L’histoire d’Helen Keller


L’histoire d’Helen Keller de Lorena A. Hickok

224 pages, éditions Pocket


Résumé : Quel avenir peut avoir une petite fille de six ans, aveugle, sourde et muette? Les parents d’Helen sont désespérés jusqu’au jour où Ann Sullivan arrive chez eux pour tenter d’aider Helen à sortir de sa prison sans mots, ni couleurs ni sons. Les premiers échanges sont houleux, mais la persévérance d’Ann, l’intelligence et le désir d’apprendre d’Helen parviennent à vaincre l’impossible.


Extrait : « Avec ses mains à elle, Helen explorait le monde. Ses mains lui servaient d’yeux et d’oreilles. La petite fille, privée du sens de l’ouïe et de la vue, avait développé d’une façon extraordinaire son sens du toucher, ainsi que ceux de l’odorat et du goût. »


Mon avis : Peut-être avez-vous déjà entendu parler d’Helen Keller, une des jeunes femmes les plus célèbres du XXème siècle. Helen Keller est sourde, aveugle et muette. Des handicaps qui l’isolent et la rendent solitaire, puisque totalement incapable de pouvoir communiquer avec le monde. Mais un beau jour, ses parents font appelle à Ann Sullivan, une ancienne aveugle qui a recouvré progressivement ses yeux. Ann va apprendre à Helen à communiquer avec ses mains, grâce à l’alphabet manuel, puis au braille. Les progrès d’Helen sont fulgurants, phénoménales. À peine âgée d’une dizaine d’années, la petite fille, très intelligente pour son jeune âge, va parfaitement comprendre ce qu’attend d’elle Ann, et va ainsi pouvoir communiquer avec le reste du monde.

Helen Keller

Helen Keller est surtout connue pour avoir été la première personne handicapée à accéder à l’université et à obtenir un diplôme d’études supérieures. Son parcours est remarquable, tout autant que sa persévérance et son courage, à se lancer tête baissée dans un combat que chacun pensait perdu d’avance. J’admire vraiment cette jeune femme, qui m’a impressionnée à maintes reprises. En plus de comprendre le monde qui l’entoure, Helen Keller arrivera à communiquer parfaitement par écrit, dans de longues lettres, qui tournées, au vocabulaire très riches. Lorena A. Hicock a regroupée, à la fin du livre, des extraits de certaines lettres rédigées par Helen. On peut y voir son évolution : des lettres/télégrammes du début, ne persiste plus rien. Helen écrira de longues lettres bien agencées, très riches, avec de nombreux adjectifs, des adverbes et mots de liaisons : sa plume est extraordinaire, on ne peut qu’être admiratif devant un tel travail !

Bien évidemment, il faut souligner le fait que rien de tout cela n’aurait pu arriver sans le formidable travail de celle qu’Helen appelait « sa maîtresse » : Ann Sullivan. Cette femme dédiera sa vie entière à Helen, d’abord en lui apprenant à communiquer, puis à comprendre le monde, avant de parcourir le pays entier avec Helen, pour répandre la bonne parole et aider son prochain. Une profonde amitié naîtra entre les deux femmes, si bien qu’Helen, même vieille, se sentira parfois perdue et seule lorsqu’Ann s’éloignera d’elle. Ann a sortie Helen de son isolement, et cette dernière lui en sera reconnaissante toute sa vie. C’est beau et très touchant à voir.


Helen Keller et Ann Sullivan

Helen Keller et Ann Sullivan vont voyager à travers le monde pour venir en aide aux personnes aveugles. Elles vont réunir des fonds pour améliorer les conditions de vie de ces personnes et aider à la recherche. Elles vont dédier leurs vies entières à aider leurs prochains, et c’est quelque chose de fabuleux, que beaucoup ne feraient pas. Je respecte énormément ces deux femmes, leur courage et leur engagement sans faille et déplore qu’elles ne soient pas plus connues que ça dans notre monde du XXIème siècle.


Une biographie juste, douce, puissante, émouvante, sur Helen Keller, une jeune femme courageuse, sourde, aveugle et muette, qui a réussit à devenir la première personne handicapée à obtenir un diplôme universitaire. Un livre qui apporte de l’espoir et dont on ne ressort pas indemne. 

Ma note : 8,5/10

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Les cinq personnes que j’ai rencontrées là-haut


Les cinq personnes que j’ai rencontrées là-haut de Mitch Albom

223 pages, éditions Pocket


Résumé : Cinq personnes que vous avez croisées de votre vivant vous attendent là-haut. Leur sort est intimement lié au vôtre, et pourtant vous ne les connaissez pas forcément. Ces cinq rencontres, belles ou terribles, vous révéleront les fils invisibles qui nous relient tous les uns aux autres.

Ignorant tout cela, le vieil Eddie, chargé de l’entretien des manèges d’une fête foraine, fait ses premiers pas là-haut. Au fil des rencontres qui lui sont destinées, il découvrira les clefs de la vérité pour plonger enfin dans une bienfaisante éternité.


Extraits : « Aucune histoire ne se déroule en vase clos. Parfois les histoires se croisent, parfois aussi elles se chevauchent, à la manière des galets tapissant le lit d’une rivière. »

« Il suffirait pourtant que vous acceptiez qu’à leur manière les fins sont des commencements aussi, mais que l’on en a rarement conscience sur le coup, c’est tout. »


Mon avis : Imaginez : votre heure est venue, vous venez de décéder. Mais avant d’atteindre les portes du Paradis, vous allez rencontrer cinq personnes, qui ont plus ou moins comptées dans votre vie, qui vont se faire les messagers de vérités que vous avez toujours ignoré. Eddie, un vieil homme chargé de l’entretien des manèges d’une fête foraine, meurt après avoir sauvé une jeune fille d’une chute de nacelle. Au Ciel, il va rencontrer cinq personnes qui vont lui apporter un éclairage nouveau sur sa vie.

Nous allons donc en apprendre plus sur l’existence d’Eddie grâce à ces cinq personnes, qui ont jouées un rôle plus ou moins éloigné dans sa vie. Eddie a fait la guerre, avant de rejoindre, presque contraint de force, la fête foraine où travaillait naguère son père. Il va y passer sa vie entière, évoluant dans le décor des manèges, mais malheureux au fond de lui de cette vie si triste et banale.

En parallèle de ces témoignages, Mitch Albom intercalle des chapitres en italiques entièrement consacrées aux anniversaires d’Eddie. Ainsi, nous avons une évolution temporelle et chronologique, qui passe d’un Eddie gamin, heureux de fêter son anniversaire, entouré de l’ensemble de ses proches, à un Eddie vieillard, boiteux, seul et malheureux le jour de sa naissance.

En lisant ce roman, je me suis prise moi-même à réfléchir sur ma propre existence : à vingt-deux ans à peine, qu’ai-je déjà vécu ? Qu’est-ce qui a compté dans ma vie, qu’est-ce que j’ai loupé, qu’est-ce que j’aurais pu changer, quelles actions j’aurais pu mettre en place pour avoir une vie différente ? Mais surtout, suis-je heureuse dans la vie que j’ai choisi ? C’est assez étrange la sensation que j’ai ressenti en fermant ce livre : à la fois de la sérénité, mais aussi de la peur. L’auteur nous montre que les choix, tout comme le destin et la fatalité, peuvent influencer le cours d’une existence : notre protagoniste a croisé des personnes qui ont changé sa vie à tout jamais, il a fait des choses qui ont bouleversé la vie d’autres personnes, parfois à leurs propres insu…

Mitch Albom nous offre une sorte de conte initiatique moderne, voire de roman pseudo-philosophique sur le sens de la vie et les coïncidences qui peuplent celles-ci. On peut retrouver également une dimension religieuse avec la référence au purgatoire, lieu où les âmes se purifient de leurs pêchés avant d’atteindre le Paradis. Eddie se retrouve devant les portes du Paradis, et doit faire face à ses choix et à sa vie, avant de pouvoir connaître le repos éternel. Sorte de purgatoire, il se poste en moralisateur et nous enjoint de réfléchir à notre propres vies et aux choix que nous faisons quotidiennement.


Une histoire douce et poétique sur les coïncidences de la vie. Une lecture simple mais agréable à découvrir, qui apporte quiétude et permet l’introspection sur soi.

Ma note : 7,5/10

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Je vais bien, ne t’en fais pas


Je vais bien, ne t’en fais pas de Olivier Adam

155 pages, éditions Pocket


Résumé : Une autre lettre de Loïc. Elles sont rares. Quelques phrases griffonnées sur un papier. Il va bien. Il n’a pas pardonné. Il ne rentrera pas. Il l’aime. Rien d’autre. Rien sur son départ précipité. Deux ans déjà qu’il est parti. Peu après que Claire ait obtenu son bac. De retour de vacances, il n’était plus là. Son frère avait disparu, sans raison. Sans un mot d’explication. Claire croit du bout des lèvres à une dispute entre Loïc et son père. Demain, elle quittera son poste de caissière au supermarché et se rendra à Portbail. C’est de là-bas que la lettre a été postée. Claire dispose d’une semaine de congés pour retrouver Loïc. Lui parler. Comprendre.


Extraits : « Il fallait partie, s’enfuir, quitter la France, qui sentait le renfermé, où on était à l’étroit, ou alors au contraire s’y enfoncer pour de bon, sillonner, aller vers l’océan, trouver des racines là où on déciderait de les planter, s’inventer une vie, aller partout ou aller nulle part, puisque venant d’ici, de la banlieue parisienne, on ne venait de nulle part, on venait d’un no man’s land et que tout restait à bâtir. »

« C’est quand même pas notre faute si les bougnoules en banlieue sont trop cons à faire les marioles pendant les cours. Après ils ont l’air de quoi. Les garçons deviennent dealers, les filles caissières au supermarché et basta, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. »


Mon avis : Je me faisais une joie de découvrir cette histoire, dont j’entends parler depuis si longtemps. Je vais bien, ne t’en fais pas est un récit souvent plébiscité par la critique, qui a même eu le privilège d’être adapté au cinéma.

On pénètre dans la vie de Claire, une jeune femme, caissière à Paris, dont l’existence a pris un tour morose et triste suite à la disparition brutale de son frère Loïc. Loïc est parti après s’être disputé avec son père, Paul. Personne ne sait où il est allé. Seules quelques cartes postales, envoyées depuis des villages de campagnes, permettent de maintenir l’espoir en Claire : Loïc va bien, il est vivant, peut-être qu’il reviendra un jour.

J’avoue que je n’ai pas compris l’engouement qu’il y a autour de cette histoire. L’écriture est saccadée, c’est une suite de phrases et de chapitres qui ne s’emboîtent pas parfaitement, qui semblent être posées là, les unes à la suite des autres, sans suite logique.

L’histoire dans son ensemble est creuse, vide, froide, les mots défilaient devant mes yeux sans qu’aucun ne vienne me toucher. Je suis restée étrangère à l’histoire, insensible aux personnages et aux drames qui se jouent dans leur vie. Rien n’est détaillé, l’auteur s’en tenant au strict minimum, ce qui nous tient d’autant plus à l’écart du récit. On attend avec fébrilité plus d’explications sur les événements qui se produisent sous nos yeux, sur la mystérieuse absence de ce frère, sur la tournure qu’à pris la vie de Claire… mais rien ne vient. Pas d’éclaircissement, mais toujours plus de flou et de questionnements.  Heureusement que le livre est court et que les chapitres sont brefs : cela m’a évité de trop longueurs heures de lecture vaine et d’ennui.

Apparemment, ce livre d’Olivier Adam n’est pas le meilleur qu’il ait écrit. Je ne me laisse donc pas décourager par cette déception, et je lirai très probablement Peine perdue ou À l’ouest, qui attendent tous les deux sagement dans ma Pile À Lire. De même, après avoir lu quelques avis d’autres blogueurs, certains mentionnent l’adaptation cinématographique, qui est bien plus agréable à découvrir : donc pourquoi pas découvrir le film, pour me réconcilier avec le livre ?


Une histoire creuse, vide de sens, qui ne m’a pas touchée. Ennui et déception sont les deux seuls mots qui me viennent pour décrire ce livre.

Ma note : 2/10

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Avant d’aller dormir


Avant d’aller dormir de S. J. Watson

469 pages, éditions Pocket


Résumé : Chaque matin, c’est le même effroi. La même surprise.
En se découvrant dans la glace, Christine a vieilli de vingt ans. Elle ne connaît ni cette maison, ni l’homme qui partage son lit.
Et chaque matin, Ben lui raconte. L’accident. L’amnésie…
Ensuite, Christine lit son journal, son seul secret. Et découvre les incohérences, les questions, tout ce qu’on lui cache chaque matin, posément. Peut-être pour son bien… Peut-être pas.


Extraits : « L’âge nous rattrape tous, me suis-je dit tandis qu’il levait les yeux. De manière différente. »

« Nous changeons toujours les faits, nous réécrivons toujours l’histoire pour nous rendre la vie facile, pour la faire coïncider avec la version des événements que nous préférons. Nous le faisons automatiquement. Nous inventons des souvenirs. Sans y penser. Si nous nous répétons suffisamment souvent que quelque chose a eu lieu, nous finissons par le croire, et ensuite nous pouvons nous en souvenir. »


Mon avis : Vous avez certainement déjà entendu parler de ce livre. Avant d’aller dormir a reçu le Prix SNCF du Polar en 2012, avant d’être adapté au cinéma en 2014, sous le même titre. Au vu de l’engouement assez impressionnant qu’il y a eu autour de cette histoire à sa sortie, mais encore maintenant, j’étais très impatiente de découvrir à mon tour ce récit !

Christine est amnésique. Chaque jour, elle se réveille aux côtés d’un homme, censé être son mari, mais dont elle ne se rappelle pas. Et chaque jour, Ben s’évertue à lui rappeler certains souvenirs importants. Mais depuis quelques mois, Christine voit un médecin, le Dr Nack, en cachette de son mari. Celui-ci essaie d’aider la jeune femme à se rappeler de son passé, par une méthode assez simpliste : un journal intime. Christine, écrivaine dans sa vie passée, va donc coucher sur papier tout ce qu’il se passe dans son quotidien et tous les souvenirs qu’elle arrive à se rappeler. Très vite, elle va se rendre compte d’éléments de sa vie anormales et incohérentes. À son détriment, elle va se rendre compte que remuer le passé peut s’avérer dangereux.

On est immédiatement plongé au coeur de l’histoire. Le lecteur, au même titre que Christine, découvre peu à peu la vie présente, puis la vie passée de cette dernière. Comme elle, on s’interroge, on imagine des scénarios, on essaie de déceler le vrai du faux. S. J. Watson joue avec nos nerfs et nos émotions, en nous balançant constamment d’un côté puis de l’autre : qu’est-ce qui est bien, qu’est-ce qui est mal ? Qui dit la vérité et qui ment ? Que croire ?

Le récit est haletant : j’ai tourné les pages à une vitesse folle, tellement j’étais prise par l’histoire de Christine. J’avais envie à chaque fois d’en apprendre davantage, et chaque nouvelles interrogations me poussaient à poursuivre ma lecture. Résultat des courses : un roman dévoré en à peine quelques heures !


Un polar haletant, qui vous tiendra en éveil jusqu’au bout de la nuit.

Ma note : 7,5/10

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La petite amie


La petite amie de Michelle Frances

517 pages, éditions Pocket


Résumé : ELLE AIME VOTRE FILS…

Laura a tout pour elle : un beau mariage, une situation enviable et un fils, Daniel, qu’elle adore.
Quand ce dernier, étudiant en médecine de vingt-trois ans, rencontre Cherry, superbe jeune femme issue d’un milieu modeste, Laura l’accueille à bras ouverts.

… ELLE VEUT VOTRE MORT !

Mais elle va bientôt découvrir sa future belle-fille sous un tout autre jour… bien plus sombre. Et si Cherry n’en voulait qu’à l’argent de son fils ?
Les deux femmes vont dès lors se livrer une guerre sans merci. Un jeu qui pourrait se révéler fatal…


Extrait : « Les mensonges avaient la fâcheuse habitude de vous mettre dans l’embarras. »

« Elle avait une intime conviction : les occasions cimentaient le couple et plantaient de nouveaux jalons. Plus on faisait de choses à deux, plus on se forgeait des souvenirs, et plus on se forgeait des souvenirs, plus on avait l’impression d’être ensemble depuis longtemps. Et alors la relation passait au stade supérieur. »


Mon avisDaniel fait la rencontre de Cherry, qui jeune femme qui travaille dans une agence immobilière. Laura, la mère de Daniel, est d’abord très enthousiaste par l’arrivée de cette jeune femme dans la vie de son fils, et se fait une joie de la rencontrer. Mais elle va vite déchanter quand elle va s’apercevoir que cette dernière en a après l’argent de son fils. Vexée de ces accusations qu’elle juge comme mensonger, Cherry va tout faire pour éloigner Laura de Daniel et prouver que la relation qu’elle entretient avec son petit ami est dénué de tout intérêt financier.

Dans l’imaginaire populaire, la relation belle-mère/belle-fille n’est jamais aisée. Les mères se sentent souvent dépossédées de leur fonction maternelle, et on peur de perdre l’amour de leurs fils. Naissent alors des tensions et de la jalousie avec leurs belles-filles, qui deviennent leurs principales rivales. C’est exactement ce qui transparaît dans La petite amie : une mère possessive, qui souhaite à tout prix protéger son fils, qui n’hésite pas à s’immiscer dans sa vie privée, au détriment de son intimité. Et d’un autre côté, nous avons Cherry, la petite amie bafouée, qui ne supporte plus ces intrusions incessantes et souhaite garder son chéri pour elle seule. 

Leur but est pourtant le même : rendre heureux Daniel, mais elles n’arrivent pas à s’entendre, à communiquer et à trouver de solutions probantes pour aller de l’avant. Va alors naître progressivement une haine réciproque, qui va aller grandissante entre les deux femmes, qui vont se faire les pires crasses qui puissent exister. Sans aucune pitié, sans penser aux conséquences, elles vont dire et faire des choses qui dépassent l’entendement.

J’avoue avoir particulièrement détesté le personnage de Cherry. Tout, dans son attitude envers Laura, en vers Daniel, envers Wendy, sa propre mère, dans ses paroles, dans sa manière d’être, m’ont fait horreur. C’est une femme condescendante, manipulatrice, égoïste, qui m’a agacée dès les premières pages, et ce, jusqu’à la fin du livre. Mais elle n’est pas la seule à m’être antipathique, puisqu’Howard, le père de Daniel, mari de Laura, est un personnage qui m’a également énervé. C’est un homme marié, mais qui trompe sa femme depuis des années avec sa partenaire de golf, sans jamais avoir eu le courage de mettre un terme définitif à son mariage pour suivre la voie de son coeur. Sa lâcheté, doublée de son manque d’intérêt pour la vie de Daniel ou pour celle de Laura, en fait un personnage haïssable et odieux.

Le récit en lui-même est intéressant, l’écriture est fluide et l’intrigue bien menée, mais j’ai trouvé qu’il manquait quand même un peu de rythme dans l’histoire. Ce roman fait plus de 500 pages, et en définitive, il ne se passe quasiment rien, les actions sont infimes, distillées avec parcimonie, si bien qu’on ressent presque un sentiment de vide en fermant le livre. D’autant plus que le dénouement, que j’aurais pensé peut-être surprenant, ne l’est pas spécialement. On le devine facilement, et on quitte l’histoire avec un goût d’inachevé dans la bouche.


Michelle Frances nous dépeint une relation belle-mère/belle-fille qui dépasse les limites de la bienséance. Une histoire agréable à découvrir, mais pas inoubliable. Si j’avais un conseil à vous donner : méfiez-vous de votre belle-fille !

Ma note : 6/10

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Dracula


Dracula de Bram Stoker

575 pages, éditions Pocket, à 4,56€


Résumé : Jonathan Harker, jeune notaire, est envoyé en Transylvanie pour rencontrer un client, le Comte Dracula, nouveau propriétaire d’un domaine à Londres. A son arrivée, il découvre un pays mystérieux et menaçant, dont les habitants se signent au nom de Dracula.
Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante.
Très vite, il se rend à la terrifiante évidence: il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres…


Extraits : « Vous soignez les aliénés. Mais, d’une manière ou d’une autre, tout homme est un peu fou. »

« Le menu peuple me connaît, je suis le maître. Mais l’étranger dans une terre étrangère n’est rien. Nul ne le connaît et, donc, nul ne fait attention à lui.« 


Mon avis : Quelle meilleure période pour découvrir Dracula, qu’en pleins mois d’octobre, à quelques semaines seulement du temps attendu soir d’Halloween ?! C’est donc une belle occasion pour voir de faire d’une pierre deux coups : découvrir un classique qui prenait ma poussière dans ma PAL, et me mettre dans une ambiance propice à cette saison estivale.

Je pense que Dracula n’a plus besoin d’être présenté : ce comte, vampire immortel qui vit seul dans un château isolé, se nourrit du sang d’humains, essentiellement de femmes, qu’il vient mordre dans leur plus profond sommeil.

Écrit dans un genre épistolaire, les victimes féminines, tout comme les médecins qui viennent les soigner et leurs inquiets et éplorés, viennent échangent leur point de vue dans de courtes missives qu’ils s’envoient conjointement, ou qu’ils rédigent dans leurs journaux intimes. Ainsi, nous pouvons avoir accès à chacune de leurs pensées.

J’ai adoré le personnage de Dracula, que j’ai trouvé indéchiffrable, mystérieux, fantasmagorique, insaisissable. Je regrette néanmoins qu’il n’apparaisse que très peu dans l’histoire, ne se matérialisant qu’au début et à la fin du récit. L’ensemble des autres personnages interviennent dans le récit et apparaissent comme des narrateurs, alors que Dracula est le seul à ne jamais prendre la parole. C’est le sujet principal de l’histoire, la personne dont tout le monde parle, mais il reste à une certaine distance du récit, et nous apparaît que plus mystérieux. C’est assez déroutant, puisque j’aurais pensé qu’en lisant l’ensemble de l’oeuvre de Bram Stoker, j’en apprendrais plus sur cet intriguant vampire.

Mais c’est justement ce sombre mystère qui tourne autour de son existence, de sa vie, de sa manière de procéder avec ces victimes, qui forment le réel attrait du roman. C’est ce qui nous hante, ce qui nous attire, ce qui nous ensorcelle et nous fait peur. C’est ce vide de sens et d’explications, cette mise à distance du protagoniste, qui le rend finalement si attirant.

La célébrité  de ce livre n’est plus à prouver, puisqu’il est reconnu comme un classique de la littérature, un chef-d’oeuvre du genre gothique, maintes fois adapté au cinéma ou au théâtre. Le personnage de Dracula traverse les frontières et les siècles, et sa popularité est telle que chacun connaît son histoire, sans pourtant n’avoir jamais lu le livre de Bram Stoker. C’est quand même incroyable, et ça prouve la puissance du personnage ! Malgré le nombre de pages conséquent – près de 600 ans, et écrit en tout petits caractères -, l’histoire reste compréhensible et accessible à tout un chacun, malgré le fait qu’elle ait été écrite en 1897. Comme quoi, comme son personnage éponyme, Dracula reste immortel et traverse les frontières avec aisance.


Fière d’avoir découvert ce monument de la littérature fantastique et gothique, mais un peu déçue tout de même de la lenteur de l’histoire et de la quasi absence du personnage de Dracula. 

Ma note : 7,5/10

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T’en souviens-tu, mon Anaïs ?


T’en souviens-tu, mon Anaïs ? de Michel Bussi

304 pages, éditions Pocket


Résumé : Voilà treize jours qu’Ariane a posé ses valises dans cette villa de la côte d’Albâtre. Pour elle et sa fille de 3 ans, une nouvelle vie commence. Mais sa fuite, de Paris à Veules-les-Roses, en rappelle une autre, plus d’un siècle plus tôt, lorsqu’une fameuse actrice de la Comédie-Française vint y cacher un lourd secret. Se sentant observée dans sa propre maison, Ariane perd peu à peu le fil de la raison…

Bienvenue au pays de Caux, terres de silences, de pommiers et de cadavres dans les placards…

Dans les romans de Michel Bussi, vous étiez surpris jusqu’à la dernière page…
Dans ses nouvelles, vous le serez jusqu’à la dernière ligne.


Extraits : « Faire croire à l’autre que l’on aime ce qu’il aime, est-ce une preuve d’amour, ou une trahison ? »

« Les hommes choisissent toujours la fille qui leur donne l’impression d’être meilleurs, plus fins, moins cons qu’ils ne le sont.« 


Mon avis : Michel Bussi – grand auteur de polars français que nous ne présentons plus -, m’avait charmé à plusieurs reprises avec ses histoires au suspense haletant. Avec seulement deux de ses livres lus à mon compteur – Nymphéas noirs et Ne lâche pas ma main, que j’avais dévorés -, j’étais particulièrement intriguée de retrouver la plume de cet auteur, qui s’est prêté au jeu des nouvelles.

T’en souviens-tu, mon Anaïs ? est un recueil de quatre courtes nouvelles, dont la première a donné son titre au livre. Inspirée de faits réels, elle s’ancre historiquement à l’époque de Victor Hugo, et d’Anaïs Aubert, une actrice française, amante cachée du célèbre écrivain. Cette dernière a fui Paris pour se réfugier dans le petit village de Veules-les-Roses, dans le Pays de Caux. Une fuite bien mystérieuse, que va tenter d’éclairer notre protagoniste.

Anaïs Aubert, dite Mademoiselle Anaïs

 

  Village de Veules les Roses, en Seine-Maritime (76)

La deuxième nouvelle, L’armoire normande, sans doute ma préférée, se déroule dans un gîte. Un couple en vacances séjourne quelques temps chez un habitant énigmatique, qui leur a interdit de s’approcher d’une armoire normande chère à son coeur. Les vacanciers, intrigués, le sont d’autant plus par l’absence de l’hôtesse, censée les accueillir à leur arrivée. Quels secrets cache leur hôte, cet être fuyant, aux manières bourrues ? Une nouvelle originale et bien écrite, dont le dénouement devrait vous surprendre et vous faire sourire.

Viens ensuite Vie de grenier : alors qu’il se rend dans un vide-grenier, un retraité remarque un stand bien étrange : l’ensemble des effets mis en vente sont des objets similaires aux siens. Persuadé qu’ils lui appartiennent et que la vendeuse les lui a dérobé, il va mener une enquête pour retrouver cette femme et lever le voile sur cette énigme.

Enfin, la dernière nouvelle, Une fugue au paradis, nous emmène sur une plage de La Réunion. Deux jeunes femmes en train de camper, à côté d’un groupe de garçons légèrement éméchés. Le lendemain, un cadavre est retrouvé dans l’eau. Que s’est-il bien passé cette nuit ? L’enquête est ouverte, et le dénouement, comme l’ensemble des dénouements écrits par Michel Bussi, connaît un tel revirement, qu’il ne peut que surprendre et étonner par son ingéniosité.

Ecrire des nouvelles est un exercice complexe, mais mené d’une main de maître par notre malstrom des intrigues alambiquées, puisque chacune d’entre elles comportent un dénouement renversant et inattendu. Michel Bussi conserve donc son titre de roi du polar à suspense, et d’auteur à l’imagination débridée.


Michel Bussi s’essaie à un nouveau genre : les nouvelles. Expérience réussie pour l’auteur, avec des histoires courtes mais prenantes et toujours ces dénouements surprenants et pleins d’ingéniosité. 

Ma note : 7/10

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