Promets-moi, papa


Promets-moi, papa de Joe Biden
323 pages, éditions l’Archipel, à 20€


Résumé : Novembre 2014. Joe Biden et ses proches sont, comme le veut la tradition familiale, réunis pour Thanksgiving. Mais, cette année-là, la réunion de famille, d’ordinaire source de joie, a une saveur amère.
Beau Biden, son fils aîné, est fragilisé par la tumeur au cerveau diagnostiquée quinze mois plus tôt, qui pourrait lui être fatale.  » Quoi qu’il arrive, ne renonce pas, continue à te battre, lui dit-il. Promets-le-moi, papa.  »
Issu du journal intime et des notes de Joe Biden, voici le récit de l’année qui a suivi. Il dessine le portrait d’un homme tiraillé entre le devoir de poursuivre son action et la nécessité de soutenir sa famille endeuillée.
Quelques jours après le décès de Beau, le 30 mai 2015, le vice- président est de retour à la Maison-Blanche au côté de Barack Obama, dont il est devenu l’ami et le confident, pour gérer les crises internationales du moment.
Ce témoignage n’est pas seulement celui d’un futur président, il est aussi celui d’un père, d’un grand-père et d’un mari. Il y montre comment la force des convictions d’un homme peut l’aider à surmonter la douleur et à se projeter vers l’avenir.


Extraits« Un vice-président peut sortir de son bureau mais son bureau ne le quitte jamais.« 

« Je lui dis que Beau avait envisagé de se présenter au poste de gouverneur de l’État du Delaware. « Alors dites-lui de rentrer et d’être candidat, me dit-il. Il doit vivre comme s’il allait vivre. » »


Mon avis : Joe Biden est le 46ème président des États-Unis, entré officiellement en fonction le 20 janvier 2021 à l’âge de 78 ans. Derrière ce sourire de façade et cet air engagement, se cache un homme politique ambitieux, engagé, mais aussi un père aimant, dévoué, qui a traversé bien des obstacles. Promets-moi, papa est une portion biographique de la vie du président, qui s’étend de son investiture en tant que vice-président des États-Unis aux côtés de Barack Obama en 2009, jusqu’à sa décision concernant la présidentielle de 2012. Quatre longues années peuplées de politiques étrangères, de guerres violentes, de décisions hasardeuses et de drames personnels.

Je ne m’intéresse que de très loin à la politique Américaine, aussi, je n’avais pas connaissance de l’ensemble des responsabilités qui étaient allouées à cet homme politique, de son influence dans le pays et plus globalement dans le monde entier, ainsi que des critiques, qu’elles soient positives ou négatives, qui étaient faites à son encontre. C’est avec beaucoup de curiosité que j’ai donc plongé tête la première dans la vie politique de Joe Biden et plus largement dans la politique mondiale, ballottée principalement entre l’Ukraine, la Russie, l’Irak et les États-Unis.

J’ai beaucoup apprécié découvrir Joe Biden autrement. Car dans Promets-moi, papa, on fait la rencontre d’un homme aussi bien que d’un vice-président. Il nous renvoie l’image d’une personne au grand coeur, d’un père de famille aimant, d’un époux dévoué, d’un homme juste, droit, honnête, proche du peuple. Avec beaucoup d’émotions, le 46ème président des États-Unis nous ouvre son coeur avec pudeur pour nous raconter une histoire dramatique : la mort foudroyante de son fils aîné, Beau Biden. Déjà terrassé quelques années plus tôt par la mort de sa femme et de sa fille dans un accident de voiture, Joe Biden fait de nouveau face à une terrible tragédie :  la perte de son fils, emporté par un cancer à tout juste 46 ans. Il rend un hommage émouvant à ce fils prodige, cet humaniste au grand coeur, militaire engagé, procureur général du Delaware, promis à un brillant avenir en politique, annoncé par certains comme le futur président des États-Unis. C’est avec un courage incroyable que Beau Biden va combattre la maladie jusqu’au bout, essayant de préserver au maximum ses proches des souffrances causées par son mal-être. On ressent avec douleur toutes les émotions que traversent Joe Biden et sa famille : l’espoir d’abord, puis l’acceptation résignée, une profonde tristesse et enfin la peine, immense, innommable. Mais toujours, ce devoir de rester devoir, de faire face humblement au reste du monde, de continuer à vivre, à soutenir ceux qui en ont besoin.

Beau Biden et son père, Joe Biden

J’ai été particulièrement touchée par la force des liens qui unissent la famille Biden. Face à la terrible nouvelle, chacun se resserrent, s’épaulent, se consolent, s’entraident, prend soin les uns des autres. J’étais même étonnée de constater que Joe Biden, malgré le rôle politique central qu’il possède alors, n’hésite pas à concerter ses proches pour connaître leurs avis sur différents sujets, notamment politique – comme sa future candidature à la présidence de la république. On plonge dans leur quotidien pour découvrir des figures humaines, bien loin des plateaux télés et des flashs des photographes, une famille soudée, touchante, solidaire, qui essaie de faire transparaître leurs valeurs personnelles sur le devant de la scène nationale. Sans parler d’une quelconque position politique, je suis fière d’avoir suivi un bout du parcours de ces personnes formidables et je suivrai avec plaisir le reste de leurs aventures politiques et personnelles.


Un témoignage biographique émouvant sur le vice-président des États-Unis au temps de la gouvernance de Barack Obama, Joe Biden. On y rencontre un homme politique engagé dans les théâtres d’opérations mondiales, mais surtout un père aimant et dévoué pour ses proches. Un récit qui nous fait voir autrement l’actuel 45ème président des États-Unis.

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-8098-4157-2
Traduction : Thierry Cruvellier et Sebastian Danchin

Tu vis en moi


Tu vis en moi de Alessandro Milan
235 pages, éditions Eyrolles, à 16€


Résumé : Tout commence à six heures du matin, quand deux journalistes endormis travaillant pour la même radio échangent sans le savoir leurs téléphones portables. Francesca est une force de la nature, toujours en mouvement, toujours joyeuse : on l’appelle Wondy, de Wonder Woman. Alessandro est joueur et un peu maladroit, il se laisse embarquer par la fougue de Francesca et l’amour qui les lie bientôt.

Avec elle, il apprend, jour après jour, à ressentir pleinement chaque émotion, à ne pas reculer devant les difficultés. Ensemble, ils ont à mener le plus terrible des combats : celui qui ne peut être gagné. Elle ne s’en relève pas. Mais c’est une mort qui ouvre sur la vie. Devenu messager de l’optimisme forcené de Francesca, Alessandro incarne aujourd’hui la foi et la résilience qui habitaient leur histoire.

Avec pudeur et sincérité, Tu vis en moi témoigne de l’épreuve qu’est le cancer, pour ceux qui en meurent, pour ceux qui restent. Formidable hymne à la résilience, il célèbre la force qu’on trouve en soi dans ces moments douloureux, celle qu’on se découvre après, pour continuer à vivre autrement.


Extraits :« Tu vois, comme souvent, rien n’est ni noir ni blanc, il n’y a que des nuances de gris.« 

« Comment annoncer à un étranger qu’un de ses proches va mourir ? Il n’existe pas de manière douce, car si nous savons tous que nous finirons un jour par partir, il n’est jamais agréable qu’on nous le rappelle. »


Mon avis : Alessandro Milan est l’auteur mais aussi le narrateur de cette tragique histoire. Il nous raconte avec lucidité et pudeur, son bonheur familial et amoureux, avant sa rencontre brutale avec le cancer de sa femme et la descente aux enfers qui s’ensuit pour cette famille éplorée. Époux et père aimant de deux jeunes enfants, Alessandro se retrouve confronté au cancer de sa femme, Francesca. Un cancer du sein d’abord, dont elle se rétablit progressivement, avec courage et abnégation. Mais les métastases ont opérés leurs chemins et le cancer s’est généralisé dans des parties beaucoup plus compliquées à opérer. Les médecins tentent de rallonger de quelques mois l’espérance de vie de Francesca, mais ils sont sans appel : elle ne pourra pas survivre.

L’auteur nous raconte avec détails et émotions son bonheur passé ; sa rencontre avec Francesca, leurs moments d’allégresse, leurs souvenirs de vacances, avec ou sans les enfants. Puis vient les épreuves, qui renforcent d’autant plus leur amour, qui les soude à jamais. Alessandro sera un mari très présent, conciliant, attentionné avec sa femme et ses enfants, se démenant sans relâche pour leur apporter tout le bonheur qu’ils méritent.

Les chapitres sont courts et oscillent continuellement entre passé lointain, passé proche et présent. J’avoue m’être progressivement perdu dans ce dédale de temporalité, qui changeaient un peu trop rapidement à mon goût, sans laisser de repères suffisants pour s’y retrouver convenablement. En somme, Tu vis en moi est conçu comme une sorte de journal intime, avec des pensées jetées pêle-mêle au gré des divagations et des souvenirs de l’auteur. On s’immisce dans leur vie, on perçoit leurs émotions avec brutalité, la douleur surtout, de voir souffrir un proche, puis de le perdre.

Enfin, on a beau connaître le dénouement depuis la première page du récit, il nous apparaît bien trop brutalement pour nous, lecteurs. Alessandro essaie pourtant de minimiser les faits, de les raconter de manière douce et atténuée ; mais on perçoit toute la douleur, la détresse et le vide tellement profonde causée par l’absence de l’autre. J’avoue sans honte que l’annonce faite aux enfants m’a tiré les larmes ; c’est le point d’orgue, le point final, le moment le plus intense et chargé en termes d’émotions. Inconsciemment, on essaie de se projeter, de se mettre à leurs places ; tantôt à celle d’Alessandro, maintenant chargé d’une responsabilité conséquente : celle d’élever seul ses enfants, de leur procurer tout le bonheur et le soutien dont ils ont besoin ; tantôt à celles des deux enfants, devant vivre, continuer à avancer, supporter un vide énorme, qui ne sera jamais comblé.

Après l’annonce du cancer, la perte elle-même, vient le terrible chemin vers la reconstruction. Alessandro gardera de Francesca le souvenir d’une femme optimiste, pleine d’énergie, qui ne flanchait jamais devant les obstacles ; c’est au travers cet ardeur qu’il va puiser la force de continuer à vivre, comme elle l’aurait souhaitée, à son image.


Un témoignage pudique et poignant sur l’épreuve que représente le cancer, la perte d’un proche, puis la reconstruction qui s’ensuit. Un récit bouleversant, sorte de journal intime, chargé en émotions. 

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-212-57324-4
Traduction : Muriel Morelli

Je ne te pensais pas si fragile


Je ne te pensais pas si fragile de Kikka
263 pages, éditions Eyrolles, à 16€


Résumé : Clotilde est une battante qui trouve depuis qu’elle est jeune adulte de quoi nourrir son goût du défi dans l’entreprenariat. Devenue une épouse comblée et une mère de famille accomplie, Clotilde, en quête de plus de stabilité, accepte un poste de directrice du développement dans la filiale française d’un groupe néerlandais de cycles, Bike Wick. L’opportunité semble inespérée : l’entreprise affiche des valeurs humanistes en phase avec sa philosophie de vie et les valeurs chrétiennes que lui ont transmises ses parents, il s’agit de développer l’activité e-commerce avec la France, et le patron, M. Van Der Klipp, lui donne carte blanche…
Un an après son arrivée, Clotilde est parvenue à développer le département du e-commerce grâce à des solutions innovantes, tout en gagnant l’estime de ses équipes. Quand M. Van Der Klipp annonce son départ et leur présente son remplaçant, Karl Liechtenstein, elle entend bien continuer sur sa lancée. Mais le style managérial de Karl Lichtenstein est pour le moins déconcertant, et la jeune femme est progressivement prise au piège d’un engrenage infernal. Armée de son enthousiasme et de son pragmatisme, Clotilde refuse de se laisser abattre ! Elle met tout en oeuvre pour donner satisfaction à son nouveau patron tout en préservant le département qu’elle a su construire, au risque d’y sacrifier bientôt sa santé physique et psychique.


Extraits : « Je suis surprise de découvrir que révéler et partager sa souffrance avec des inconnus est un moyen de la sublimer. »

« Selon Kikka, auteure de cet ouvrage : « Le burn-out est un processus d’accélération qui entraîne une sortie de route. Le corps est alors catapulté puis violemment écrasé. La profondeur de l’impact détruit la confiance, l’estime et la dignité. Ce crash mène à la perte d’identité, la culpabilité ronge l’être. » »


Mon avis : Kikka nous livre un témoignage poignant sur son expérience traumatisante du monde du travail. Travailleuse acharnée, appréciée et reconnue comme une bonne manager par ses pairs, la jeune femme se hisse très rapidement à un poste stratégique dans l’entreprise internationale dont elle est issue : directrice commerciale. Tout se passe pour le mieux pour elle, jusqu’au jour où son directeur annonce son départ, remplacé par Karl, un homme impitoyable, aux pratiques managériales douteuses.

La jeune femme nous décrit sa descente aux enfers progressive. Rabaissement, sexisme, manque de confiance, dévalorisation… toutes les excuses sont bonnes pour que Karl s’en prenne à Kikka. Ce dernier, la voyant pourtant clairement amoindrie, abattue, confuse et vaincue par ses allégations douteuses, continue le vice jusqu’à la traîner plus bas que terre. « Je ne te pensais pas si fragile », va-t-il jusqu’à lui dire, non sans ironie. Une phrase qui l’a tant marquée, qu’elle l’achèvera totalement. Bloquée dans cette situation plus qu’invivable, elle tente tout d’abord tant bien que mal de l’affronter la tête haute, sans toutefois y arriver totalement. En effet, elle doit jongler entre son travail prenant, sa vie de maman et son rôle d’épouse. Trois casquettes différentes mais au combien importantes, qui demandent toutes un investissement infini, du temps et de l’énergie. J’ai ressenti avec acuité l’intense climat oppressant de son quotidien, qui dénombre de multiples tâches à réaliser en seulement vingt-quatre heures : impossible mais vrai ! Elle nous offre donc un récit émouvant, écrit sans langue de bois, témoignage authentique d’une expérience glaçante de toxicité et d’harcèlement professionnel. 

Finalement, inexorablement, Kikka tombe dans une dépression profonde, qui s’est familièrement étendue ces dernières années sous le terme de « burn out ». Un environnement de travail trop stressant, qui mène à un épuisement professionnel tel qu’il atteint aussi bien le physique, le mental que l’état émotionnel. Obligée de se mettre en arrêt maladie prolongé, Kikka va intégrer une clinique spécialisée, dans laquelle elle restera plusieurs longues semaines. Un répit bienvenue, essentiel même, seul moyen de réussir à se sortir de cette spirale infernale dans laquelle elle a été volontairement plongée. Parler de ce phénomène, c’est le reconnaître comme réel, c’est sensibiliser aux symptômes, aux conséquences et aux solutions qui existent pour s’en sortir. Car oui, ce genre de situation peut arriver à n’importe qui, à tout moment. Il faut en prendre conscience pour pouvoir le contrer s’il se présentait.

Kikka n’est pas la seule victime de Karl. Bon nombre de salariés se sont vus obligés de démissionner de leurs fonctions, tant l’ambiance était devenue oppressante et les exigences du nouveau patron toujours plus déconcertantes. Seulement, pour prouver ces méfaits, peu se sentent le courage de lever le poing, de se battre, de pointer du doigt et d’oser affirmer les dysfonctionnements réels de l’entreprise. Notre auteure fait partie de ces rares personnes assez courageuses pour réagir et faire bouger les choses. Je l’admire d’avoir su combattre alors qu’elle était au plus mal. Comme nous le découvrons dans ce témoignage, bon nombre de ses (anciens) collègues n’auront pas la force nécessaire pour se soulever, ou du moins, l’audace d’aller à contre-courant de la direction, de peur de se tirer une balle dans le pied, avec la possibilité de perdre son travail. Je suis assez partagée face à ce comportement : je comprends leurs craintes et leur situation bancale, mais face à tant d’injustices, il faut quand même se lever et oser rétablir les faits. Ils sont à la fois raisonnables mais lâches.


Un témoignage criant de vérité sur les réalités du monde du travail, du management toxique et du harcèlement professionnel, qui mène inexorablement à un burn out, une dépression physique, mentale et émotionnelle profonde. Lucide et émouvant !

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-212-57397-8

La vie en relief


La vie en relief de Philippe Delerm
229 pages, éditions Seuil, à 17,50€


Résumé : « Je n’ai pas l’impression d’avoir été enfant, adolescent, homme d’âge mur, puis vieux. Je suis à la fois enfant, adolescent, homme d’âge mûr, et vieux. C’est sans doute un peu idiot. Mais ça change tout. »
Être riche, à chaque époque de notre existence, de tous les moments qu’on a vécus, qu’on vit, qu’on vivra encore : c’est cela, la vie en relief. Voir ses souvenirs et ses sensations non pas additionnés les uns aux autres, mais comme démultipliés, à l’infini. Vivre comme si c’était la première fois. Trouver de la beauté dans l’ordinaire des choses. Aimer vieillir, écouter le bruit du temps qui passe.
Ce livre est un aboutissement : celui d’une carrière, celui d’une vie d’homme. Certainement un des plus grands livres de Philippe Delerm.


Extraits : « C’est beau, l’abandon des enfants. Mais elle est belle aussi la crispation extrême des vieillards. Ils vont quitter la vie, tout ce que fut la vie. Et la vie est immense, et ils s’y noient, et ils ont peur. »

« Le coup de sifflet convoque tous les matchs du monde. Le football est la seule religion planétaire. Pas besoin d’église, de temple, de synagogue, de mosquée. Un coin de cour, un terrain vague, un bout de plage, une rue déserte suffisent. »


Mon avis : La vie en relief est une autofiction, c’est-à-dire une sorte d’autobiographie qui emprunte les formes narratives de la fiction. Ainsi, Philippe Delerm nous ouvre les portes de sa vie, via des bribes de souvenirs, d’instants présents, éphémères ou pérennes, des personnes de son entourage, des lieux marquants, des moments clés ou futiles.

Les chapitres sont très courts – quatre à cinq pages maximum -, ils s’enchaînent donc avec fluidité et rythme… et c’est un avantage quand on sait le peu de contenu qu’ils enserrent.  En effet, j’ai trouvé le contenu très pauvre. Sans aucune consistance, l’auteur nous dévoile des bribes de sa vie qui n’ont souvent aucune espèce d’importance, pas de cohérence entre elles, rien de vraiment satisfaisant. Tant et si bien que je referme ce livre la tête vide, sans avoir retenu ne serait-ce qu’une information pertinente sur la vie de l’auteur. Tout était trop court, inconsistant, sans grande valeur. Seul point positif que je peux retenir de ma lecture : l’écriture déliée, aérienne, les jolies tournures de phrases qui m’ont permises de récolter de belles citations. 


Une autofiction pauvre, sans cohérence ni contenu satisfaisant. Je ne tire absolument rien des bribes d’histoires de vie racontées par l’auteur, et en ressors perdue, sans aucun souvenir pérenne. Passez votre chemin !

Ma note : 1,5/10

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ISBN : 978-2-02-134286-4

Le goût de vivre – L’anorexie n’est pas un combat sans faim


Le goût de vivre – L’anorexie n’est pas un combat sans faim de Sabrina Missègue

285 pages, éditions Favre, à 19€


Résumé : L’anorexie est une maladie principalement féminine (90 % des patients anorexiques) et se déclenche le plus souvent entre 14 et 17 ans, mais concerne aussi des personnes plus âgées. En France, elle touche environ 1,5 % de la population féminine de 15 à 35 ans, soit près de 230’000 femmes à travers le pays. Le taux de suicide associé à l’anorexie est le plus important de toutes les maladies psychiatriques.
Adolescente à la sensibilité à fleur de peau, Sabrina rêve d’être danseuse. Pour se donner les moyens de vivre sa passion, elle entreprend seule, à 16 ans, les démarches pour s’exiler une année aux États-Unis afin d’intégrer une école de danse.
Elle reviendra de ce séjour avec une silhouette cadavérique de 25 kilos pour 1,59 m. Un combat ardent va ainsi commencer. Contre l’entourage, contre les médecins et les médicaments, contre la maladie et la mort. Contre ce mal pervers et ravageur qu’elle compare à un cancer de l’âme. Pour préserver sa vie.
En 2003, un livre marque un tournant dans sa vie : Lettres à l’absente, de Patrick Poivre d’Arvor, adressé à sa fille Solenn décédée de la même maladie en 1995. Touchée par ce témoignage d’un père si aimant et respectueux alors qu’elle-même avait été mise à la porte, Sabrina décide d’écrire une lettre au journaliste.
Réfugiée chez son grand-père dans le Périgord, elle reçoit quelques jours plus tard un appel de PPDA, qui lui propose de venir à Paris. De cette rencontre décisive naîtra une relation de soutien sur plus de 15 ans, des encouragements constants pour qu’elle n’abandonne pas. « Tu as une signature dans l’écriture, fais-en ton projet, ça va t’aider…tu es une visionnaire qui se projette… ». Une relation qui l’a sauvée du geste fatal et qui lui a dévoilé son identité. Un pilier auprès duquel elle s’est ressourcée, reconstruite, inspirée.
« C’est le récit d’un bout de vie qui évoque comment l’anorexie s’est immiscée dans mon corps à mon insu.
Comment ce trouble est devenu ma raison d’être et comment elle a dirigé tous mes faits et gestes. La portée de mon témoignage se veut positif, c’est pourquoi je confie les choix qui m’ont permis d’avancer. Je livre des pistes qui pourront aider toutes personnes touchées, de près ou de loin, par une tumeur qui affecte leur identité jusqu’à la leur voler. »


Extraits : « On m’avait balancé le mot « anorexie » une bonne centaine de fois par jour, on m’avait proposé des médicaments susceptibles d’abrutir un mal que je ne soupçonnais pas mais on ne m’avait jamais confrontée à celle que je devais, dans mon inconscient, redouter le plus, moi-même. »

« Quand l’anorexie se voit, c’est un aveu de son obstination. Il n’est pas trop tard, jamais, mais ça dénonce les années de silences douloureux. »


Mon avis : Il y a quelques mois, j’ai lu le puissant témoignage du très célèbre journaliste Patrick Poivre d’Arvor, Elle n’était pas d’ici, qui m’avait beaucoup ému. C’est le récit d’un père, qui raconte l’indicible : le décès brutal de sa fille Solenn, suite à une maladie mentale souvent pointée du doigt mais peu reconnue dans le monde médical : l’anorexie. Sorte d’exutoire cathartique, PPDA dévoile avec pudeur toute la souffrance ressentie suite au décès brutal de sa fille. Sabrine Missègue lit ses écrits et se sent immédiatement happée par ses mots, pudiques mais intenses, qui arrivent à expliquer l’inexplicable. Elle prend alors son courage à deux mains et décide d’écrire à TF1 une lettre destinée à PPDA, dans laquelle elle se présente comme une jeune femme atteinte d’anorexie. Alors qu’elle ne s’y attend pas, le journaliste lui répond et lui donne rendez-vous quelques temps plus tard à la Tour TF1. S’ensuivra d’autres rencontres, parsemée de confessions, d’émotions et de beaucoup d’espoir.

Car Sabrina est atteinte d’un mal qui la ronge depuis des années : l’anorexie. Sans s’expliquer vraiment son apparition, elle vit depuis avec sa jumelle maléfique, celle qu’elle surnomme Elle durant l’ensemble de son témoignage. Malgré le soutien de ses proches, ses nombreux séjours en hôpital spécialisé, elle n’arrive pas à se défaire de cette maladie. Ses seuls moments d’accalmie apparaissent lors de ses rencontres avec Patrick Poivre d’Arvor, des moments chargées d’intensités, où le journaliste arrive à trouver les mots justes pour lui intimer de continuer le combat. Autre exutoire : son projet d’écriture autobiographique, qu’elle espère pouvoir faire éditer un jour pour venir en aide à d’autres jeunes filles accablées par ce mal.

Pour information, l’anorexie mentale est un trouble qui touche 1 à 2% des femmes et qui concerne essentiellement les jeunes filles de 12 à 20 ans. Elle se caractérise pas la restriction volontaire, pas forcément consciente, de l’apport alimentaire, ainsi qu’un refus de prise de poids, caractérisé par une hyperactivité sportive ou des vomissements forcés, dans le cas de Sabrina. Pas d’inquiétudes : si certaines scènes provoquées par la maladie peuvent être violentes, Sabrina les narre d’une manière feutrée, douce, de façon à ne pas choquer les lecteurs.

C’est là toute la subtilité du récit de Sabrina, qui narre avec justesse et douceur des épisodes terribles de sa vie. Le paradoxe entre brutalité des scènes et douceur des mots est brillamment illustré sous forme de dessins en noir et blanc, réalisées par Sabine Fèvre, qui représentent une silhouette fine, élancée, archétype de l’auteure. Une façon toute personnelle de mettre en image le mal-être qui la ronge.

Sabrina Missègue aura mis plus de 10 ans à écrire et éditer son livre. C’est également le temps qu’a durée sa soumission à cette maladie mentale. De ce fait, ce livre s’étant écrire sur le long terme, il est évident qu’il comporte certains passages assez lents, qui ont tendance à s’étirer dans le temps et à devenir redondants. C’est le seul point négatif que je retiendrai de cette lecture, point noir noyé parmi les messages optimistes et plein d’espoirs de Sabrina.

Aujourd’hui, bien qu’elle ne soit pas totalement guérie d’Elle, Sabrina va mieux : elle a compris qu’Elle sera toujours là, à ses côtés, mais qu’une introspection intérieure et une connaissance poussée de soi et de sa maladie est nécessaire pour espérer pouvoir s’en sortir. J’admire véritablement son courage ; son courage face à la maladie, pour l’avoir combattu durant plus de dix ans, presque seule, sans beaucoup d’aide extérieur ; puis son courage d’avoir osé retranscrire son parcours archaïque, de s’être dévoilé, dans des situations parfois cocasses, peu valorisantes, avilissantes. Il faut une force de caractère particulière pour se mettre à nu de cette façon. 

Enfin, j’ai particulièrement apprécié les dernières pages du récit, que j’ai trouvé les plus poignantes : elles m’ont fait venir les larmes aux yeux. Sabrina écrit une lettre touchante à sa « jumelle » et conclue par une exclamation teintée d’émotions déclamée par Patrick Poivre d’Arvor : « Au moins une qu’elle n’aura pas emportée !« . Sabrina Missègue reste très impliquée dans la lutte contre l’anorexie, allant jusqu’à conclure son récit par quelques conseils pour les personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire, ou pour accompagner des connaissances qui se battent contre Elle. PPDA reste lui aussi engagé dans cette lutte, il a notamment contribué à la fondation de La Maison de Solenn, en hommage à sa fille décédée, qui est un espace d’accueil et de soutien pour les adolescents souffrant de troubles divers (anorexie, dépression nerveuse, état suicidaire…).


Un témoignage intime et poignant qui dévoile avec pudeur le combat haletant de Sabrina contre l’anorexie. Avec justesse, elle met des mots sur ses maux afin de susciter une prise de conscience sur les ravages de cette maladie destructrive.

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-8289-1838-5