La petite amie


La petite amie de Michelle Frances

517 pages, éditions Pocket


Résumé : ELLE AIME VOTRE FILS…

Laura a tout pour elle : un beau mariage, une situation enviable et un fils, Daniel, qu’elle adore.
Quand ce dernier, étudiant en médecine de vingt-trois ans, rencontre Cherry, superbe jeune femme issue d’un milieu modeste, Laura l’accueille à bras ouverts.

… ELLE VEUT VOTRE MORT !

Mais elle va bientôt découvrir sa future belle-fille sous un tout autre jour… bien plus sombre. Et si Cherry n’en voulait qu’à l’argent de son fils ?
Les deux femmes vont dès lors se livrer une guerre sans merci. Un jeu qui pourrait se révéler fatal…


Extrait : « Les mensonges avaient la fâcheuse habitude de vous mettre dans l’embarras. »

« Elle avait une intime conviction : les occasions cimentaient le couple et plantaient de nouveaux jalons. Plus on faisait de choses à deux, plus on se forgeait des souvenirs, et plus on se forgeait des souvenirs, plus on avait l’impression d’être ensemble depuis longtemps. Et alors la relation passait au stade supérieur. »


Mon avisDaniel fait la rencontre de Cherry, qui jeune femme qui travaille dans une agence immobilière. Laura, la mère de Daniel, est d’abord très enthousiaste par l’arrivée de cette jeune femme dans la vie de son fils, et se fait une joie de la rencontrer. Mais elle va vite déchanter quand elle va s’apercevoir que cette dernière en a après l’argent de son fils. Vexée de ces accusations qu’elle juge comme mensonger, Cherry va tout faire pour éloigner Laura de Daniel et prouver que la relation qu’elle entretient avec son petit ami est dénué de tout intérêt financier.

Dans l’imaginaire populaire, la relation belle-mère/belle-fille n’est jamais aisée. Les mères se sentent souvent dépossédées de leur fonction maternelle, et on peur de perdre l’amour de leurs fils. Naissent alors des tensions et de la jalousie avec leurs belles-filles, qui deviennent leurs principales rivales. C’est exactement ce qui transparaît dans La petite amie : une mère possessive, qui souhaite à tout prix protéger son fils, qui n’hésite pas à s’immiscer dans sa vie privée, au détriment de son intimité. Et d’un autre côté, nous avons Cherry, la petite amie bafouée, qui ne supporte plus ces intrusions incessantes et souhaite garder son chéri pour elle seule. 

Leur but est pourtant le même : rendre heureux Daniel, mais elles n’arrivent pas à s’entendre, à communiquer et à trouver de solutions probantes pour aller de l’avant. Va alors naître progressivement une haine réciproque, qui va aller grandissante entre les deux femmes, qui vont se faire les pires crasses qui puissent exister. Sans aucune pitié, sans penser aux conséquences, elles vont dire et faire des choses qui dépassent l’entendement.

J’avoue avoir particulièrement détesté le personnage de Cherry. Tout, dans son attitude envers Laura, en vers Daniel, envers Wendy, sa propre mère, dans ses paroles, dans sa manière d’être, m’ont fait horreur. C’est une femme condescendante, manipulatrice, égoïste, qui m’a agacée dès les premières pages, et ce, jusqu’à la fin du livre. Mais elle n’est pas la seule à m’être antipathique, puisqu’Howard, le père de Daniel, mari de Laura, est un personnage qui m’a également énervé. C’est un homme marié, mais qui trompe sa femme depuis des années avec sa partenaire de golf, sans jamais avoir eu le courage de mettre un terme définitif à son mariage pour suivre la voie de son coeur. Sa lâcheté, doublée de son manque d’intérêt pour la vie de Daniel ou pour celle de Laura, en fait un personnage haïssable et odieux.

Le récit en lui-même est intéressant, l’écriture est fluide et l’intrigue bien menée, mais j’ai trouvé qu’il manquait quand même un peu de rythme dans l’histoire. Ce roman fait plus de 500 pages, et en définitive, il ne se passe quasiment rien, les actions sont infimes, distillées avec parcimonie, si bien qu’on ressent presque un sentiment de vide en fermant le livre. D’autant plus que le dénouement, que j’aurais pensé peut-être surprenant, ne l’est pas spécialement. On le devine facilement, et on quitte l’histoire avec un goût d’inachevé dans la bouche.


Michelle Frances nous dépeint une relation belle-mère/belle-fille qui dépasse les limites de la bienséance. Une histoire agréable à découvrir, mais pas inoubliable. Si j’avais un conseil à vous donner : méfiez-vous de votre belle-fille !

Ma note : 6/10

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Dracula


Dracula de Bram Stoker

575 pages, éditions Pocket, à 4,56€


Résumé : Jonathan Harker, jeune notaire, est envoyé en Transylvanie pour rencontrer un client, le Comte Dracula, nouveau propriétaire d’un domaine à Londres. A son arrivée, il découvre un pays mystérieux et menaçant, dont les habitants se signent au nom de Dracula.
Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante.
Très vite, il se rend à la terrifiante évidence: il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres…


Extraits : « Vous soignez les aliénés. Mais, d’une manière ou d’une autre, tout homme est un peu fou. »

« Le menu peuple me connaît, je suis le maître. Mais l’étranger dans une terre étrangère n’est rien. Nul ne le connaît et, donc, nul ne fait attention à lui.« 


Mon avis : Quelle meilleure période pour découvrir Dracula, qu’en pleins mois d’octobre, à quelques semaines seulement du temps attendu soir d’Halloween ?! C’est donc une belle occasion pour voir de faire d’une pierre deux coups : découvrir un classique qui prenait ma poussière dans ma PAL, et me mettre dans une ambiance propice à cette saison estivale.

Je pense que Dracula n’a plus besoin d’être présenté : ce comte, vampire immortel qui vit seul dans un château isolé, se nourrit du sang d’humains, essentiellement de femmes, qu’il vient mordre dans leur plus profond sommeil.

Écrit dans un genre épistolaire, les victimes féminines, tout comme les médecins qui viennent les soigner et leurs inquiets et éplorés, viennent échangent leur point de vue dans de courtes missives qu’ils s’envoient conjointement, ou qu’ils rédigent dans leurs journaux intimes. Ainsi, nous pouvons avoir accès à chacune de leurs pensées.

J’ai adoré le personnage de Dracula, que j’ai trouvé indéchiffrable, mystérieux, fantasmagorique, insaisissable. Je regrette néanmoins qu’il n’apparaisse que très peu dans l’histoire, ne se matérialisant qu’au début et à la fin du récit. L’ensemble des autres personnages interviennent dans le récit et apparaissent comme des narrateurs, alors que Dracula est le seul à ne jamais prendre la parole. C’est le sujet principal de l’histoire, la personne dont tout le monde parle, mais il reste à une certaine distance du récit, et nous apparaît que plus mystérieux. C’est assez déroutant, puisque j’aurais pensé qu’en lisant l’ensemble de l’oeuvre de Bram Stoker, j’en apprendrais plus sur cet intriguant vampire.

Mais c’est justement ce sombre mystère qui tourne autour de son existence, de sa vie, de sa manière de procéder avec ces victimes, qui forment le réel attrait du roman. C’est ce qui nous hante, ce qui nous attire, ce qui nous ensorcelle et nous fait peur. C’est ce vide de sens et d’explications, cette mise à distance du protagoniste, qui le rend finalement si attirant.

La célébrité  de ce livre n’est plus à prouver, puisqu’il est reconnu comme un classique de la littérature, un chef-d’oeuvre du genre gothique, maintes fois adapté au cinéma ou au théâtre. Le personnage de Dracula traverse les frontières et les siècles, et sa popularité est telle que chacun connaît son histoire, sans pourtant n’avoir jamais lu le livre de Bram Stoker. C’est quand même incroyable, et ça prouve la puissance du personnage ! Malgré le nombre de pages conséquent – près de 600 ans, et écrit en tout petits caractères -, l’histoire reste compréhensible et accessible à tout un chacun, malgré le fait qu’elle ait été écrite en 1897. Comme quoi, comme son personnage éponyme, Dracula reste immortel et traverse les frontières avec aisance.


Fière d’avoir découvert ce monument de la littérature fantastique et gothique, mais un peu déçue tout de même de la lenteur de l’histoire et de la quasi absence du personnage de Dracula. 

Ma note : 7,5/10

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T’en souviens-tu, mon Anaïs ?


T’en souviens-tu, mon Anaïs ? de Michel Bussi

304 pages, éditions Pocket


Résumé : Voilà treize jours qu’Ariane a posé ses valises dans cette villa de la côte d’Albâtre. Pour elle et sa fille de 3 ans, une nouvelle vie commence. Mais sa fuite, de Paris à Veules-les-Roses, en rappelle une autre, plus d’un siècle plus tôt, lorsqu’une fameuse actrice de la Comédie-Française vint y cacher un lourd secret. Se sentant observée dans sa propre maison, Ariane perd peu à peu le fil de la raison…

Bienvenue au pays de Caux, terres de silences, de pommiers et de cadavres dans les placards…

Dans les romans de Michel Bussi, vous étiez surpris jusqu’à la dernière page…
Dans ses nouvelles, vous le serez jusqu’à la dernière ligne.


Extraits : « Faire croire à l’autre que l’on aime ce qu’il aime, est-ce une preuve d’amour, ou une trahison ? »

« Les hommes choisissent toujours la fille qui leur donne l’impression d’être meilleurs, plus fins, moins cons qu’ils ne le sont.« 


Mon avis : Michel Bussi – grand auteur de polars français que nous ne présentons plus -, m’avait charmé à plusieurs reprises avec ses histoires au suspense haletant. Avec seulement deux de ses livres lus à mon compteur – Nymphéas noirs et Ne lâche pas ma main, que j’avais dévorés -, j’étais particulièrement intriguée de retrouver la plume de cet auteur, qui s’est prêté au jeu des nouvelles.

T’en souviens-tu, mon Anaïs ? est un recueil de quatre courtes nouvelles, dont la première a donné son titre au livre. Inspirée de faits réels, elle s’ancre historiquement à l’époque de Victor Hugo, et d’Anaïs Aubert, une actrice française, amante cachée du célèbre écrivain. Cette dernière a fui Paris pour se réfugier dans le petit village de Veules-les-Roses, dans le Pays de Caux. Une fuite bien mystérieuse, que va tenter d’éclairer notre protagoniste.

Anaïs Aubert, dite Mademoiselle Anaïs

 

  Village de Veules les Roses, en Seine-Maritime (76)

La deuxième nouvelle, L’armoire normande, sans doute ma préférée, se déroule dans un gîte. Un couple en vacances séjourne quelques temps chez un habitant énigmatique, qui leur a interdit de s’approcher d’une armoire normande chère à son coeur. Les vacanciers, intrigués, le sont d’autant plus par l’absence de l’hôtesse, censée les accueillir à leur arrivée. Quels secrets cache leur hôte, cet être fuyant, aux manières bourrues ? Une nouvelle originale et bien écrite, dont le dénouement devrait vous surprendre et vous faire sourire.

Viens ensuite Vie de grenier : alors qu’il se rend dans un vide-grenier, un retraité remarque un stand bien étrange : l’ensemble des effets mis en vente sont des objets similaires aux siens. Persuadé qu’ils lui appartiennent et que la vendeuse les lui a dérobé, il va mener une enquête pour retrouver cette femme et lever le voile sur cette énigme.

Enfin, la dernière nouvelle, Une fugue au paradis, nous emmène sur une plage de La Réunion. Deux jeunes femmes en train de camper, à côté d’un groupe de garçons légèrement éméchés. Le lendemain, un cadavre est retrouvé dans l’eau. Que s’est-il bien passé cette nuit ? L’enquête est ouverte, et le dénouement, comme l’ensemble des dénouements écrits par Michel Bussi, connaît un tel revirement, qu’il ne peut que surprendre et étonner par son ingéniosité.

Ecrire des nouvelles est un exercice complexe, mais mené d’une main de maître par notre malstrom des intrigues alambiquées, puisque chacune d’entre elles comportent un dénouement renversant et inattendu. Michel Bussi conserve donc son titre de roi du polar à suspense, et d’auteur à l’imagination débridée.


Michel Bussi s’essaie à un nouveau genre : les nouvelles. Expérience réussie pour l’auteur, avec des histoires courtes mais prenantes et toujours ces dénouements surprenants et pleins d’ingéniosité. 

Ma note : 7/10

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Toute la vérité


Toute la vérité de Karen Cleveland

397 pages, éditions Pocket


Résumé : Malgré un travail passionnant qui l’empêche de passer du temps avec ses enfants et un prêt immobilier exorbitant, Vivian Miller est comblée par sa vie de famille : quelles que soient les difficultés, elle sait qu’elle peut toujours compter sur Matt, son mari, pour l’épauler.

En tant qu’analyste du contre-renseignement à la CIA, division Russie, Vivian a la lourde tâche de débusquer des agents dormants infiltrés sur le territoire américain. Un jour, elle tombe sur un dossier compromettant son époux. Toutes ses certitudes sont ébranlées, sa vie devient mensonge. Elle devra faire un choix impossible : défendre son pays… ou sa famille.


Extraits « Parfois, commence-t-elle, hésitante, nous croyons que masquer la vérité protégera ceux que nous aimons le plus. »
« Les voeux que j’ai prononcés devant toi, j’en pensais chaque mot, avait-il poursuivi. Peu importe ce que nous réserve l’avenir, n’oublie jamais ça. Si les choses deviennent… dures… souviens-toi juste de ça. Tout ça, c’est pour nous. Tout ce que je ferai, pour le restant de ma vie, ce sera pour nous. »

Mon avis : En lice pour le prix du Polar étranger décerné par Pocket, je remercie cette maison d’édition pour m’avoir permise de découvrir les romans en compétition et de participer au vote final.

Vivian travaille à la CIA, dans le département Russe. Sa mission : débusquer les agents dormants infiltrés sur le territoire américain. Quelle ne fût pas sa surprise lorsqu’elle tombe, par hasard, sur la photo de son mari Matt, parmi une liste d’agents infiltrés. Ce dernier avoue aisément lui mentir durant de nombreuses années sur sa vie. Vivian se retrouve donc face à un choix impossible : défendre son pays en poursuivant sa mission et en dénonçant son mari, ou effacer toutes les preuves de son implication, pour préserver sa famille ?

Le choix est cornélien je dois bien l’admettre, et Vivian ne cessera de se torturer les méninges durant l’intégralité du récit. Amour ou devoir citoyen ?

J’ai beaucoup aimé la tournure que prend ce polar. Il me semble avoir déjà lu dans le passé une histoire dans la même veine, sans toutefois réussir à me remémorer le titre de l’ouvrage : un couple confronté malgré eux, des mensonges et des secrets inavoués, une famille en péril. Suite à la découverte des mensonges de Matt, vous vous doutez bien que tout bascule dans la vie de Vivian. L’ensemble de sa vie de couple a été bâtie sur un mensonge. Dès cette découverte, sa confiance en Matt s’effondre :  elle ne sait plus quand le croire. Même nous, lecteurs, sommes à chaque fois déstabilisé par l’attitude de ce dernier, souvent très étrange.

Concernant l’histoire en elle-même, je l’ai quand même trouvé assez pauvre, pas assez prenante, peu mémorable. Deux semaines après la fin de ma lecture, je ne me souviens que du lien spécial qui unie désormais Vivian à son mari, mais j’ai totalement oublié l’ensemble de l’intrigue. Il faut dire qu’une enquête qui fait s’affronter les américains aux russes, c’est un peu du réchauffé. J’aurais souhaité plus d’originalité dans l’histoire centrale.


Un polar sympathique, dynamique et addictif. J’ai pris du plaisir à découvrir cette histoire, même si j’aurais souhaité plus d’originalité.

Ma note : 6,5/10

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Qui a tué Heidi ?


Qui a tué Heidi ? de Marc Voltenauer

545 pages, éditions Pocket


Résumé : Voyage au plus noir de l’âme humaine…

Qu’a-t-il bien pu arriver à l’inspecteur Auer ?
Un tueur à gages abat un politicien à l’opéra de Berlin, en plein milieu d’une représentation. Sa prochaine destination : Genève. Et puis, Gryon.
Gryon où Andreas Auer, qui vient d’être suspendu par le commandant de la police, décide d’aider un ami paysan à la ferme pour sortir de sa déprime. Gryon, ce petit village si paisible. Paisible ? Pas si sûr…
Dans la chambre de sa mère, un homme rumine ses fantasmes les plus fous. Il est prêt à passer à l’acte.
Un chassé-croisé infernal se profile, et va tout balayer sur son passage. Andreas et les siens en sortiront-ils indemnes ?

Après le succès du Dragon du Muveran, le nouveau polar glaçant de Marc Voltenauer vous entraîne au cœur des Alpes vaudoises.


Mon avis : Gyron, un petit village paisible en apparence, qui va être mis sur le devant de la scène pour une enquête des plus mystérieuses. Un concours d’agriculture, une histoire de vengeance, le décès d’un agriculteur. Andreas Auer, nouvellement suspendu de son poste de policier, décide de venir en aide à son ami agriculteur, soupçonné d’être le meurtrier du paysan assassiné.

En parallèle, un politicien russe est sauvagement assassiné alors qu’il assistait à un opéra à Berlin.

Nous suivons donc plusieurs enquêtes en parallèle, qui vont se mêler de près ou de loin les unes aux autres. Je ne suis pas une très grande fan des nombreuses enquêtes qui se chevauchent et s’entremêlent. Pour tout vous avouer, je préfère me concentrer sur une seule et même affaire plutôt que de m’éparpiller dans plusieurs enquêtes différentes, qui, forcément, auront un moment à un autre un point commun. Je trouve que mettre en scène plusieurs affaires apporte, certes, peut-être plus de rythme au récit, mais beaucoup moins d’intensité et de profondeur. On oublie facilement l’histoire, puisqu’il y en avait, en définitive, plusieurs, mais aucune n’est véritablement sortie du lot.

J’ai quand même passé un agréable moment de lecture, puisque Marc Voltenauer maîtrise sa plume : du rythme, de l’action, du suspens, beaucoup de mystère. Tous les ingrédients d’un bon polar étaient réunis.


Un polar agréable à découvrir, pleins de suspense et d’actions. Il n’est pas extraordinaire, mais vous fera quand même passer un bon moment de lecture.

Ma note : 6,5/10

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Femme sur écoute


Femme sur écoute de Hervé Jourdain

571 pages, éditions Pocket


Résumé : Manon est strip-teaseuse et escort girl dans le quartier du Triangle d’or à Paris. Elle vit avec sa soeur, étudiante en philo, et le bébé qu’elle a eu avec Bison, incarcéré en préventive pour un braquage raté. Manon ne mène qu’une bataille, celle de son avenir. Le plan : racheter une boutique sur les Champs-Élysées et par la même occasion, sa respectabilité. Mais ça, c’était avant qu’on pirate sa vie.

Pôle judiciaire des Batignolles. Les enquêteurs de la brigade criminelle, tout juste délogés du légendaire 36 quai des Orfèvres pour un nouveau cadre aseptisé, s’escriment à comprendre pourquoi chacune des enquêtes en cours fuite dans la presse. Compostel et Kaminski sont à la tête d’une jeune garde, qu’a récemment rejointe Lola Rivière. Absences répétées, justifications aux motifs évasifs… La réputation de l’experte en cybercriminalité n’est pas brillante. Compostel a malgré tout décidé de lui accorder sa confiance en lui remettant pour dissection l’ordinateur de son fils, suicidé trois ans plus tôt.


Extraits « Un disque dur était plus qu’une boîte de souvenirs. C’était le reflet des pensées de son utilisateur qui faisait de l’investigateur le meilleur des psychothérapeutes. »
« La violence était masculine, et la souffrance féminine. »

Mon avis : Ce polar est en lice pour le prix Polar, qui sera décerné par les éditions Pocket fin août, début septembre 2019.

Manon travaille dans un club à Paris. Elle est strip-steaseuse, mais cache la vérité à sa soeur. La jeune femme, récemment devenue maman d’un petit garçon, souhaite changer de vie et se ranger, en rachetant une boutique sur les Champs-Élysées. Mais c’était sans compter sur les magouilles de son compagnon et futur mari, actuellement emprisonné pour une affaire de braquage. Depuis sa cellule, il continue ses trafics, et c’est Manon qu’il utilise comme pivot dans ses sales affaires. La jeune femme se retrouve donc mêlée malgré elle à plusieurs affaires très louches, qui vont empoisonner son existence, ainsi que celles de sa famille entière.

C’est un bon polar, en tout cas il se laisse lire facilement, et le rythme est entraînant. Les actions s’enchaînent les unes après les autres, de façon à ce que le lecteur ne s’ennuie pas et ne souhaite pas lâcher sa lecture avant le dénouement final.

Après, de là à dire que l’histoire est originale et irremplaçable… non. C’est un roman policier comme il en existe des milliers d’autres, qui permet de passer un bon moment de lecture, de ressentir de l’adrénaline, des frissons quelquefois, une tension constante et grandissante au fil des pages.

J’ai trouvé que l’histoire était quand même un petit peu complexe. Plusieurs enquêtes se mêlent et s’entremêlent, s’imbriquant parfois entre elles, ou étant totalement dissociées. Une affaire politique liée à la prochaine élection présidentielle, une affaire d’argent, une rançon, des meurtres suspects, des disparitions, du chantage…

Il faut s’accrocher et bien suivre le fil d’Ariane, pour ne pas se perdre dans l’imbroglio des affaires en cours. Je pense que l’auteur aurait dû se centrer uniquement sur une enquête principale, et ne pas dévoiler les enquêtes secondaires. Cela aurait sans doute donner plus de poids à son histoire, puisque le lecteur aurait été plus impliqué dans l’enquête, alors qu’ici, l’histoire partant un peu dans tous les sens, elle s’évapore très rapidement de notre mémoire.


Un polar intéressant mais pas exceptionnel, qui vous fera passer un bon moment de lecture, sans toutefois être impérissable.

Ma note : 6/10

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Emma dans la nuit


Emma dans la nuit de Wendy Walker

363 pages, éditions Pocket


Résumé : Deux sœurs disparaissent. Trois ans plus tard, une seule revient. Dit-elle toute la vérité ?
Emma, 17 ans, et Cass, 15 ans, sont les sœurs Tanner, devenues tragiquement célèbres depuis leur inexplicable disparition. Après trois ans d’absence, Cass frappe à la porte de chez ses parents. Elle est seule. Elle raconte comment sa sœur et elle ont été victimes d’un enlèvement puis retenues captives sur une mystérieuse île.

Emma y serait toujours. Mais la psychiatre qui suit cette affaire, le Dr Abigail Winter, doute de sa version des faits et s’intéresse de plus près aux Tanner. Elle finit par découvrir, sous le vernis des apparences, une famille dysfonctionnelle régentée par une mère narcissique.

Que s’est-il réellement passé trois ans auparavant ? Cass dit-elle toute la vérité ?


Extraits « Les gens croient ce qu’ils ont envie de croire. Les gens croient ce qu’ils ont besoin de croire. Peut-être n’y a-t-il aucune différence entre les deux. »
« Une chose est sûre, la vérité peut nous échapper, se dissimuler dans notre angle mort, être masquée par nos préjugés, ignorée par nos coeurs affamés qui aspirent à la paix. Pourtant, elle est là : il suffit d’ouvrir les yeux et de regarder. Encore faut-il faire l’effort de regarder. »

Mon avis : Emma et Cass sont deux jeunes soeurs, qui disparaissent un beau jour sans laisser de trace. Malgré les nombreuses recherches, Abigail Winter, la psychologue en charge de l’affaire, n’a jamais pu retrouver les deux filles. Trois ans plus tard, Cass réapparaît mystérieusement chez elle. Elle explique avoir été retenue prisonnière avec sa soeur sur une île mystérieuse, et avoir réussi à s’échapper en trompant la vigilance de ses bourreaux. Mais sa soeur, Emma, se trouve encore captive sur l’île. Ils vont tout mettre en oeuvre pour localiser l’île et ramener Emma sain et sauve chez elle.

Le livre se découpe en chapitres qui se placent du point de vue à la fois de Cass, la jeune soeur réapparue, mais aussi de la psychologue Abigail Winter. De cette façon, nous avons deux points de vue différent sur l’histoire : un point de vue interne, intimiste et personnel et un autre externe, plus objectif et pragmatique. Toutes les cartes sont donc entre nos mains, pour que nous puissions à loisir nous faire notre propre ressenti sur cette affaire.

Emma dans la nuit est un thriller psychologique, qui en plus d’être bourré de suspens et de mystères, va littéralement retourner le cerveau de chaque lecteur. Dès le début de l’histoire, on ressent une certaine tension dans le récit compté par Cass, la soeur mystérieusement réapparue. J’ai soupçonné, sans même savoir pourquoi, que Cass nous cachait quelque chose d’important, voire de primordial pour le déroulé de l’histoire, quelque chose qui semblait en lien avec sa mère.

Car la relation entre la jeune fille et sa mère sort de l’ordinaire. On ressent une tension constante entre elles deux, des non-dits et des secrets inavoués, qui ne passent pas inaperçus. Le comportement de sa mère est également suspect. La psychologue Abigail le décortiquera longuement, arrivant finalement à la conclusion qu’elle souffre d’un dysfonctionnement psychologique lié au narcissisme. J’avoue  que les longues pérégrinations de la psychologue sur cet trouble psychologique m’ont parfois ennuyé, d’autant qu’elle revenait souvent dessus en explicitant toujours plus son propos, alors qu’il ne me semblait pas nécessaire de prendre autant de temps et de lignes pour le faire. C’est sûr que cette thématique impact l’histoire, et qu’elle y joue un rôle important, mais la façon dont elle est abordée freine le rythme global du récit, le rendant plus cotonneux et moins pressant.

Je dois avouer que le dénouement est insoupçonné. Pourtant habituée des polars et des conclusions en queue de poisson, j’avoue que je m’y suis laissé prendre, c’était bien pensé. Malheureusement, je trouve cette fin un peu  trop bâclée à mon goût, brouillonne et confuse. On voit clairement où l’auteure souhaite en venir, mais il y a des zones de flous, quelques détails, qui ne concordent pas avec l’histoire entière. L’idée était donc bonne, mais aurait mérité d’être mieux travaillée.


Un thriller psychologique angoissant, qui vous tiendra en haleine jusqu’au bout. Malgré quelques légères remarques négatives, j’ai apprécié découvrir ce polar !

Ma note : 7/10

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