Le silence des sirènes


Le silence des sirènes de Sarah Ockler

456 pages, éditions Nathan, à 16,95€


Résumé : Elyse, promise à une belle carrière de chanteuse, doit partir en tournée avec sa sœur jumelle. Mais elle devient muette suite à un accident en mer. Du jour au lendemain, Elyse perd ses repères, ses rêves, sa joie de vivre… Elle se réfugie alors chez sa tante, à Atargatis Cove, petite ville portuaire portant le nom d’une sirène légendaire. Là-bas, elle s’isole, passant ses journées à écrire des poèmes sur le flanc d’un bateau échoué. Heureusement, elle rencontre bientôt Christian, séduisant bad-boy, et son jeune frère, Sebastian, qui rêve d’être une sirène. Avec eux, elle va décider de sauver la ville, menacée par un projet touristique, et surtout… retrouver le goût de la vie.


Extraits :  « Le coeur des femmes est infini. Il y a assez de place pour les deux – la douleur et le bonheur.« 

« Le silence est un filet qui attrape les secrets et les fait remonter à la surface.« 


Mon avis : Sarah Ockler est une auteure jeunesse que j’ai déjà croisé à plusieurs reprises. Sans être de la grande littérature, ses précédents romans m’avaient fait passer un bon moment de détente. Avec Le silence des sirènes, l’auteure revient au devant de la scène en proposant une lecture estivale, propice à la saison.

Alors qu’Elyse, accompagnée de sa soeur jumelle, sont promises à un grand avenir dans le monde de la chanson, Elyse perd subitement l’usage de sa voix. Démunie, anéantie, elle décide de s’éloigner de son ancienne vie, et trouve refuge à Atargatis Cove, une ville en bord de mère, où habite sa tante. Là-bas, escortée de sa cousine, elle va faire de très belles rencontres : Vanessa, une jeune femme sympathique et délurée, Christian, un beau gosse ténébreux et mystérieux, ainsi que Sébastien, le petit frère du bad boy. Pour retrouver goût à la vie, Elyse va se lancer dans une aventure qui n’est pas de tout repos : restaurer le vieux voilier de Christian, pour ensuite prendre la mer avec lui et gagner ensemble la compétition des pirates.

L’histoire est agréable à lire, et devrait ravir les jeunes lecteurs. Néanmoins, pour des lecteurs plus aguerris, comme moi, certaines choses, dans le comportement des personnages, par exemple, ont gênés l’avancée de ma lecture. Car il est vrai que Sarah Ockler baigne dans le cliché. Le bad boy et la petite fille timide et muette qui tombent mystérieusement et subitement amoureux, on le sentait tous venir à mille kilomètres. Ce n’est pas très novateur comme approche ; à force de voir le même schéma archétypale se présenter à chaque lecture jeunesse, on en arrive à saturation. Même les jeunes lecteurs doivent en avoir marre qu’on les infantilise encore plus qu’ils ne le sont déjà. Un peu plus de maturité dans les histoires jeunesses narrées, notamment dans les histoires d’amour, ça apporterait quelque chose de plus solide au récit.

En outre, je suis passé totalement à côté de ce que l’auteure voulait transmettre à travers son histoire de sirène. Je n’ai absolument pas compris le rôle des sirènes dans l’histoire, ni l’intérêt d’accorder cet aspect de l’histoire au reste. Certains chroniqueurs postulent à dire que Le silence des sirènes est une réécriture de La Petite sirène. Certes, les connivences sont nombreuses, l’inspiration est clairement tirée du conte d’Andersen, mais la modernisation et l’ancrage réaliste de l’histoire ne m’ont pas convaincues ; bien trop brouillonne, et peu utile au déroulement du récit.

De plus, il y avait une sorte de fil conducteur tissé autour de la perte de parole d’Elyse, qui nous poussait à en savoir toujours davantage. L’auteure ne distille que très peu d’indices pour assouvir notre curiosité, d’où l’envie toujours plus grande de continuer notre lecture pour découvrir le fin mot de l’histoire. Mais là encore, l’histoire s’étire en longueur. Il ne se passe que très peu de choses, tant et si bien que je me suis ennuyée à de nombreuses reprises.


Un roman jeunesse estival et moderne, qui devrait ravir les fans de La Petite Sirène. Malheureusement pour moi, la magie n’a pas opérée. J’ai trouvé le récit trop plat et pas assez original. 

Ma note : 4/10

 

Publicités

Cet été-là

Cet été-là de Sarah Ockler
333 pages, éditions Nathan, à 16,95€

 

Résumé : Un petit bijou solaire, littéraire et sensible, signé Sarah Ockler !D’après Frankie, la meilleure amie d’Anna, rien ne vaut les plages de Californie pour rencontrer des garçons. Et si elles en rencontrent au moins un par jour, il y a toutes les chances pour qu’Anna vive (enfin !) une première histoire d’amour. Mais Anna, elle, n’a aucune envie de passer l’été à flirter en bikini… Parce qu’en réalité, elle a DÉJÀ vécu une première (et secrète) histoire d’amour : avec le grand frère de Frankie, un an plus tôt… juste avant qu’il ne meure brutalement, laissant sa famille et Anna anéantis.

Extraits :  « Lorsqu’on perd un être cher, les gens s’inquiètent toujours de savoir si on tient le coup. En réalité, ça ne les intéresse pas vraiment. Ils attendent qu’on les rassure, qu’on les remercie pour leur soutien, qu’on leur dise que la vie continue et qu’ils peuvent retourner à la leur. Au fond d’eux, ils se demandent pendant combien de temps ils sont censés prendre de vos nouvelles. »
« Quelle que soit la situation, Frankie est toujours sur son trente et un : préparation de voyage, soirée DVD, courses au supermarché, et même dans les rares occasions où il lui arrive de sortir la poubelle. Si la Terre était soudain propulsée hors de son orbite par une rupture du continuum espace-temps, et que l’Amérique du Nord filait s’écraser contre l’Europe à la moitié de la vitesse de la lumière, faisant voler maisons, flamants roses en plastique et petits chiens – ouaaaaaaaf !-, Frankie me demanderait : « Attends, Anna. Tu es sûre que je n’ai rien entre les dents ? » »

Mon avis :  Si vous cherchez une lecture estivale, reposante et agréable à lire, je vous conseille vivement Cet été-là. Même si le début du roman n’est pas très réjouissant, vous passerez de somptueuses vacances aux côtés de Anna et Frankie sous le soleil de la Californie.

Matt est le grand frère de Frankie. Tous les deux sont les meilleurs amis de leur voisine, Anna. Mais le jour de l’anniversaire d’Anna, Matt va lui faire le plus beau cadeau qui soit : il va lui révéler ses sentiments. Des sentiments qui seront immédiatement réciproques. Pour ne pas blesser Frankie, Matt va faire promettre à Anna de garder leur relation secrète, jusqu’aux vacances d’été, où il lui révélera l’entière vérité. Mais voilà, Matt va brutalement décéder dans un accident de voiture. Frankie et toute sa famille seront anéantis. Mais Anna le sera encore plus, car elle a promit à Matt de ne pas parler de leur relation à Frankie. Un an après le drame, Frankie, Anna et les parents de Frankie, partent en Californie, dans leur maison de vacances, pour un premier été sans la présence de Matt. De quoi raviver de terribles souvenirs.

Comment survivre à la perte d’un être cher ? Comment retrouver goût à la vie et continuer à vivre, quand la personne que l’on aimait le plus au monde meurt subitement ? Frankie et Anna vont tenter de se reconstruire, sans la présence réconfortante et protectrice de Matt. Elles vont se serrer les coudes, s’entre-aide et se réconforter mutuellement. Elles vont aussi devoir faire face aux regards compatissants et peinés des autres, ces regards qui rappellent sans cesse la perte que l’on a subi.

Outre cette thématique qui constitue le fil rouge de l’histoire, Sarah Ockler évoque d’autres sujets bien plus gais et légers. Dans Cet été-là, sont abordés l’inévitable question de l’amitié. Anna et Frankie sont totalement différentes, autant du point de vue physique que caractériel (Frankie s’habille bien, se maquille beaucoup, aguiche les garçons… contrairement à Anna). Mais Anna cache un terrible secret à sa meilleure amie, Frankie. Comment cette dernière réagira-t-elle en découvrant la teneur de ce mystère ? Autre thématique, avec l’amour, spécifiquement ici l’amour de vacances. Frankie a fait un pari avec Anna, elles doivent aborder ou se faire aborder par vingt garçons durant leur vacances. Oui, mais voilà, Anna tombe sous le charme d’un certain Sam, avec qui elle compte bien perdre sa valise (autrement dit sa virginité).

Après #Scandale de la même auteure, que j’avais beaucoup apprécié, de part la message de mise en garde d’Internet et des réseaux sociaux, me voici à apprécier Cet été-là. Un roman au thème fort, dans lequel on voit deux jeunes filles qui tentent de faire face au deuil. Malgré ce thème tragique, ce livre permet tout de même l’évasion. J’étais en vacances avant l’heure grâce à ce livre.

Ma note : 7/10

#scandale

#scandale de Sarah Ockler
411 pages, éditions Nathan, à 16,90€

 

Résumé : Le soir du bal d’automne, Lucy se retrouve au bras de Cole, le petit-copain de sa meilleure amie, cette dernière étant malade. Emportée par l’euphorie et son amour secret pour le jeune homme, Lucy finit par commettre l’irréparable : l’embrasser. Mais bientôt, une photo de son baiser avec Cole est postée sur son propre compte Facebook, ainsi qu’une série de photos présentant ses amis dans des situations compromettantes. En quelques heures, le lycée entier la déteste et pour elle, l’enfer commence…

Extraits : « Dans la vraie vie, il semblerait que le travail d’équipe rende les fardeaux plus supportables que je ne l’aurais imaginé. »
« Lucas. C’est une si petite chose, le nom de quelqu’un. Une chose ordinaire, mais qui peut modifier complètement la vision qu’on a de lui. »

Mon avis : Voilà un roman vraiment dans l’air du temps ! A une époque où les réseaux sociaux gouvernent le monde, où Internet diminue les relations sociales et rend pleinement accessible les vies les plus intimes ; les adolescents ne sont pas à l’abri des retombées néfastes de ces nouvelles technologies. Et c’est bien de ce thème-là que traite #scandale.

Une page publique Facebook a été créée sous le pseudonyme de « Lady Blabla », encourageant les élèves à publier des photos choc et les scandales les plus salaces. Lors d’une soirée de fin d’année, enivré d’alcool, les adolescents se lâchent pleinement. C’était sans compter sur l’apparition subite, le lendemain matin, de photos compromettantes, publiées sur le Facebook de Lucy via son téléphone portable, alors même qu’elle se l’ait fait voler durant la soirée. On y voit les lycéens dans des postures peu avantageuses, dans des situations gênantes, comme Lucy, au lit dans les bras de Cole, le petit copain de sa meilleure amie. Lucy est accusée à tord par tous ses camarades, qui vont lui mener la vie dure ; entre harcèlement, intimidations et provocation, les lycéens sont bien décidés à faire regretter à Lucy un geste qu’elle n’a même pas commis.

Sarah Ockler démontre dans un roman sympathique à lire les réels dangers d’Internet. En prenant comme protagonistes principaux des lycéens adolescents, elle s’adresse non seulement aux jeunes gens qui vont lire ce livre, mais aussi aux adultes, parents responsables. A travers une mise en scène particulièrement réaliste, l’auteure montre le pouvoir que les gens accordent maintenant à Internet, et plus singulièrement aux réseaux sociaux. Quelques photos rendues publiques, des vies détruites, beaucoup de souffrances, et le début d’une histoire abracadabrante.

L’auteure a voulue débattre sur la réelle place des réseaux sociaux dans la société, en incluent un groupe de jeunes lycéens, surnommés les S@tans, qui ne détiennent aucun appareil électronique que ce soit. Ils manifestent, font entendre leurs voix, et essaient de se confronter aux flux très nombreux des lycéens continuellement connectés.
De plus, Sarah Ockler parle d’un sujet très courant chez les adolescents, souvent tu mais bien réel : le harcèlement scolaire. Lucy est tâchée par ses camarades, reluquée, rejetée, elle est le fruit des moqueries incessantes des autres étudiants, regardée de travers, elle est mise au ban des autres lycéens.

Concernant l’histoire en elle-même, elle n’est pas vraiment concrète. Plutôt floue, elle n’est qu’un arrière-plan très lointain du sujet présenté. En effet, l’histoire du roman s’efface au profit de l’avertissement de l’auteure concernant Internet.

En conclusion, je dirais que #scandale est un roman qui se laisse facilement lire, mais qui détient surtout un réel message d’alerte pour mettre au courant la population concernant les dangers dont sont soumis les personnes présentent sur les réseaux sociaux.

Ma note : 6,5/10