Si loin de l’arbre


Si loin de l’arbre de Robin Benway

368 pages, éditions Nathan


Résumé : Grace, 16 ans, a passé une année difficile au lycée. Elle est tombée enceinte, a donné naissance à sa fille le jour du bal de promo et l’a faite adopter. Elle-même adoptée, elle décide de retrouver sa mère biologique. Mais ce qu’elle va trouver, ce sont un frère et une sœur, avec chacun ses secrets et son histoire.
Ces trois adolescents dont les vies se retrouvent entremêlées tissent un portrait remarquable de la famille sous toutes ses formes, qui va bien au-delà des liens du sang.


Extraits « Grace avait pensé avec amertume que les garçons qui engrossaient des filles étaient considérés comme des héros, alors que les filles qui tombaient enceintes n’étaient que des salopes. »
« C’était donc ça, de se sentir pardonné : un sentiment où se mêlaient douleur, chagrin et soulagement et qui vous gonflait le coeur. »

Mon avis : Ils sont trois. Trois adolescents issues d’une même famille mais séparés à la naissance. Des années après, ils se retrouvent, apprennent à se connaître, bâtissent de nouveaux liens, et partent en quête de leur mère biologique commune. Joaquin, le frère ainé, subit depuis tout petit sa couleur de peau bronzée, qui le fait ressembler à un mexicain. À cause de cette particularité, aucune famille (ou presque) n’a jamais souhaitée l’adopter. Grace, la soeur ainée, est tombée enceinte d’une petite fille qu’elle a prénommée Pêche en raison de la taille qu’elle faisait lorsque cette dernière a appris la nouvelle. Ne pouvant la garder, elle s’est résolue à la faire adopter par une famille aimante. Et enfin Maya, une jeune fille lesbienne, qui se retrouve au coeur du divorce de ses parents d’adoption. Chacun a ses problèmes et ses petits secrets, mais ensemble, ils sont plus forts.

Chaque chapitre donne la parole à un protagoniste différent, à tel point que l’on ne s’attache pas plus à l’un qu’à l’autre. Le rythme est ainsi rapide, sans temps mort, et c’est une des raisons qui fait la réussite de cette histoire.

Les trois frère et soeurs ont tous une personnalité différente, mais ils arrivent à s’entendre et à se comprendre naturellement. J’ai beaucoup aimé le respect qui se dégageait de chacun d’eux, surtout lorsqu’ils apprennent les secrets de chacun. Aucun jugement, seulement de l’écoute, de l’empathie et du soutien. Ils restent soudés et avancent maintenant ensemble dans la vie, à l’encontre des problèmes de chacun. Comme quoi, même séparés depuis temps d’années, les liens du sang sont toujours plus forts que les liens du coeur.

Vous l’aurez compris, Si loin de l’arbre aborde de nombreuses thématiques, qui se rejoignent toutes : l’adoption, l’abandon, la recherche d’identité, la peur du rejet… Tous m’ont passablement émue, en particulier Joaquin et sa triste histoire. Ce jeune homme garde en lui un trop-plein d’émotions et de sentiments souvent incompréhensibles de notre point de vue. Il a vécu des choses qui font qu’il nourrit maintenant une certaine crainte à l’égard d’autrui, et ça l’en rend encore plus attachant. Ses deux soeurs, compréhensives, vont l’aider à s’accepter et à aller de l’avant sans plus se retourner.

Pour tout vous avouer, j’ai fini ma lecture les larmes aux bords des yeux, et croyez-moi, je n’ai pas les larmes faciles ! Le dénouement est assez surprenant, je ne m’y attendais pas, et je dois dire que l’auteure a admirablement terminé son récit. Pour la petite anecdote, Si loin de l’arbre a remporté plusieurs prix aux États-Unis. D’abord peu convaincue par l’originalité du récit, je me suis laissé guider et emporter par la plume juste, sincère et sans fioritures de Robin Benway. Dans le passé, j’ai déjà eu l’opportunité de lire plusieurs romans de cette auteure, et je n’en gardais pas un souvenir très mémorable – les histoires étaient quelque peu banales et pas assez travaillées à mon goût. En revanche, je pense me souvenir un petit moment de ce livre-ci !


Un roman jeunesse puissant, qui aborde des thématiques variées et procure de vives émotions. J’ai beaucoup aimé !

Ma note : 7,5/10

Pour lire plus d’avis

 

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Emmy & Oliver


Emmy & Oliver de Robin Benway

436 pages, éditions Nathan


Résumé : Emmy et Oliver sont inséparable depuis leur naissance, jusqu’au jour où Oliver est enlevé par son propre père. Emmy ne cesse de penser à lui. Dix ans plus tard, Oliver est de retour. Cependant, après une absence si longue, Emmy craint qu’il ait oublié leur amitié. Elle tente alors de retrouver sa place dans le cœur d’Oliver.


Extraits :  « Ni le temps ni l’absence ne changent rien quand on s’aime.« 

« Je me suis demandé si être adulte ressemblait à ça : avoir brusquement besoin de ses parents et les sentir juste hors de portée, forcé de se débrouiller tout seul. »


Mon avis : Après sa saga La pire mission de ma vie, Robin Benway revient avec un one shot pour adolescents : Emmy & Oliver. On y retrouve là les ingrédients qui ont fait le succès de sa saga : une petite intrigue, de l’amitié, un peu d’humour mais surtout beaucoup d’amour.

Emmy, Oliver, Caro et Drew sont une bande de jeunes enfants qui fréquentent le même établissement scolaire et s’entendent particulièrement bien. Tout se passait magnifiquement bien, jusqu’au jour où Oliver, alors âgé de 7 ans, est enlevé par son papa, fraîchement séparé de sa maman. Pendant plus de 10 ans, plus personne n’aura de nouvelle de lui. Jusqu’au jour où Oliver réapparaît. Après plus de 10 ans d’absence, comment recréer des liens ? Tous vont devoir réapprendre progressivement à le connaître.

L’histoire de départ était bonne, et peut allécher un large public. Malheureusement, j’ai trouvé que l’intrigue (l’enlèvement d’Oliver) était trop rapidement mise en place, puis dénouée. En effet, les 100 premières pages passées, Oliver a déjà eu le temps de se faire enlever, puis est déjà revenu chez lui. Tout va bien trop vite, le lecteur n’a pas le temps de vibrer et de s’impatienter du retour imminent du protagoniste, l’intensité du récit retombe bien vite. C’est dommage ; selon moi, il aurait été plus judicieux de séparer l’intrigue initiale (l’enlèvement) et l’intrigue secondaire (les retrouvailles) en deux parties égales. Dans l’état actuel des choses, les cent premières pages sont assez riches en informations, contrairement aux suivantes.

Il n’en reste pas moins que l’histoire d’amour qui va se (re)créer entre Emmy et Oliver m’a quand même beaucoup plût. Il est vrai que cette histoire d’amour aurait pu être une amourette entre adolescents, comme on en croise si souvent, surtout dans les romans jeunesse. Or, ici, j’ai ressenti quelque chose de particulier en découvrant la formation de ce jeune couple. Tout se fait en douceur, avec lenteur, avec timidité. Et c’est ce qui m’a vraiment touché. Rien n’est précipité, tout se fait naturellement, comme un vrai couple, en somme.

Emmy & Oliver, ce n’est pas seulement une belle histoire d’amour, c’est aussi de jolies histoires d’amitié. La solidité des liens qui unissent Emmy à Caro et Drew est magnifique à voir. Une vraie amitié s’est formée dans l’enfance et se poursuit encore, des années après. Ils comptent les uns sur les autres et se soutiennent dans tout ce qu’ils entreprennent. Très touchant.


Un roman doux, des personnages attendrissants, pour une histoire en demi-teinte. Plus de profondeur dans les sujets abordés auraient été de mise. Il n’en reste pas moins que j’ai passé un agréable moment de lecture.

Ma note : 6/10

La pire mission de ma vie n’est pas finie

dbc
La pire mission de ma vie n’est pas finie
de Robin Benway
395 pages, éditions Nathan, à 15,90€

 

Résumé : Après avoir sauvé le Collectif, la société d’espions pour laquelle sa famille travaille, Maggie s’apprête à profiter d’une année de Terminale bien méritée. La première année « normale » de sa vie, avec sa première véritable amie Roux et son premier petit copain Jesse. Mais voilà : le Collectif accuse ses parents de trahison. Pour sauver la réputation de sa famille, Maggie doit remettre ses habits d’espionne. Une fois encore.
Extraits : « C’est toujours perturbant de s’apercevoir que nos parents n’ont pas de réelle solution à apporter à un problème et qu’ils sont tout aussi perdus que nous. Ça les rend trop réels, trop humains, aussi faillibles que nous. »
« J’aime bien en savoir un petit peu sur toutes sortes de choses. Je trouve que c’est ce qui rend la vie intéressante.« 

Mon avis : Une fois les trames doucement posées dans le tome 1, l’intrigue n’a plus qu’à démarrer. Enfin de l’action : le vrai côté de l’espionnage avec son lot d’imprévus transparaît réellement dans ce second volume.

Notre jeune héroïne fait de nouveau son apparition après un an de vie (presque) banale, un an après les événements qui se sont déroulés dans le premier tome. Un laps de temps durant lequel il ne s’est quasiment rien passé, hormis le fait que Maggie a réussie à s’acclimater à son extraordinaire vie. Toujours divisée entre deux faces divergente, la protagoniste essaie d’accorder le côté tranquille et monotone de sa vie, avec celui plus agité et invraisemblable. Un cocktail détonnant, pas toujours facile à gérer…

Les actions s’enchaînent à un rythme fou ; le lecteur ne dispose pas d’une minute de répit tant les événements se suivent. Contrairement au premier tome, j’ai vraiment ressenti du suspens dans ce livre-ci. A maintes reprises, j’ai retenu mon souffle, souvent pour diverses raisons ; lors d’une mission dangereuse, à l’approche d’un danger certain, en planque dans un lieu étroit, dans des endroits inconnus… Les sentiments de l’héroïne sont facilement reconnaissables, et de ce fait, le lecteur se laisse lui-même absorber par tout ce que ressent la jeune fille. Un beau coup de l’auteure, qui arrive à intégrer parfaitement dans son récit notre ressenti, à la fois lointain mais si proche de celui des protagonistes.

Notre jeune espionne se voit toujours plus indépendante dans ses actions, beaucoup plus matûre qu’auparavant, et bien consciente de sa part de responsabilité dans le Collectif.
Ce dernier se voit infiltré de l’intérieur par des ennemis, qui, abusant de jalousie sans toute, sont prêts à tout pour détrôner la famille Silver de son piédestal. Une intrigue digne des plus grandes séries télévisées, de l’action à la James Bond, des voyages secrets, des attaques surprises… tout est enfin réuni pour parfaire l’image d’une espionne.

Très agréable à lire, ce roman jeunesse sur l’espionnage peut autant viser les adolescents que les adultes. Facilement accessible, les jeunes peuvent s’identifier à l’héroïne avec aisance. Par ailleurs, il contient de nombreuses scènes d’actions, et son lot de suspens. Un beau final pour cette petit série de 2 tomes ! Finalemenent, j’avais pris goût à l’espionnage, je m’étais habitué à la douceur de Maggie, au mystère d’Angelo et à l’humour de Roux. Les quitter me rend quelque peu triste. Mais bon, de nouvelles aventures m’attendent dans de prochains romans.

Ma note : 8/10

La pire mission de ma vie

dbc
La pire mission de ma vie
de Robin Benway
383 pages, éditions Nathan, à 15,90€

 

Résumé : Maggie Silver a ouvert son premier coffre-fort à 3 ans. Cela peut sembler étonnant, mais quand on est la fille d’espions, c’est assez banal. A 16 ans, elle décroche enfin sa première mission en solo.

Son objectif : Accéder à des infos que détiendrait Armand Olivier, journaliste.

Sa méthode : se rapprocher de son fils, le dangereusement charmant Jesse.

Sa couverture : devenir lycéenne comme les autres.

Le hic : personne ne lui a expliqué comment ne pas tomber amoureuse de sa cible !

Extraits : « Pour recevoir, il faut donner. Si on veut que quelqu’un vous parle, on doit commencer par lui parler. »
« Tout le monde passe son temps à tout planter. Mais ça ne veut pas dire que les gens n’essaient pas de bien faire.« 

Mon avis : J’ai passé un bon moment en compagnie des personnages, en apprenant à connaître leur vie, leur humour, leur personnalité… Mais le thème central si appuyé en quatrième de couverture, ne m’ait pas apparu comme étant si essentiel au déroulement du récit.

Ce roman jeunesse, littérature propre à l’auteure, ne dévie pas outre-mesure du stéréotype parfait de l’image que renvoie les livres pour adolescentes, à savoir rempli d’amour, agrémenté d’amitié, de sentiments, avec un soupçon d’intrigue, le tout sans omettre la petite touche d’humour sympathique.

Pour mieux s’identifier au type de lectrices visées, Robin Benway donne l’âge de 16 ans à sa protagoniste Maggie Silver, jeune espionne depuis sa plus tendre enfance. Cette particularité si originale pourrait en faire rêver plus d’un (voyages, mystères, courses poursuites propre au métier), et c’est d’ailleurs sur cette dose de spécificité que compte jouer l’auteure. De surcroît, elle accompagne son étonnant thème d’une idylle romantique entre adolescents, pour finaliser l’attirance du public qu’elle cible.

La pire mission de ma vie est une lecture agréable, à n’en point douter, mais fort malheureusement assez pauvre en contenu, et dérisoirement prévisible. Alors que le résumé vantait les mérites de l’espionnage, thème normalement principal du roman, il n’est apparu que très rarement au fil des pages, laissant une trop grande place au pseudo-romantisme d’adolescents. L’action n’est réellement apparue qu’à la finalité du récit, bien trop tard pour tenir le lecteur jusqu’au bout.

Même si le fond du texte était un peu vide, je me suis pris au jeu de la séduction, du mensonge et de la double vie que mène Maggie. Face à un choix diablement horripilant à prendre, le lecteur ne peut que retenir son souffle suite à l’attente de sa décision. Va-t-elle privilégier ce que lui dicte son coeur, ou va-t-elle s’en remettre à sa raison ? Un mystère qui s’élargis, pour finalement finir sur une bonne entente.

Avec humour et simplicité, Robin Benway dévoile à ses fidèles lecteurs une originale thématique d’histoire, sous fond d’idylle adolescents, basse continu de ses romans jeunesses.

 

Ma note : 7/10