Esther, reine malgré elle


Esther, reine malgré elle
de Susie Morgenstern et Marie-Thérèse Davidson
120 pages, éditions Nathan


Résumé : Esther est une jeune orpheline juive, qui vit à Suze avec son oncle. Le peuple juif en exil n’est pas très apprécié d’une partie de la population de la ville. Lorsque le roi Assuérus cherche une nouvelle femme, Esther se cache : une vie dans le harem royal ne la fait pas du tout rêver ! Mais sa grande beauté est remarquée et elle est emmenée de force. Après un an dans le harem, où elle a réussi à cacher ses origines, elle est choisie par le roi pour être sa nouvelle épouse.
Au même moment, le premier ministre Haman, qui voue une haine féroce aux Juifs, ordonne leur massacre. La reine Esther pourra-telle déjouer ce complot et sauver son peuple ?


Extraits« Pour rappeler notre soulagement et notre joie après cette délivrance, que les quatorze et quinze Adar soient des jours de générosité et de joie, des jours d’exceptionnelles réjouissances, d’année en année, de génération en génération ! En souvenir du moyen par lequel Haman a fixé la date de notre perte, nous nommerons cette fête Pourim, la « fête des Sorts ». »

« La reine doit être aussi parfaite qu’un animal destiné au sacrifice ! »


Mon avis : Hadassah, plus connue sous le prénom d’Esther, est une jeune femme juive originaire de Suse, dans le royaume du roi Assuérus. Elle vit avec son oncle Mardochée, dans la joie et l’insouciance. Jusqu’au jour où le roi recherche une nouvelle reine à installer sur le trône ; sa Hadassah est emmenée avec d’autres filles et change de prénom pour cacher ses origines juives. Un an plus tard, sa vie est bouleversée : elle est couronnée reine.

J’ai beaucoup aimé découvrir cette histoire biblique, trop peu connue du grand public. Le personnage d’Esther est très intéressant à analyser. Nous faisons la connaissance d’une jeune fille soumise, serviable, qui obéit au roi et à ses caprices sans rechigner. Puis, progressivement, Esther prend les rênes du pouvoir et arrive à imposer ses volontés au roi et à régner implicitement sur l’Empire. Elle fait preuve d’une grande bonté pour venir en aide à son peuple, ainsi que d’un immense courage pour affronter le roi et son Grand Ministre au détriment de sa propre vie. C’est un personnage au caractère ambivalent, une héroïne remarquable, que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.

Les deux auteurs mettent en avant la haine des juifs revendiquée par le Grand Ministre Hamman,  qui fait édicter un édit pour autoriser le massacre de l’ensemble du peuple juif au treize du mois d’Adar. Une missive enflammée qui va faire naître jalousies, rancoeurs, haine et violence. Les habitants se liguent les uns contre les autres et ne pensent plus qu’à l’élimination de la vermine juive, pour récupérer leurs possessions. Une bien triste histoire qui se répétera des siècles plus tard, sous le régime d’Hitler.

Mais Esther, jeune femme juive, entend sauver son peuple du martyr. Malicieusement, elle va réussir à inverser la tendance et demander vengeance. Les massacreurs deviennent massacrés. De ce point de vue, peut-on parler de justice acceptable ? Selon moi, répondre de la violence par la violence ne résout rien ; les requêtes de la reine partaient d’un bon sentiment, mais la persécution n’en reste pas moins cruelle. En définitive, Esther est et restera un symbole de la délivrance d’un massacre et de la révolte juive qui s’ensuivit. C’est grâce à elle que les grandes fêtes juives du Pourim sont nées. Chaque année, elles sont célébrées le 14 en Adar (février ou mars) ; les juifs festoient ensemble autour de larges banquets.

À la fin du livre, vous trouverez un dossier complet sur Esther, pour en apprendre plus sur cette figure biblique marquante. De même, un lexique est à la disposition de tous, pour ceux qui auraient des difficultés à comprendre des termes vieillissants ou des expressions étrangères utilisées au cours de l’histoire.


Un récit biblique simplifié et romancé, pour donner accès aux plus jeunes à une figure légendaire trop peu connue, la reine esther, qui devrait, à mon sens, être mise plus en lumière.

Ma note : 7,5/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-09-258884-0

La petite dernière


La petite dernière de Susie Morgenstern

222 pages, éditions Nathan, à 13,95€


Résumé : Les PETITES dernières aussi veut faire de GRANDES choses !

La petite Susie grandit dans les années 50, à Belleville, aux États-Unis, dans une famille juive de trois enfants. De trois filles plus exactement : Sandra, Effie, et elle, Susie « La petite dernière ». Et c’est son grand drame d’être la troisième ! Seules ses aînées se voient confier de véritables missions par sa mère : préparer les légumes, mettre la table… Elle, elle n’est même pas digne d’éplucher les patates ! Elle doit se contenter de faire ses devoirs. En plus, ses sœurs prennent toute la place : Sandra est « la plus jolie », Effie « la plus drôle ». Que lui reste-t-il de spécial ?

Des choses quotidiennes tendres et drôles, inspirées de la vie de l’auteure.


Extraits :  « Mais j’avais déjà en tête le plus grand projet de ma vie : lire tous les ouvrages posés sur les étagères de chêne, en débutant par les auteurs donc le nom commençait par A.
Peu importe ce que je lisais, ce qui m’intéressait c’était de lire, toujours et encore.« 

« Elle réussissait à rendre chaque minute de sa vie excitante dans ce trou qu’était Belleville. Elle était la première à dire qu’on a la vie qu’on se construit. »


Mon avisSusie Morgenstern est une auteure de livres jeunesse, qui place au coeur de ses histoires de nombreux enfants, et notamment des filles. C’est le cas avec sa saga La famille trop d’filles, qui met en scène une famille de six soeurs et un frère. Je n’ai donc pas été surprise lorsque j’ai appris que Susie Morgenstern était la cadette d’une famille de trois petites filles. On comprend bien que l’inspiration pour la saga précédemment citée a été puisée directement dans le quotidien de l’auteure.

La petite dernière, contrairement à ces autres ouvrages, est un récit autobiographique, dans lequel l’auteur nous fait part de quelques souvenirs de l’année de ses dix ans. Entre anecdotes croustillantes et rigolotes ou secrets inavoués, l’auteure nous emmène avec elle dans les années de sa folle jeunesse.

Plusieurs choses ont marqués particulièrement la petite fille qu’elle était. La première, c’est sa place de cadette. Ses parents ont fait un troisième enfant pour obtenir un garçon, et manque de chance, c’est la petite Susie qui est apparue. Après cette révélation, il n’est pas aisé de ne pas se sentir un peu coupable. De plus, précédée de deux grandes soeurs, Susie s’est vue reléguée au second plan, que ce soit dans les tâches ménagères à accomplir, ou dans le coeur de ses parents. Entre jalousie et admiration pour ses soeurs, et culpabilité envers ses parents, la troisième place de Susie n’a jamais été évidente !

Deuxième grand souvenir que Susie a conservé de son enfance, c’est la pratique religieuse quotidienne que ses parents lui imposaient. Sa famille étant juive, Susie a vécue à distance la seconde guerre mondiale, et l’antisémitisme qui sévissait gravement en Europe. Réfugiée aux États-Unis, ils pratiquaient tous, avec une assiduité marquante, les prières quotidiens et autres fêtes liées au judaïsme. Cette partie de l’histoire m’a particulièrement fascinée, puisque l’état d’esprit des gens  au regard de la religion, ainsi que la bonhomie qui planait dans ses années semblent être un temps totalement révolu. De nos jours, il est difficile de concevoir d’afficher aussi clairement sa religion sans se prendre des remarques ou insultes à tout va… Les souvenirs de Susie n’ont jamais aussi bien portés leurs noms : des événements passés et terminés, que l’on garde précieusement dans sa mémoire.

En plus de ces textes intimes, l’auteure a incorporé quelques dessins qu’elle a elle-même réalisé. En lien avec le récit, la plupart illustrent l’amour fraternel entre elle et ses soeurs. Ces dessins peuvent également être un moyen de se replonger un instant dans l’enfance merveilleuse, où dessiner constituait la tâche la plus importante à faire de la journée.

 


Une histoire pleine de tendresse et de douceur, qui évoque des souvenirs d’enfance chaleureux. Une parenthèse enchantée, qui vous rendra à la fois heureux et nostalgique.

Ma note : 6/10

 

La famille trop d’filles : Elisa et les danseurs amérciains


La famille trop d’filles : Elisa et les danseurs américains de Susie Morgenstern et Clotka

42 pages, éditions Nathan


Résumé : Depuis qu’Elisa a assisté à un spectacle des danseurs d’une compagnie américaine, elle rêve d’aller faire un stage de danse à New York avec eux. Mais il y a plusieurs obstacles : elle est très jeune et, surtout, elle ne parle pas un mot d’anglais… HELP* ! (*à l’aide !)


Extraits :  « – Moi, j’aimerais être une fille ! annonce Gabriel.
– Tiens, pourquoi ? lui demande Billy.
– Parce que c’est trop dur d’être le seul garçon au milieu de six filles.
– Mais si tu n’étais pas un garçon, les parents auraient continué à essayer d’en avoir un et on aurait été encore plus nombreuses, explique Bella. Tu nous as sauvées : il n’y a plus de place ici ! Merci, Gabriel !« 

« Noire ou pas, avec ou sans petits pieds, en français comme en anglais, tu seras toujours notre danseuse étoile préférée ! »


Mon avis : Entre deux gros romans, rien de tel que de continuer ma découverte de la petite saga jeunesse La famille trop d’filles écrit par Susie Morgenstern et illustré par Clotka.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette saga, elle met en lumière une famille composée de sept enfants, dont six filles et un seul garçon. Chaque tome met en lumière un enfant de cette famille ; on les découvre donc chacun leur tour, séparément. Dans ce tome-ci, c’est Élisa qui est mise en avant. Cette jeune fille, déjà passionnée de danse, va tomber en amour de la troupe américaine Alvin Ailey, qu’elle est allé voir en spectacle avec sa grand-mère. Décidée à intégrer leur troupe pour un stage de danse d’été, Élisa va faire face à un obstacle de taille : son trop jeune âge. Très déçue, elle va se tourner vers ses frères et soeurs, toujours présents pour l’entourer et lui remonter le moral.

 

Encore une fois, les deux auteures nous livrent un récit jeunesse agréable à découvrir, qui en plus, délivre une jolie leçon de vie. A travers ce tome, on découvre un amour fraternel et une solidarité familiale très forte, qui permettent de surpasser les obstacles de la vie et de recouvrer le sourire. A glisser entre chaque jeunes mains.

Ma note : 6/10

 

La famille trop d’filles : Billy, le roi des chaussettes


La famille trop d’filles : Billy, le roi des chaussettes de Susie Morgenstern et Clotka

114 pages, éditions Nathan


Résumé : Chez les Arthur, il y a sept enfants, dont six filles ! Et il y a un garçon au pair qui s’occupe de toute la fratrie : Billy.
Entre les devoirs, les grandes tablées et les centaines de chaussettes à trier, Billy se perd parfois lui-même. Il se pose beaucoup de questions. Et s’il quittait tout pour ouvrir un restaurant en Irlande ?


Extrait :  « Les chaussettes sont bêtes comme leurs pieds !
Deux âmes soeurs perdues et séparées,
Une jungle de noeuds, un puzzle éparpillé,
Un casse-tête, casse-cul, oh, vive l’été !

En été, vive sandales et pieds nus !
Pas de maudite chaussette en vue,
Pas de pieds en sueur qui puent,
Pas de talons avec des gros trous.

Il faut faire des couples bienheureux :
Rouge avec rouge, bleu avec bleu,
Mais du bleu, il y en a trop peu,
Où se cache l’autre, bon Dieu de bon Dieu ?

Les chaussettes sont enquiquinantes.
Elles sont terriblement fuyantes
Avec leur manie itinérante.
Il n’y a qu’à en mettre deux différentes ! »

Mon avis : Après Anna la rebelle et Flavia piano piano me voici découvrant un nouveau tome de la saga La famille trop d’filles, avec ce coup-ci un garçon, du nom de Billy.

Mais Billy n’est pas un membre à part entière de la famille trop d’filles, même si les enfants le considèrent comme tel. En effet, Billy est un garçon au pair anglais, qui vient garder les enfants chez eux, leur faire à manger, faire le ménage, ect. Des missions quotidiennes qui ne sont pas de tout repos pour Billy, qui suit en parallèle une formation de cuisinier.

Dans ce tome, on retrouve l’ambiance familiale et chaleureuse des deux autres tomes, avec des enfants joyeux et sympathiques, qui s’entraident les uns les autres. On y découvre plus profondément Billy, jeune garçon très courageux, qui fait de son mieux pour aller son travail personnel à la maison, son job professionnel en cuisine, et son apprentissage de la langue française. Des travaux acharnés qui vont porter leurs fruits…

Dans cette chronique, je tenais à mettre en lumière les magnifiques illustrations réalisées par Clotka, qui fait un très joli travail de dessin. Ces illustrations sont de qualité, avec des couleurs vives, qui égaient d’autant plus le récit.

Encore un tome dynamique, sympathique à découvrir et rapide à lire. Cette famille devient de plus en plus attachante… Vivement le prochain tome !

Ma note : 7/10

La famille trop d’filles : Flavia, piano piano

La famille trop d’filles : Flavia, piano piano
de Susie Morgenstern et Clotka
42 pages, éditions Nathan

 

Résumé : Une nouvelle aventure de la famille de filles créée par Susie Morgenstern ! Flavia, la petite râleuse qui n’aimait rien, a enfin découvert sa passion : le piano ! Depuis quelque temps, la plus jeune des filles de la famille Arthur prend des cours. Mais, même si elle se montre particulièrement douée, elle casse les oreilles de tout le monde ! Comment vivre sa passion dans une maison où vivent neuf autres personnes ? Coup de chance : dans cette fratrie, les idées ne manquent pas !

Extrait :  « – Tu sais, ma Flafla, l’écriture est une autre forme de musique. Les syllabes sont comme des notes : elles prennent du sens seulement quand on les lit ensemble, avec le bon rythme. »

Mon avis :  Après Anna la rebelle, me voici lancé dans la découverte d’un autre titre de la saga La famille trop d’filles : Flavia piano piano.

Flavia, c’est une des sept enfants de la famille Arthur. L’une des plus petites. C’est pour ça qu’elle ne sait pas encore bien lire. Alors, quand elle reçoit une lettre de Quentin, vous vous imaginez, elle va tout faire pour combler ses lacunes de lecture, pour pouvoir lire cette lettre, qu’elle espère être une lettre d’amour. Mais attention, Flavia est n’est peut-être pas très forte en lecture, mais au piano, elle excelle !

C’est bien ce genre de livre pour les jeunes. Ça les incite à apprendre tout en les amusant. Ça peut leur permettre également d’ouvrir les yeux sur le fait qu’ils puissent avoir des difficultés dans une quelconque discipline, mais que cela ne signifie pas qu’ils sont mauvais. Flavia en est l’exemple type : elle échoue en lecture, mais excelle au piano !

Dans ce livre, Flavia a la chance d’être aidée par ses grandes soeurs, qui lui font la lecture quotidiennement et la stimule à lire toute seule. Des liens très forts unissent les membres de cette fratrie, c’est ce que j’avais déjà relevé dans le tome que j’ai lu précédemment. C’est beau de voir des soeurs s’aimer autant… Même si, par moment, les disputes ne manquent pas, l’amour finit toujours par triompher.

Ma note : 6,5/10