Le plus mauvais livre du monde


Le plus mauvais livre du monde de Vincent Cuvellier

54 pages, éditions Nathan


Résumé : « Argice ignorait le bien et le mal, le nu et le sacré, le vide et le morbide. Argice engageait l’être vers cette ironie qu’on appelle Dieu, fatale pensée d’un monde en devenir, à l’agonie, en devenir… »
Ah ouais ! d’accord. Je comprends rien. Remarque, si ça se trouve, c’est fait exprès. Le gars, il a voulu faire le livre le plus nul du monde. Et il a réussi.


Extraits : « Il a un accent du sud. C’est marrant, un accent du sud, ça fait sympa même quand c’est pas sympa. Là, le gars, il me met une amende, ben il a l’air sympa… »

« En vrai, j’écoute tout, suffit que j’aime bien, je m’en fous que ça soit du rap, du gothique, des vieux chanteurs, du moment que j’aime bien j’aime bien. J’écoute même du classique des fois, mais je lui dis pas, parce que quand on dit qu’on écoute un peu de tout ça fait le mec qui a pas de goût… »


Mon avis : Je poursuis ma découverte de la collection Court toujours des éditions Nathan, qui proposent de courtes histoires, pouvant se lire d’une traite en trente minutes, le tout décliné sous différents supports – papier, numérique, audio. Ce qui m’avait plût dans mes lectures précédentes, c’est les thématiques fortes qui y étaient abordées. Silent Boy de Gaël Aymon traitait du harcèlement scolaire, de l’intimidation, des stéréotypes sexistes ; tandis que Son héroïne de Séverine Vidal parlait de la solitude, de la dépression… Or, je n’ai pas retrouvé de sujet d’actualité fort dans Le plus mauvais livre du monde.

Nous suivons Paul, un adolescent de 17 ans qui décide de fuguer de chez lui en prenant le premier train qui vient. Pour se distraire durant son trajet, il choisit au hasard un livre dans une boîte à livres. Manque de chance, Paul, qui n’est pas en possession d’un billet, se fait jeter hors du train, et pour couronner le tout, l’histoire narré dans son livre est totalement incompréhensible. Il erre dans ce petit village, entre dans un bar et fait la rencontre étonnante d’un homme, nommé Jean-Guy Farjoule, qui n’est autre que l’auteur du livre qu’il lit. Étrange coïncidence pour l’un comme pour l’autre. Jean-Guy, flatté de voir un jeune lecteur, entreprend de lui venir en aide, en l’hébergeant gracieusement chez lui. N’ayant d’autres alternatives, Paul accepte, sans toutefois se rendre compte de la situation dans laquelle il s’est mis.

Car Jean-Guy est un original, de cela même qui sorte totalement des codes. C’est un homme qui semble très cultivé, compte tenu de la complexité lexical dont il abuse abondamment dans ses conversations ; un homme qui cherche la flatterie, qui vit dans un monde qui lui est propre, entouré de ses rêves et de son imaginaire débridé. Quant à Paul, c’est un petit garçon solitaire, délaissé par ses parents, dont le but est assez flou.

Je n’ai absolument pas compris où voulait en venir l’auteur. Ce n’est peut-être qu’un livre de divertissement, qui se recueille aucune thématique spécifique, en ce cas, je trouve ça bien dommage. Le personnage de Paul, ses aspirations, sa vie familiale et personnelle auraient pu être plus développés et mener vers des réflexions structurelles et intelligentes. En soit, ce livre n’est pas le plus mauvais du monde, il se laisse quand même lire, mais il est totalement creux. On ne peut absolument rien en tirer, alors que de nombreuses pistes de réflexion auraient pu être abordées.


Un livre divertissant mais creux, qui se laisse facilement lire mais qui n’apporte aucune plus-value aux lecteurs.

Ma note : 4/10

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ISBN : 3133092232817