Toute la vérité


Toute la vérité de Karen Cleveland

397 pages, éditions Pocket


Résumé : Malgré un travail passionnant qui l’empêche de passer du temps avec ses enfants et un prêt immobilier exorbitant, Vivian Miller est comblée par sa vie de famille : quelles que soient les difficultés, elle sait qu’elle peut toujours compter sur Matt, son mari, pour l’épauler.

En tant qu’analyste du contre-renseignement à la CIA, division Russie, Vivian a la lourde tâche de débusquer des agents dormants infiltrés sur le territoire américain. Un jour, elle tombe sur un dossier compromettant son époux. Toutes ses certitudes sont ébranlées, sa vie devient mensonge. Elle devra faire un choix impossible : défendre son pays… ou sa famille.


Extraits « Parfois, commence-t-elle, hésitante, nous croyons que masquer la vérité protégera ceux que nous aimons le plus. »
« Les voeux que j’ai prononcés devant toi, j’en pensais chaque mot, avait-il poursuivi. Peu importe ce que nous réserve l’avenir, n’oublie jamais ça. Si les choses deviennent… dures… souviens-toi juste de ça. Tout ça, c’est pour nous. Tout ce que je ferai, pour le restant de ma vie, ce sera pour nous. »

Mon avis : En lice pour le prix du Polar étranger décerné par Pocket, je remercie cette maison d’édition pour m’avoir permise de découvrir les romans en compétition et de participer au vote final.

Vivian travaille à la CIA, dans le département Russe. Sa mission : débusquer les agents dormants infiltrés sur le territoire américain. Quelle ne fût pas sa surprise lorsqu’elle tombe, par hasard, sur la photo de son mari Matt, parmi une liste d’agents infiltrés. Ce dernier avoue aisément lui mentir durant de nombreuses années sur sa vie. Vivian se retrouve donc face à un choix impossible : défendre son pays en poursuivant sa mission et en dénonçant son mari, ou effacer toutes les preuves de son implication, pour préserver sa famille ?

Le choix est cornélien je dois bien l’admettre, et Vivian ne cessera de se torturer les méninges durant l’intégralité du récit. Amour ou devoir citoyen ?

J’ai beaucoup aimé la tournure que prend ce polar. Il me semble avoir déjà lu dans le passé une histoire dans la même veine, sans toutefois réussir à me remémorer le titre de l’ouvrage : un couple confronté malgré eux, des mensonges et des secrets inavoués, une famille en péril. Suite à la découverte des mensonges de Matt, vous vous doutez bien que tout bascule dans la vie de Vivian. L’ensemble de sa vie de couple a été bâtie sur un mensonge. Dès cette découverte, sa confiance en Matt s’effondre :  elle ne sait plus quand le croire. Même nous, lecteurs, sommes à chaque fois déstabilisé par l’attitude de ce dernier, souvent très étrange.

Concernant l’histoire en elle-même, je l’ai quand même trouvé assez pauvre, pas assez prenante, peu mémorable. Deux semaines après la fin de ma lecture, je ne me souviens que du lien spécial qui unie désormais Vivian à son mari, mais j’ai totalement oublié l’ensemble de l’intrigue. Il faut dire qu’une enquête qui fait s’affronter les américains aux russes, c’est un peu du réchauffé. J’aurais souhaité plus d’originalité dans l’histoire centrale.


Un polar sympathique, dynamique et addictif. J’ai pris du plaisir à découvrir cette histoire, même si j’aurais souhaité plus d’originalité.

Ma note : 6,5/10

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Qui a tué Heidi ?


Qui a tué Heidi ? de Marc Voltenauer

545 pages, éditions Pocket


Résumé : Voyage au plus noir de l’âme humaine…

Qu’a-t-il bien pu arriver à l’inspecteur Auer ?
Un tueur à gages abat un politicien à l’opéra de Berlin, en plein milieu d’une représentation. Sa prochaine destination : Genève. Et puis, Gryon.
Gryon où Andreas Auer, qui vient d’être suspendu par le commandant de la police, décide d’aider un ami paysan à la ferme pour sortir de sa déprime. Gryon, ce petit village si paisible. Paisible ? Pas si sûr…
Dans la chambre de sa mère, un homme rumine ses fantasmes les plus fous. Il est prêt à passer à l’acte.
Un chassé-croisé infernal se profile, et va tout balayer sur son passage. Andreas et les siens en sortiront-ils indemnes ?

Après le succès du Dragon du Muveran, le nouveau polar glaçant de Marc Voltenauer vous entraîne au cœur des Alpes vaudoises.


Mon avis : Gyron, un petit village paisible en apparence, qui va être mis sur le devant de la scène pour une enquête des plus mystérieuses. Un concours d’agriculture, une histoire de vengeance, le décès d’un agriculteur. Andreas Auer, nouvellement suspendu de son poste de policier, décide de venir en aide à son ami agriculteur, soupçonné d’être le meurtrier du paysan assassiné.

En parallèle, un politicien russe est sauvagement assassiné alors qu’il assistait à un opéra à Berlin.

Nous suivons donc plusieurs enquêtes en parallèle, qui vont se mêler de près ou de loin les unes aux autres. Je ne suis pas une très grande fan des nombreuses enquêtes qui se chevauchent et s’entremêlent. Pour tout vous avouer, je préfère me concentrer sur une seule et même affaire plutôt que de m’éparpiller dans plusieurs enquêtes différentes, qui, forcément, auront un moment à un autre un point commun. Je trouve que mettre en scène plusieurs affaires apporte, certes, peut-être plus de rythme au récit, mais beaucoup moins d’intensité et de profondeur. On oublie facilement l’histoire, puisqu’il y en avait, en définitive, plusieurs, mais aucune n’est véritablement sortie du lot.

J’ai quand même passé un agréable moment de lecture, puisque Marc Voltenauer maîtrise sa plume : du rythme, de l’action, du suspens, beaucoup de mystère. Tous les ingrédients d’un bon polar étaient réunis.


Un polar agréable à découvrir, pleins de suspense et d’actions. Il n’est pas extraordinaire, mais vous fera quand même passer un bon moment de lecture.

Ma note : 6,5/10

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Femme sur écoute


Femme sur écoute de Hervé Jourdain

571 pages, éditions Pocket


Résumé : Manon est strip-teaseuse et escort girl dans le quartier du Triangle d’or à Paris. Elle vit avec sa soeur, étudiante en philo, et le bébé qu’elle a eu avec Bison, incarcéré en préventive pour un braquage raté. Manon ne mène qu’une bataille, celle de son avenir. Le plan : racheter une boutique sur les Champs-Élysées et par la même occasion, sa respectabilité. Mais ça, c’était avant qu’on pirate sa vie.

Pôle judiciaire des Batignolles. Les enquêteurs de la brigade criminelle, tout juste délogés du légendaire 36 quai des Orfèvres pour un nouveau cadre aseptisé, s’escriment à comprendre pourquoi chacune des enquêtes en cours fuite dans la presse. Compostel et Kaminski sont à la tête d’une jeune garde, qu’a récemment rejointe Lola Rivière. Absences répétées, justifications aux motifs évasifs… La réputation de l’experte en cybercriminalité n’est pas brillante. Compostel a malgré tout décidé de lui accorder sa confiance en lui remettant pour dissection l’ordinateur de son fils, suicidé trois ans plus tôt.


Extraits « Un disque dur était plus qu’une boîte de souvenirs. C’était le reflet des pensées de son utilisateur qui faisait de l’investigateur le meilleur des psychothérapeutes. »
« La violence était masculine, et la souffrance féminine. »

Mon avis : Ce polar est en lice pour le prix Polar, qui sera décerné par les éditions Pocket fin août, début septembre 2019.

Manon travaille dans un club à Paris. Elle est strip-steaseuse, mais cache la vérité à sa soeur. La jeune femme, récemment devenue maman d’un petit garçon, souhaite changer de vie et se ranger, en rachetant une boutique sur les Champs-Élysées. Mais c’était sans compter sur les magouilles de son compagnon et futur mari, actuellement emprisonné pour une affaire de braquage. Depuis sa cellule, il continue ses trafics, et c’est Manon qu’il utilise comme pivot dans ses sales affaires. La jeune femme se retrouve donc mêlée malgré elle à plusieurs affaires très louches, qui vont empoisonner son existence, ainsi que celles de sa famille entière.

C’est un bon polar, en tout cas il se laisse lire facilement, et le rythme est entraînant. Les actions s’enchaînent les unes après les autres, de façon à ce que le lecteur ne s’ennuie pas et ne souhaite pas lâcher sa lecture avant le dénouement final.

Après, de là à dire que l’histoire est originale et irremplaçable… non. C’est un roman policier comme il en existe des milliers d’autres, qui permet de passer un bon moment de lecture, de ressentir de l’adrénaline, des frissons quelquefois, une tension constante et grandissante au fil des pages.

J’ai trouvé que l’histoire était quand même un petit peu complexe. Plusieurs enquêtes se mêlent et s’entremêlent, s’imbriquant parfois entre elles, ou étant totalement dissociées. Une affaire politique liée à la prochaine élection présidentielle, une affaire d’argent, une rançon, des meurtres suspects, des disparitions, du chantage…

Il faut s’accrocher et bien suivre le fil d’Ariane, pour ne pas se perdre dans l’imbroglio des affaires en cours. Je pense que l’auteur aurait dû se centrer uniquement sur une enquête principale, et ne pas dévoiler les enquêtes secondaires. Cela aurait sans doute donner plus de poids à son histoire, puisque le lecteur aurait été plus impliqué dans l’enquête, alors qu’ici, l’histoire partant un peu dans tous les sens, elle s’évapore très rapidement de notre mémoire.


Un polar intéressant mais pas exceptionnel, qui vous fera passer un bon moment de lecture, sans toutefois être impérissable.

Ma note : 6/10

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Emma dans la nuit


Emma dans la nuit de Wendy Walker

363 pages, éditions Pocket


Résumé : Deux sœurs disparaissent. Trois ans plus tard, une seule revient. Dit-elle toute la vérité ?
Emma, 17 ans, et Cass, 15 ans, sont les sœurs Tanner, devenues tragiquement célèbres depuis leur inexplicable disparition. Après trois ans d’absence, Cass frappe à la porte de chez ses parents. Elle est seule. Elle raconte comment sa sœur et elle ont été victimes d’un enlèvement puis retenues captives sur une mystérieuse île.

Emma y serait toujours. Mais la psychiatre qui suit cette affaire, le Dr Abigail Winter, doute de sa version des faits et s’intéresse de plus près aux Tanner. Elle finit par découvrir, sous le vernis des apparences, une famille dysfonctionnelle régentée par une mère narcissique.

Que s’est-il réellement passé trois ans auparavant ? Cass dit-elle toute la vérité ?


Extraits « Les gens croient ce qu’ils ont envie de croire. Les gens croient ce qu’ils ont besoin de croire. Peut-être n’y a-t-il aucune différence entre les deux. »
« Une chose est sûre, la vérité peut nous échapper, se dissimuler dans notre angle mort, être masquée par nos préjugés, ignorée par nos coeurs affamés qui aspirent à la paix. Pourtant, elle est là : il suffit d’ouvrir les yeux et de regarder. Encore faut-il faire l’effort de regarder. »

Mon avis : Emma et Cass sont deux jeunes soeurs, qui disparaissent un beau jour sans laisser de trace. Malgré les nombreuses recherches, Abigail Winter, la psychologue en charge de l’affaire, n’a jamais pu retrouver les deux filles. Trois ans plus tard, Cass réapparaît mystérieusement chez elle. Elle explique avoir été retenue prisonnière avec sa soeur sur une île mystérieuse, et avoir réussi à s’échapper en trompant la vigilance de ses bourreaux. Mais sa soeur, Emma, se trouve encore captive sur l’île. Ils vont tout mettre en oeuvre pour localiser l’île et ramener Emma sain et sauve chez elle.

Le livre se découpe en chapitres qui se placent du point de vue à la fois de Cass, la jeune soeur réapparue, mais aussi de la psychologue Abigail Winter. De cette façon, nous avons deux points de vue différent sur l’histoire : un point de vue interne, intimiste et personnel et un autre externe, plus objectif et pragmatique. Toutes les cartes sont donc entre nos mains, pour que nous puissions à loisir nous faire notre propre ressenti sur cette affaire.

Emma dans la nuit est un thriller psychologique, qui en plus d’être bourré de suspens et de mystères, va littéralement retourner le cerveau de chaque lecteur. Dès le début de l’histoire, on ressent une certaine tension dans le récit compté par Cass, la soeur mystérieusement réapparue. J’ai soupçonné, sans même savoir pourquoi, que Cass nous cachait quelque chose d’important, voire de primordial pour le déroulé de l’histoire, quelque chose qui semblait en lien avec sa mère.

Car la relation entre la jeune fille et sa mère sort de l’ordinaire. On ressent une tension constante entre elles deux, des non-dits et des secrets inavoués, qui ne passent pas inaperçus. Le comportement de sa mère est également suspect. La psychologue Abigail le décortiquera longuement, arrivant finalement à la conclusion qu’elle souffre d’un dysfonctionnement psychologique lié au narcissisme. J’avoue  que les longues pérégrinations de la psychologue sur cet trouble psychologique m’ont parfois ennuyé, d’autant qu’elle revenait souvent dessus en explicitant toujours plus son propos, alors qu’il ne me semblait pas nécessaire de prendre autant de temps et de lignes pour le faire. C’est sûr que cette thématique impact l’histoire, et qu’elle y joue un rôle important, mais la façon dont elle est abordée freine le rythme global du récit, le rendant plus cotonneux et moins pressant.

Je dois avouer que le dénouement est insoupçonné. Pourtant habituée des polars et des conclusions en queue de poisson, j’avoue que je m’y suis laissé prendre, c’était bien pensé. Malheureusement, je trouve cette fin un peu  trop bâclée à mon goût, brouillonne et confuse. On voit clairement où l’auteure souhaite en venir, mais il y a des zones de flous, quelques détails, qui ne concordent pas avec l’histoire entière. L’idée était donc bonne, mais aurait mérité d’être mieux travaillée.


Un thriller psychologique angoissant, qui vous tiendra en haleine jusqu’au bout. Malgré quelques légères remarques négatives, j’ai apprécié découvrir ce polar !

Ma note : 7/10

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Indian Psycho

 


Indian Psycho de Arun Krishnan

333 pages, éditions Pocket


Résumé : Arjun Clarkson est le rêve américain incarné : cet orphelin indien issu d’une basse caste, complexé et peu sûr de lui, a immigré à New York où il connaît une brillante carrière dans la publicité. Jusqu’au jour où, dans un accès de folie, il poignarde une ancienne collègue…
Pour brouiller les pistes, Arjun décide de faire croire à l’existence d’un tueur en série chassant ses proies sur le plus populaire des réseaux sociaux : MyFace. Certes, cela implique de commettre d’autres assassinats, mais n’est-ce pas l’occasion rêvée de se venger de tous ceux qui se sont moqués de lui ?
Au fil des meurtres, la rumeur de ce « tueur de MyFace » s’amplifie et sème la panique sur la toile, car Arjun est un excellent publicitaire. Sa distraction, en revanche, risque de compromettre sa carrière de serial killer…

Thriller drôle et palpitant, Indian Psycho est aussi une satire féroce des réseaux sociaux. Un regard mordant sur la société new-yorkaise d’aujourd’hui et ses travers, à liker et à partager sans modération !


Extraits « Parfois, on pense que le monde est fait d’une certaine façon. Puis il vous montre qu’il est capable d’être entièrement différent. »
« C’est peut-être ainsi que les gens qui sont en couple depuis très longtemps ne s’entre-tuent pas. Ils s’éloignent durant ces moments critiques qui mettent fortement à l’épreuve leur volonté.« 

Mon avis : Déroutant : voici le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier cette histoire. À New York, Arjun, un indien immigré aux États-Unis depuis plus d’un an, a obtenu un poste haut placé dans la publicité. Un bon boulot, un bon salaire… il avait de quoi être heureux, pourtant, pris d’un accès de folie, il poignarde une de ses anciennes collègue, qui succombe à ses blessures. Pour brouiller les pistes et éviter d’être démasqué, Arjun décide de faire croire à tous que ce meurtre a été perpétré par un tueur en série. Pour se faire, il va utiliser le réseau social MyFace pour débusquer ses prochaines victimes.

Indian Psycho détourne les codes des thrillers traditionnels. L’histoire est racontée du point de vue du tueur, Arjun, à la première personne du singulier. On connaît donc avec exactitude l’ensemble de ses pensées, de ses raisonnements et de ses actions. Même en possédant l’accès à ses pensées, elles nous apparaissent souvent sombres et énigmatiques : pourquoi décide-t-il tout à coup de tuer ? Ne ressent-il aucune émotions ? Arjun est un personnage bien mystérieux, qui va donner du fil à retordre à la fois à nous, lecteurs, mais aussi aux policiers qui enquêtent sur cette affaire.

Ce qui fait que ce livre est une histoire intéressante et originale, c’est le ton que donne l’auteur au récit. Il y incorpore un certain humour pince-sans-rire, qui déstabilise au début, mais qui s’avère si bien maîtrisé qu’il ajoute une dose de gaieté si particulière dans cet univers glaçant.

Clairement, Arun Krishnan fait une satire des réseaux sociaux. « Le tueur de MyFace » comme est surnommé Arjun, cherche et trouve ses victimes sur le réseau social « MyFace ». Sur celui-ci, les utilisateurs peuvent rendre public, à la vue de tous, les données personnelles qu’ils souhaitent : adresse d’habitation, loisirs, métier… la vie privée n’est plus privée, puisque chacun peut accéder à toutes ces données sans connaître la personne concernée. Il faut un cas de figure comme celui que nous présente l’auteur – à savoir un tueur qui repère ses victimes via les informations données par ce réseau – pour que les gens prennent conscience du danger que représente la non-protection de la vie privée. On assiste alors à une suppression impressionnante de comptes MyFace et à la destitution progressive de ce réseau social d’envergure mondial.

Autre thématique principal abordée dans Indian Psycho : le racisme. Après une enfance et une grande partie de sa vie d’adulte passée en Inde, Arjun, notre protagoniste, débarque à New York.  Une ville de tous les possibles, qui mélangent les races et populations. Mais Arjun, a du mal à se défaire de ses traditions culturelles, et il se place d’emblée comme un paria de la  population. Placés dans la peau d’un immigré, nous ne pouvons que faire face aux regards, critiques et sous-entendus qui peuplent leur quotidien, et parfois, les inégalités sont tellement fortes qu’elles en deviennent ignobles.


Un thriller original et efficace, au style vif et déroutant, écrit avec maîtrise et finesse. J’ai beaucoup aimé la modernité de cette histoire et l’ambiance particulière qui s’en détache.

Ma note : 7,5/10

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Marie d’en haut


Marie d’en haut de Agnès Ledig

315 pages, éditions Pocket


Résumé : Voilà Olivier, lieutenant de gendarmerie éprouvé par la vie, muté en Ariège.
Au cours d’une enquête, il croise le chemin de Marie, une agricultrice de montagne.
Elle élève seule sa fille Suzie, une enfant pleine de fantaisie, et tente, loin du monde, d’oublier ses blessures passées. La jeune femme compose avec le quotidien grâce à la présence d’Antoine, son voisin, victime lui aussi de la méchanceté des hommes.
La rencontre de ces trois caractères bien trempés aux destins cabossés pourrait être désastreuse, elle s’avère étonnamment émouvante et tendre.


Extraits « Les dîners en tête à tête, ça doit être comme les entretiens d’embauche, plus on en fait, plus on est à l’aise. »

« Il faut être sensible pour comprendre les sensibles. »


Mon avis : Olivier est gendarme. Au cours de l’une de ses enquêtes, il va croiser la route de Marie, une jeune et belle agricultrice. Marie élève seule sa fille Suzie, une enfant très attachante, pleine de vie et d’imagination. Heureusement, elle peut compter sur le soutien d’Antoine, son voisin homosexuel et meilleur ami, qui l’accompagne dans son quotidien et la conseille toujours avec justesse. La rencontre de ce trio de personnages est inattendue, électrique et surprenante.

Par où commencer…? Sans doute par la rencontre, impromptue, entre Marie et Olivier. Rien n’aurait prédestiné ces deux-là à se croiser, mais le métier d’Olivier l’a attiré sur la propriété de Marie. Et leur première rencontre est électrique au possible. Pourtant, il faut croire que le courant est quand même passé, puisque bizarrement, Olivier reviendra, seul, dans la ferme de Marie pour la voir.

Marie est une femme merveilleuse, dont j’ai particulièrement apprécié le courage. Elle est agricultrice, et de nos jours, tout le monde sait que ce métier est l’un des plus compliqué de France – les conditions salariales sont déplorables, le temps de travail s’agrandit et la difficulté globale des tâches a effectué est effarante. En plus d’exercer l’un des métiers les plus durs, elle élève seule sa petite fille Suzie, et toutes filles vivent isolées dans une ferme reculée du monde. J’ai apprécié la force de caractère de Marie, sa ténacité, ainsi que son indépendance. Ça me fait plaisir de découvrir des personnages comme elle, qui s’affranchissent des codes de la société, pour vivre presque à l’instinct. Et on peut voir que c’est une stratégie gagnante pour Marie, qui est une jeune femme pleinement épanouie et remplie de bonheur.

Olivier lui est un personnage qui se cherche. Sans repère familial, il subit un métier qu’il a choisi par défaut. Son quotidien est vide de sens et il en souffre énormément. Sa rencontre avec Marie et Suzie va marquer un tournant exceptionnel dans son existence. C’est incroyable comme le bonheur peut transformer les gens. Olivier en est l’exemple même, puisqu’au fil des pages, il va s’ouvrir, changer son regard sur le monde, retrouver un sens à sa vie. À le voir aussi heureux et épanouie, on ne peut que compatir à son bonheur.

Enfin, le troisième personnage prépondérant de cette histoire, Antoine, le voisin et meilleur ami homosexuel de Marie, cache, avec cette dernière, un lourd secret existentiel. Le trio Marie – Olivier – Antoine connaît des débuts un peu compliqué, mais l’engrenage va vite prendre et ils vont vivre dans la joie et la bonne humeur permanente. Une harmonie qui a sans doute été possible grâce à un personnage dont je n’ai que très peu parlé, mais qui est essentiel au récit : la petite Suzie. Très avancée pour son âge, perspicace, attachante et pleine de vie , elle apporte joie, gaieté et bonne humeur au sein de ce trio inattendu.

C’est la première fois que j’ai l’honneur de lire un roman d’Agnès Ledig, et je dois dire que cette première expérience a été concluante. Je ressors ravie de cette lecture. Elle contient toute une palette d’émotions qui ne rendent pas indifférent le lecteur. J’ai également beaucoup apprécié le cadre du récit, qui est si différent de tous les autres romans que j’ai l’habitude de lire. Enfin une histoire authentique et vraie, sans fioriture ni clichés ! Une première rencontre au summum, et sans doute pas la dernière.


En bref, Marie d’en haut, c’est un roman d’amour, d’amitié, d’émotions, de douceurs… j’ai passé un très bon moment de lecture avec cette jolie histoire, que je vous recommande chaudement !

Ma note : 8,5/10

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Je m’appelle Léon


Je m’appelle Léon de Kit de Waal

347 pages, éditions Pocket


Résumé : Leon, 9 ans, est un garçon courageux. Quand un jour sa mère n’arrive plus à se lever le matin, il s’occupe de son demi-frère Jake. Quand l’assistante sociale emmène les deux garçons chez Maureen au gros ventre et aux bras de boxeur, c’est lui qui sait de quoi le bébé a besoin. Mais quand on lui enlève son frère et qu’on lui dit que chez ses nouveaux parents il n’y a pas de place pour un grand garçon à la peau sombre, c’en est trop.

Heureusement Leon rencontre Tufty, qui est grand et fort, qui fait du vélo comme lui et qui, dans son jardin, lui apprend comment prendre soin d’une petite plante fragile. Mais Leon n’oublie pas sa promesse de retrouver Jake et de réunir les siens comme avant. Le jour où il entend une conversation qui ne lui était pas destinée, il décide de passer à l’action…
Émouvant, dramatique mais aussi jubilatoire, Je m’appelle Leon évoque de façon éloquente la force de l’amour, le lien indéchirable entre frères, et ce qui, en fin de compte, fait une famille.

Extraits  « J’ai un nouveau petit frère. Il est vraiment très petit et il dort presque tout le temps. C’est normal, il faut qu’il emploie ses forces à grandir. »

« Personne ne regarde Léon. Personne ne l’écoute. Comme d’habitude. Personne ne sait qu’il est là. »


Mon avis : Léon a 9 ans. Il n’a presque pas connu son père, qui croule sous les grilles de la prison. Sa mère, Carol, a mis au monde un deuxième garçon, Jake, qu’elle a eu avec un homme marié, qui renie la mère et son fils. Déjà faible psychologiquement, Carol s’enfonce dans une déprime et une souffrance intérieure profonde, qui lui cause la séparation d’avec ses enfants. Jake est adopté par une famille accueillante, tandis que Léon se retrouve promené de famille d’accueil en famille d’accueil. Léon est triste d’avoir perdu à la fois sa mère qu’il aimait tant, mais aussi son petit frère, qu’il protégeait et adorait de tout son coeur. Mais Léon reste fort, il sait qu’un jour où l’autre, il partira à la recherche de Jake.

C’est une histoire très forte émotionnellement et psychologiquement que nous narre Kit de Waal. Le sujet n’est pas aisé : une mère a qui l’on retire ses enfants, deux enfants qui se retrouvent privés de repères, et que l’on sépare l’un de l’autre.

Léon est un petit garçon très intelligent pour son âge. Il a une force de caractère sans nul autre paraître, un sens de la déduction et un sens de la responsabilité élevés. C’est un garçon très curieux, studieux, un peu timide et introvertie, mais généreux et d’une aide précieuse. Après les terribles épreuves qu’il a dû traverser, il reste fort, garde la tête haute et continue de vivre, en gardant espoir de revoir sa famille réunie.

J’ai été très touchée par l’histoire de Léon et par son comportement hautement plus mature que ce qu’il aurait dû être. On ne peut pas rester indifférent à ce petit bout d’homme et à son courage. Kit de Waal a su retranscrire avec réalisme les pensées de Léon, à travers une écriture légère, douceur et sensible.

Outre cette histoire centrale de la séparation familiale, une grande partie du livre dépeint le racisme. Si Jake a été adopté, c’est parce qu’il était un enfant blanc, tandis que Léon est métisse. Léon, en sa qualité d’enfant, ne comprend pas encore distinctement cette différence et les conséquences qui en découlent. Sans le dire à sa famille d’accueil, il s’évade certains après-midi, pour se rendre dans un jardin partagé, où il fait la rencontre de M. Devlin et Tutfy, qui vont lui enseigner les rudiments du jardinage. Tutfy est comme Léon, c’est un homme métisse, qui en payera les conséquences durant l’intégralité du livre.

J’ai beaucoup aimé découvrir cette histoire, qui m’a émue. Néanmoins, j’ai trouvé que certains passages, notamment vers le milieu de cette lecture, étaient peut-être un peu trop longs. Il ne se passait rien d’exceptionnel, le personnage de Léon faisait un peu du surplace, il n’évoluait plus, les moments d’actions se sont taris et je l’ai ressenti. Le rythme n’était plus comme au début, et ça a lourdement cassé ma lecture.


Une histoire touchante, racontée par un enfant, séparé de force de ses parents et de son petit frère. Il s’appelle Léon, et il va vous raconter son histoire. 

Ma note : 6/10

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