L’assassin à la pomme verte


L’assassin à la pomme verte de Christophe Carlier

156 pages, éditions Pocket


Résumé : Lumières tamisées, pas feutrés, piano en sourdine. Chaque palace est un monde en soi, qui semble situé hors du temps. Le Paradise n’échappe pas à la règle, jusqu’au jour où l’on trouve un cadavre dans une de ses suites.
Qui a tué ce mari volage et volubile ? Tout le monde s’observe, entre méfiance et attirance. Sous l’oil impitoyable du petit personnel, on assassine comme on tombe amoureux – en passant.


Extraits : « – Ceux qui résistent aux modes sont des conservateurs.
– Ceux qui la suivent, ai-je répliqué, ne sont pas des révolutionnaires.
« 

« Ce qu’on enfouit refait toujours surface, tandis que s’évanouit sans dommage ce qu’on abandonne aux eaux tièdes de l’évidence. »


Mon avis : Paris. Au Paradis Hotel, séjournent trois personnes : Elena, une Italienne, qui travaille dans la mode, actuellement en voyage d’affaire, Craig, un conférencier anglais vivant aux États-Unis et un homme d’affaire italien. Ils évoluent sous les yeux de Sébastien, le réceptionniste. Jusqu’au jour où l’homme d’affaire est retrouvé mort dans sa chambre. Frappé à la tête, égorgé, avant que son assassin ne lui enfonce une cravate dans la gorge. Qui est l’auteur du crime ? Quel était son motif ?

 

C’est un roman à plusieurs voix que nous propose Christophe Carlier. Quelques paragraphes sont dédiées au point de vue de chacun des personnages, qui s’expriment à tour de rôle sur leur vision du meurtre. C’est très intéressant, on peut ainsi avoir la vision de chacun sur les événements, leurs ressentis face à un tel drame.

Mais attention, L’assassin à la pomme verte n’est pas un roman policier classique, puisque nous n’avons pas affaire à une enquête policière en bonne et due forme, uniquement à un meurtre suspect. Peu de temps après cette découverte macabre, nous prenons connaissance de l’identité du tueur et de ses motifs. C’est lui-même qui nous explique ses gestes et le déroulement des faits : vous l’aurez compris, le meurtrier est l’un des protagonistes ! Je n’en dirais pas plus, pour vous laisser le loisir de le découvrir par vous-même en lisant ce livre.

J’ai eu l’impression que Christophe Carlier écrivait une sorte de parodie des polars traditionnels. Son roman est légèrement moqueur, avec des personnages qui vivent des situations décalées, saugrenues, sans qu’ils s’en offusquent outre mesure. À cette pseudo-enquête criminelle vient se greffer une histoire d’amour, inattendue, mais qui tiendra un rôle clé au sein du récit.

L’histoire est sympathique, elle se lit vite, facilement, mais elle va également se retrouver tout aussi rapidement reléguée au fond de ma mémoire. Elle est assez atypique, mais pas aussi extraordinaire pour qu’elle devienne pérenne. D’autant que le roman est très court – il n’excède pas les 160 pages -, ce qui fait qu’en une soirée, on peut à la fois débuter et finir le livre.


Derrière ce titre accrocheur et intriguant se cache un meurtre atypique. Un récit agréable à lire, mais vite oublié.

Ma note : 6/10

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Tuesday’s Gone


Tuesday’s Gone de Nicci French

447 pages, 22,10€


Résumé : Nicci French, the bestselling author of What to do When Someone Dies and Losing You, returns with the second book in the gripping new series that began with Top Ten Bestseller Blue Monday. Fans of Peter James’ Roy Grace series and Peter Robinson’s DCI Banks series will love central character psychotherapist Frieda Klein, who is consulted on a grisly and seemingly unsolvable crime.For Frieda Klein the days get longer, the cases darker . . .Psychotherapist Frieda Klein thought she was done with the police. But once more DCI Karlsson is knocking at her door.A man’s decomposed body has been found in the flat of Michelle Doyce, a woman trapped in a world of strange mental disorder. The police don’t know who it is, how he got there or what happened – and Michelle can’t tell them. But Karlsson hopes Frieda can get access to the truths buried beneath her confusion.Painstakingly, Frieda uncovers a possible identity for the corpse: Robert Poole, a jack of all trades and master conman. But the deeper Frieda and Karlsson dig into Poole’s past, the more of his victims they encounter – and the more motives they find for murder. Meanwhile, violent ghosts from Frieda’s own past are returning to threaten her.Unable to discover quite who is telling the truth and who is lying, they know they are getting closer to a killer. But whoever murdered Poole is determined to stay free – and anyone that gets too close will meet the same fate. A gritty heroine, a gruesome crime and a terrifying hunt for a psychotic killer, Tuesday’s Gone is not to be missed by fans of psychological thrillers. ‘Nicci French knows just how to play on our worst fears’ Daily MailNicci French is the pseudonym for Nicci Gerrard and Sean French. The couple live in Suffolk and have written twelve other bestselling novels including Beneath the Skin and Blue Monday, the first thrilling instalment in the Frieda Klein series.


Extrait « There had been minutes that had become hours, and hours that had been like a desert with no horizon.

Mon avis : This book is the follow-up of the adventures of Frida Klein, which succeeds to Blue Monday (that I have don’t yet read). But I think that the story could be read without to have read the first story – it’s like what I do, and I had understood the story.

One day, a psychotherapist discovers a man, naked and death, with one finger missing, in the room of her patient. An investigation is open to discover who is this man, why and how is death. The patient, Michelle Doyce, suffers of an mental disease and cannot give practicals answers to their questions. Frida Klein will going to work with the inspectors to resolve this mysterious case.

I confess that I took many times to read and finish this book, because it don’t attract me. The story was soooo long, there are so many details, the story miss structure and pace, and I was bored with these characters. In my opinion, the story was all over the place, the characters was too many, and that’s the reason why I was lost in this story, and my attention was faltered.

I’m disappointed with this book, but this don’t stop me to read another books in English in the future !


Ma note : 3/10

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Les enlisés


Les enlisés de André Lay

200 pages, éditions French Pulp, à 9,50€


Résumé : Quand l’amour est un poison, au sens propre comme au figuré !

Regagner l’amour de sa femme ? Rien de plus facile : il suffit de l’empoisonner. Et ensuite, de s’occuper tendrement de sa convalescence, en bon mari aimant. Mais à trop vouloir s’attacher à sa compagne, Claude n’avait pas prévu qu’il susciterait chez elle des sentiments fanatiques… qui se révéleront bien plus tragiques qu’un divorce !


Extrait  « – Je suis complètement déboussolée, je n’ose plus rien avaler, je crains même le tabac !
– T’en passer ne peut que te faire du bien.
– Évidemment, mais c’est un signe.
– Tiens donc, lequel ?
– Un signe de vieillissement.
– Un signe de sagesse plutôt.
– C’est ce que je disais. On commence à renoncer au tabac, aux boissons alcoolisées pour se ménager, puis un jour, sans même s’en rendre compte, on fait du ski pour la dernière fois, on cesse de monter en haut du plongeoir de la piscine, les mois passent et il arrive un moment où l’on s’aperçoit qu’on a abandonné bien des choses, bien des gens, ou…
– Ou ?
– Qu’ils ne nous intéressent plus. »


Mon avis : André Lay est un auteur qui a fait ses preuves dans les années 1960, en publiant pas moins de 140 polars jusque dans les années 1980. Autant dire que le monsieur en a sous le pied !

Les enlisés, c’est l’histoire d’un homme très riche, persuadé que sa femme, sa cadette, le trompe avec un autre homme, plus jeune que lui. Éperdument amoureux de sa femme, il va tout faire pour éloigner son amant Richard d’elle. Et pour ça, Claude est prêt à tout.

C’est un polar très intéressant et particulièrement original. Ce sentiment est sans doute dû au fait que ce livre a été écrit et publié en 1973 et que la mentalité et la façon d’écrire diffèrent largement de ce qu’il se fait aujourd’hui. L’écriture de André Lay est mature, affirmée, sans fausse note.

L’intrigue est bien ficelée : entre amour, jalousie, désir et passion, les sentiments se mélangent. Nous n’arrivons pas vraiment à démêler tout ça. D’autant que l’auteur joue avec la psychologie de ses personnages et par extension avec celle de ses lecteurs. Claude, persuadé que Maud, sa compagne, le trompe, fonde ses certitudes sur des socles vacillants. Il devient comme obsédé par les déplacements de sa femme, par ses agissements et ses rencontres, au point où cela en devient maladif. L’atmosphère devient pesante, les agissements de Claude devenant de plus en plus incertains, cela entrave le calme du récit, et devient stressant pour nous.

Ce polar nous questionne : jusqu’où sommes-nous prêts à aller par amour ? Que peut-on endurer par amour ? Pendant combien de temps ? A vous d’y réfléchir et d’y répondre !


Un polar intéressant, qui se lit facilement en une ou deux petites heures. Même si l’histoire n’est pas extraordinaire, vous passerez un agréable moment de lecture. 

Ma note : 6/10

Les morsures de l’ombre


Les morsures de l’ombre de Karine Giebel

299 pages, éditions Pocket


Résumé : Une femme. Rousse, plutôt charmante. Oui, il se souvient. Un peu… Il l’a suivie chez elle… Ils ont partagé un verre, il l’a prise dans ses bras… Ensuite, c’est le trou noir. Quand il se réveille dans cette cave, derrière ces barreaux, il comprend que sa vie vient de basculer dans l’horreur. Une femme le retient prisonnier. L’observe, le provoque, lui fait mal. Rituel barbare, vengeance, dessein meurtrier, pure folie ? Une seule certitude : un compte à rebours terrifiant s’est déclenché. Combien de temps résistera-t-il aux morsures de l’ombre ?


Extraits :  « On agit mieux lorsque l’on comprend. On lutte plus facilement contre un adversaire dont on cerne la psychologie.« 

« Et ensuite… Où vont tous ces souvenirs ? Ils s’évaporent dans le néant, disparaissent en fumée, se décomposent à l’intérieur du cadavre pourrissant qui les avait minutieusement engrangés. Pour rien.« 


Mon avis : Pour commencer ma découverte de cette auteure française de romans policiers, j’ai ciblé une valeur sûre : Les morsures de l’ombre, prix SNCF du Polar 2009 et roman plébiscité par bon nombre de critiques français.

Je me suis donc jeté à corps perdu dans ce roman, comme ce pauvre Benoît, commissaire de police, s’est jeté tête la première dans la gueule du loup. Il se réveille enfermé dans une cave sombre, sans aucun souvenir des événements de la veille, avec pour seule compagnie : une jeune femme en talons hauts et au discours délirant. Elle va le torturer durant de longs jours et de longues nuits, en tentant de lui faire avouer un crime, qu’il jure ne pas avoir commis.

Que de mystères durant tout le récit. Les rouages de notre cerveau fonctionnent à plein régime pour tenter de percer les secrets de l’intrigue. Vous êtes obligés de ressentir une tension ambiante durant tout le roman. Ce genre de tension qui vous laisse hors d’haleine, manquant d’air, comme en apnée, tant la pression de l’intrigue est forte. Car Benoît souffre, chaque jour un peu plus. Assoiffé, affamé, roué de coups, drogué, électrocuté, frigorifié… chaque minute est une victoire sur la mort. On sent la mort arriver, de plus en plus proche, sans jamais savoir ce que le lendemain lui réserve. Car la mystérieuse Lydia veut le voir souffrir longuement et lentement, le tuant à petit feu. Ce qui ajoute à la tension déjà grande, c’est l’enquête de police menée en parallèle. Nous voyons les collègues de Benoît tout mettre en oeuvre pour tenter de le retrouver. Mais l’enquête piétine et part dans tous les sens, si bien que nos espoirs qu’ils retrouvent Benoît à temps, s’amenuisent.

Ce que j’adore faire, dans les romans policiers, c’est tenter de deviner le dénouement final. Je me plais donc à inventer la fin, à deviner le coupable idéal, si improbable soit-il. Mais ce que j’adore encore plus, c’est quand les auteurs arrivent à me berner et à déjouer mon enquête personnelle. Ce fût le cas avec Les morsures de l’ombre. J’ai imaginé presque l’intégralité des personnages comme étant coupables… sans me douter un seul instant du véritable coupable. Je peux donc dire que c’est un roman policier réussi, puisque l’auteure à achever son récit d’un coup de maître, déjouant toutes les insinuations des lecteurs et les surprenant avec une révélation finale totalement ahurissante. Je n’oublierai pas ce récit de si tôt, c’est certain !


Un polar réussi, avec un suspense intense et un dénouement surprenant. Surpassez vos peurs, et plongez tête la première au coeur de ce récit noir. 

Ma note : 8/10

Fête fatale

Fête fatale de William Katz.
291 pages, éditions Presses de la cité, à 19,50 €

 

Résumé : Pour les quarante ans de Marty, son mari, Samantha décide de lui préparer en secret une fête. Elle se lance alors à la recherche de ses amis d’enfance et réalise avec stupeur que tout ce que son mari lui a raconté sur son passé semble n’avoir jamais existé. Perturbée, Samantha se sent mal à l’aise en compagnie de son époux, dont le comportement devient de plus en plus étrange. Quels terribles secrets essaie-t-il de cacher ? Samantha est-elle en danger ?

Extraits :  « Un homme ne dit jamais rien si l’argent est dépensé pour lui. C’est seulement dans le cas où les femmes se font plaisir qu’ils sortent leur fouet. C’est la règle, je t’assure. »
« La vie humaine ne tient parfois qu’à un peu de chance. »

Mon avis : Quel bon thriller, un thriller qui tient en haleine, avec des questions, des suspicions et une fin plus qu’étonnante…

Le mari de Samantha, Marty, va bientôt fêter ses quarante ans début décembre. Pour célébrer cet évènement, elle décide de lui organiser une fête, et de préparer une petite surprise en regroupant tous ses amis d’enfance, ainsi que ses professeurs et autres personnes qui l’ont accompagnés durant toute sa vie. Mais, surprise : elle ne trouve personne ! Les écoles dont parle si souvent Marty ne l’ont jamais accueillit, et son diplôme d’université est un faux. Mais qui est réellement ce Marty ? Pourquoi cache-t-il son passé ?

Le prologue donne directement le ton du roman, il infuse une bonne dose de questions au lecteur, et attise sa curiosité.
Puis, nous découvrons les deux protagonistes de l’histoire, le couple Samantha/Marty. Ils ne sont pas ensemble depuis longtemps, mais on sent déjà qu’ils sont très intimes, proches, mais nous n’avons pas l’impression qu’ils partagent et discutent beaucoup entre eux. La preuve : Samantha ne connaît rien de son passé, et n’a pas été plus curieuse d’en apprendre davantage (avant de téléphoner aux « ex-amis » de Marty).

Le personnage de Samantha m’a plutôt énervée. Je l’ai trouvée naïve, pas vraiment mature, et de ce fait, je n’ai pas accroché à son caractère.
Par contre, j’ai adoré Marty ! Mystérieux, très étrange, il regorge de secrets, et se perd dans ses nombreuses identités. Martin Everett Shaw, Frankie Nelson… mais, qui est vraiment cet homme au passé si trouble ?

Je ne sais pas du tout si la « schizophrénie à date fixe » existe vraiment, mais j’ai adoré l’idée. Rien que d’y penser, ça me fait froid dans le dos… Imaginez un homme qui tue des femmes avec certains critères apparents, chaque année, à la même date. Il faut avouer que ça fait peur.

Une tension incroyable, un thriller très bien mené. Le suspense est maintenu jusqu’au bout. Même si les rebondissements sont rares, la fin devrait tous vous surprendre.
Une lecture très agréable, j’ai plutôt bien accroché à l’écriture de William Katz, que je trouve fluide, simple et efficace !

Malheureusement, bien que le suspense était au rendez-vous, j’aurais aimé connaître davantage de détails sur le meurtre des victimes, par exemple, la façon de procéder du meurtrier… La majeure partie du roman a été consacrée à chercher l’assassin et à comprendre son passé et ses motivations. Si quelques pages d’action auraient été ajoutées, je pense que ce livre aurait été parfait !

Digne d’une série télé, William Katz écrit ici un roman captivant, qu’on ne peut lâcher qu’une fois l’intrigue découverte.

 

Ma note : 8/10