Soeurs sorcières, livre 3

Soeurs sorcières, livre 3 de Jessica Spotswood
438 pages, éditions Nathan, à 15,90€

 

Résumé : Cate et Maura, les deux sœurs aînées, ne se comprennent plus. Maura semble désormais prête à tout pour que les sorcières accèdent au pouvoir. Même à commettre les plus viles atrocités. Cate en est horrifiée et, par-dessus tout, elle ne lui pardonne pas d’avoir effacé la mémoire de Finn, son grand amour. Même Tess, submergée par des visions funestes, ne semble plus en mesure de les réconcilier. Les deux sœurs doivent faire des choix radicaux, quitte à s’opposer l’une à l’autre… et à risquer de voir la prophétie – selon laquelle une sœur mourra de la main d’une autre – se réaliser ?

Extraits : « Le courage, c’est de faire les choses quand même. Alors qu’on a peur. »
« Vous avez vu ? sussure Mei à mon oreille. La petite dame riche a droit à ce qu’on s’occupe d’elle sans délai, et d’une chambre privée, sans doute ! Pendant ce temps, les pauvres font la queue pour mourir. »

Mon avis : Un troisième et dernier tome, qui clos avec brio la trilogie de Soeurs Sorcières. Avant même de lire ne serait-ce que la première ligne de ce livre, des sentiments contradictoires se bousculaient dans ma tête : l’envie de poursuivre les aventures des soeurs, de retrouver Cate, Tess et Maura, de découvrir le fin mot de l’histoire… mais en même temps, une tristesse à la pensée d’un point final et définitif à cette si jolie histoire.

Plus besoin de vous faire un résumé de l’histoire. Si vous souhaitez savoir ce qui s’est passé dans les deux tomes précédents, je vous invite à aller lire mes chroniques publiées des livres 1 et 2.

Dans ce tome-ci, le lecteur entre in medias res dans l’intrigue. En effet, dès le début du roman, l’intrigue est posée – qui renvoie aux tomes précédents, avec l’évasion des patientes d’Harwood -, et la tension narrative frôle déjà des sommets. On retrouve avec plaisir l’atmosphère magique tant aimé dans les tomes précédents, avec de petites similitudes qui renvoient aux livres de J.K Rowling, les Harry Potter. En effet, toutes les pensionnaires aux pouvoirs magiques vivent dans un même lieu d’habitation, le Prieuré (coïncidence avec le château de Poudlard), lieu réculé des êtres vivants dits « normaux », sans magie apparente. L’extérieur du Prieuré semble désert, comme si les soeurs sorcières et le prieuré étaient les seuls choses encore existantes dans ce monde. Le monde semble donc déserté, et place les sorcières comme les seules survivantes. Or, ce sentiment de désertion sert à mettre en valeur la portion quantitative inférieure des sorcières face au reste du monde.

En effet, le monde extérieur est ligué contre les sorcières. Bien que celles-ci ne dévoilent pas aux yeux de tous leur vraie identité de sorcière, elles sont quand même recluses et mises à part, forcées de se cacher.

L’atmosphère de l’histoire est exceptionnellement sombre, avec de nombreux épisodes qui se déroulent la nuit (comme lorsque Catt rejoint l’arrière-salle de la boutique O’Neill), souvent sous la pluie. On a aussi des bâtiments assez sombres, comme les structures religieuses (le Prieuré, l’église), et maintes allusions à la mort (avec les funérailles, les batailles qui se soldent par des pertes humaines), tout ceci accentue davantage l’impression glaciale des scènes.

S’ajoute à toutes ces remarques l’aura mystérieux qui plane au-dessus de chaque personnage. En effet, les pensées de chacun sont indicibles. Les soeurs, déjà, sont dotées d’une double identité, car elles doivent se forger une apparence humaine, qui empêche une réelle compréhension de leur jeu. Qui est réellement Inez ? Que veut-elle ? Que cherche à faire Maura ?
Des personnages aux contours bien trop flous, comme Finn, bien qu’ayant subit un effacement de la mémoire par Maura dans le Livre 2, est impossible à décrire moralement. Un malaise agite les spectateurs, qui ne peuvent comprendre l’entièreté des personnages.
Le livre se base sur de nombreux aspects cachés. Comme expliqué précédemment, les sorcières jouent un double jeu, et prennent une fausse apparence pour duper les humains et les Frères. Les pensées des personnages sont tus, comme les manigances d’Inez, le réel but de Maura. Les sentiments sont camouflés et refoulés, avec l’image de Cate, obligée de renoncer à son amour pour Finn, après que sa soeur lui ait ôtée la mémoire ; ou même Maura, qui n’avoue pas son amour inconditionnel pour Elena. Plus largement, les fugitives d’Harwood sont cachées dans le couvent, attendant une amélioration des pensées populaires. Finalement, le lecteur, lui, est presque toujours dans l’expectative, en attente constante, sur le qui-vive, il ne sait jamais à quoi s’attendre, et en vient finalement à être souvent surpris.

Ce qui est sûr, c’est que ce tome-ci ne manque pas d’actions. Aucun répit, aucun ennui, tout comme je l’avais déjà remarqué dans les deux tomes précédents. Des scènes de « combat » spectaculaires, la première, lors de la préparation d’exécution des condamnées d’Harwood, et la dernière, lors de l’incendie engendré pour tuer la population. Dans tous les cas, les sorcières se montrent solidaires, et bien plus humaines que certaines personnes dites « normales ».

La dernière page tournée marque la fin d’une trilogie remarquable. Bien qu’étant, à la base, un livre jeunesse, il n’en reste pas moins un livre d’aventures fantastiques, qui peut aisément se rapprocher des mondes dystopiques d’Hunger Games.

Ma note : 8/10
Publicités

Soeurs sorcières, livre 2

Soeurs sorcières, livre 2 de Jessica Spotswood
436 pages, éditions Nathan, à 15,90€
Résumé :Cate a dû quitter son fiancé Finn, et rejoindre l’ordre des sœurs, qui sont en fait des sorcières, à New London, pour protéger ses cadettes Maura et Tess. Mais elle se fait difficilement à sa nouvelle vie au couvent où chacune des sœurs attend d’elle des prouesses. Surtout que la doyenne de l’ordre, Cora, est mourante et qu’il faudra bientôt la remplacer : si Cate est bien la sorcière de la prophétie, cette charge doit lui revenir…. Cependant l’ordre est divisé. Alors que les persécutions des femmes suspectées de sorcellerie se multiplient, certaines sorcières ne supporte plus de rester inactives. Au diable la prudence de sœur Cora! Il faut agir, quitte à déclencher une guerre contre les frères! Cate oscille, qui suivre ? Celles qui préconisent la patience ou celles qui ont soif de vengeance ?
Extraits : « Ce n’est pas être dégonflée que de vouloir considérer tous les aspects d’une situation plutôt que de se lancer à l’aveuglette.  »
« On dit que les nations sont façonnées par les guerres ; il se pourrait que les femmes aussi.  »

Mon avis : Après une surprenante découverte du premier tome de Soeurs sorcières, mon envie principale était de continuer cette saga très prometteuse.

Sorcellerie, amour, amitié, secrets et révélations… les maîtres mots ayant orchestré le succès du premier tome se retrouvent au coeur de ce second volume, riche en découvertes, en plein dans la spectaculaire lignée de cette saga-éclair. Ayant lu le premier tome voilà quelques mois déjà, certains détails m’avaient échappés avec le temps. Un petit résumé récapitulatif du précédent livre avant d’entamer ce Livre 2 n’aurait pas été de refus.

Cate, toujours aussi éblouissante, responsable, attachante et rayonnante dans son habit de Soeur, poursuit ses objectifs, armée de son courage habituel, et transcende les étapes vers la libération des moeurs à une vitesse vertigineuse. Le changement – spectaculaire et surprenant -, s’opère dans les faits et gestes de sa soeur Maura, devenue aigrie, mégère et jalouse. Le trio des soeurs sorcières vole en éclat ; fini l’attachement familiale, oublié les bonnes intentions… toutes les trois se jettent à la poursuite de la prophétie, désirant devenir Celle choisie comme prochaine sibylle apte à réaliser la prédiction.

Le style d’écriture de l’auteure, tout en volupté et légéreté, garde sa fraîcheur et son dynamisme tant apprécié dans le premier tome. Comme ensorcelé, le lecteur se laisse porter par la vague littéraire de Jessica Spotswood et ne ressent aucun moment d’ennui, juste du plaisir engendré par les protagonistes.

La tension est à son comble, maintenue par un filament d’actions échelonnées tout au long du livre, et menant inévitablement au dénouement final. Fameux et fabuleux dénouement que nous offre l’auteure. Elle marque au fer rouge sa fin, simple commencement d’un futur nouveau tome, qui promet d’être haut en couleurs, à l’image de ses précédents livres.

Mais où finira la parfaite hécatombe de l’auteure ? Loin de vouloir se faire oublier, Jessica Spotswood tape fort avec la sortie de son second tome, reflet du premier, contenant bien plus d’éléments positif et surprenant que son prédécesseur. Un tome 3 très attendu, qui n’a pas intérêt à décevoir.

Ma note : 8/10

Soeurs sorcières, livre 1

Soeurs sorcières, livre 1 de Jessica Spotswood.
397 pages, éditions Nathan, à 15,50€

 

Résumé :Vers l’aube du XXe siècle, trois soeurs atteindront l’âge de décision, toutes les trois sorcières. L’une d’elles, qui aura reçu le don de manipuler la pensée des autres, sera la plus puissante sorcière de tous les temps….
Cette prophétie dit autre chose encore, bien pire à mes yeux, mais je préfère ne pas tout écrire dans ces pages, de crainte qu’elles ne tombent en de mauvaises mains.

 

Extraits : « Etre fort consiste aussi à savoir quand demander de l’aide. Quand partager le fardeau, au lieu de le garder pour soi. »
« On ne choisit pas ceux qu’on aime. […] Et ce n’est pas parce qu’ils sont impossibles qu’on cesse de les aimer. »

Mon avis : Comme je ne suis pas quelqu’un qui a spécialement raccord avec le fantastique et la sorcellerie, j’ai débuté la lecture de ce roman à reculons. Heureusement qu’une lecture commune a été prévue avec Claudia, sinon, ce livre aurait pu encore attendre longtemps d’être lu.

Les premiers chapitres ne m’ont pas inspirés, je n’ai pas été très emballée par l’entrée en matière de l’univers de l’auteure. Mais bon, comme dans chaque livre, il faut un minimum de temps d’adaptation avant d’apprécier pleinement l’histoire.

Une fois les premiers chapitres passés, le monde fantastique que nous livre l’auteure commence à prendre vie, et le lecteur se laisse plus facilement embarquer dans cette Angleterre du XXème siècle, où se mêle des mystérieux Frères et Soeurs et des sorcières inavouées.

Parmi les sorcières, nous découvrons en particulier les trois soeurs Cate, Tess et Maura, qui se dévoilent au fur et à mesure du récit. Ces trois soeurs, très complices, sont dotées de grands pouvoirs magiques, légués par leur défunte mère. Novice en la matière de magie, elles vont devoir apprendre à apprivoiser leurs pouvoirs, tout en se cachant du regard des autres. Car les sorcières, dans ce monde dystopique, sont reniées, et expédiées dans une contrée lointaine une fois qu’elles ont été découvertes.
Dans ce premier livre, Jessica Spotswood a préférée accès son histoire sur le personnage de Cate. Ses moindres faits et gestes sont relatés, ses ressentiments, ses craintes et… ses amours. L’auteure, sur ce coup-là, n’a pas fait preuve d’originalité, et place une nouvelle fois au centre de l’intrigue secondaire un triangle amoureux qui ressemble étrangement à celui de Peeta, Gale et Katniss dans la célèbre trilogie Hunger Games. Les trois quart du roman sont d’ailleurs dédiés aux sentiments de la jeune femme. Remplie de sensualité et de sensibilité, elle se montre mature pour son âge et n’hésite pas à prendre des responsabilités vis-à-vis de ses plus jeunes soeurs.

L’intrigue quant à elle, est assez bien ficelée, elle est originale, quoiqu’un peu prévisible à mon goût. Toutefois, une certaine angoisse s’est fait sentir tout au long de ma lecture, un sentiment de malaise et d’oppression, que je n’ai pas réussi à retirer.

Les derniers chapitres, marquent un tournant du livre, et accélère nettement l’avancée du récit. La prophétie énoncée dans la lettre que leur mère leur a laissée est mise à nue, les choses bougent, et commencent à s’envenimer. Le dénouement comporte de nombreuses scènes d’actions (les seules, d’ailleurs !), qui incitent le lecteur à vouloir lire la suite du livre.
Dans mon cas, je pense que je lirais cette suite, ne serait-ce que par curiosité.

Même les personnes peu habituées à lire du fantastique peuvent se laisser porter par ce roman. Avec un style simple, agréable et fluide à lire, Jessica Spotswood nous fait passer un très bon moment en compagnie de ses trois soeurs sorcières très attachantes.
Malheureusement, je le répète une nouvelle fois, je pense que l’auteure s’est légèrement inspirée de la trilogie Hunger Games de Suzanne Collins pour écrire son livre. (Ça ne peut être que flatteur, mais ça me gêne quand même).

A voir ce que donnera le prochain volet. Je ne pars pas confiante, mais curieuse et suspicieuse.

 

Ma note : 7/10