28 jours


28 jours de David Safier

412 pages, éditions Presses de la cité, à 21,50€


Résumé : Mira, seize ans, passe de la nourriture en fraude pour survivre dans le ghetto. Lorsqu’elle apprend que toute la population juive est condamnée, elle décide de rejoindre les combattants de la Résistance. Aux côtés de Daniel, Ben, Amos, et tous ces jeunes gens assoiffés de vivre, elle tiendra longtemps tête aux SS, bien plus longtemps que quiconque aurait pu l’imaginer. En tout, 28 jours. 28 jours pendant lesquels Mira connaîtra des moments de trahison, de détresse et de bonheur. 28 jours pendant lesquels elle devra décider à qui appartient son coeur. 28 jours pour vivre toute une vie. 28 jours pour écrire son histoire.
Fils de déportés juifs, David Safier revient sur la pire tragédie du xxe siècle en mêlant la petite à la grande histoire. Si l’auteur de comédies désopilantes a changé de registre, il n’a rien perdu de son ambition : confronter le lecteur aux grands questionnements de l’existence en l’arrachant au confort de son quotidien. Avec ce roman d’initiation bouleversant et humaniste, basé sur des événements authentiques, c’est chose faite.


Extraits  « Elle voulait chasser la cendre de son corps, mais elle avait beau tousser, elle n’y parvenait pas. Parce que les morts n’étaient pas dans ses poumons, ils étaient dans sa tête. Pour toujours. »

« Oui, nous avions compris. Mon père savait maintenant qu’on ne pouvait se fier à aucune règle décidée par les Allemands. Saluer, ne pas saluer, c’était pareil, la règle était toujours fixée de façon à leur permettre de nous tourmenter. »


Mon avis : Je tenais à remercier Babelio de m’avoir permis de remporter ce titre lors d’une édition Masse Critique. Grâce à eux, j’ai pu me plonger, le temps de quelques jours, dans une histoire aussi intense qu’atroce.

Retour dans les années 1942, où la guerre fait rage et le monde se déchire. Mira, une jeune adolescente de 16 ans, est condamnée à l’enfermement dans le ghetto de Varsovie. Elle est accompagnée de sa petite soeur Hannah, et de sa maman, qui a légèrement perdue la raison. Pour pouvoir sauver sa famille d’une condamnation certaine aux camps de la mort, Mira décide de rejoindre la Résistance. Elle va faire la rencontre de jeunes tout aussi téméraires qu’elle, et tous vont se battre contre les SS pour sauver leur peau et celle de leur peuple.

Mira, notre protagoniste, est exceptionnelle, tant dans sa façon d’être que dans sa façon de penser et de voir la vie. Elle se montre courageuse, vaillante et pleine de fougue. C’est un bout de jeune femme à part entière, qui est un véritable exemple de persévérance, de ténacité mais surtout de loyauté. Elle est prête à sacrifier sa vie pour celle des personnes qu’elle aime et ça, c’est quelque chose de très fort. J’ai beaucoup de respect pour cette jeune fille, à la fois solide combattante et fragile petite fille.

Durant 28 jours, Mira va se battre aux côtés des jeunes de la Résistance, avant de retrouver la liberté. 28 jours, cela paraît court à nos yeux, mais se révèle horriblement long pour ces jeunes, qui se battent sans relâche, sans cesse sur le qui-vive et qui n’ont aucune certitude de se réveiller vivant un jour de plus. Dans ce ghetto de Varsovie, tout n’est que chaos : les SS attrapent tous les juifs pour les emmener dans les trains, qui les déporteront dans les chambres à gaz. Pour arriver à leurs fins, ils usent de stratagèmes tous plus affreux les uns que les autres : ils brûlent les maisons pour contraindre les juifs à se rendre, ils abusent du mensonge mais surtout de leurs armes.

Ghetto de Varsovie, 1944. Les SS détruisent les habitations pour contraindre les juifs à se rendre. Ghetto de Varsovie, 1944.
Les SS détruisent les habitations pour contraindre les juifs à se rendre.

David Safier arrive à nous faire pénétrer dans le ghetto, en nous décrivant avec réalisme les lieux et l’atmosphère étouffante qui s’en dégage. Je peux vous affirmer que c’est une véritable expérience de vie : j’ai eu l’impression d’être aux côtés de ces jeunes, à me battre moi aussi pour ma survie. C’est quelque chose d’intense et à la fois de très émouvant. Sans rien vous cacher, mais surtout pour ne pas surprendre les personnes à l’âme sensible, sachez que vous croiserez beaucoup de morts durant votre lecture. Des personnes mortes pour rien, à cause du desiderata d’un tyran sans coeur.


28 jours, c’est une lecture dynamique, intense, et très émouvante. David Safier nous plonge dans les affres de la Seconde guerre mondiale, aux côtés de jeunes, engagés dans la Résistance pour la survie de leur peuple. Et vous, quelle sorte d’être humain auriez-vous été ? 

Ma note : 9/10

 

Quelques jours de nos vies


Quelques jours de nos vies de Clare Swatman

351 pages, éditions Presses de la cité, à 20,50€


Résumé : Si vous pouviez revenir en arrière, que changeriez-vous ?

Zoe et Ed se sont rencontrés à l’université et sont mariés depuis plus de dix ans. Un matin, après une violente dispute, Ed, en route pour le travail, est victime d’un accident. Inconsolable, Zoe fait un malaise. Quand elle reprend connaissance, elle a dix-huit ans et se prépare à entrer à l’université. La vie vient de lui offrir un cadeau : tout recommencer.


Extraits :  « Le destin ? C’est une chose qu’on crée soi-même.« 

« Ed m’a quittée, mais il m’a laissé le plus beau des cadeaux. Une part de lui-même. »


Mon avis : Avant de vous divulguer mon avis sur ce roman, je souhaitais remercier le site Babelio, qui m’a proposé ce partenariat, ainsi que les éditions Presses de la cité, qui m’on fait parvenir ce livre. Lorsqu’ils m’ont envoyé cette demande de partenariat, j’ai immédiatement été charmée par la sublime couverture. J’ai également été intriguée par le résumé, qui en disait juste assez pour titiller la curiosité. Ni une ni deux, j’ai accepté et attendu fébrilement, chaque jour, la venue de mon facteur, jusqu’à recevoir ce roman tant désiré, et le débuter dans la foulée.

Le speech a de quoi séduire : Ed et Zoé, en couple et mariés depuis de nombreuses années, vivent un amour passionnel, qui connaît, comme tous les couples, des hauts et des bas. Sauf qu’un matin, à la suite d’une dispute, les deux jeunes gens se séparent pour une journée de travail, et ne se verront plus jamais. Et pour cause : un accident de la route, qui a fauché la vie de Ed. Zoé, bouleversée par la nouvelle, va se morfondre nuits et jours, pendant des mois. Jusqu’au moment où il lui est permis de revivre entièrement les grands moments de sa vie, pour tenter d’en modifier le cours et de changer le drame final.

Cette idée de créer une histoire réaliste avec un zeste de fantastique (qui permet de voyager dans le temps, de revenir dans le passé et de modifier le cours des choses), est bonne. Cela permet d’incorporer une dose de magie dans l’histoire ordinaire qui est racontée.

A travers un couple d’amoureux banal, Clare Swatman retrace l’évolution que connaît chaque histoire d’amour : la rencontre initiale, la façon de s’apprivoiser, l’amour passionnel, l’engagement, le désir d’enfant… Bien évidemment, cette rétrospective ne serait pas fidèle à la réalité si on n’y incorporait pas quelques mauvais moments, comme en connaissent chaque couple. Engueulades, opinions divergentes… s’immiscent aussi dans chaque histoire d’amour et aident parfois, au sortir des tempêtes, à resserrer davantage les liens amoureux.

Au-delà de l’histoire narrée, c’est une véritable leçon de vie que l’auteure souhaite nous faire passer. La mort soudaine de Ed nous fait prendre conscience qu’il faut profiter de chaque instant de notre vie, pour ne rien avoir à regretter par la suite. Une bonne manière de se remettre en question et de profiter davantage de chaque instants vécus.

Hélas, malgré que l’histoire ait été sympathique à découvrir, je n’ai pas tellement aimé ma lecture. Retourner dans le passé pour tenter de changer des choses, je trouve l’idée bonne, mais elle est mal mise en place ici. J’avais l’impression que les jours se suivaient, mais que rien changeait vraiment. J’ai eu l’impression que l’auteure nous déroulait seulement les grands moments de la vie passée des deux jeunes gens, mais sans rien modifier. C’est surtout que ce n’est pas évident de percevoir les modifications si nous n’avons pas l’histoire de base… J’ai donc ressenti une certaine gêne tout au long de ma lecture, qui ne s’est estompée qu’à la fin, lors du retour dans le « moment présent ».

De plus, j’ai gardé une certaine distance avec les personnages. Le fait qu’ils racontent leur histoire d’amour, singulière, certes, mais universelle dans les grandes lignes, m’a fait m’identifier à l’histoire narrée, et non aux personnages maîtres de cette histoire. Ainsi, je n’ai pas forcément adhéré à leurs sentiments, que j’ai trouvé trop peu développés, voire superficiels. Seul l’un des éléments central du récit : le désir d’enfant du couple, mais leur échec à chaque tentative, m’a fait ressentir quelques touches d’émotions à l’encontre des deux personnages. On voit leurs désirs d’enfant s’intensifier, leurs déceptions lorsqu’ils comprennent qu’ils ne pourront pas en avoir par voie normale, leurs espoirs en l’avancée médicale, puis leurs désillusions à chaque échecs. Tout cela les rend très touchants.


Un roman sympathique, qui fait réfléchir sur le temps qui passe, le deuil, sur son rapport à l’autre, sur l’amour que l’on donne et que l’on reçoit. Une jolie histoire, agréable à lire, mais qui manque quand même de vitalité et de profondeur.

Ma note : 5,5/10

Les vacanciers

Les vacanciers d’Emma Straub
284 pages, éditions Presses de la Cité, à 21€
Résumé : Pour les Post, des vacances à Majorque, en famille et avec des amis, c’est quelque chose qui se mérite ! Cela tombe bien, Franny et Jim ont leurs trente-cinq ans de mariage à fêter, et leur fille, Sylvia, vient d’obtenir brillamment son baccalauréat. L’île ensoleillée, ses montagnes et ses plages, ses tapas et ses courts de tennis, promettent une échappatoire aux tensions latentes du quotidien à Manhattan. Pourtant, rien ne se passe comme prévu. Les soucis ne restent pas longtemps tapis dans les bagages : des secrets sont révélés, des rivalités et d’anciennes blessures refont surface…
Extraits : « Attendre l’arrivée d’un bébé adopté, c’est comme vivre dans l’attente d’une crise cardiaque : il faut capituler et accepter de faire d’autres projets sans savoir s’il faudra les annuler. »
« Les familles des autres étaient un mystère, des spécimens extraterrestres ayant leurs codes secrets et leurs histoires. »

Mon avis : Avec l’arrivée inopinée du beau temps, de la chaleur et des vacances, quoi de mieux que de suivre les aventures d’une famille, partie ensemble se ressourcer le temps de deux semaines de vacances, dans une villa de Majorque ?

Si vous cherchez de la grande littérature, passez tout de suite votre chemin. Les vacanciers, comme son titre l’indique, est un roman tout destiné pour l’été, à lire au bord de sa piscine, ou bercé par les vagues de la mer. L’histoire racontée n’est pas très intéressante, mais le livre en lui-même est sympathique à lire – du moins, il fait passer le temps.

Franny, Jim, leurs deux grands enfants, Bobby et Sylvia, la petite amie de Bobby, Carmen, et un couple d’amis homosexuels de la famille, Charles et Lawrence, ont déposés leurs bagages à Majorque, dans les îles Baléares d’Espagne. Ils vont séjourner dans la demeure de Gemma durant deux semaines. Sylvia va en profiter pour travailler son espagnol avec Joan, son jeune professeur particulier, Jim va essayer de se faire pardonner auprès de Franny pour son infidélité, Charles va retrouver la complicité qu’il a toujours eu avec sa grande amie Franny, et Carmen va essayer – en vain – de se faire accepter par cette famille.

Malgré les plus ou moins graves problèmes, l’ambiance est au beau fixe dans ce roman. On sent une atmosphère conviviale, intime et familiale, agréable à parcourir. Malheureusement, la bonne humeur de façade du début laisse progressivement la place aux dessous véritables de chaque famille. C’est ainsi que le lecteur se rend compte que cette famille est loin d’être une famille modèle et exemplaire. Entre secrets, honte, mépris ou mensonges, la famille Post cumule de nombreux griefs familiaux ; souvent banals, originaux, ou plus graves.

Mais le gros point noir de ce roman, c’est l’inutilité des personnages, leur manque de personnalité, leur banalité effarante. En effet, personne ne se détache du lot ; ils sont prévisibles, pas du tout travaillés, peu approfondis. Un livre de Madeleine Chapsal que j’ai lu il y a quelques années, qui s’intitule Nos enfants si gâtés décrivait également des vacances en famille à l’île de Ré. Comme ce roman-ci, j’ai trouvé l’intégralité du livre peu exploité. Néanmoins, comme écrit dans ma chronique de Nos enfants si gâtés, « il est frais, il sent le soleil et les vacances« .

Même si j’ai passé un bon moment à lire ce livre, il ne restera pas dans les annales. Une lecture quelque peu banale, sans grand intérêt, mais que les lecteurs saisonnier devraient pouvoir apprécier.

Ma note : 5/10

A couteaux tirés

A couteaux tirés de Olen Steinhauer
293 pages, éditions Presses de la cité, à 21€

 

Résumé : Henry se rend en Californie et revoit à cette occasion l’amour de sa vie, Celia. Tous deux ont travaillé pour une cellule de la CIA à Vienne et ne se sont pas revus depuis l’attentat tragique qui a coûté la vie à cent vingt personnes dans un avion, cinq ans plus tôt. Celia a quitté la CIA et a fondé une famille. Malgré l’affection qu’il lui porte, Henry a une mission à remplir : découvrir si elle est la taupe à l’origine de la mort des otages…

Extraits :  « On se sent toujours plus seul dans un paysage sublime, je l’ai déjà remarqué. Peut-être tout simplement parce qu’on ne peut partager avec personne l’émotion suscitée par la beauté de la nature ? Je ne sais pas. »
« C’est montré dans les films, écrit dans les livres… Être parent, c’est un boulot de quarante heures par semaine, et autant en heures supplémentaires. »

Mon avis :  A couteaux tirés est vraiment digne de grands films d’espionnage. Cela ne m’étonnerait pas qu’il soit adapté au cinéma dans quelques années…

L’histoire est narrée par deux narrateurs, tous deux protagonistes, tous deux ayant été agents secrets à Vienne, en Autriche. D’un côté, nous avons Henry, toujours membre de la CI. D’un autre, Célia, qui a arrêtée de travailler pour l’agence d’espionnage pour fonder une famille loin de ce métier dangereux. Cinq années plus tard, les ex-amants et collègues se retrouvent dans un bistrot, pour parlementer. Mais surtout, ils veulent tout deux percer à jour le mystère de l’attentat terroriste qui a fait cent vingt morts, cinq ans plus tôt. Une taupe de l’agence a donnée des renseignements aux terroristes. Célia et Henry se soupçonnent mutuellement, sans jamais s’être dénoncé.

L’histoire se déroule en plein huis-clos, dans un bistrot, où Henry et Célia se retrouvent à dîner après cinq ans sans s’être revus. C’est à partir de ce présent que se reforme le passé. L’auteure jongle donc entre présent et passé, tout comme les personnages, qui eux, jonglent en discussions personnelles et discussions professionnelles, entre mensonges et vérités. C’est à celui qui sera le meilleur comédien, celui qui sera le plus convainquant et le plus convaincu.

Le lecteur est plongé dans le monde obscur des espions. On se retrouve dans les bureaux, comme simples spectateurs, regardant avec appréhension les événements se dérouler sous nos yeux.

Des terroristes ont prit les commandes d’un avion, à bord duquel se trouve cent vingts innocents passagers. Que doivent faire les agents secrets ? On découvrir les méthodes employées, le travail auquel ils doivent faire face, ce qu’ils doivent gérer ; le tout dans l’ombre, sans jamais être découverts. Car un agent secret doit rester secret, c’est là sa première mission.
Le jour de cette prise d’otages phénoménale, un coup de téléphone a été passée du bureau de la CIA, en direction d’un terroriste liée à l’affaire. Le roman d’espionnage se transforme aussitôt en roman policiers ; on s’interroge, on cherche le coupable.

Sans vouloir vous révéler le dénouement, je dirais seulement qu’il est vraiment unique en son genre. Je ne m’attendais pas à une fin telle que celle-là. Vraiment, j’ai été bluffée et estomaquée. Je ne dirais seulement ceci : un agent secret reste agent secret durant toute sa vie.

Dans ce livre d’espionnage, la parole prime sur l’action. L’auteur soumet ses lecteurs à une épreuve majeure : serons-nous assez lucides pour détecter le vrai du faux, l’illusion de la vérité, l’innocent et le coupable ? Plongez au coeur de la CIA et laissez-vous porter par ce huis-clos phénoménal. J’ai adoré !

 

Ma note : 7,5/10

Fête fatale

Fête fatale de William Katz.
291 pages, éditions Presses de la cité, à 19,50 €

 

Résumé : Pour les quarante ans de Marty, son mari, Samantha décide de lui préparer en secret une fête. Elle se lance alors à la recherche de ses amis d’enfance et réalise avec stupeur que tout ce que son mari lui a raconté sur son passé semble n’avoir jamais existé. Perturbée, Samantha se sent mal à l’aise en compagnie de son époux, dont le comportement devient de plus en plus étrange. Quels terribles secrets essaie-t-il de cacher ? Samantha est-elle en danger ?

Extraits :  « Un homme ne dit jamais rien si l’argent est dépensé pour lui. C’est seulement dans le cas où les femmes se font plaisir qu’ils sortent leur fouet. C’est la règle, je t’assure. »
« La vie humaine ne tient parfois qu’à un peu de chance. »

Mon avis : Quel bon thriller, un thriller qui tient en haleine, avec des questions, des suspicions et une fin plus qu’étonnante…

Le mari de Samantha, Marty, va bientôt fêter ses quarante ans début décembre. Pour célébrer cet évènement, elle décide de lui organiser une fête, et de préparer une petite surprise en regroupant tous ses amis d’enfance, ainsi que ses professeurs et autres personnes qui l’ont accompagnés durant toute sa vie. Mais, surprise : elle ne trouve personne ! Les écoles dont parle si souvent Marty ne l’ont jamais accueillit, et son diplôme d’université est un faux. Mais qui est réellement ce Marty ? Pourquoi cache-t-il son passé ?

Le prologue donne directement le ton du roman, il infuse une bonne dose de questions au lecteur, et attise sa curiosité.
Puis, nous découvrons les deux protagonistes de l’histoire, le couple Samantha/Marty. Ils ne sont pas ensemble depuis longtemps, mais on sent déjà qu’ils sont très intimes, proches, mais nous n’avons pas l’impression qu’ils partagent et discutent beaucoup entre eux. La preuve : Samantha ne connaît rien de son passé, et n’a pas été plus curieuse d’en apprendre davantage (avant de téléphoner aux « ex-amis » de Marty).

Le personnage de Samantha m’a plutôt énervée. Je l’ai trouvée naïve, pas vraiment mature, et de ce fait, je n’ai pas accroché à son caractère.
Par contre, j’ai adoré Marty ! Mystérieux, très étrange, il regorge de secrets, et se perd dans ses nombreuses identités. Martin Everett Shaw, Frankie Nelson… mais, qui est vraiment cet homme au passé si trouble ?

Je ne sais pas du tout si la « schizophrénie à date fixe » existe vraiment, mais j’ai adoré l’idée. Rien que d’y penser, ça me fait froid dans le dos… Imaginez un homme qui tue des femmes avec certains critères apparents, chaque année, à la même date. Il faut avouer que ça fait peur.

Une tension incroyable, un thriller très bien mené. Le suspense est maintenu jusqu’au bout. Même si les rebondissements sont rares, la fin devrait tous vous surprendre.
Une lecture très agréable, j’ai plutôt bien accroché à l’écriture de William Katz, que je trouve fluide, simple et efficace !

Malheureusement, bien que le suspense était au rendez-vous, j’aurais aimé connaître davantage de détails sur le meurtre des victimes, par exemple, la façon de procéder du meurtrier… La majeure partie du roman a été consacrée à chercher l’assassin et à comprendre son passé et ses motivations. Si quelques pages d’action auraient été ajoutées, je pense que ce livre aurait été parfait !

Digne d’une série télé, William Katz écrit ici un roman captivant, qu’on ne peut lâcher qu’une fois l’intrigue découverte.

 

Ma note : 8/10