Pourquoi j’ai mangé mon père


Pourquoi j’ai mangé mon père de Roy Lewis

182 pages, éditions Pocket


Résumé : Approchez Homo sapiens! Ce livre vous fera hurler de rire! Faites la connaissance d’une famille préhistorique: Edouard, le père, génial inventeur qui va changer la face du monde en ramenant le feu Vania, l’oncle réac, ennemi du progrès; Ernest, le narrateur, un tantinet benêt; Edwige, Griselda et autres ravissantes donzelles…
Ces êtres délicieux font le monde autour d’un feu en dégustant des os à moelle. Regardez-les découvrir l’amour, s’essayer à la drague, se battre avec l’évolution…
Situations rocambolesques, personnages hilarants d’un monde où l’homme est pourtant déjà homme: batailleur, jaloux, ingrat et aussi rétrograde. Un miroir à consulter souvent. Pour rire et réfléchir.


Extraits : « Il s’était dit : nous craignons les bêtes fauves. Que craignent ces bêtes fauves ? D’autres bêtes plus fortes qu’elles. Et ces bêtes les plus fortes ? Rien, sauf une chose : le feu. Nous le craignons nous-mêmes, comme tous les animaux. De temps en temps nous le voyons glisser en bouillonnant sur le flanc des montagnes, et faire flamber les forêts. Alors toutes les espèces fuient terrifiées. Nous-mêmes arrivons à détaler à une telle vitesse que nous rattraperions presque un lion à la course. Et, devant le danger, lions et pithécanthropes deviennent frères. »

« Confortables ! grommela père. Sottise ! Pour un peu tu vas me dire que nous sommes parfaitement adaptés à notre milieu. C’est ce qu’ils disent tous quand ils sont fatigués d’évoluer. « 


Mon avis : Pourquoi j’ai mangé mon père est un roman initiatique très bien documenté sur la préhistoire, sur l’homme à ses origines et son quotidien mouvementé. Nous suivons une famille réunie en horde, composée d’Edouard, le père, l’inventeur tourné vers l’avenir et l’évolution de l’espèce humaine ; sa femme, Mathilde, et ses nombreux enfants, dont Ernest, notre narrateur. Nous découvrons les avancées de ses premiers hommes, leurs découvertes, leurs méfiances, leurs questionnements divers. Lorsque le père de famille, Edouard, découvre le feu, avec ses caractéristiques spécifiques et ses avantages, ses inconvénients, il milite activement pour faire évoluer les conditions de vie de sa famille, pour ouvrir leurs esprits et simplifier leur quotidien.

Opposé à ces idées progressistes, son frère, l’oncle Vania reste conservateur, persuadé du danger du progrès sur la nature, il reste constamment perché en haut de son arbre, ne descendant périodiquement seulement pour profiter des bienfaits du feu – et donc, profiter du progrès. Une opposition entre progressiste et conservateur incongrue pour cette période, qui sert de clin d’oeil à la lutte qui persiste dans notre époque moderne.

Ne vous y méprenez pas : avec son titre racoleur et décalé, Pourquoi j’ai mangé mon père est un roman  à l’humour subtil et délicat, qui ne vous fera pas éclater de rire, mais ébaucher quelques sourires tout de même. Ce que j’ai apprécié, ce sont les anachronismes omniprésents qui jalonnent le livre : les pithécanthropes sont censés être des hommes de cromagnons, qui découvrent seulement le feu et ses vertus, alors que Roy Lewis les dotent déjà d’un langage soutenu, de prénoms aristocratiques, d’une science historique anticipée sur les conditions d’évolution de leur future progéniture. Là réside le génie de l’auteur, qui utilise ce décalage délibéré à des fins humoristiques.

En 2015, le livre est adapté dans un film d’animation réalisé par Jamel Debbouze. La bande-annonce est intéressante et semble reprendre les grandes lignes du roman, mais il ne faut pas s’y fier, puisqu’apparemment, le film s’éloigne de l’histoire originelle : les personnages, tout comme l’intrigue et les messages du livre ne sont pas respectés. Quel dommage, sachant toute la documentation et le génie créative qu’il a fallu pour écrire Pourquoi j’ai mangé mon père. Je pense quand même le regarder par curiosité pour me faire mon propre avis sur la question.

En bonus, vous pourrez retrouver au début du livre une préface écrite par Vercors, ainsi qu’une postface d’Annie Collognat, qui donnent des éléments clés pour comprendre davantage le récit, ses visées, son contexte, ses belles métaphores et ses puissants messages. De courts textes bien documentés, qui offrent une plus-value supplémentaire très appréciée.


Pourquoi j’ai mangé mon père est un récit comique, original et décalé, mais aussi un très bon roman initiatique sur l’époque préhistorique, brillamment documenté, qui pourra vous apporter un éclairage nouveau sur cette période de l’histoire. J’ai adoré cette lecture !

Ma note : 8,5/10

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Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une


Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une
de Raphaëlle Giordano

253 pages, éditions Pocket


Résumé : Camille, trente-huit ans et quart, a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Alors pourquoi a-t-elle l’impression que le bonheur lui a glissé entre les doigts ? Tout ce qu’elle veut, c’est retrouver le chemin de la joie et de l’épanouissement. Quand Claude, routinologue, lui propose un accompagnement original pour l’y aider, elle n’hésite pas longtemps: elle fonce. À travers des expériences étonnantes, créatives et riches de sens, elle va, pas à pas, transformer sa vie et repartir à la conquête de ses rêves…


Extraits : « Je rêve que chacun puisse prendre la mesure de ses talents et la responsabilité de son bonheur. Car il n’est rien de plus important que de vivre une vie à la hauteur de ses rêves d’enfant… »

« Vous n’imaginez pas le nombre d’analphabètes du bonheur ! Sans parler de l’illettrisme émotionnel ! Un véritable fléau… Ne pensez-vous pas qu’il n’y a rien de pire que cette impression de passer à côté de sa vie faute d’avoir eu le courage de la modeler à l’image de ses désirs, faute d’être resté fidèle à ses valeurs profondes, à l’enfant qu’on était, à ses rêves ?« 


Mon avis : Après avoir lu énormément de critiques positives – et autant de négatives – sur ce livre, j’avais envie de me forger ma propre opinion sur celui-ci. Depuis de nombreuses années, ce titre optimiste et plein de sens me faisait de l’oeil : j’ai donc profité de ces temps de confinement assez gris et triste pour me faire une cure de positive attitude.

C’est un livre de développement personnel qui est formé comme un roman. On y suit Camille, une jeune femme d’une quarantaine d’années, qui a tout pour être heureuse – une famille aimante, un job, un toit, de l’argent, la santé -, mais qui n’arrive pas à vraiment l’être. Au hasard de la vie, elle rencontre Claude, un routinologue qui la prend sous son aile. Ensemble, ils vont commencer une thérapie pour vaincre la routine et retrouver le chemin du bonheur.

Pour être tout à fait honnête, j’ai beaucoup aimé cette lecture, et pourtant, je ne suis pas une grande adepte des livres de développement personnel. J’ai écouté avec attention les conseils administrés par Claude, que j’ai trouvé pleins de sens et accessibles. Je pense notamment en mettre quelques-uns en application très prochainement, notamment en ce qui concerne la diminution des violences verbales lors des disputes : il faut mettre en place un petit signe distinctif a faire lors d’une dispute, pour permettre à l’autre de comprendre lorsque celle-ci risque de dégénérer. Ainsi, la violence verbale est amoindrie et le vase des reproches ne déborde pas. Ingénieux et simple à mettre en oeuvre. Raphaëlle Giordano partage pleins d’autres petits exercices et trucs et astuces à mettre en pratique dans différentes situations de notre quotidien, pour retrouver la paix intérieur et le bonheur. L’approche psychologique est intéressante et se fait non pas moralisatrice mais bienveillante. 

L’ensemble des conseils donnés sont regroupés à la fin du livre, sous forme de lexique positif, pour retrouver plus rapidement les astuces en cas de routinite aigüe. Je pense m’y replonger fréquemment, lorsque j’aurais un coup de blues qui mériterait d’être corrigé ! Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une est une bonne première approche du développement personnel : accessible, rapide à lire, positif, rempli d’amour, de tendresse, de bienveillance, d’entraide, avec quelques pointes d’humour. J’ai été plus que réceptive à ce partage de positivité ! 


Un livre de développement personnel présenté sous forme de roman, qui dispense des conseils et exercices simples à mettre en oeuvre pour sortir de la routine et retrouver le chemin du bonheur. J’ai passé un bon moment de lecture, rempli d’ondes positives.

Ma note : 7,5/10

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Sans laisser d’adresse


Sans laisser d’adresse de Harlan Coben

403 pages, éditions Pocket


Résumé : Un appel désespéré de Terese, une ancienne maîtresse, et Myron Bolitar se retrouve à déambuler dans les rues de Paris pour tenter de comprendre l’inenvisageable: la disparition de Terese des années plus tôt, le drame de la perte de son enfant et aujourd’hui le meurtre de son mari dont elle est accusée. Myron se retrouve alors mêlé à une sombre histoire mettant à nu des secrets de famille longtemps cachés….Entre Paris, Londres et les États-Unis, il traque la vérité, aidé par ses amis de toujours, Esperanza et Win. Il n’hésitera pas à payer le prix fort et mettre sa vie en danger pour secourir Terese, et lui permettre de retrouver sa fille.


Extraits : « La tension qui régnait dans la salle me donnait envie de rire ; ce n’étaient pas tant les mômes que les parents dans les gradins. Sans vouloir généraliser, les mères se divisaient en deux catégories : les pipelettes, qui venaient là pour voir du monde, et les flippées, qui vivaient et mouraient chaque fois que leur rejeton touchait le ballon.
Mais le vrai problème, c’étaient les pères. Certains parvenaient à maîtriser leur anxiété en marmonnant dans leur barbe, en accompagnant les mouvements de leur gamin par une discrète gestuelle et en se rongeant les ongles. D’autres criaient, apostrophaient sans relâche joueurs, arbitres et entraîneurs.
L’un de ces pères, assis deux rangées plus bas, était atteint de ce que Win et moi appelions la « Tourette du spectateur » : il a passé le match à insulter tout le monde à haute voix. »

« C’est un gros con. Des cons, on en trouve partout. C’est la vie. Jack le comprend ou le comprendra avec les années. Grandir, c’est aussi apprendre à affronter les cons, tu ne crois pas ?« 


Mon avis : C’est avec bonheur que je retrouve le célèbre Myron Bolitar, héros récurrent des romans d’Harlan Coben. Cette fois-ci, après l’appel mystérieux de Thérèse, une ancienne maîtresse perdue de vue depuis dix ans, Myron décide de tout plaquer et de la rejoindre à Paris. Là-bas, il est embrigadé dans une histoire qui dépasse l’entendement : l’ex-mari de Thérèse est retrouvé assassiné et des empreintes ADN appartenant à leur fille, Miriam, pourtant décédée dans un accident de voiture des années plus tôt, sont retrouvés sur la scène de crime.

Une nouvelle affaire à mener pour Myron, toujours escorté de son fidèle meilleur ami, enquêteur et bagarreur de choc, Win. Ensemble, ils vont tenter de percer à jour ce nouveau mystère. Ils recevront bien évidemment l’aide de la police français, en particulier du commandant Berléand, ainsi que de l’agent Jones, qui tantôt les aideront dans leurs tâches, ou essaieront de leur mettre des bâtons dans les roues.

Plus que la simple résolution d’une énigme, Myron va mettre à jour un trafic international, qui aurait eu un impact gravissime sur le monde entier s’il celui-ci n’était pas stoppé à temps. Encore une fois, l’agent va faire preuve de sang-froid, de discernement et d’ingéniosité pour débusquer les coupables.

Comme chacun des polars de Harlan Coben, celui-ci ne fait pas exception à la règle : il se lit avec fluidité, les pages défilant à une allure folle entre mes doigts. Il faut dire que l’auteur excelle dans le maniement du suspense et du cliffhanger, ce qui nous pousse à toucher continuer notre lecture, jusqu’à arriver au dénouement final. Sans laisser d’adresse n’est pas son histoire la plus réussie : j’ai bien aimé la première moitié du récit, avec l’intrigue qui se met doucement en place, les questions qui se bousculent et le suspense qui s’accroît. Malheureusement, j’ai trouvé la seconde moitié et principalement le dénouement assez décevant. Déjà, il était trop prévisible, ensuite un peu trop tiré par les cheveux pour que l’on y croit sincèrement et enfin, trop brouillon et pas assez organisé. La fin part clairement dans tous les sens et j’ai eu la vague impression que l’auteur lui-même n’arrivait pas à maîtriser tous ces éléments, leurs tenants et aboutissants.

Bien évidemment, cet avis en demi-teinte ne m’empêchera pas de replonger prochainement dans un Coben. Même s’ils ne sont pas extraordinaires, on sait pertinemment que l’on passera un agréable moment et que l’on prendra plaisir à retrouver notre incontournable héros.


Un polar rythmé et haletant, où nous retrouvons avec plaisir le célèbre Myron Bolitar, héros intrépide des récits d’Harlan Coben. Un roman un peu brouillon qui s’oubliera vite, mais qui remplit avec efficacité sa mission : distraire !

Ma note : 6,5/10

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L’analphabète qui savait compter


L’analphabète qui savait compter de Jonas Jonasson

475 pages, éditions Pocket


Résumé :Tout semblait vouer Nombeko Mayeki, petite fille noire née dans le plus grand ghetto d’Afrique du Sud, à mener une existence de dur labeur et à mourir jeune dans l’indifférence générale. Tout sauf le destin. Et sa prodigieuse faculté à manier les nombres. Ainsi, Nombeko, l’analphabète qui sait compter, se retrouve propulsée loin de son pays et de la misère, dans les hautes sphères de la politique internationale.
Lors de son incroyable périple à travers le monde, notre héroïne rencontre des personnages hauts en couleur, parmi lesquels deux frères physiquement identiques et pourtant très différents, une jeune fille en colère et un potier paranoïaque. Elle se met à dos les services secrets les plus redoutés au monde et se retrouve enfermée dans un camion de pommes de terre. À ce moment-là, l’humanité entière est menacée de destruction.
Dans sa nouvelle comédie explosive, Jonas Jonasson s’attaque, avec l’humour déjanté qu’on lui connaît, aux préjugés et démolit pour de bon le mythe selon lequel les rois ne tordent pas le cou aux poules.


Extraits : « Statistiquement, la probabilité qu’une analphabète née dans les années 1960 à Soweto grandisse et se retrouve un jour enfermée dans un camion de pommes de terre en compagnie du roi de Suède et de son Premier ministre est d’une sur quarante-cinq milliards six cent soixante-six millions deux cent douze mille huit cent dix.
Selon les calculs de ladite analphabète. »

« La directrice avait-elle été roulée dans la farine ? S’il y avait bien deux choses qu’elle détestait, c’était son ex-concubin et être roulée dans la farine. Évidemment, être roulée dans la farine par son ex-concubin avait été le pompon, mais cette tromperie-ci était quand même dure à avaler.« 


Mon avis : Il y a plusieurs années maintenant, je m’étais laissé tenter par ma curiosité et j’avais lu Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Jonas Jonasson. Il faut dire que cet auteur sait comment attiser la curiosité de ses lecteurs : en usant et abusant de titres accrocheurs, excentriques et décalés. De nouveau, je me suis fait avoir et j’ai débuté L’analphabète qui savait compter.

L’analphabète s’appelle Nombeko. C’est une jeune fille noire d’origine sud-africaine, qui travaille dans une entreprise qui s’occupe de vider les latrines. Plus vive et maligne que ses collègues, elle se fait repérer par son patron grâce à sa vive intelligence et à sa capacité toute singulière de manier les chiffres.

La vie de Nombeko n’est pas un long fleuve tranquille. Alors qu’elle quitte sa vie de videuse de latrines, elle se fait renverser par un automobiliste ivre, qui s’avère être un ingénieur renommé dans sa spécialité. Il gagne le procès qui l’oppose à Nombeko et obtient qu’elle le serve durant sept années… sept années de prison et de soumission, qui se transformeront en presque quinze ans. Durant ces longues années, Nombeko, employée à l’origine comme femme de ménage, va habilement s’introduire dans les affaires de l’ingénieur et l’aider dans son travail quotidien d’une importance capitale : la construction de bombes nucléaires. Rien que ça.

Dans ses aventures bucoliques, exubérantes et atypiques, Nombeka fera la rencontre de personnages tout aussi étonnants qu’elle : les trois soeurs chinoises, spécialistes de la fabrication de fausses oeuvres d’art ; les frères jumeaux Holger & Holger, semblables en apparence, mais diamétralement opposés par la pensée. Célestine, la petite amie enragée et révoltée contre le système en place ; sa grand-mère, productrice de pommes de terre… et bien d’autres encore. Des rencontres qui marqueront sa vie et l’impacteront de manière plus ou moins positives.

Dans L’analphabète qui savait compter, je retrouve les mêmes ingrédients que j’avais déjà rencontré avec Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, à savoir un personnage principal décalé, charismatique, singulier. Un récit excentrique, mouvementé, peuplé d’aventures, que nos héros traverseront avec beaucoup d’humour. En revanche, comme dans le livre précédemment mentionné, Jonas Jonasson glisse bon nombre de références politiques, qu’il convient de connaître préalablement si l’on veut comprendre toute la portée de son récit. En ce qui me concerne, je connaissais certaines anecdotes citées, l’histoire de certains grands noms de la scène politique internationale, mais je n’avais pas l’ensemble des références. D’où ma frustration et mon sentiment d’être un peu lésée et laissée pour compte durant certains passages.

En effet, l’auteur traite de thématiques politiques, faisant une sortie de satire sur le monde diplomatique Suédois, sur l’histoire raciale de l’Afrique du Sud, ainsi que sur la politique de défense et de sécurité des deux pays. Ceci auraient pu être intéressants à découvrir, si ce n’est qu’ils ne sont abordés que partiellement. On ne comprend pas vraiment où l’auteur veut en venir, car à la base, L’analphabète qui savait compter n’est-il pas un roman comique ? D’ailleurs, en parlant de comique, je m’attendais effectivement à rire un peu plus avec les situations étonnantes et les personnages hauts en couleur. Ils m’ont plût, certes, mais je les ai trouvé plus ridicules que drôles. 


Un roman étonnant, déroutant, loufoque, qui détend et fait du bien. Malgré quelques longueurs et une histoire d’ensemble assez confuse, j’ai passé un bon moment de lecture.

Ma note : 4,5/10

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La chambre écarlate


La chambre écarlate de Nicci French

568 pages, éditions Pocket, à 7,41€


Résumé : Psychiatre à Londres, Kit est appelée à participer à l’enquête de police sur l’assassinat d’une jeune fugueuse sur les bords du canal. Tous les soupçons se portent sur un certain Michael Doll et la police n’attend d’elle qu’une confirmation scientifique de sa culpabilité. Au moment de dresser son profil psychologique, Kit hésite. Dol est-il vraiment le coupable ? Seule contre tous, en butte à l’hostilité des policiers, Kit refuse de se fier aux apparences. Pour élucider cette affaire, elle devra aller plus loin, dépasser ses préjugés, au risque de réveiller ses propres démons.

Un thriller psychologique porté par une remarquable tension dramatique.


Extraits : « Méfiez-vous des beaux jours. Le mal frappe aussi par les plus beaux jours. Peut-être est-ce le bien-être qui nous rend imprudents. »

« Alors je lui ai dit : « Oui, oui, je crois en Dieu », mais Dieu, ça peut aussi bien être le vent dans les arbres ou les éclairs dans le ciel.« 


Mon avis : Nicci French est le pseudonyme d’un couple de journalistes anglais, prénommés Nicci Gerrard et Sean French, qui ont écrit à quatre mains de nombreux polars.

Dans La chambre écarlate, Lianne, une très jeune SDF, est retrouvée morte au bord d’un canal, poignardée à de nombreuses reprises. Les policiers soupçonnent Mickey Doll, un témoin farfelu et excentrique, qui souffre certainement d’une maladie mentale. Mais la docteure en psychologie Kit Quinn rejette cette idée : sans preuve tangible, ils ne peuvent pas accuser un innocent. Alors qu’elle aide la police dans son enquête, elle va faire le rapprochement avec un second meurtre : celui de Philippa Burton, une maman, tuée en pleine journée alors qu’elle sortait s’amuser avec sa fille dans un parc. Elle va devoir être perspicace pour résoudre cette affaire.

C’est un bon thriller psychologique, dans le sens où il permet de nous détendre et de passer un agréable moment de lecture. Hormis son aspect divertissant, je n’ai pas trouvé d’intérêt particulier à ce polar. Il n’est pas original, ne se démarque pas des milliers d’autres polars produits par d’autres auteurs, les personnages ne sont pas spécialement charismatiques, ni attachants, de sorte qu’on les oublie facilement une fois la dernière page tournée.

Aussi, le livre fait près de 600 pages (dans sa version poche), je m’attendais à beaucoup de rebondissements, à un suspense intenable, qui m’aurait tenue en haleine jusqu’à la toute fin du livre. Mais finalement, en finissant ma lecture, je me suis mise à penser : tout ça pour çà ?! J’ai eu l’impression de tourner beaucoup de pages pour très peu de choses.

Quant au dénouement, à l’image du polar, je l’ai trouvé décevant, trop facile. Il n’est pas assez travaillé, il est bâclé, écrit à la va-vite. Il ne tient absolument pas la route, ne répond pas à toutes les questions que le lecteur a pu se poser durant sa lecture. Bref, en clair, j’ai lu le livre en entier, j’ai passé un moment divertissant, mais je n’en garderai aucun souvenir. 


Un polar trop commun, qui tire en longueur et manque terriblement de souffle.

Ma note : 3/10

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