Tu seras partout chez toi

Tu seras partout chez toi d’Insa Sané.
213 pages, éditions Sarbacane, collection Exprim’, à 15,50 €

 

Résumé : Si tu dois t’en aller pour toujours, pars le matin, très tôt, comme Hansel et Gretel.

Avant de m’abandonner, papa m’a dit : «Tu seras partout chez toi !» Mais, à 9 ans, on n’est pas costaud, même quand on se croit dur comme fer. À 9 ans, le pays que l’on chérit a le visage de « mon amoureuse ». Je le sais parce que j’ai 9 ans, et Yulia… Dieu que je l’aime ! Yulia, je la connais depuis le jour où on a coupé le cordon à mon nombril pour l’ancrer au sien. Donc, mon oiseau de fer a atterri de l’autre côté de la Terre, chez tata Belladone et tonton Chu-Jung. Mais « mon chez moi » je le retrouverai, quitte à faire les pires bêtises pour y aller ! Qu’importent les gorgones et les récifs, grâce à Lamia, la fille du voisin – le passeur du Styx –, je partirai…

Extraits :  « En vérité, l’éternité est aussi éphémère qu’un « Je t’aime » suspendu entre la vie et la mort. »
« Il y a bien plus de choix qui sont dictés par le désespoir que de voies ouvertes aux résignés. »

Mon avis : Dans cet ouvrage, Insa Sané raconte un peu son histoire. Arrivé en France à l’âge de 6 ans, c’est un immigré, qui a grandi loin de son pays d’origine, le Sénégal. Tu seras partout chez toi, que l’on pourrait aux premiers abords prendre pour un roman jeunesse, l’auteur nous fait implicitement sa propre histoire de l’immigration des africains vers la terre française.

A travers les yeux d’un jeune enfant de 9 ans, Insa Sané nous fait vivre son départ, causé par la guerre, qui menace son pays. Forcé par ses parents qui le laissent partir seul, il va laisser derrière lui toute sa famille, ainsi que son amoureuse, Yulia. Déchiré par cette séparation, il va tout faire pour tenter de retourner chez lui…

Avec un mélange de fantastique et de réel, nous suivons allègrement les aventures du petit garçon, séparé de toutes ses attaches par la guerre.

Pour un garçon de 9 ans, je trouve qu’il s’exprimait bien, sa maturité est bien mise en avant, trop, même, parfois. Je ne sais pas si c’est voulu, mais par moments, je ne me souvenais même pas que le narrateur était un gamin de même pas 10 ans. Les propos qu’il tenait étaient tellement réels, qu’on oubliait temporairement son jeune âge. Heureusement, sa naïveté et sa crédulité permettent de rester un temps soit peu à ce monde de l’enfance.

Si le début du roman était assez prometteur, la fin se perd en une histoire trop artificielle et irréelle. On a l’impression que l’histoire se découpe en deux phases bien précises : la vie du garçon chez son oncle et sa tante, et les aventures qu’il entreprend dans les profondeurs de la terre, avec tous ses amis. Je n’ai pas réussi à m’intéresser à cette seconde partie, ça partait dans tous les sens, on ne savait même plus ce que cherchaient réellement les enfants.
De plus, certains passages étaient répétitifs. Si c’était voulu, je trouve que sortir plus de quatre fois le même extrait de texte commence à devenir lourd. J’admets que ça permet au lecteur de se souvenir du but final de l’enfant et de ses objectifs, mais à trop se répéter, le lecteur pourrait se lasser.

Le dénouement du roman a été une fin surprenante, et très émouvante. Je ne m’y attendais pas le moins du monde, et mon coeur s’est serré en lisant les dernières phrases, tant j’ai eu de la peine pour ce petit jeune homme. Quand j’y repense, quel courage il a eut. Sur le moment, il n’a pas dû vraiment réalisé la nouvelle qu’on venait de lui annoncer… ou peut-être le soupçonnait-il déjà dès son départ en avion ?

En prenant appuie sur un jeune garçon très attachant, Insa Sané nous parle très simplement de l’immigration, en n’omettant pas de ponctuer son récit d’une touche de fantastique très agréable.

 

Ma note : 5/10

Mon plus grand combat

Mon plus grand combat de Flo Jallier
238 pages, éditions Sarbacane, à 14,90€
Résumé : Il n’y a pas qu’une seule façon de venir au monde. Moi, je suis née deux fois. La première, en petit enfant malade, victime d’un asthme violent découvert à la naissance, qui m’a valu un avis médical interdisant toute activité sportive, et même toute sortie prolongée. Et la suivante, lorsque mon poing a percuté le front de Jacky, mon futur entraîneur, sept ans plus tard.
Extraits : « C’est ce qu’il y a de bien avec la douleur, le corps s’y habitue assez vite, finalement. »
« Il y a le génie tout court et le génie qui se travaille, tout comme il y a le talent tout court et le talent qui se travaille. Le talent qui se travaille peut surpasser le génie tout court… mais plus rarement le génie qui se travaille. »

Mon avis : Généreusement proposé par les éditions Sarbacane, je me suis fais une joie de découvrir ce succulent roman jeunesse. Avant de débuter ma lecture, mon appréhension était à son comble, de par la large sélection de livre traitant de boxe que j’ai pu lire auparavant.

Chaque livre est unique en son genre, certes, mais certaines histoires peuvent être tellement exiguës et proches qu’une comparaison est systématiquement obligatoire. Dans le cas de Mon plus grand combat, de nombreuses similitudes se font ressentir avec le roman de Jérémie Guez, Balancé dans les cordes.

Tout d’abord, le thème central, la boxe, est bien présente ; elle se déverse en grand flot couramment, en de multiples endroits et sous différentes formes. Loin d’être extraordinaire dans sa narration, l’auteure présente la boxe comme un sport fréquemment pratiqué, une activité quotidienne ponctuée de solstices compétitions. La particularité que Flo Jallier incorpore au sujet, quelque peu inspiré du film « Milion Dollar Baby », c’est la féminité de sa protagoniste, perdue dans un milieu strictement masculin, agressif, vulgaire et violent. Elle y ajoute une passion, qui remonte à l’enfance, ainsi que quelques points noirs qu’elle développe au fur et à mesure de sa narration.

Majoritairement féminins, les personnages efféminés sont ici représentés à égal niveau de l’homme. Fort malheureusement, l’énorme paradoxe qui surplombe Mon plus grand combat est et reste l’inégale vitale de la femme, et sa piètre considération : l’exemple le plus flagrant est l’abominable soumission de la maman de la protagoniste, liée à être une bonne, une femme de ménage sans intérêt, tandis que le paternel, en maître de maison, règne en chef sur ce qu’il pense lui être dû.
Le personnage principal redistribue ces cartes de sexisme, en s’armant tel un garçon, contre les abominables règles de la vie quotidienne.

Notre protagoniste, partant d’un mental d’acier, armée contre les forces de la nature, avec un objectif en tête à longueur de journée, change du tout au tout lorsque sa réelle personnalité se fait ressentir. Une douce et émouvante jeune fille transparaît alors, une personne en quête de son identité, submergée par l’âpre quotidien qu’elle découvre.

Le rôle du père de la narratrice m’a subitement fait penser aux élections de « Mini Miss« , que l’on voit régulièrement dans notre écran de télévision. Le même programme se suit ici, on retrouve une très jeune fille, voire une enfant, âgée d’à peine sept ans, sur un ring, soutenu par son père, qui n’a jamais eu de garçon. L’enfant ressent de la joie de faire ce qu’il aime tant, mais le père, en transparence, en ressent d’autant plus.

Une intime impression de violation de liberté m’a étreint durant l’entière lecture de ce roman. Spectatrice plus que lectrice, Flo Jallier n’a pas réussie à m’emporter dans son histoire, certainement trop anodine à mon goût, pas assez ouverte à l’extérieur, repliée et intériorisé dans ces pensées. Mon plus grand combat comporte une multitudes de messages cachés, mais l’auteure n’est pas arrivée (ou n’a simplement pas souhaitée le faire) les tirer au clair, les expliciter et développer chacun d’entre eux séparément.

Bien que le livre en lui-même semblait un peu brouillon et bâclé, la morale était néanmoins présente. « Connais-toi toi-même » comme l’a si bien dit Socrate est la règle que structure l’aspiration de cette histoire. Ne pas se laisser dompter par les autres, apprendre à s’apprivoiser, avoir confiance en soi et profiter de la beauté que la vie nous donne.

Le dénouement du livre, express et peu abondant, aurait d’autant plus fait passer une quelconque morale si sa richesse en avait été ressentie. Distrayante, cette histoire n’apporte rien de particulier, et se retrouve noyée dans le flot continue de romans de boxes. Le fond était pourtant bon, mais une plus ample approche de lecture aurait été souhaité. J’ai quand même bien aimé !

Ma note : 5,5/10

Le monde de Charlie

Le monde de Charlie de Stephen Chbosky.
252 pages, éditions Sarbacane, à 13,50 €
Résumé : Au lycée où il vient de rentrer on trouve Charlie bizarre. Trop sensible, pas « raccord ». Pour son prof de lettres, c’est un prodige ; pour les autres, juste un freak. En attendant, il reste en marge – jusqu’au jour au deux étudiant, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile.
La musique, les filles, la fête : c’est tout un mode que Charlie découvre…
Extraits :  « Il y a des gens, on sait pas trop pourquoi, qui marchent la tête baissée et qui aiment pas regarder les autres dans les yeux. »
« Parfois, on se réfugie derrière ses pensées pour ne pas avoir à s’impliquer.« 

Mon avis : Un roman fort en émotions, qui donne envie de regarder le film qui y est associé. Ce livre n’est pas uniquement réservé aux adolescents, mais je pense que les adolescents qui le liront (comme moi), vont beaucoup rêver, après…

Charlie est un jeune homme comme tant d’autres, c’est un adolescent qui va au lycée, a une vie banale… sauf pour les autres ! Car tous les gens qui l’entourent le trouvent bizarre. A travers toute une série de lettres, Charlie va nous raconter les aventures qu’il traverse, les rencontres qu’il fait, et toutes les épreuves et les problèmes qui se mettent en travers de son chemin. Il va notamment faire la rencontre de Sam et Patrick, qui sont des demi-frère et soeur, et qui vont lui apprendre les choses de la vie. Un monde totalement contraire à celui dans lequel il vivait au début…

Le protagoniste de l’histoire, Charlie, est un adolescent très naïf pour son âge, et en marge des autres jeunes de son âge. Il n’est pas timide, loin de là, mais ses manières et son caractère sont qualifiés de bizarres par rapport aux autres élèves. Tout le monde le prend pour quelqu’un de différent, alors qu’il est juste quelqu’un d’hypersensible, de très original. Entre nous, je pense que je suis tombé amoureuse de Charlie… son caractère est vraiment extraordinaire et particulier, il m’a plût, et j’avais envie de découvrir encore plus de choses sur lui… Nous le voyons évoluer et changer doucement du tout au tout, pour arrivé à l’exact opposé de la personne qu’il était au début du roman, quand il n’avait pas encore fait la connaissance de Sam et de Patrick.
Sam, quant à elle, m’a parue être quelqu’un de très séduisante, d’aguicheuse, mais également sensible et plutôt naïve.
Patrick, le demi-frère de Sam, est un garçon homosexuel, qui m’a touché. On aurait pu s’attendre à ce qu’il soit renié et éloigné des autres, mais non, il est ami avec tout le monde, personne ne le rejette. Il a un côté mystérieux qui m’a bien plût, ainsi que son côté déjanté.
Je me suis beaucoup attaché à ces trois personnages, j’ai adoré suivre leurs péripéties à travers les yeux de Charlie. Certains m’ont émut, d’autres m’ont fait rire… en tout cas, j’ai adoré découvrir la superbe amitié qui les lient, et la solidarité avec laquelle ils s’entraident dans les moments difficiles.

Le monde de Charlie est un roman épistolaire raconté par Charlie lui-même, qui envoie des lettres à son « ami », dont nous ne saurons, même à la fin du roman, pas comment il se nomme, ni qui il est. C’est le petit point négatif que je souligne, j’aurais vraiment adoré découvrir qui est ce mystérieux interlocuteur…

J’ai dévoré ce livre en un rien de temps, je ne pouvais vraiment plus m’arrêter ! C’est fou que quand un livre nous parle, la façon dont nous sommes captivé et happé par l’histoire… J’ai adoré découvrir le monde plutôt sombre de Charlie, mais aussi ses côtés positifs, ses flirts, tous ses amis, sa famille… bref, j’ai tout simplement adoré ce roman et j’ai trouvé l’univers de Charlie plus que parfait et attirant ! Si ce livre aurait eut encore quelques centaines de pages de plus, je l’ai aurait également dévoré… je n’ai pas vu les pages tourner tant j’étais absorbé dans ma lecture.

Une histoire touchante et émouvante, racontée par un protagoniste attachant. Je n’ai plus qu’une envie : découvrir le film !!!

Ma note : 9/10

La drôle de vie de Bibow Bradley

La drôle de vie de Bibow Bradley d’Axl Cendres.
204 pages, éditions Sarbacane, collection Exprim’, à 15,50 €

 

Résumé : Juin 1964, USA. Le jeune Bibow Bradley est envoyé au Vietnam où, en toute logique, il devrait perdre un oeil comme papy (en Normandie) ou une jambe comme papa (en Corée).
Sauf que Bibow a un don : il ne connaît pas la peur. Un don très utile aux yeux de la CIA… Le voilà vite embarqué de mission en mission, entre activistes communistes à Moscou et rassemblements hippies à Woodstock !
Extraits :  « Quand vous êtes tout seul et que personne vous parle, vous êtes « un solitaire », tandis que quand vous êtes deux et que personne vous parle, vous êtes des exclus. »
« C’est drôle, si un type vous dit qu’il croit au Père Noël vous le prenez pour un fou, alors que s’il dit croire en Dieu tout le monde trouve ça normal…« 
Mon avis : Avec La drôle de vie de Bibow Bradley, le fou rire est garanti ! Dès les premières pages, l’humour de l’auteure se fait ressentir, son style particulier et son originalité fait que ce roman est unique en son genre.
Je voudrais préciser que ce roman à reçu un prix, celui de la Pépite du Roman adolescent européen 2012 au Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, à Montreuil, prix entièrement mérité, le talent de l’auteure n’est plus à prouver…Bibow Bradley, appelé Robert Bradley, comme son père, son grand-père et tout ses prédécesseurs, vit avec sa famille dans une petite ville du nom de Franklin Grove, où ils tiennent un bar le Bradley’s and son depuis des générations. Son père et son grand-père ont tous deux participé à une guerre différente, et ils bassinent le jeune Bibow en lui disant que lui aussi, plus tard, il partira en guerre. Il n’y manque pas, car dès sa majorité atteinte, il s’embarque pour le Vietnam avec d’autres très jeunes recrues. Mais très vite, le psychiatre de l’armée découvre que Bibow a quelque chose de particulier : il ne craint pas la peur. Une aubaine pour la CIA, qui se dépêche d’aller le voir pour le récupérer dans leurs filets…
Entre guerre, espionnage, amour et alcool, Bibow se laissera bercer tout au long de sa vie, pour finalement retourner à son point de départ, comme si toute cette histoire n’avait été qu’un rêve.Comme dit précédemment, l’auteure Axl Cendres a un style d’écriture bien particulier, qui est vraiment très agréable à lire. Elle nous met à l’aise dès les premières pages, on accroche rapidement à l’histoire et au personnage principal. Ce livre se lit tout seul, très rapidement, il contient beaucoup d’informations, et nous permet en même temps de nous faire voyager. Entre New-York, Paris, Woodstock et Saigon… pas une minute de répit pour le protagoniste, qui va être embarquer à chaque fois dans de nouvelles aventures, dans de nouveaux ailleurs…
La drôle de vie de Bibow Bradley est un très court roman rempli d’humour, qui permet également de réfléchir et d’apprendre certaines choses. Cette apprentissage basée sur le second degré est très bien pensé, plein de bon sens et d’originalité.

Le protagoniste du roman, donc Bibow, se laisse vivre tout au long du récit. On a l’impression qu’il plane sur sa vie, se laissant bercer par les aventures, ne se rendant pas vraiment compte de tout ce qu’il lui arrive. Il est un peu (bon, ok, il est beaucoup) bête, mais très attachant. Il m’a beaucoup fait rire, mais il m’a aussi émut. Notamment à la fin, où on ressent une certaine maturité, signe qu’il a mûri pendant toutes ces années.

Nous plongeant au coeur de l’Amérique des années 60, Axl Cendres va en quelque sorte faire une critique de cette société, atténué, comme toujours par l’humour. Dans un même temps, elle évoque la guerre du Vietnam, avec la conditions des soldats, et elle va mettre à nu les dessous de la CIA. Pour finir, les hippies sont évoqués, avec Woodstock, l’alcool et la drogue… Un bon cocktail d’aventures qui devrait vous mettre l’eau à la bouche !

Un roman très bien pensé, loufoque, un protagoniste un peu mou, mais avec qui on s’amuse bien !

 

Ma note : 8/10

Frangine

Frangine de Marion Brunet.
262 pages, éditions Sarbacane, collection Exprim’, à 14,90 €
Résumé : « Il faut que je vous dise…
J’aimerai annoncer que je suis le héros de cette histoires, mais ce serait faux. Je ne suis qu’un morceau du gâteau, même pas la cerise. Je suis un bout du tout, un quart de la famille. Laquelle est mon nid, mon univers depuis l’enfance, et mes racines, même coupées.Tandis que ma frangine découvrait
le monde
le cruel
le normal
et la guerre,ma mère et ma mère, chacune pour soi mais ensemble, vivaient de leur côté des heures délicates.
C’est à moi que revient de conter nos quatre chemins.
Comment comprendre, sinon ? »

Extraits :  « Les filles, quand c’est tes potes, elles sont normales, tu peux parler de trucs normaux avec elles. C’est après que ça fait flipper. Dès qu’elles sont [….] amoureuses, là, t’es mort. En plus, quand t’es pote avec une fille, t’es pas obligé d’écouter tous les trucs qu’elle a envie de raconter. Quand tu sors avec, si. »
« Tu es trop jeune pour les regrets, et trop âgée pour penser que tu as tout ton temps.« 

Mon avis : Frangine est un roman vraiment touchant, qui m’a complètement happé et déconnecté pendant quelques heures de ma vraie vie, pour me retrouver vivant aux côtés de Joachim et sa soeur…

Joachim et Pauline sont en apparences des jeunes adolescents normaux. Ils sont frère et soeur, ils n’ont pas de vrai père mais deux mamans lesbiennes, qui les ont eu par insémination artificielle. Si jusqu’ici les critiques ne les atteignaient pas directement, Pauline, qui vient de rentrer en seconde, au lycée, va devoir faire face aux moqueries de ses camarades de classe. Heureusement que son frère, qui a vécu presque les mêmes choses, mais en étant plus fort psychologiquement (et physiquement), est là pour la soutenir et l’aider à contrer toutes ces railleries…

Le thème de ce roman est d’actualité et plutôt sensible (les avis sont très mitigés sur la question des enfants pour les parents homos), mais Marion Brunet a sût faire en sorte de parler de ce sujet avec volupté et douceur.

La complicité et le lien très fort qui unit ce frère et sa petite soeur est très agréable à voir. Il l’aide dans les moments difficiles, il ne veut pas la voir souffrir ou aller mal, il l’a comprend sans un mot… J’ai eu l’impression parfois que Joachim prenait, sans bien sûr en avoir conscience, le rôle de père, ce père même que Pauline n’a jamais eu. Il est très protecteur à son encontre, l’amour qui se dégage de quand ils sont ensembles est si puissant qu’il en devient presque communicatif.

Ce roman se lit tout seul, je l’ai trouvé très additif et vraiment intéressant. Il permet de réfléchir encore davantage sur l’homophobie qui est, malheureusement, encore (et qui le restera, je pense), très présente dans notre société. En outre, les questions que suscitent le fait d’adopter, ou d’avoir recours à des inséminations pour avoir des enfants chez les homosexuels, peuvent mener à bien des débats, et à des raisonnements profonds.

Vous l’aurez compris, ce roman est simple, mais très sympathique à lire et touchant. Il soulève un sujet assez tabou, mais est écrit avec grande fluidité. Il m’a semblé être un appel à l’approfondissement de sa réflexion, et à l’ouverture d’esprit à l’encontre des gens qui ont faits le choix de vivre autrement que la normale.

Ma note : 10/10