La chambre écarlate


La chambre écarlate de Nicci French

568 pages, éditions Pocket, à 7,41€


Résumé : Psychiatre à Londres, Kit est appelée à participer à l’enquête de police sur l’assassinat d’une jeune fugueuse sur les bords du canal. Tous les soupçons se portent sur un certain Michael Doll et la police n’attend d’elle qu’une confirmation scientifique de sa culpabilité. Au moment de dresser son profil psychologique, Kit hésite. Dol est-il vraiment le coupable ? Seule contre tous, en butte à l’hostilité des policiers, Kit refuse de se fier aux apparences. Pour élucider cette affaire, elle devra aller plus loin, dépasser ses préjugés, au risque de réveiller ses propres démons.

Un thriller psychologique porté par une remarquable tension dramatique.


Extraits : « Méfiez-vous des beaux jours. Le mal frappe aussi par les plus beaux jours. Peut-être est-ce le bien-être qui nous rend imprudents. »

« Alors je lui ai dit : « Oui, oui, je crois en Dieu », mais Dieu, ça peut aussi bien être le vent dans les arbres ou les éclairs dans le ciel.« 


Mon avis : Nicci French est le pseudonyme d’un couple de journalistes anglais, prénommés Nicci Gerrard et Sean French, qui ont écrit à quatre mains de nombreux polars.

Dans La chambre écarlate, Lianne, une très jeune SDF, est retrouvée morte au bord d’un canal, poignardée à de nombreuses reprises. Les policiers soupçonnent Mickey Doll, un témoin farfelu et excentrique, qui souffre certainement d’une maladie mentale. Mais la docteure en psychologie Kit Quinn rejette cette idée : sans preuve tangible, ils ne peuvent pas accuser un innocent. Alors qu’elle aide la police dans son enquête, elle va faire le rapprochement avec un second meurtre : celui de Philippa Burton, une maman, tuée en pleine journée alors qu’elle sortait s’amuser avec sa fille dans un parc. Elle va devoir être perspicace pour résoudre cette affaire.

C’est un bon thriller psychologique, dans le sens où il permet de nous détendre et de passer un agréable moment de lecture. Hormis son aspect divertissant, je n’ai pas trouvé d’intérêt particulier à ce polar. Il n’est pas original, ne se démarque pas des milliers d’autres polars produits par d’autres auteurs, les personnages ne sont pas spécialement charismatiques, ni attachants, de sorte qu’on les oublie facilement une fois la dernière page tournée.

Aussi, le livre fait près de 600 pages (dans sa version poche), je m’attendais à beaucoup de rebondissements, à un suspense intenable, qui m’aurait tenue en haleine jusqu’à la toute fin du livre. Mais finalement, en finissant ma lecture, je me suis mise à penser : tout ça pour çà ?! J’ai eu l’impression de tourner beaucoup de pages pour très peu de choses.

Quant au dénouement, à l’image du polar, je l’ai trouvé décevant, trop facile. Il n’est pas assez travaillé, il est bâclé, écrit à la va-vite. Il ne tient absolument pas la route, ne répond pas à toutes les questions que le lecteur a pu se poser durant sa lecture. Bref, en clair, j’ai lu le livre en entier, j’ai passé un moment divertissant, mais je n’en garderai aucun souvenir. 


Un polar trop commun, qui tire en longueur et manque terriblement de souffle.

Ma note : 3/10

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Le gang des rêves


Le gang des rêves de Luca Di Fulvio

943 pages, éditions Pocket


Résumé : New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils.
Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?


Extraits : « Si quelqu’un fait du mal à une femme, je lui coupe le zizi de mes mains et puis je le tue. Ce sont les règles de ma bande, fit Christmas en faisant un pas vers le garçon. Et s’ils me font la peau, je reviendrai de l’au-delà pour faire de leur vie un cauchemar sans fin. Ceux qui s’en prennent aux femmes sont des lâches. »

« Nous les femmes, c’est le genre de choses dont nous sommes capables : nous gardons pour nous les choses qui comptent vraiment. »


Mon avis : Je ne sais par où commencer cette chronique. Il faut dire aussi que Le gang des rêves est très dense – près de 1 000 pages quand même ! -, le raconter entièrement prendrait un temps fou.

L’histoire se déroule dans les années 1920 aux États-Unis, à New York, précisément. C’est là-bas que vit Cetta, une très jeune prostituée italienne, nouvellement mère-fille d’un petit garçon qu’elle nomma Natale, mais qui fût rebaptisé Christmas lors de leur arrivée en Amérique. Cetta vit avec Sal, son mac, comme on pourrait l’appeler. Elle élèvera Christmas dans l’amour, le chérira autant qu’elle pourra, en espérant que le jeune garçon puisse s’offrir un avenir bien meilleur que le sien. Christmas grandira dans ce quartier malfamé de New York, entouré de l’amour de sa mère, de son copain Santo, avec qui il montera un gang – celui des Diamond Dogs -, et de ses rêves américains de richesse, de prospérité, de célébrité et de liberté. Mais sa vie basculera lorsqu’il sauvera Ruth, une très jeune fille comme lui, qu’il trouvera presque inconsciente et couverte de sang sur le bord de la route. Ruth est issue d’une famille aisée, tout les oppose, et pourtant… il semblerait que les sentiments commencent à poindre entre ces deux jeunes enfants.

Cette même semaine, quelques jours seulement avant de débuter Le gang des rêves, j’ai terminé Hôtel Castellana de Ruta Sepetys, un roman historique qui comporte de nombreuses similitudes avec ce livre-ci. Les deux histoires sont ancrées historiquement, dans chacune d’entre elles, deux jeunes gens, issus de milieux sociaux différents, s’amourachent l’un de l’autre, avant d’être contraint de se séparer pour une durée indéterminée. Mais, malgré les nombreux obstacles qui se dressent sur leur passage, ils ne cesseront de s’aimer et se retrouveront coûte que coûte. J’ai adoré Hôtel Castellana et autant vous dire que j’ai tout autant apprécié Le gang des rêves. Il semblerait que j’ai découvert le genre littéraire qui me faisait particulièrement vibrer. Donc, si par le plus grand des hasards, vous aviez des suggestions de lectures dont les thématiques concordent avec ces deux histoires, je suis toute ouïe !

Pour en revenir à cette histoire, Luca Di Fulvio, un auteur italien, s’attaque au rêve américain et à l’idée que l’on s’en fait. J’ai beaucoup aimé découvrir un milieu malfamé de New York, peuplé de gangsters et de mafieux qui font régner la terreur et ne semblent reculer devant rien ni personne. Le contraste entre les quartiers pauvres du Lower East Side où réside Christmas et l’idée que l’on pourrait se faire d’une mégalopole mondiale est saisissante. L’auteur nous dépeint l’essor de l’Amérique, avec l’apparition de la radio, l’augmentation de la fréquentation des théâtres, la montée en puissance du cinéma à Hollywood, les stars et leurs multiples dérives, la lutte des minorités et le racisme ambiant. C’est tout un contexte historique qui est dépeint dans ce roman, qui nous projette sur un autre continent, à une autre époque, à la découverte du New York émergeant.

Nous allons suivre l’évolution de notre protagoniste, Christmas, un jeune garçon dynamique, courageux, sympathique, honnête et pragmatique. Il désire s’en sortir et tentera par tous les moyens de réaliser ses rêves. Car le rêve américain, ou « American way of life » est utilisée pour la première fois dans le livre The Epic of American (1931) écrit par James Truslow Adams, qui le définissait comme l’accès aux libertés fondamentales et à l’ascension sociale par le mérite. Une très belle définition, qui donna espoir à de très nombreux jeunes, comme Christmas, qui poursuivra ses rêves de gloire et de reconnaissance jusqu’à leurs accomplissements.

Le gang des rêves m’a littéralement envoûté. J’ai adoré l’ambiance dans laquelle Luca Di Fulvio place son histoire, j’ai adoré les protagonistes, Christmas, bien évidemment, mais aussi Ruth, Santo, Cetta, Sal… L’auteur s’attarde sur chacun d’eux, dressant d’eux un portrait en profondeur, même des plus secondaires. Ainsi, on s’attache à tous ces personnages, ils nous émeuvent, nous fascinent, nous révulsent… on passe à travers un spectre d’émotions inimaginables, qui nous marquera à tout jamais.


Un roman historique sur la naissance de l’Amérique, peuplé de rêves, d’amours, d’amitiés et d’espoirs, qui m’a totalement conquise. Ne soyez pas effrayé par le volume de ce livre : l’écriture de l’auteur est tellement addictive que les pages défilent à un rythme fou, sans aucun temps mort. Je vous recommande  fortement cette histoire !

Ma note : 10/10

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Jusqu’à ce que la mort nous unisse


Jusqu’à ce que la mort nous unisse de Karine Giebel

604 pages, éditions Pocket


Résumé : L’Ancolie est une fleur aussi belle que toxique. Belle, à l’image de certains souvenirs. Toxique, à l’image de certains regrets. L’Ancolie, c’est aussi le nom d’un chalet perdu en pleine montagne. C’est là que vit Vincent, un homme seul et meurtri. Rejetant son passé et redoutant son avenir, il préfère vivre dans le présent. Une existence éprise de liberté qu’il consacre entièrement à sa passion pour la montagne et à son métier de guide. Jusqu’au jour où la mort frappe tout près de lui, l’obligeant à sortir de sa tanière. Aux yeux de tous, un tragique accident, une chute mortelle. Seul Vincent est persuadé qu’il s’agit d’un meurtre, que ce n’est pas la montagne qui a tué, et que les vrais coupables doivent payer. Alors, aidé par Servane, une jeune recrue de la gendarmerie avec laquelle il a noué une étrange relation, il se lance dans une quête de vérité.
Une quête qui va le conduire sur d’effroyables sentiers, le confronter à ses propres démons.
Une quête qui va déterrer un à un des secrets profondément enfouis au coeur de cette paisible vallée, et qui auraient dû le rester à jamais.
Car si le mensonge blesse, la vérité peut être fatale…


Extraits : « On est tellement impatient de vieillir à cet âge-là. On appuie sur l’accélérateur, en vain. Jusqu’au jour où on se surprend à chercher la pédale de frein… En vain. »

« On endosse l’habit de garde comme celui de moine : par vocation, par passion. »


Mon avis : Il y a quelques années maintenant, j’ai découvert la plume de Karine Giebel à travers Les morsures de l’ombre, que j’avais adoré. Plusieurs années ont passées et j’avais envie de me replonger à la découverte de cette auteure de polars française, hautement plébiscité par tous.

L’Ancolie est un lieu paisible, chalet où vit Vincent, guide en haute montagne. Il y vit seul avec son chien, son fidèle compagnon, depuis le départ de Laure, son amour de toujours. Cette dernière l’a quittée un beau jour pour partir avec un parisien, sans plus jamais lui donner de nouvelles. Depuis, Vincent survit comme il peut, enchaînant les conquêtes sans pour autant s’attacher. Il va faire la rencontre de Servane, une jeune gendarme nouvellement mutée dans la vallée. De fil en aiguille, ils vont nouer une belle relation d’amitié, solide et très complice. Ensemble, ils vont devoir faire face à une tragique nouvelle : Pierre, le meilleur ami de Vincent, est retrouvé mort dans son terrain de jeu favori : la montagne. Pour ce dernier, aucun doute n’est permis : Pierre connaissait la montagne comme sa poche et n’aurait jamais pu trébucher, comme le soupçonnent les gendarmes. Aidé de Servane, ils vont mener l’enquête pour tirer au clair cette affaire.

Je me suis totalement imprégnée de l’ambiance de ce roman, et pour cause : à l’heure où je lisais ce livre, j’habitais en Haute-Maurienne, dans un chalet encerclé par les montagnes. Autant dire que le cadre dans lequel je me trouvais coïncidait totalement avec les descriptions faites par l’auteure d’Allos, Colmars et de tous les magnifiques paysages environnants. J’ai donc pu me représenter davantage les différentes scènes qui se jouaient sous mes yeux.


Allos, Colmars, Thorame-Haute… des villages cités dans le roman,
présents dans les Alpes-de-Haute-Provence, en région PACA.

L’auteure m’a donné très envie de découvrir Allos, Colmars et ses alentours. Les Alpes-de-Haute-Provence sont pourtant situées dans ma région, mais je ne suis jamais allé visiter ces coins-là. Je pense y consacrer plusieurs week-end au printemps ou en été… peut-être que je tomberais sur un guide de montagne aussi passionné que Vincent ? En tout cas, j’ai adoré l’ambiance de ce polar, dépaysant à souhait !

Lac d’Allos en plein été

J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre. Malgré sa taille assez conséquente (plus de 600 pages), je l’ai dévoré en quelques jours à peine. Il faut dire que Karine Giebel sait instaurer une dose de suspense suffisante pour tenir le lecteur en haleine jusqu’au bout. Les rebondissements sont légions et apparaissent lorsqu’on s’y attend le moins.

J’ai également beaucoup aimé la relation entre Vincent et Servane, qui se révélera originale et beaucoup plus surprenante que ce que vous pourriez penser au départ. Ce sont deux personnes qui ont un vécu, qui ont été d’une façon ou d’une autre blessée par la vie, deux âmes en peine, solitaires et recluses, qui vont s’apprivoiser avec bonhomie, respect et pudeur.

De ce polar a découlé un téléfilm réalisé par France 3. Diffusé en novembre 2018, il a même remporté le Grand Prix 2018 du Film francophone de télévision au Festival Polar de Cognac. Pour la petite info supplémentaire : toutes les scènes ont été tournées dans les lieux citées par l’auteure : de quoi nous donner davantage envie de découvrir ces somptueux paysages français !


Un très bon polar, rythmé et surprenant, qui m’a en plus donné envie de découvrir les Alpes-de-Haute-Provence et principalement les villages d’Allos et de Colmars. J’ai déjà hâte de me plonger dans mon prochain Giebel !

Ma note : 9/10

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La conjuration primitive


La conjuration primitive de Maxime Chattam

540 pages, éditions Pocket


Résumé : Et si seul le Mal pouvait combattre le Mal ? Une véritable épidémie de meurtres ravage la France. Plus que des rituels, les scènes de crimes sont un langage. Et les morts semblent se répondre d’un endroit à l’autre. Plusieurs tueurs sont-ils à l’œuvre ? Se connaissent-ils ? Et si c’était un jeu ? Mais très vite, l’hexagone ne leur suffit plus : l’Europe entière devient l’enjeu de leur monstrueuse compétition. Pour essayer de mettre fin à cette escalade dans l’horreur, une brigade de gendarmerie pas tout à fait comme les autres et un célèbre profiler, appelé en renfort pour tenter de comprendre. De Paris à Québec en passant par la Pologne et l’Écosse, Maxime Chattam nous plonge dans cette terrifiante Conjuration primitive, qui explore les pires déviances de la nature humaine.


Extraits : « Alexis l’avait découvert avec un peu d’expérience : les fantômes existent. Ils se nichent dans l’interstice entre veille et sommeil. Cet entre-deux-mondes o le conscient bascule vers l’inconscient, cette fine lisière sans contrôle où l’homme peut encore entrapercevoir des choses quand il ne maîtrise plus sa pensée. Et les fantômes se nourrissent de la solitude des vivants, elle leur rappelle leur propre condition.« 

« La violence est contagieuse, dit-il. D’une manière ou d’une autre. »


Mon avis : Grande première dans ma vie de lectrice : j’ai enfin ouvert un Maxime Chattam (il était temps, me diriez-vous !). Retour en quelques mots sur mon grand saut dans l’univers noirâtre de cet auteur français aux milliers de lecteurs.

Je débute ma découverte de l’auteur par La conjuration primitive, un polar qui traînait dans ma Pile À Lire depuis quelques années maintenant. Les inspecteurs Alexis, Ludivine et Segnon sont mobilisés sur une nouvelle enquête, d’une grande envergure. Ils poursuivent plusieurs tueurs : le premier est surnommé « La Bête » à cause des morsures qu’il inflige à ses victimes, le second, « Le Fantôme », se rend chez ses victimes pour les tuer à leurs domiciles. Ce qui les lie ? Un symbole suspect, « *e », présent sur le corps de leurs victimes. Les crimes se multiplient, de plus en plus nombreux, de plus en plus rapprochés, sans pour autant que les inspecteurs arrivent à trouver un début d’indice au massacre qui se joue sur le territoire français. Ils font alors appelle à Mikelis, un brillant criminologue retraité, pour les aider dans leur quête. Ils vont alors mettre la main sur une espèce de secte du Mal, qui influence les esprits différents et affaiblis pour les pousser à commettre des atrocités.

Apparemment, le Mal est une thématique qui revient constamment dans les livres de Maxime Chattam. Ici, le Mal est au centre de tout : la conjuration primitive, c’est la violence bestiale, c’est ce que l’ont peut trouver de pire dans la nature humaine. La violence est omniprésente entre ces pages, mais certains personnages essaient d’analyser cette violence, de mettre des termes précis sur celle-ci, de dresser des portraits psychologiques des tueurs : j’ai beaucoup aimé cet aspect psychique de l’enquête, qui est différent des enquêtes traditionnelles se centrant uniquement sur les indices matériels.

J’ai vraiment adoré ce polar. Le suspense est présent du début à la fin, avec des pics d’adrénaline durant certaines scènes d’actions, qui m’ont données des sueurs froides. Les retournements de situation sont nombreux, parfois totalement inattendus, surprenants et effrayants.

Pour ceux qui, comme moi, auraient beaucoup aimé ce polar, sachez que vous pouvez retrouver certains de ses personnages dans d’autres romans de l’auteur, notamment dans La patience du diable, où l’inspectrice Ludivine Vancker sera l’une des protagonistes.


Un très bon polar, angoissant et bien rythmé, qui vous plongera au coeur des pires déviances humaines. Ce fût mon premier Maxime Chattam, mais certainement pas le dernier !

Ma note : 7,5/10

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L’herbe bleue


L’herbe bleue 

212 pages, éditions Pocket


Résumé : L’Herbe bleue est le journal intime d’une jeune droguée de quinze ans.
Cet ouvrage ne prétend pas décrire le monde de la drogue chez les jeunes. Il n’apporte aucune solution à ce problème. C’est une chronique personnelle, spécifique, qui, en tant que telle, permettra peut-être de comprendre un peu l’univers de plus en plus compliqué dans lequel nous vivons.
Les noms, les dates, les lieux et certains événements ont été modifiés, selon le désir de toutes les personnes mêlées à ce récit.


Extraits : « Personnellement, je voudrais avoir des affaires neuves, changer de tout complètement, et ne garder que mes livres, bien sûr, puisqu’ils font partie de ma vie. Quand j’ai été renversée par une voiture à dix ans, et que je suis restée si longtemps dans le plâtre, je serais morte sans eux. Aujourd’hui encore, je ne sais pas si certains de mes souvenirs sont réels ou si ce sont des choses que j’ai lues dans des livres…« 

« La vie est chouette, merveilleuse, passionnante et j’ai hâte de voir ce qu’il y a au coin de la rue et aux coins de toutes les autres. »


Mon avis : L’herbe bleue est le journal intime d’une jeune adolescente de quinze ans, qui découvre innocemment, un beau jour, la drogue et ses effets dévastateurs. Sa vie va en être entièrement bouleversée : elle va sombrer dans la dépendance, s’éloigner de sa famille, faire de très mauvaises fréquentations, qui changeront à tout jamais le cours de sa vie.

Ce récit est devenu un témoignage, que les parents aiment glisser entre les mains de leurs jeunes adolescents, pour les prévenir des risques encourus par la prise de drogues quelconque. 

Malheureusement, il aurait été prouvé que la paternité de cette histoire en revient à une romancière nommée Béatrice Sparks et non à une jeune fille de quinze ans, comme je le pensais en débutant ce récit. Cette romancière se serait inspirée de faits réels, notamment d’une histoire narrée par l’une de ses patientes, pour écrire L’herbe bleue. J’avoue être assez déçue d’apprendre que cette histoire que l’on m’avait vendue comme réelle, ne soit en fait qu’une partie de la réalité ; notamment après le dénouement final, qui m’a littéralement coupé le souffle de stupeur, d’horreur et de tristesse. Je trouve assez dommage de duper les lecteurs de cette manière, d’autant que l’auteure n’en est pas à son coup d’essai et à déjà réalisée d’autres ouvrages témoignages sur des thèmes à sensations, comme celui-ci. C’est vrai que les témoignages sordides qui finissent mal, ça fait vendre…

Fort heureusement, je suis quand même rassurée de me dire que l’histoire telle que racontée n’est qu’une infime partie de la réalité et qu’elle n’a pas véritablement eu lieu. Mais il faut garder en mémoire que cela arriver et arrivera encore à de trop nombreux adolescents.


L’herbe bleue, c’est le journal intime d’une jeune fille de quinze ans, qui se livre sur ses affinités avec la drogue. L’histoire est poignante et devrait dissuader les plus jeunes d’approcher de ces substances. Malheureusement, ce livre n’est pas un témoignage, comme la couverture nous le vend, mais il est l’oeuvre d’une romancière. Mentir pour vendre plus, je n’aime pas ça du tout, d’où la note assez faible que je donne à cette lecture. 

Ma note : 5/10

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L’assassin à la pomme verte


L’assassin à la pomme verte de Christophe Carlier

156 pages, éditions Pocket


Résumé : Lumières tamisées, pas feutrés, piano en sourdine. Chaque palace est un monde en soi, qui semble situé hors du temps. Le Paradise n’échappe pas à la règle, jusqu’au jour où l’on trouve un cadavre dans une de ses suites.
Qui a tué ce mari volage et volubile ? Tout le monde s’observe, entre méfiance et attirance. Sous l’oil impitoyable du petit personnel, on assassine comme on tombe amoureux – en passant.


Extraits : « – Ceux qui résistent aux modes sont des conservateurs.
– Ceux qui la suivent, ai-je répliqué, ne sont pas des révolutionnaires.
« 

« Ce qu’on enfouit refait toujours surface, tandis que s’évanouit sans dommage ce qu’on abandonne aux eaux tièdes de l’évidence. »


Mon avis : Paris. Au Paradis Hotel, séjournent trois personnes : Elena, une Italienne, qui travaille dans la mode, actuellement en voyage d’affaire, Craig, un conférencier anglais vivant aux États-Unis et un homme d’affaire italien. Ils évoluent sous les yeux de Sébastien, le réceptionniste. Jusqu’au jour où l’homme d’affaire est retrouvé mort dans sa chambre. Frappé à la tête, égorgé, avant que son assassin ne lui enfonce une cravate dans la gorge. Qui est l’auteur du crime ? Quel était son motif ?

 

C’est un roman à plusieurs voix que nous propose Christophe Carlier. Quelques paragraphes sont dédiées au point de vue de chacun des personnages, qui s’expriment à tour de rôle sur leur vision du meurtre. C’est très intéressant, on peut ainsi avoir la vision de chacun sur les événements, leurs ressentis face à un tel drame.

Mais attention, L’assassin à la pomme verte n’est pas un roman policier classique, puisque nous n’avons pas affaire à une enquête policière en bonne et due forme, uniquement à un meurtre suspect. Peu de temps après cette découverte macabre, nous prenons connaissance de l’identité du tueur et de ses motifs. C’est lui-même qui nous explique ses gestes et le déroulement des faits : vous l’aurez compris, le meurtrier est l’un des protagonistes ! Je n’en dirais pas plus, pour vous laisser le loisir de le découvrir par vous-même en lisant ce livre.

J’ai eu l’impression que Christophe Carlier écrivait une sorte de parodie des polars traditionnels. Son roman est légèrement moqueur, avec des personnages qui vivent des situations décalées, saugrenues, sans qu’ils s’en offusquent outre mesure. À cette pseudo-enquête criminelle vient se greffer une histoire d’amour, inattendue, mais qui tiendra un rôle clé au sein du récit.

L’histoire est sympathique, elle se lit vite, facilement, mais elle va également se retrouver tout aussi rapidement reléguée au fond de ma mémoire. Elle est assez atypique, mais pas aussi extraordinaire pour qu’elle devienne pérenne. D’autant que le roman est très court – il n’excède pas les 160 pages -, ce qui fait qu’en une soirée, on peut à la fois débuter et finir le livre.


Derrière ce titre accrocheur et intriguant se cache un meurtre atypique. Un récit agréable à lire, mais vite oublié.

Ma note : 6/10

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L’histoire d’Helen Keller


L’histoire d’Helen Keller de Lorena A. Hickok

224 pages, éditions Pocket


Résumé : Quel avenir peut avoir une petite fille de six ans, aveugle, sourde et muette? Les parents d’Helen sont désespérés jusqu’au jour où Ann Sullivan arrive chez eux pour tenter d’aider Helen à sortir de sa prison sans mots, ni couleurs ni sons. Les premiers échanges sont houleux, mais la persévérance d’Ann, l’intelligence et le désir d’apprendre d’Helen parviennent à vaincre l’impossible.


Extrait : « Avec ses mains à elle, Helen explorait le monde. Ses mains lui servaient d’yeux et d’oreilles. La petite fille, privée du sens de l’ouïe et de la vue, avait développé d’une façon extraordinaire son sens du toucher, ainsi que ceux de l’odorat et du goût. »


Mon avis : Peut-être avez-vous déjà entendu parler d’Helen Keller, une des jeunes femmes les plus célèbres du XXème siècle. Helen Keller est sourde, aveugle et muette. Des handicaps qui l’isolent et la rendent solitaire, puisque totalement incapable de pouvoir communiquer avec le monde. Mais un beau jour, ses parents font appelle à Ann Sullivan, une ancienne aveugle qui a recouvré progressivement ses yeux. Ann va apprendre à Helen à communiquer avec ses mains, grâce à l’alphabet manuel, puis au braille. Les progrès d’Helen sont fulgurants, phénoménales. À peine âgée d’une dizaine d’années, la petite fille, très intelligente pour son jeune âge, va parfaitement comprendre ce qu’attend d’elle Ann, et va ainsi pouvoir communiquer avec le reste du monde.

Helen Keller

Helen Keller est surtout connue pour avoir été la première personne handicapée à accéder à l’université et à obtenir un diplôme d’études supérieures. Son parcours est remarquable, tout autant que sa persévérance et son courage, à se lancer tête baissée dans un combat que chacun pensait perdu d’avance. J’admire vraiment cette jeune femme, qui m’a impressionnée à maintes reprises. En plus de comprendre le monde qui l’entoure, Helen Keller arrivera à communiquer parfaitement par écrit, dans de longues lettres, qui tournées, au vocabulaire très riches. Lorena A. Hicock a regroupée, à la fin du livre, des extraits de certaines lettres rédigées par Helen. On peut y voir son évolution : des lettres/télégrammes du début, ne persiste plus rien. Helen écrira de longues lettres bien agencées, très riches, avec de nombreux adjectifs, des adverbes et mots de liaisons : sa plume est extraordinaire, on ne peut qu’être admiratif devant un tel travail !

Bien évidemment, il faut souligner le fait que rien de tout cela n’aurait pu arriver sans le formidable travail de celle qu’Helen appelait « sa maîtresse » : Ann Sullivan. Cette femme dédiera sa vie entière à Helen, d’abord en lui apprenant à communiquer, puis à comprendre le monde, avant de parcourir le pays entier avec Helen, pour répandre la bonne parole et aider son prochain. Une profonde amitié naîtra entre les deux femmes, si bien qu’Helen, même vieille, se sentira parfois perdue et seule lorsqu’Ann s’éloignera d’elle. Ann a sortie Helen de son isolement, et cette dernière lui en sera reconnaissante toute sa vie. C’est beau et très touchant à voir.


Helen Keller et Ann Sullivan

Helen Keller et Ann Sullivan vont voyager à travers le monde pour venir en aide aux personnes aveugles. Elles vont réunir des fonds pour améliorer les conditions de vie de ces personnes et aider à la recherche. Elles vont dédier leurs vies entières à aider leurs prochains, et c’est quelque chose de fabuleux, que beaucoup ne feraient pas. Je respecte énormément ces deux femmes, leur courage et leur engagement sans faille et déplore qu’elles ne soient pas plus connues que ça dans notre monde du XXIème siècle.


Une biographie juste, douce, puissante, émouvante, sur Helen Keller, une jeune femme courageuse, sourde, aveugle et muette, qui a réussit à devenir la première personne handicapée à obtenir un diplôme universitaire. Un livre qui apporte de l’espoir et dont on ne ressort pas indemne. 

Ma note : 8,5/10

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