Les petites voix : Quand l’intuition toque à la porte d’un cerveau rationnel


Les petites voix : Quand l’intuition toque à la porte d’un cerveau rationnel
de Christelle Lauret

447 pages, éditions Carnets Nord, à 19€


Résumé : Notre cerveau est aussi inimaginable que l’univers : 100 milliards de neurones, 10 000 connexions potentielles par neurone, un infini de possibilités qui donne le vertige ! Christelle Lauret, docteur en chimie, chercheur et responsable d’équipes dans une multinationale pharmaceutique, découvre un jour une autre réalité : notre cerveau n’est pas que rationnel. L’intuition s en mêle, et heureusement. Cette première découverte la propulse sur un chemin inattendu et mystérieux… Voilà un incroyable récit, à la portée de chacun d’entre nous. Un récit qui peut modifier profondément notre vie, la chambouler du tout au tout. Pourquoi ? Comment ? Laissez-vous embarquer par ses petites voix… pour aller à la rencontre des vôtres. Un témoignage intime bouleversant. Des outils pratiques à tester vous-mêmes. Des découvertes scientifiques insoupçonnées.


Extraits « Ainsi, changer nos pensées change notre cerveau, changer notre cerveau change nos comportements, changer nos comportements change les résultats que nous obtenons. »
« Car s’aimer soi, c’est aimer le monde, aussi.« 

Mon avis : Lorsque j’ai lu le titre de cet ouvrage, j’ai tout de suite été curieuse de le découvrir. Je suis quelqu’un de très rationnel, mais j’ai quand même l’esprit ouvert, désireuse de découvrir toujours de nouvelles choses. Je me suis donc lancé dans la lecture de ce livre.

L’ouvrage est découpé en plusieurs chapitres, qui eux-mêmes sont découpés en trois grandes parties. La première est un témoignage de l’auteure, qui nous raconte des expériences qu’elle a vécu, qui l’ont marqué et qui l’ont amené à changer sa vision des choses et de la vie en générale. La deuxième partie est consacrée aux découvertes scientifiques. Cette partie plus technique permet aux personnes qui le souhaitent d’en savoir plus sur le pourquoi et le comment des expériences vécues par l’auteure. Enfin, la troisième et dernière partie, plus ludique, regroupe des « trucs et astuces » à faire soi-même pour vivre ses propres expériences. Cet ouvrage est donc bien complet et surtout diversifié. Libre à vous de sauter les parties et/ou chapitres qui ne vous intéressent pas et de vous consacrer uniquement à ceux qui vous interpellent.

C’est en partie la façon dont je l’ai lu : pas entièrement, mais au compte-goutte. C’est un livre qui se déguste en fonction de son humeur, que l’on abandonne au coin d’une table avant de le reprendre quelques jours ou semaines plus tard.

Les récits de Christelle Lauret m’ont particulièrement happé : je les ai tous lu. Certains sont plus frappants que d’autres et nous amènent à nous interroger – je songe notamment à l’expérience qu’a vécue l’auteure avec un mystérieux cheval capable de ressentir les choses intuitivement. Incompréhensible pour mon cerveau rationnel, mais pourtant, l’expérience est avérée. Quand les récits de l’auteure (comme celui cité en exemple juste avant) ont particulièrement attisé ma curiosité, alors je m’engageais dans la lecture des explications et/ou théories scientifiques, pour tenter d’en percer le mystère.

Ce qui est bien avec cet ouvrage, c’est qu’il est écrit avec simplicité et fluidité. Il est accessible à tous, lecteurs avérés ou non, rationalistes ou non… J’ai beaucoup appris durant ma lecture, et je vais tenter de mettre en pratique les trucs et astuces dispensés par l’auteure. Il me faudra sans doute du temps avant de faire totalement confiance aux petites voix de l’intuition, mais j’ai bon espoir d’arriver à les comprendre et de suivre leurs conseils.

 


Un ouvrage enrichissant pour apprendre à ouvrir son cerveau aux  petites voix de l’intuition. Ce livre devrait trouver son public.

Ma note : 6/10

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Quelle audace ! 50 histoires et leçons inspirantes pour aller au bout de ses rêves


Quelle audace ! 50 histoires et leçons inspirantes pour aller au bout de ses rêves
de Maxime Fourny

303 pages, éditions Eyrolles, à 18€


Résumé : Ils ont osé vivre une aventure hors du commun, changer de vie ou réaliser leurs rêves. Voici leurs histoires qui vont vous étonner, vous motiver et, à coup sûr, vous inspirer ! Comme celle d’Aymeric, l’ingénieur devenu rigologue, de Marie qui a mené la révolution des serviettes hygiéniques pour améliorer le monde, ou de Pierre qui a réenchanté l’hôpital en facilitant le quotidien des patients et des familles.

Bien plus qu’un livre, Quelle audace ! est un déclencheur d’audace, un guide. Et si vous décidiez aussi de vivre autrement, de suivre vos passions, vos envies ?

Après ces 50 histoires inspirantes, vous pourrez créer la vôtre. Celle qui vous ressemble. Celle que vous avez vraiment envie de vivre. Celle qui fera dire à votre entourage : « Quelle audace ! »


Extraits « J’ai longtemps cru que les gens audacieux avaient quelque chose en plus. Qu’ils possédaient une sorte de certitude, de confiance, ou des conditions différentes qui leur permettaient d’aller plus loin que nous autres pauvres terriens. Mais vous allez découvrir que la réalité est bien différente. Et que la clé est bien souvent la quête de soi, la quête de sens. »
« L’audace, ce n’est pas nécessairement de vouloir changer le monde. C’est de vouloir choisir votre voie, votre vie. Celle qui vous épanouit. Et qui est au bout du compte si accessible !« 

Mon avis : J’ai eu l’opportunité de faire cette lecture grâce à une Masse critique organisée par Babelio. Je les remercie chaleureusement, ainsi que les éditions Eyrolles, pour l’envoi de cet ouvrage.

Ce livre contient 50 témoignages d’entrepreneurs français, qui ont réussi à aller au bout de leurs rêves en créant leur propre entreprise. Ces témoignages ont été recueillis par Maxime Fourny, lui-même entrepreneur, et notamment fondateur de près de 13 start-ups en 12 mois seulement. Ça peut paraître dingue, mais il a pourtant réussi. À l’image de son propre parcours, nous allons en découvrir 50 autres, des jeunes, des moins jeunes, des femmes, des hommes, des membres d’une même famille, des amis, collègues… qui ont fait de leur rêve une réalité.

Parmi les 50 personnes présentées, certaines se démarquent par leur célébrité, je pense notamment à Guillaume Gibault, fondateur du célèbre Slip Français, ou encore Nicolas Chabanne, à l’origine de « C’est qui le Patron »,  la Marque du Consommateur. Je connaissais leur succès, mais je n’avais pas conscience du chemin qu’ils avaient eu à parcourir pour y arriver. Grâce à ce recueil, j’ai découvert énormément d’autres entrepreneurs, qui m’ont bluffé par leur audace. En citer quelques-uns ne serait pas juste pour les autres, puisque chacun m’a impressionné par son histoire.

Chaque personne est impressionnante, dans la force de caractère, le courage et l’audace dont ils ont fait – et font encore – preuve au quotidien. L’entreprenariat, c’est un peu un grand saut dans le vide, c’est quelqu’un chose d’incertain, qui fait peur à de très nombreuses personnes. Pourtant, une poignée de courageux, ceux que l’auteur appelle les audacieux, ont osé franchir le pas qui les séparait de leur rêve. Et souvent, ce pas était celui qui allait changer leur vie à tout jamais.

Bravo à Maxime Fourny d’avoir également respecté la parité hommes/femmes dans ses témoignages : une petite attention comme tant d’autres, mais qui montre que les femmes sont tout aussi compétentes et courageuses que les hommes. L’entrepreunariat et le succès n’est pas réservé qu’aux hommes, et l’auteur nous le montre bien !

J’ai particulièrement apprécié la préface de Frédéric Mazzela, fondateur de la célèbre plateforme Blablacar (que l’on ne présente plus), qui m’a beaucoup plût. Ses quelques mots m’ont inspirés, m’ont charmés, et m’ont fait commencer ma lecture d’un bon pied, avec l’esprit positif.

Et du positif, il y en aura dans ce livre. Pour ne rien vous cacher, il y aura aussi quelques phrases négatives, mais elles sont très rares, vite remplacées par le positif de chaque expérience. Positiver est d’ailleurs très important lorsque l’on souhaite se lancer dans l’inconnu, car pour qu’arrive le meilleur, il faut déjà penser le meilleur. Nombreuses sont les personnalités qui en témoignent dans ce recueil.


Un très beau recueil de témoignages, qui apporte beaucoup d’espoir et de conseils pour se lancer dans l’entrepreunariat. 

Ma note : 7/10

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Imagine John Yoko


Imagine John Yoko de Yoko Ono

318 pages, éditions E/P/A, à 39,90€


Résumé : Composé et présenté par Yoko Ono, Imagine John Yoko retrace la genèse de du légendaire album Imagine et recrée le contexte de sa création : les lieux, l équipe artistique, les créations graphiques et les films, racontés par John et Yoko et par tous ceux qui étaient là. L ouvrage révèle 80 % de documents et d images d archives inédites ; il présente des paroles de chansons, des installations d art, des entretiens et témoignages exclusifs de Yoko et des nombreux acteurs-clés de l album plus de quarante musiciens, ingénieurs son, employés de maison, célébrités, artistes et photographes, tels que Julian Lennon, Klaus Voormann, Alan White, Jim Keltner, David Bailey, Dick Cavett et Sir Michael Parkinson. « Beaucoup de choses ont été écrites autour de la création de la chanson, de l album et du film Imagine, principalement par des personnes qui n étaient pas présentes. Je suis ravie qu aujourd hui, pour la première fois, autant de participants aient aimablement donné de leur temps pour écrire la vérité, avec leurs propres mots et images. »


Extraits  « Je pense que la musique reflète l’état de la société. »

« J’ai un lien étrange avec la chanson « Imagine ». Chaque fois qu’un truc important va m’arriver, qu’il y a un changement dans ma vie, je l’entends à la radio ; et je sais que ça signifie qu’il est temps pour moi de passer à autre chose. »


Mon avis : Je souhaitais avant toute chose remercier Gilles Paris et son équipe, ainsi que les éditions E/P/A pour l’envoi de ce magnifique objet-livre. L’objet en lui-même rend hommage au fabuleux artiste qu’est John Lennon, avec une couverture blanche, signe de pureté, et une côte bleue et blanche, pouvant représenter des nuages dans un ciel bleu, signe de paix, de calme, de sérénité, de sensibilité aussi.

Ce livre est un recueil de témoignages de proches de John Lennon et de collaborateurs musicaux, qui expliquent comment ils ont rencontré John, comment il se comportait dans le milieu professionnel et le milieu personnel. On en apprend davantage sur sa personnalité et son comportement, mais aussi sur l’immense amour qu’il y avait entre lui et Yoko Ono.

John Lennon est un artiste que j’admire, qui m’inspire, m’émeut et me donne espoir en la vie. Sa chanson la plus connue, Imagine, est encore aujourd’hui largement diffusée et reprise dans le monde entier. John est un chanteur qui inspire encore aujourd’hui de nombreuses personnes, par sa générosité, son pacifisme, son originalité, tant dans ses oeuvres que dans sa façon de vivre et de travailler.

Ce livre est ponctué d’illustrations – photos, notes écrites de la main de John… – en très bonne qualité, qui donne plus de vie aux témoignages. Imagine John Yoko est un livre qui se feuillette, et que l’on admire, comme une oeuvre d’art que l’on tiendrait entre ses mains.

C’est un livre qui transpire l’amour, la sérénité, la joie, la générosité, la douceur et la paix. On se délecte des témoignages des proches de John Lennon, tout en écoutant en sourdine une chanson titre de l’artiste. Tous nos sens sont mobilisés pour pénétrer dans l’univers onirique et poétique du couple mythique John Lennon et Yoko Ono.


Un très bel hommage de yoko ono à John Lennon, qui réexprime au monde entier leur amour éternel et leur message de paix. Des témoignages percutants, des photos émouvantes et des anecdotes surprenantes sont à retrouver dans ce magnifique livre-objet. 

Ma note : 7/10

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Sauvez le Kursk !


Sauvez le Kursk ! de Robert Moore

327 pages, éditions L’Archipel, à 21€


Résumé : A bord du sous-marin nucléaire russe K-141 Kursk en difficulté :23 marins à sauver… Samedi 12 août 2000, 11h28. Dans les hauteurs du Cercle Arctique, sous la surface déchaînée de l’impitoyable mer des Barents, le sous-marin « Kursk », fierté de la flotte d’élite russe, effectue des exercices de lancers de missiles. À son bord, le capitaine Gennady Lyachin et ses hommes.Mais ce qui apparaissait comme un simple entraînement tourne au cauchemar quand l’un des missiles, semblablement victime d’une fuite, explose dans le compartiment avant du sous-marin.Sept marins sont tués sur le coup de l’onde de choc. Mais ce n’est que le début de l’horreur…Pour la première fois traduit en France, Kursk fait le récit heure par heure du drame qui s’est joué à l’intérieur du sous-marin, et des efforts désespérés des sauveteurs. Une enquête sous tension, pour laquelle l’auteur a eu accès à des documents gardés secrets, qui se lit comme un thriller et que Thomas Vinterberg (Loin de la foule déchaînée) adapte au cinéma en novembre 2018.


Extraits  « Les meilleurs mensonges se dissimulent derrière un vernis de vérité. »

« Tant que je n’aurai pas obtenu la preuve que les marins sont morts, déclare-t-il, je partirai du point de vue qu’ils sont vivants. »


Mon avis : J’étais trop jeune lorsque le drame du Kursk a eut lieu en mer de Barents. Tout naturellement, je n’en garde aucun souvenir. Mais l’histoire de ce sous-marin russe qui a coulé avec plus de 118 marins à son bord trouve encore échos dans l’esprit de nombreuses personnes.

Photo du Koursk, long de 154m

12 août 2000, en mer de Barents, en Arctique. Le submersible nucléaire russe « Kursk » abrite 118 marins à son bord. Alors qu’il s’entraîne à des exerces de lancers de missiles, la défaillance d’un des missiles pulvérise une partie du sous-marin et cause la perte des nombreux hommes à son bord. Seul 24 hommes, reclus dans le dernier compartiment du submersible, arrivent à s’en sortir. Dotés d’une quantité d’air limité, ils attendent avec impatience les secours. Mais depuis plusieurs années, la marine russe connaît de sérieux problèmes financiers, et le matériel utilisé n’est plus forcément adapté pour réaliser des missions à haut risque de cette envergue. D’autant plus que les politiques russes semblent bloquer l’avancée du sauvetage, et n’acceptent pas la main tendue des pays voisins, craignants un espionnage rapproché… au détriment de la vie de leurs propres marins.

Ce livre de Robert Moore est celui qui a inspiré le film de Thomas Vinterberg, sorti dernièrement au cinéma.  Il y décrit, avec d’infinies précisions, les détails du naufrage du Kursk et du secours apporté par les autorités.

Grâce à cette lecture, on se rend compte du laxisme du président Vladimir Poutine, alors nouvellement élu à la tête du pouvoir en Russie. Malgré la tragédie qui se jouait en mer de Barents, il n’a pas interrompu ses vacances ni ses divers rendez-vous, et ne s’est présenté sur les lieux, devant les familles des victimes, près de dix jours après le naufrage du Kursk. Plus globalement, on prend conscience de la politique russe scandaleuse, qui ont préféré refuser l’aide des occidentaux au détriment de la vie de leurs marins. C’est seulement plusieurs jours après l’annonce publique du naufrage du sous-marin que les russes ont accepté leur aide. Hélas, ayant peur d’éventuels tactiques d’espionnages, ils ont mentis sur certaines de leurs données et n’ont pas voulu en dévoiler d’autres, pourtant précieuses pour commencer les opérations de sauvetage (comme un plan détaillé du sous-marin russe).

La politique médiatique est également mise en cause, puisque comme l’explique si bien Robert Moore dans son livre, il n’y avait à cette époque que très peu de médias libres, ce qui fait que les informations étaient entièrement contrôlées par l’état, qui pouvait se permettre de divulguer des mensonges pour satisfaire leur prestance autoritaire et garder une certaine contenance. Une vingtaine d’années plus tard, les pratiques n’ont pas évoluées, l’instrumentalisation des médias  reste d’actualité.

Ce fût un pur bonheur de lire ce livre, hautement documenté, avec de nombreux témoignages et d’infinies précisions. Construit comme une fiction, il est quand même assez douloureux de se dire que l’histoire s’est réellement déroulée comme elle est narrée.


Une lecture passionnante et hautement enrichissante, qui m’a permis d’en apprendre plus sur le naufrage du sous-marin russe Kursk en mer de Barents. Je vous recommande fortement cette lecture !

Ma note : 9/10

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La nuit avec ma femme


La nuit avec ma femme de Samuel Benchetrit

158 pages, éditions J’ai Lu à 7,20€


Résumé : Un homme ouvre son cœur à sa femme disparue sous les coups d’un autre, venue le visiter le temps d’une nuit. Un voyage intérieur poétique, âpre et intime.

 » J’ai passé plus de temps que toi sur cette Terre. Et notre différence, c’est que moi, je t’ai perdue. C’est parce que j’ai continué à vivre que je le sais. J’ai voulu être seul souvent pour être avec toi. Il faut bien donner son temps aux amours invisibles. S’en occuper un peu. Encore maintenant je me demande comment tu vas. Ce que tu fais. Je cherche de tes nouvelles. J’invoque la colère pour que tu la calmes. Quelques rires où tu me rejoindrais. Et le soleil a changé, puisqu’il manque une ombre. Mais je suis heureux. Et c’est à ton absence que je dois de le savoir.  »


Extraits :  « Les vivants font plus de signes aux morts que les morts n’en font aux vivants. On a des cloches et des fêtes. Vous ne faites rien pour nous. Enfin, je crois. Juste de la peine et occuper les souterrains. »

« Écoute. Écoute ton rire mon amour. Peut-être que le temps a abîmé ta voix. Mais c’est mieux que rien. Et la technologie ne sert qu’à ça. Se donner des nouvelles du passé. On invente un futur pour mieux se souvenir des peines. »


Mon avisUn grand merci à Babelio, qui m’a permis de découvrir cet émouvant témoignage.

Samuel Benchetrit, auteur, scénariste et réalisateur français, a dû faire face, en 2003 à l’assassinat de son ex-femme, par son nouveau conjoint. Alors qu’ils avaient eu un enfant ensemble, Samuel se retrouve seul à l’élever. Il nous raconte ce qu’il a ressenti suite à ce drame, comment il a réagit, comment il a continuer malgré tout à vivre, pour lui, mais surtout pour leur enfant. Il va profiter d’une dernière nuit, le temps d’une dernière rencontre mystique avec celle qui fût sa femme, pour déverser tout ce qu’il a sur le coeur.

Ce livre est un concentré d’émotions. Je dois quand même avouer que le style narratif abrupte de l’auteur m’a un peu déstabilisé au début de ma lecture. Des phrases courtes, percutantes, quelques mots jetés ici ou là. Il m’a fallu un temps d’adaptation pour enfin pouvoir m’insérer dans l’histoire. C’est donc sans surprise que j’ai préféré découvrir la seconde partie du livre, que j’ai trouvé plus intense et surtout plus prenante que le début du récit.

La nuit avec ma femme aurait pu être un cri de colère face à l’homme jaloux qui a assassiné l’être aimé. Mais Samuel Benchetrit opère un tout autre virage dans son récit, en ne parlant que d’amour. C’est un témoignage poignant et touchant, qui nous prouve qu’après une dizaine d’années, l’auteur ne l’a toujours pas oublié et continue à penser très souvent à elle. Un livre  d’amour écrit comme un hommage, ou comme un adieu, à cette femme qu’il n’oubliera jamais.

Mais c’est aussi une histoire triste, qui nous rappelle que chaque jours, des femmes meurent sous les coups de leurs compagnons. En France, une femme meurt tous les trois jours des suite des coups de son compagnon. Mais ce n’est pas tout : 223 000 femmes sont chaque année victimes de violence physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ; 84 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol, chaque année en France. Des chiffres alarmants, mais bien réels. La nuit avec ma femme, même si ce n’est pas son but premier, sensibilise aux violences faites aux femmes. En mettant en lumière cette réalité et tout ce qui en découle, beaucoup peuvent se rendre compte de la gravité des faits et aider à leur échelle.


Samuel Benchetrit met son coeur à nu et se livre sur les sentiments qu’il ressent et à ressenti après l’assassinat de sa femme. Un récit profond et intense, qui ne laisse pas indifférent. 

Ma note : 6/10

Belle de nuit


Belle de nuit de Sonia Frisco

351 pages, à 17€


Résumé : Deux Filles Deux Destins. Une Histoire. Il existe des réalités qui dépassent la plus incroyable fiction, des rêves pour lesquels on est prêt à tout donner, des amitiés plus fortes que toutes les adversités. La violence ne sévit pas toujours à visage découvert, bien souvent elle porte des masques, pour cacher sa laideur et sa misère. Dans un monde redoutable qui la veut prisonnière, Mia va lutter de toutes ses forces pour sauver son histoire personnelle et trouver l’amour, la liberté et la vie… avec, pour seuls alliés, un espoir, un rêve et une amie. On dit de la liberté qu’elle n’a pas de prix. C’est parce que sa valeur est inestimable…

Mais la liberté a toujours un prix.
Et quand on le connaît, on le paye.

Il doit certainement y avoir en nous le souvenir d’un monde ou d’un lieu où l’on a été heureux.

Qu’est-ce que la Vie ? Qu’est-ce que le Temps ? Qu’est-ce que l’amour, l’amitié et l’infini ?


Extraits :  « La plus cruelle prison de l’homme est souvent l’homme lui-même.« 

« Cela s’appelle le quotidien. Pour beaucoup, c’est la sécurité. Même laide, même meurtrissante, même traumatisante, terrifiante ou injuste, c’est la sécurité. »


Mon avis : Un grand merci à Babelio, ainsi qu’à Amazon Publising grâce à qui j’ai pu recevoir et lire ce livre signé Sonia Frisco.

Je parle bien de livre et non de roman, puisque même si une infime partie des lignes écrites sont fictives, la majeure partie de l’histoire est réelle. Les personnages sont de vraies personnes (seule leur véritable identité est tue) et les événements qui s’y déroulent se sont véritablement passés. Une fois qu’on sait ça, quand on commence à découvrir le récit, on ne peut qu’être touché, ému et attristé par la tragique histoire de Mia.

Mia, c’est une femme mariée à un homme qu’elle n’aime plus, mais qu’elle ne peut pas quitter, à cause de son manque d’argent et des critiques de sa famille. Mia, c’est une femme encastrée dans un quotidien morose et banal, qui ne lui apporte que tristesse et désespoir. Un beau jour, elle décide de mettre fin à cette vie là et de commencer véritablement à vivre pour elle. Mais les chemins vers la liberté sont difficiles à atteindre…

Belle de nuit, c’est le combat d’une femme, qui se bat pour sa liberté. Elle se bat pour connaître la vraie vie, et sortir du quotidien qu’on lui a imposé. Elle veut aussi découvrir l’amour, le véritable amour, l’amour passionnel, dont elle a tant entendue parler, mais qu’elle n’a jamais abordé.

Cette histoire, c’est aussi la mise en avant de la condition de la femme dans tout ce qu’elle a de plus restrictif. Une femme, corps sensuel qui se laisse manipuler et traiter comme un objet. Une femme, dépendante et soumise à une domination masculine. Une femme, encastrée dans des coutumes familiales avilissantes.

On réfléchit également beaucoup à la prostitution et aux conditions des femmes qui exercent cette activité. Prostituée libres ou exploitées ? Choix de vie ou contraint ? La prostitution est un vaste débat, qui encore aujourd’hui fait couler beaucoup d’encre. A chacun de s’en faire sa propre idée.

A travers cette tragique histoire, c’est surtout un message d’espoir que l’auteure souhaite faire passer. Elle invite également à la tolérance, au partage et à l’amour. Son message est admirablement mis en scène, puisqu’elle nous confie l’histoire intime de sa tendre amie, Mia. Un bel hommage, puissant, tragique, respectueux, mais surtout rempli d’amour.


Un récit dense, qui raconte avec justesse la quête d’une existence et des valeurs qui la composent. J’ai été touché par ce bel hommage. 

Ma note : 7,5/10

Cette étoile ne s’éteindra pas


Cette étoile ne s’éteindra jamais 

de Esther Earl, Lori et Wayne Earl

443 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : La vie et les mots d’Esther Grace Earl, la jeune fille qui a inspiré le personnage d’Hazel à John Green. Un livre poignant, regroupant écrits et documents sur Esther Earl, la jeune fille qui a inspiré à John Green le personnage féminin de Nos étoiles contraires. Une jeune fille qui brille à travers tout le livre par sa joie et sa soif de vivre.


Extraits :  « Le monde dans lequel nous vivons est défini par ses limites. On ne peut pas voyager plus vite que la lumière. On mourra tous un jour. On ne peut pas y échapper. Mais la conscience humaine a ceci de miraculeux et d’encourageant qu’elle est capable de concevoir l’absence de limites.« 

« J’ai dit un peu plus haut que ce soir de 2009 où Esther m’a sauvé de la piste de danse n’était que le début d’une longue série. En fait, elle me sauve constamment. Dans ces pages et dans mes souvenirs, elle me rappelle que la vie n’a pas besoin d’être longue pour être heureuse et bien remplie, qu’on peut souffrir d’une dépression sans la laisser nous dévorer, et que le sens de notre existence passe par les autres, par la famille et les amis qui transcendent et surmontent toutes les formes de souffrance. Pour citer le Cantique des cantiques, « l’amour est aussi fort que la mort ». Peut-être même plus. »


Mon avis : Cette étoile ne s’éteindra pas est un livre-hommage à Esther Earl, une jeune fille atteinte d’un cancer de la thyroïde, qui s’est éteinte en août 2010, à l’âge de 16 ans.

Ce livre regroupe des écrits d’Esther, que ce soit des écrits réalisés dans son journal intime, qui parlent de l’avancée de sa maladie et des émotions qu’elle éprouve ; ou des lettres d’amour destinés à son entourage. J’ai été surprise par la créativité de la jeune fille, qui accompagnait chaque écrits d’illustrations ou de petits dessins humoristiques. De plus, à la la fin de l’ouvrage, ses parents ont compilés quelques ébauches de fictions commencées par Esther… il n’y a pas à dire, cette jeune fille avait une âme d’artiste !

Vous retrouverez également quelques photos d’Esther, souriante, avec ses amis, sa famille, ou John Green ; ainsi que de magnifiques témoignages de son entourage (des écrits de ses parents, de ses amis…) qui débordent d’amour envers Esther et de remerciements, au vu de tout ce qu’elle leur a apporté.

Un exemple d’une page du livre, avec la transcription en français d’une lettre d’Esther pour l’anniversaire de son père, accompagné d’une photo d’eux deux. L’amour transpire de chaque mot.

 

Esther était une jeune fille exceptionnelle, à la maturité bien trop avancée. Sa maladie l’a fait grandir trop vite. C’était quelqu’un de très créatif, optimiste, toujours de bonne humeur, avec des mots doux et personnels pour chaque personne de son entourage. Ce qu’il y avait de merveilleux avec elle, c’est que malgré tous les maux qui l’accablaient, Esther n’a jamais dramatisé sa situation, au contraire, elle est restée celle qu’elle avait toujours été : souriante, rigolote, sympathique, empathique. Cette jeune fille, du haut de ses 16 ans, est un vrai modèle de gaieté et de courage.

Elle s’exprimait à travers son journal, à travers son blog, ses vidéos Youtube… elle faisait entendre sa voix, et souhaitait changer et améliorer le monde. Esther vivra encore longtemps, dans l’esprit de ses proches, et à travers ses nombreuses actions à l’encontre des personnes dans le besoin.

Pour information complémentaire, Esther est la jeune fille qui a inspirée John Green, l’auteur de Nos étoiles contraires, un roman jeunesse sorti en 2012, resté plus de sept semaines à la tête du New York Times Best Seller list. Leur passion commune pour Harry Potter les a fait se rencontrer lors d’un événement organisé pour les fans de la série. Esther appréciait John Green, alors connu pour les vidéos YouTube qu’il tournait avec son frère Hank. Une jolie amitié va naître entre ces deux personnes, tant et si bien que l’auteur, très affecté par le décès d’Esther, survenu la veille de son propre anniversaire, lui rendra hommage à travers son livre.

Les parents de Esther, Lori et Wayne, perpétuent la mémoire de leur fille et les valeurs qu’elle incarnait, à travers l’association TSWGO qui signifie This Star Won’t Go Out. Ils récoltent de l’argent, pour aider financièrement les familles qui ont un enfant atteint du cancer. Les traitements sont très onéreux ; Esther a eu la chance d’avoir une famille aimante et attentionnée, qui s’est privée, allant parfois jusqu’à avoir du mal à joindre les deux bouts, pour assurer sa guérison partielle. Une belle initiative, qui permettra d’apaiser quelque peu les souffrances quotidiennes des proches.

Pour l’achat de ce livre, 1 euro sera reversé à l’association Imagine for Margo, qui aide les enfants atteints d’un cancer.


Ce livre-hommage est à l’image d’Esther : coloré, vivant, rempli d’amour. Un récit poignant, qu’il faut lire en ayant le coeur bien accroché. 

Ma note : 8/10