Roadmaster


Roadmaster de Stephen King

605 pages, éditions Le Livre de Poche


Résumé : Un inconnu s’arrête dans une station-service perdue au fin fond de la Pennsylvanie, au volant d’une Buick « Roadmaster », un magnifique modèle des années 1950… qu’il abandonne là avant de disparaître. Alertée, la police vient examiner le véhicule, qui se révèle entièrement factice et composé de matériaux inconnus.
Vingt ans plus tard, la Buick est toujours entreposée dans un hangar de la police d’État, et rien n’a filtré des phénomènes surnaturels qui se produisent à son entour, et qu’elle semble provoquer. Un homme veut cependant savoir la vérité : Ned Wilcox, le fils du policier initialement chargé de l’enquête, mort depuis dans un mystérieux accident.
Et si rouvrir les portières de la mystérieuse automobile revenait à ouvrir les portes de l’horreur ?
Après l’accident qui faillit lui coûter la vie en 1999, Stephen King a consacré trois ans à l’écriture de ce roman – l’œuvre d’un magicien de l’épouvante parvenu au sommet de son art !


Extraits : « Il y a dans toute vie de ces moments difficiles où on s’aperçoit qu’il y a beaucoup plus de gens prêts à vous secourir qu’on ne l’aurait cru. Et que malheureusement, ce n’est pas encore suffisant. »

« Quelquefois, la réussite nous accable mille fois plus que l’échec. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est ainsi.« 


Mon avis : Après plusieurs longues années sans avoir relu un Stephen King, je me suis persuadée que cette période pré-Halloween était l’idéale pour sortir un de ses romans de ma Pile à Lire. Me voici donc en pleine lecture de Roadmaster.

Roadmaster, c’est la marque d’une mystérieuse Buick, abandonnée par un homme en noir à une station-service. Recueilli par les policiers et mise à l’abri dans un hangar, cette voiture est loin d’être ordinaire. Construite dans des matériaux étranges, il émane en plus d’elle des phénomènes qui dépassent l’entendement : une température qui baisse, des éclairs qui se produisent, des créatures qui apparaissent dans le hangar où elle est rangée… Ned Wilcox, le fils d’un policier mort vingt années plus tôt lors d’une de ses missions, veut en savoir plus sur cette voiture qui a tant intrigué son père. Les anciens collègues de son père, Eddie, Sandy, Shirley, et tous les autres, vont tâcher de retracer avec exactitude l’histoire de cette voiture au gamin.

Nous sommes donc constamment partagé entre le temps présent et les retours dans le passé, où les personnages se relaient pour raconter avec exactitude l’ensemble des événements qui leur sont arrivés avec la Buick. Le mystère qui entoure l’entoure demeure complet, du début à la fin. Personne ne sait ce qu’elle est, personne ne sait d’où elle vient, ni quels dangers elle représente. Tout comme les personnages, nous sommes plongés dans un flou profond, qui nous empêche de discernement clairement les motivations de cette voiture, presque extraterrestre. Au début, j’ai été immédiatement prise dans le récit, curieuse d’en savoir plus sur cette voiture.

Mais, malgré tout le respect que je dois à ce grand écrivain qu’est Stephen King, je me suis passablement ennuyée avec cette histoire. En effet, à part quelques courts épisodes d’actions sporadiques, l’histoire stagne, assez vide, dénuée de dynamisme. Les personnages se succèdent à tour de rôle pour raconter quelques anecdotes qu’ils ont vécus au contact de la Buick, mais rien de très palpitant.

J’ai quand même persévéré dans ma lecture jusqu’au dénouement final, m’attendant peut-être à un retournement de situation inattendu, qui aurait réveillé ma curiosité. Mais rien, à l’instar de l’ensemble du récit. Aussi, les plus de 600 pages que contiennent ce bouquin m’ont parues bien longues.


Passez votre chemin : ce livre s’étire en longueur et manque de dynamisme. Stephen King m’a habitué à beaucoup mieux, c’est pour ça que malgré cette déception, cela ne m’empêchera pas de lire d’autres livres de cet excellent auteur. 

Ma note : 4/10

Pour lire plus d’avis

 

Dôme, tome 2

Dôme, tome 2 de Stephen King
735 pages, éditions Le Livre de Poche, à 8,90€

 

Résumé : Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort.
A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient.
Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…

Extraits : « Ceux qui peuvent font ; ceux qui ne peuvent pas contestent les décisions de ceux qui peuvent. »
« Une ville était comme un corps, avec un avantage sur celui d’un homme ; si une ville avait un cerveau qui n’allait pas, on pouvait toujours effectuer une transplantation. »

Mon avis : Suite à la lecture du premier tome de Dôme, je me suis empressé d’acquérir le second volume, pour ne rien oublier du commencement de l’histoire. Les bases du décor étant déjà posées, ce deuxième tome ne pouvait qu’aller crescendo ; creuser en profondeur les sinuosités de la mystérieuse sphère, développer davantage les personnages, et apporter la dose d’horreur si chère à Stephen King.

Fortement heureuse de renouer contact avec les nombreux personnages que j’avais tristement laissé dans le premier livre, l’auteur joue, tel un testeur invétéré sur des cobayes innocents, avec la palette d’habitants se situant dans la zone du dôme de Chester’s Mill. Quelle ne fût pas ma surprise lors de l’apparition massive d’un grand nombre de personnages. Déstabilisant aux premiers abords, Stephen King surfe sur les personnalités et les caractères éclectiques qui s’offrent à lui. Une expérience qui va s’avérer payante, en montrant aux lecteurs les réactions très différentes et/ou similaires que peut produire un seul et même événement.

Gardant la même atmosphère étouffante que le premier tome, l’auteur y apposera de multiples zones d’ombres, noires comme la suie, pour rendre ce roman apocalyptique, comme le présuppose la couverture.
Divisé entre réalisme et fantastique, Dôme arrive à nous prendre aux tripes, à nous faire vivre l’enfer des habitants, à nous engoncer dans ce monde si ténébreux.

Le dénouement, final le plus attendu par le lecture, en haleine durant toute sa lecture, soupesant les indices qui s’offrent à lui, retenu dans le suspense des phrases bien tournées de Stephen King… a été une calamité. Nous offrant un pseudo ralenti sentimental entre un martien sorti d’on ne sait où, et une gentille humaine arrivant à communiquer à travers d’un objet quelconque son désir de sortir ; le speech ne tient pas la route, et le livre perd sa crédibilité. L’une des rares déceptions de cette saga, mais néanmoins la plus imposante, reste cette fin, laborieusement bâclée. Même si l’auteur a essayé quelques fines approches, pour préparer le lecteur, ce dénouement ne correspond en rien à l’ambiance général du livre, au thème qui en ressort, ou aux sensations ressenties. Panne d’inspiration, ou écriture agaçante, l’auteur s’est littéralement planté.

Le plus important reste sans doute ce qu’une personne peut tirer de sa lecture. Me concernant, j’en ai déduis une métaphore très explicite, voire exagérée mais totalement réaliste de la dégradation de l’environnement, de la pollution de la planète, de la violence accrue du monde et de l’abus de pouvoir. En partant sur la base que le dôme représente la couche terrestre de la Terre, ses habitants, les humains, provoquent l’incendie qui va conduire à leur perte, tout comme nous provoquons la pollution qui nous détruira un jour. Le reste n’est que reflet de la société, une maquette miniature de la vie humaine, promptement réalisée pour faire prendre conscience de la dangerosité que nous représentons pour nous-mêmes.

Malgré quelques longueurs inutiles et une fin plus qu’incompréhensible, Stephen King affine parfaitement l’univers singulier du Dôme, tout en gardant une part de réalisme, si comparable à la vraie vie terrestre. Bluffant, et angoissant, Dôme est un concentré d’imaginaire, dans lequel on plonge à pied joins et à coeur joie.

 

Ma note : 8/10

Dôme, tome 1

Dôme, tome 1 de Stephen King
840 pages, éditions Le Livre de Poche, à 8,90€

 

Résumé : Le Dome :
Personne n’y entre.
Personne n’en sort.

Extraits : « Si tu ne contrôles pas ton mauvais caractère, ton mauvais caractère te contrôlera. »
« Une idée, c’est comme un microbe en sommeil : tôt ou tard, quelqu’un finit par l’attraper. »

Mon avis : Depuis le temps que j’attendais de lire la mystérieuse histoire qui se cachait sous les traits de ce sombre Dôme, je suis comblée, et même davantage. L’attente a certes été fastidieuse, mais la récompense, finalisée par la lecture de ce somptueux roman, efface intégralement le long temps d’attente.

Un petit village banal, du nom de Chester Mill, se retrouve subitement prisonnier d’un dôme transparent, inquiétant et inconnu. D’où vient-il ? Qu’est-il ? Tant de questions qui se soldent par de vastes points de suspensions, et par d’interminables désastres. Dans ce bout restreint de ville, les catastrophes sont nombreuses et se multiplient davantage de jour en jour. Pour survivre, il faut lutter, s’organiser et rester calme, telle est la théorie de Dale Barbara, surnommé Barbie, ancien militaire travaillant au pub du Sweetbriar Rose. Mais Big Jim Rennie, passé premier conseiller de la ville, suite au décès de l’ancien conseiller Perkins, ne voit pas du même oeil cette physionomie sociétale, et décide, au contraire, de mener une propagande pour récolter l’entière responsabilité des pouvoirs.

L’ambiance générale du roman peu être pesante pour certaines personnes, voire angoissante, éprouvante. C’est tout là l’art de Stephen King, qui arrive à faire ressentir à ses lecteurs la pression, l’atmosphère étouffante du Dôme, comme si un tel phénomène pouvait être réel. L’auteur plonge intégralement son auditoire dans l’euphorie grandissante de sa fictive excentricité, un aspect de son talent qui mérite d’être soulevé.

Du côté des personnages, Stephen King présente une palette très variée de divers grades types caricaturistes de personnages de romans. Les faibles d’un côté, représentés par une femme aventurière et un homme courageux, présenté au lecteur comme un héros, montrés tous deux en tant que sauveurs suprêmes aux lecteurs, mais si impuissants à l’intérieure de l’histoire. De l’autre côté, se tiennent les méchants sans scrupules, en supériorité numérique, qui dominent l’histoire et paraissent prêt à prendre l’ascendant sur tout. Et entre ces deux groupes distincts de stéréotypes, les personnages secondaires, spectateurs de l’intrigue, souvent considérés comme passifs, mais qui jouent un rôle hautement spécifique dans l’intrigue. Je dois avouer que le surplus de personnages m’a un peu effrayé à l’avant-garde de ma lecture ; il m’est arrivé d’être déboussolée par tant d’arrivants, perdue dans le flot de noms propres, noyée dans les histoires divergentes que présentaient chacun des protagonistes.

Dôme n’est pas qu’une affaire d’atmosphère et d’incroyables personnages ; dans la lignée de ses précédents ouvrages, Stephen King met en place une intrigue digne des plus grands, à faire frémir tout un chacun. La créativité de l’auteur n’a pas encore dit son dernier mot, et il le prouve fort bien grâce à cet opus, relatant une extraordinaire histoire, d’une inventivité hors du commun. Le suspens est maintenu jusqu’au bout, ne laissant filtrer aucun indice permettant de mener à bien notre mission d’investigation du fin mot de l’histoire.

Ce premier tome de Dôme est beaucoup plus basé sur la condition psychologique et physionomique des personnages, à l’aube de l’implantation du Dôme sur leur village. Les pillages sont nombreux, les réactions toutes plus ou moins différentes, mais avec la basse continue de la survie en ligne de fond. La fin de ce premier tome laisse percevoir quelques recherches plus ou moins actives pour déceler l’origine du Dôme. Certains signes avant coureur restent à expliciter, et maintiennent le lecteur en haleine (ou du moins, l’incite grandement à acquérir le second tome).

Stephen King s’est certainement inspiré du film Les simpsons produit par David Silverman en 2007 (ou inversement), tant les similitudes entre ces deux oeuvres sont nombreuses. L’idée est la même, la conception aussi. Plagiat ou non, l’audience est au rendez-vous dans les deux cas, regroupant bon nombre d’addicts, férus de ce genre d’histoires étonnantes.

L’adaptation cinématographique de cet ouvrage de Stephen King a été réalisé par Brian K. Vaughan et rebaptisé Under the Dome ; il tronque les deux livres en plusieurs petits épisodes de 42 minutes, qui ont été diffusés en France en novembre 2013. Suite au visionnage de quelques extraits de cette adaptation, je pense que je m’en tiendrais au livre, ayant trop peur de la déception qui pourrait suivre.

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Ma note : 9,5/10

La ligne verte

La ligne verte de Stephen King.
507 pages, éditions 84 à 7,17€

Résumé : Octobre 1932, pénitencier d’État, Cold Mountain, Louisiane. Le bloc E, celui des condamnés à mort, reçoit un nouveau pensionnaire : John Caffey rejoint ceux qui attendent de franchir la ligne verte pour rencontrer la chaise électrique, Miss Cent Mille Volts. Mais Caffey n’est pas comme les autres. D’accord, on l’a retrouvé auprès des cadavres ensanglantés de deux petites filles, mais il est étrangement absent. Jusqu’au jour où Paul, le gardien-chef, tombe malade et alors une terrible vérité semble s’esquisser. Qui est ce prétendu meurtrier aux pouvoirs étranges ? Qui dresse Mister Jingles, l’étrange souris, bien trop intelligente ? Quand Paul commence à répondre à ces questions, il sent que personne dans le bloc E ne sortira indemne de la rencontre avec John Caffey.

Extraits : « Lire la fin d’un roman policier avant d’y arriver, c’était comme de manger un biscuit fourré à la noix de coco en allant tout de suite à la noix de coco : après, vous n’avez plus qu’à jeter le biscuit ! »
« Quand un homme a quelque chose à faire, il doit s’y atteler, et tant pis si c’est douloureux.« 

Mon avis : Quel merveille ! Ce livre de Stephen King est une oeuvre d’art, un vrai régal avec un scénario magnifique. Ce roman ponctué d’une pointe de fantastique se lit très rapidement, il est agréable à la lecture, le style de l’auteur est bien présent, et le fait que le livre ai été publié en feuilleton de plusieurs épisode le rend d’autant plus exceptionnel et unique.
Une histoire émouvante, regroupant tous les sentiments les plus forts que nous pouvons éprouver. Un suspense tenu jusqu’au bout, des rebondissements et certains détails qui surprennent vivement le lecteur. Avec l’omniprésence de la mort, un certain trouble s’insinue en nous, preuve que ce roman est également psychologique. Une oeuvre dont chaque personne l’ayant lu n’en sort pas indifférent.
Les personnages font un peu pitié, ce qui les rend très attachants, ils sont sympathiques, intelligent et on tous un très grand coeur.
Happé et envoûtée par ce roman, je l’ai terminé en un rien de temps, le dévorant, ayant du mal à me détacher de lui quand je devais absolument arrêter ma lecture. Je vous conseille de le lire, vous n’en serez pas déçu ! Pour ma part, il me tarde de découvrir le film… je vais de sitôt partir le télécharger !

 

Ma note : 10/10

Blaze

Blaze de Stephen King.
327 pages, éditions Albin Michel

Résumé : Colosse au cerveau ramolli par les raclées paternelles, Clay Blaisdell, dit Blaze, enchaîne les casses miteux. Son meilleur pote, George, lui, est un vrai pro, avec un plan d’enfer pour gagner des millions de dollars : kidnapper le dernier né des Gerard, riches à crever. Le seul problème, c’est qu’avant de commettre le « crime du siècle », George s’est fait descendre. Mort. Enfin, peut-être…

Extraits : « La stupidité était une prison d’où on ne vous laissait jamais sortir, pas de remise de peine pour bonne conduite. C’était la perpète. »
« On vieillit, et la vie qu’on a eue commence à apparaître comme un rêve qu’on fait pendant une sieste. »

Mon avis : Blaze, le personnage éponyme de l’histoire, nous embarque dans ses aventures, dans le kidnapping du bébé Joseph Gerard IV et dans les souvenirs accumulés dans son cerveau depuis son enfance.

C’est le premier roman de Stephen King que je lis, et, fort heureusement, je ne suis pas déçu de cette lecture, bien au contraire, j’ai été agréablement surprise. Je m’attendais à un roman policier avec des enquêtes un peu chiantes, longues et sans importances, mais c’est une tout autre histoire que Richard Bachman écrit dans ce livre.

Un suspense tenu jusqu’à la fin, de l’action à n’en plus finir, mais aussi des moments d’émotion, de tendresse, des souvenirs émouvants et le tout saupoudré d’une angoisse certaine, de l’horreur de la situation. Un personnage très attachant, un peu idiot, mais attendrissant et fort sympathique. C’est le premier Stephen King que je lis, mais certainement pas le dernier !

 

Ma note : 8/10