les mots rêve et réalité ne veulent pas dire grand-chose, car au bout du compte, qui te dit que ce n’est pas l’inverse ? Peut-être que cette ferme, cette forêt sont LA réalité et que lorsque tu les quittes, tu es en plein rêve… »

J’irais bien dès ce soir chasser le papillon
Car perdu sur ce bout de toit, j’ai le coeur en coton
Dans un battement d’ailes, j’offrirais ma vie
Pour toucher, une seule fois, la peau de Lili
 »

Mon avis :  Ce livre m’a sans cesse rappelé le Arthur et les Minimoys de Luc Besson. Les correspondances sont nombreuses : des enfants, à l’imagination débordante, qui vont se retrouver dans des univers parallèles, avec des créatures féeriques. Mais là s’arrête la ressemblance.

Car pour Gaspard, la quête est tout autre que celle de Arthur. Le père de Gaspard est constamment en tournée en France avec sa troupe, se qui crée un grand vide dans la maison. Pour redonner le sourire à sa mère, Gaspard prend un sac à dos et s’enfuie sur les traces de son père. En chemin, il va rencontrer Honoré, un petit garçon de son âge, qui va l’épauler dans sa recherche. Une grande amitié va naître entre ces deux-là. Mais c’est surtout leurs capacités imaginatives qui va les faire se rapprocher encore plus.

En effet, dans ce livre, deux mondes prennent vie sous nos yeux. Le monde de l’extérieur, dans lequel Gaspard fugue pour rechercher son père ; et le monde de l’intérieur, qui se manifeste seulement à la nuit tombée. Gaspard est alors plongé dans un monde imaginaire et féerique, dans lequel des créatures extraordinaires sont présentes. Je vous le garantis, nous, lecteurs, sommes également transportés dans ce pays onirique, où tout semble plus simple, plus accessible, plus joyeux.

J’ai adoré faire cette petite escapade aux côtés de Gaspard. Le sac sur le dos, il s’en va, loin des tracas quotidiens, vers un ailleurs qui s’avère meilleur. Son périple le mènera jusqu’à la mer, dans ma Camargue natale, lieu qui symbolise – pour moi – plus que tout autre la liberté et l’évasion. Car c’est bel et bien de cela qu’ont besoin les protagonistes : ils veulent se détacher de tout ce qui constitue leur quotidien, bien trop oppressant à porter sur leurs frêles épaules de garçons de quatorze ans. C’est pour cela qu’ils s’échappent et s’inventent un imaginaire meilleur.

Une écriture juste, tout en retenue et en douceur. L’imaginaire est un repère secret, le seul moyen trouvés par les jeunes protagonistes de quatorze ans, pour fuir la cruelle réalité qui est la leur. C’est beau, et très touchant. La fin m’a laissé béat. Sidérée. Sans mot.

Ma note : 7/10————Votre note : ?