Indian Psycho

 


Indian Psycho de Arun Krishnan

333 pages, éditions Pocket


Résumé : Arjun Clarkson est le rêve américain incarné : cet orphelin indien issu d’une basse caste, complexé et peu sûr de lui, a immigré à New York où il connaît une brillante carrière dans la publicité. Jusqu’au jour où, dans un accès de folie, il poignarde une ancienne collègue…
Pour brouiller les pistes, Arjun décide de faire croire à l’existence d’un tueur en série chassant ses proies sur le plus populaire des réseaux sociaux : MyFace. Certes, cela implique de commettre d’autres assassinats, mais n’est-ce pas l’occasion rêvée de se venger de tous ceux qui se sont moqués de lui ?
Au fil des meurtres, la rumeur de ce « tueur de MyFace » s’amplifie et sème la panique sur la toile, car Arjun est un excellent publicitaire. Sa distraction, en revanche, risque de compromettre sa carrière de serial killer…

Thriller drôle et palpitant, Indian Psycho est aussi une satire féroce des réseaux sociaux. Un regard mordant sur la société new-yorkaise d’aujourd’hui et ses travers, à liker et à partager sans modération !


Extraits « Parfois, on pense que le monde est fait d’une certaine façon. Puis il vous montre qu’il est capable d’être entièrement différent. »
« C’est peut-être ainsi que les gens qui sont en couple depuis très longtemps ne s’entre-tuent pas. Ils s’éloignent durant ces moments critiques qui mettent fortement à l’épreuve leur volonté.« 

Mon avis : Déroutant : voici le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier cette histoire. À New York, Arjun, un indien immigré aux États-Unis depuis plus d’un an, a obtenu un poste haut placé dans la publicité. Un bon boulot, un bon salaire… il avait de quoi être heureux, pourtant, pris d’un accès de folie, il poignarde une de ses anciennes collègue, qui succombe à ses blessures. Pour brouiller les pistes et éviter d’être démasqué, Arjun décide de faire croire à tous que ce meurtre a été perpétré par un tueur en série. Pour se faire, il va utiliser le réseau social MyFace pour débusquer ses prochaines victimes.

Indian Psycho détourne les codes des thrillers traditionnels. L’histoire est racontée du point de vue du tueur, Arjun, à la première personne du singulier. On connaît donc avec exactitude l’ensemble de ses pensées, de ses raisonnements et de ses actions. Même en possédant l’accès à ses pensées, elles nous apparaissent souvent sombres et énigmatiques : pourquoi décide-t-il tout à coup de tuer ? Ne ressent-il aucune émotions ? Arjun est un personnage bien mystérieux, qui va donner du fil à retordre à la fois à nous, lecteurs, mais aussi aux policiers qui enquêtent sur cette affaire.

Ce qui fait que ce livre est une histoire intéressante et originale, c’est le ton que donne l’auteur au récit. Il y incorpore un certain humour pince-sans-rire, qui déstabilise au début, mais qui s’avère si bien maîtrisé qu’il ajoute une dose de gaieté si particulière dans cet univers glaçant.

Clairement, Arun Krishnan fait une satire des réseaux sociaux. « Le tueur de MyFace » comme est surnommé Arjun, cherche et trouve ses victimes sur le réseau social « MyFace ». Sur celui-ci, les utilisateurs peuvent rendre public, à la vue de tous, les données personnelles qu’ils souhaitent : adresse d’habitation, loisirs, métier… la vie privée n’est plus privée, puisque chacun peut accéder à toutes ces données sans connaître la personne concernée. Il faut un cas de figure comme celui que nous présente l’auteur – à savoir un tueur qui repère ses victimes via les informations données par ce réseau – pour que les gens prennent conscience du danger que représente la non-protection de la vie privée. On assiste alors à une suppression impressionnante de comptes MyFace et à la destitution progressive de ce réseau social d’envergure mondial.

Autre thématique principal abordée dans Indian Psycho : le racisme. Après une enfance et une grande partie de sa vie d’adulte passée en Inde, Arjun, notre protagoniste, débarque à New York.  Une ville de tous les possibles, qui mélangent les races et populations. Mais Arjun, a du mal à se défaire de ses traditions culturelles, et il se place d’emblée comme un paria de la  population. Placés dans la peau d’un immigré, nous ne pouvons que faire face aux regards, critiques et sous-entendus qui peuplent leur quotidien, et parfois, les inégalités sont tellement fortes qu’elles en deviennent ignobles.


Un thriller original et efficace, au style vif et déroutant, écrit avec maîtrise et finesse. J’ai beaucoup aimé la modernité de cette histoire et l’ambiance particulière qui s’en détache.

Ma note : 7,5/10

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Marie d’en haut


Marie d’en haut de Agnès Ledig

315 pages, éditions Pocket


Résumé : Voilà Olivier, lieutenant de gendarmerie éprouvé par la vie, muté en Ariège.
Au cours d’une enquête, il croise le chemin de Marie, une agricultrice de montagne.
Elle élève seule sa fille Suzie, une enfant pleine de fantaisie, et tente, loin du monde, d’oublier ses blessures passées. La jeune femme compose avec le quotidien grâce à la présence d’Antoine, son voisin, victime lui aussi de la méchanceté des hommes.
La rencontre de ces trois caractères bien trempés aux destins cabossés pourrait être désastreuse, elle s’avère étonnamment émouvante et tendre.


Extraits « Les dîners en tête à tête, ça doit être comme les entretiens d’embauche, plus on en fait, plus on est à l’aise. »

« Il faut être sensible pour comprendre les sensibles. »


Mon avis : Olivier est gendarme. Au cours de l’une de ses enquêtes, il va croiser la route de Marie, une jeune et belle agricultrice. Marie élève seule sa fille Suzie, une enfant très attachante, pleine de vie et d’imagination. Heureusement, elle peut compter sur le soutien d’Antoine, son voisin homosexuel et meilleur ami, qui l’accompagne dans son quotidien et la conseille toujours avec justesse. La rencontre de ce trio de personnages est inattendue, électrique et surprenante.

Par où commencer…? Sans doute par la rencontre, impromptue, entre Marie et Olivier. Rien n’aurait prédestiné ces deux-là à se croiser, mais le métier d’Olivier l’a attiré sur la propriété de Marie. Et leur première rencontre est électrique au possible. Pourtant, il faut croire que le courant est quand même passé, puisque bizarrement, Olivier reviendra, seul, dans la ferme de Marie pour la voir.

Marie est une femme merveilleuse, dont j’ai particulièrement apprécié le courage. Elle est agricultrice, et de nos jours, tout le monde sait que ce métier est l’un des plus compliqué de France – les conditions salariales sont déplorables, le temps de travail s’agrandit et la difficulté globale des tâches a effectué est effarante. En plus d’exercer l’un des métiers les plus durs, elle élève seule sa petite fille Suzie, et toutes filles vivent isolées dans une ferme reculée du monde. J’ai apprécié la force de caractère de Marie, sa ténacité, ainsi que son indépendance. Ça me fait plaisir de découvrir des personnages comme elle, qui s’affranchissent des codes de la société, pour vivre presque à l’instinct. Et on peut voir que c’est une stratégie gagnante pour Marie, qui est une jeune femme pleinement épanouie et remplie de bonheur.

Olivier lui est un personnage qui se cherche. Sans repère familial, il subit un métier qu’il a choisi par défaut. Son quotidien est vide de sens et il en souffre énormément. Sa rencontre avec Marie et Suzie va marquer un tournant exceptionnel dans son existence. C’est incroyable comme le bonheur peut transformer les gens. Olivier en est l’exemple même, puisqu’au fil des pages, il va s’ouvrir, changer son regard sur le monde, retrouver un sens à sa vie. À le voir aussi heureux et épanouie, on ne peut que compatir à son bonheur.

Enfin, le troisième personnage prépondérant de cette histoire, Antoine, le voisin et meilleur ami homosexuel de Marie, cache, avec cette dernière, un lourd secret existentiel. Le trio Marie – Olivier – Antoine connaît des débuts un peu compliqué, mais l’engrenage va vite prendre et ils vont vivre dans la joie et la bonne humeur permanente. Une harmonie qui a sans doute été possible grâce à un personnage dont je n’ai que très peu parlé, mais qui est essentiel au récit : la petite Suzie. Très avancée pour son âge, perspicace, attachante et pleine de vie , elle apporte joie, gaieté et bonne humeur au sein de ce trio inattendu.

C’est la première fois que j’ai l’honneur de lire un roman d’Agnès Ledig, et je dois dire que cette première expérience a été concluante. Je ressors ravie de cette lecture. Elle contient toute une palette d’émotions qui ne rendent pas indifférent le lecteur. J’ai également beaucoup apprécié le cadre du récit, qui est si différent de tous les autres romans que j’ai l’habitude de lire. Enfin une histoire authentique et vraie, sans fioriture ni clichés ! Une première rencontre au summum, et sans doute pas la dernière.


En bref, Marie d’en haut, c’est un roman d’amour, d’amitié, d’émotions, de douceurs… j’ai passé un très bon moment de lecture avec cette jolie histoire, que je vous recommande chaudement !

Ma note : 8,5/10

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Je m’appelle Léon


Je m’appelle Léon de Kit de Waal

347 pages, éditions Pocket


Résumé : Leon, 9 ans, est un garçon courageux. Quand un jour sa mère n’arrive plus à se lever le matin, il s’occupe de son demi-frère Jake. Quand l’assistante sociale emmène les deux garçons chez Maureen au gros ventre et aux bras de boxeur, c’est lui qui sait de quoi le bébé a besoin. Mais quand on lui enlève son frère et qu’on lui dit que chez ses nouveaux parents il n’y a pas de place pour un grand garçon à la peau sombre, c’en est trop.

Heureusement Leon rencontre Tufty, qui est grand et fort, qui fait du vélo comme lui et qui, dans son jardin, lui apprend comment prendre soin d’une petite plante fragile. Mais Leon n’oublie pas sa promesse de retrouver Jake et de réunir les siens comme avant. Le jour où il entend une conversation qui ne lui était pas destinée, il décide de passer à l’action…
Émouvant, dramatique mais aussi jubilatoire, Je m’appelle Leon évoque de façon éloquente la force de l’amour, le lien indéchirable entre frères, et ce qui, en fin de compte, fait une famille.

Extraits  « J’ai un nouveau petit frère. Il est vraiment très petit et il dort presque tout le temps. C’est normal, il faut qu’il emploie ses forces à grandir. »

« Personne ne regarde Léon. Personne ne l’écoute. Comme d’habitude. Personne ne sait qu’il est là. »


Mon avis : Léon a 9 ans. Il n’a presque pas connu son père, qui croule sous les grilles de la prison. Sa mère, Carol, a mis au monde un deuxième garçon, Jake, qu’elle a eu avec un homme marié, qui renie la mère et son fils. Déjà faible psychologiquement, Carol s’enfonce dans une déprime et une souffrance intérieure profonde, qui lui cause la séparation d’avec ses enfants. Jake est adopté par une famille accueillante, tandis que Léon se retrouve promené de famille d’accueil en famille d’accueil. Léon est triste d’avoir perdu à la fois sa mère qu’il aimait tant, mais aussi son petit frère, qu’il protégeait et adorait de tout son coeur. Mais Léon reste fort, il sait qu’un jour où l’autre, il partira à la recherche de Jake.

C’est une histoire très forte émotionnellement et psychologiquement que nous narre Kit de Waal. Le sujet n’est pas aisé : une mère a qui l’on retire ses enfants, deux enfants qui se retrouvent privés de repères, et que l’on sépare l’un de l’autre.

Léon est un petit garçon très intelligent pour son âge. Il a une force de caractère sans nul autre paraître, un sens de la déduction et un sens de la responsabilité élevés. C’est un garçon très curieux, studieux, un peu timide et introvertie, mais généreux et d’une aide précieuse. Après les terribles épreuves qu’il a dû traverser, il reste fort, garde la tête haute et continue de vivre, en gardant espoir de revoir sa famille réunie.

J’ai été très touchée par l’histoire de Léon et par son comportement hautement plus mature que ce qu’il aurait dû être. On ne peut pas rester indifférent à ce petit bout d’homme et à son courage. Kit de Waal a su retranscrire avec réalisme les pensées de Léon, à travers une écriture légère, douceur et sensible.

Outre cette histoire centrale de la séparation familiale, une grande partie du livre dépeint le racisme. Si Jake a été adopté, c’est parce qu’il était un enfant blanc, tandis que Léon est métisse. Léon, en sa qualité d’enfant, ne comprend pas encore distinctement cette différence et les conséquences qui en découlent. Sans le dire à sa famille d’accueil, il s’évade certains après-midi, pour se rendre dans un jardin partagé, où il fait la rencontre de M. Devlin et Tutfy, qui vont lui enseigner les rudiments du jardinage. Tutfy est comme Léon, c’est un homme métisse, qui en payera les conséquences durant l’intégralité du livre.

J’ai beaucoup aimé découvrir cette histoire, qui m’a émue. Néanmoins, j’ai trouvé que certains passages, notamment vers le milieu de cette lecture, étaient peut-être un peu trop longs. Il ne se passait rien d’exceptionnel, le personnage de Léon faisait un peu du surplace, il n’évoluait plus, les moments d’actions se sont taris et je l’ai ressenti. Le rythme n’était plus comme au début, et ça a lourdement cassé ma lecture.


Une histoire touchante, racontée par un enfant, séparé de force de ses parents et de son petit frère. Il s’appelle Léon, et il va vous raconter son histoire. 

Ma note : 6/10

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Ne lâche pas ma main


Ne lâche pas ma main de Michel Bussi

440 pages, éditions Pocket


Résumé : Soleil, palmiers, eaux turquoise de l’île de La Réunion et un couple amoureux. Cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. La femme disparaît de sa chambre d’hôtel. Son mari, soupçonné du meurtre, s’enfuit en embarquant leur gamine de six ans. Le plan Papangue, équivalent insulaire du plan Epervier, enclenche une course-poursuite vite ponctuée de cadavres, dans un décor prodigieux et au cœur de la population la plus métissée de la planète.

Un polar qui cogne comme un verre de punch. A déguster vite, fort et frais.


Extraits « Quand on est malheureux, on survit en en voulant à la terre entière, oui bien juste à quelqu’un, à quelqu’un sur qui cogner pour aller un peu mieux. Vous n’êtes pas d’accord ? »

« Sa religion personnelle, c’est qu’il n’existe qu’un seul lieu sur l’île où toutes les races se mélangent : la plage ! Tous à poil, tous égaux. Curieusement, plus les couleurs de peau s’exhibent et plus on les oublie. »


Mon avis : Michel Bussi est un auteur de romans policiers formidable. Après avoir lu et dévoré Nymphéas noirs l’année dernière, j’étais impatience de découvrir une autre de ses histoires. Je me suis donc plongé dans Ne lâche pas ma main, et j’ai retrouvé le suspense et le dynamisme qui m’avaient tant plût dans Nymphéas noirs.

Un couple d’amoureux viennent passer leurs vacances sur l’île de La Réunion avec leur petite fille. Tout se passe pour le mieux, jusqu’à ce que la femme disparaisse soudainement. Le mari donne l’alerte et la police commence son enquête. Mais il semblerait que des doutes pèsent sur la culpabilité du mari. Alors que la police se rend à l’hôtel où le couple séjourne pour questionner le mari, celui-ci disparaît, emmenant avec lui sa petite fille. Commence alors une course-poursuite hors du commun sur l’île de La Réunion.

Michel Bussi place son histoire dans un cadre idyllique : palmiers, soleil, eaux turquoises, montagnes… l’auteur vante les beautés de la belle et sauvage île de La Réunion. Pour ceux qui n’arrivent pas à situer cette île française, vous trouverez ci-dessous une carte du monde, avec un point rouge indiquant l’emplacement de l’île.

Vous trouverez ci-dessous une photographie vue du ciel de l’île, pour vous donner un aperçu de la beauté exceptionnelle des paysages de La Réunion. Avouez-le, ça vous donne envie d’y aller ?

Pour en revenir à l’intrigue, je l’ai trouvé rondement menée, comme d’habitude. Le récit est dynamique, sans temps mort, avec du suspense à chaque fin de chapitre, tant et si bien qu’il m’était difficile de lâcher ce livre. Vous y trouverez des rebondissements à foison, des personnages exceptionnels, qui vous donnent un aperçu du métissage que vous pouvez voir à La Réunion. J’ai particulièrement apprécié cette immersion sur l’île : Michel Bussi a réussi à me faire voyager, tout en me plongeant au coeur d’une enquête policière haletante. Chapeau l’artiste !


A travers une enquête passionnante, plongez au coeur de la sauvage île de La Réunion. Un roman policier réussi, que je vous recommande chaudement !

Ma note : 9/10

 

Dans les brumes du mal


Dans les brumes du mal de René Manzor

443 pages, éditions Pocket


Résumé : La mère de Tom est morte, et Tom a disparu.

Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassinée et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud. Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner. En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des Maisons une shadduh, une ombre vaudoue.
Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent, ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour ?


Extraits  « Être adulte, c’est ce qui peut nous arriver de pire. »

« La confiance ne se décrète pas. Elle se construit lentement et se détruit très vite. »


Mon avisUn grand merci à Babelio et aux éditions Pocket de m’avoir permis de frissonner avec ce thriller psychologique.

L’histoire se déroule en Caroline du Sud, où Tom, un petit garçon est kidnappé, et sa mère sauvagement assassinée. Un enlèvement et un meurtre qui seront les premiers d’une longue série. Au plus mal suite à cet enlèvement, le papa de Tom fait appel à sa soeur, Dahlia Rhymes, célèbre agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels.  Après plusieurs jours de recherches, elle découvre que Tom, ainsi que les autres enfants kidnappés, ont un point commun : ils ont été victimes de maltraitance de la part de leur mère. L’agent du FBI va tout mettre en oeuvre pour retrouver les enfants et découvrir l’identité du mystérieux kidnappeur.

Dans les brumes du mal est un thriller psychologique bien ficelé, rempli de suspens et d’actions diverses. Dahlia court tellement partout que vous ne vous ennuierez pas une seule seconde à ses côtés !

Malheureusement, je me suis perdue dans toutes les références aux rites vaudous qui sont fait sur les scènes de crime. Je me suis passablement ennuyée, puisque je n’ai pas compris où l’auteur voulait en venir en ajoutant ce type de choses dans son histoire. A mon sens, cela n’a pas été exploité suffisamment et n’apportait donc pas grand chose au récit.

En revanche, j’ai apprécié que la thématique de la maltraitance enfantine soit mise en avant. C’est un sujet dont on parle peu dans la société française, mais qui est pourtant toujours présent dans certains foyers. En effet, chaque année en France, près de 600 enfants décèdent suite à de mauvais traitements infligés par des proches. Un chiffre affolant, qui me faire prendre conscience de l’importance de dénoncer ce genre de pratique.

En lisant cette histoire, je me suis beaucoup questionné sur la légitimité de l’assassinat de ces mères indignes : est-ce Mal de tuer ces mères et de kidnapper ces enfants innocents, ou est-ce Bien dans le sens où justice est rendu et où les enfants vont pouvoir vivre plus sereinement, sans recevoir de coups, entouré d’amour ? Chacun a sa propre idée sur la question, mais à mon sens, le meurtre est quand même un acte barbare et primaire, qui n’est en rien légitime. La maltraitance faite aux enfants est condamnable par la loi : lorsqu’on se rend compte qu’un enfant est victime de violence, le signaler auprès d’autorités compétentes lui rendra plus service que de chercher à résoudre le problème seul, en tuant le responsable par exemple. Il est donc vrai que cette manière de procéder m’a parue sadique, barbare et peu réaliste.

Cette histoire nous rappelle de faire attention aux gens que l’on aime, de les couvrir d’amour, avant qu’il ne soit trop tard. Personne ne sait de quoi demain sera fait ! Une belle perception de vie, que j’applique dorénavant au quotidien.

Sans vous révéler le fin mot de l’histoire, je peux vous assurer que l’identité du tueur est facilement repérable (je soupçonnais que ce soit lui avant la moitié du livre), néanmoins aucun indice ne filtre jusqu’aux toutes dernières pages. J’ai oscillé entre deux réflexions contradictoires : me dire que j’avais raison en pensant à lui, ou me dire que j’avais tord : rien n’est jamais venu affirmer ou contester mes doutes, jusqu’aux toutes dernières pages. Chapeau l’article, vous avez réussi à me triturer les méninges dans tous les sens  !


Un thriller psychologique bien mené, qui traite d’une thématique importante : la maltraitance infantile. Malgré quelques points négatifs, j’ai dans l’ensemble apprécié découvrir cette histoire !

Ma note : 6,5/10

 

Demain


Demain de Guillaume Musso

541 pages, éditions Pocket


Résumé : Elle est son passé…
… il est son avenir.
Emma vit à New York. À 32 ans, elle continue à chercher l’homme de sa vie. Matthew habite à Boston. Il a perdu sa femme dans un terrible accident et élève seul sa petite fille. Ils font connaissance grâce à Internet et, désireux de se rencontrer, se donnent bientôt rendez-vous dans un restaurant de Manhattan. Le même jour à la même heure, ils poussent chacun à leur tour la porte de l’établissement, sont conduits à la même table et pourtant… ils ne se croiseront jamais.
Jeu de mensonges ? Fantasme de l’un ? Manipulation de l’autre ? Victimes d’une réalité qui les dépasse, Matthew et Emma vont rapidement se rendre compte qu’il ne s’agit pas d’un simple rendez-vous manqué…


Extraits  « – Si elle n’est pas au ciel, elle est où, alors ? insista l’enfant.
– Son corps est au cimetière, tu le sais bien. Mais son amour, lui, n’est pas mort, concéda-t-il. Il est toujours dans nos coeurs et dans notre mémoire. On peut continuer à entretenir son souvenir en parlant d’elle, en se rappelant les bons moments passés ensemble, en regardant des photos et en allant nous recueillir sur sa tombe. »

« Il prenait désormais l’existence pour ce qu’elle était : quelque chose d’éminemment précaire et instable, un processus en perpétuelle évolution. Rien n’était immuable, surtout pas le bonheur. Fragile comme le verre, il ne devait pas être considéré comme un acquis, lui qui pouvait ne durer qu’un instant. »


Mon avis : Je ne pensais pas que je pouvais aimer autant un livre de Guillaume Musso. Lorsque j’étais plus jeune (âgée de 13/14 ans), j’ai lu un paquet de Musso, puisque c’était des histoires accessibles et légères, que je pouvais aisément apprécier à cet âge-là. Les années passants, mon entrée dans le cercle des blogueurs littéraires a influencé ma vision de cet auteur, que j’ai jugé (trop rapidement) comme un auteur de romans fades, idéal pour les transports en commun, mais qui ne casse pas trois pattes à un canard. Eh bien, grâce à Demain, mon avis a changé, tous mes préjugés se sont envolés.

Emma vit à New York, en 2010. Matthew habite Boston, en 2011. L’une vit dans le passé, l’autre dans le futur. Ils ne pourront jamais se croiser, mais pourtant… ils arrivent à communiquer. Comment expliquer ce phénomène ? Emma, peut-elle modifier le futur ? Et Matthew, peut-il interagir dans le passé ?

Cette histoire est emplie de suspense, de la première à la dernière page. C’est simple : dès que j’ai commencé à lire ce livre, je n’ai pas pu m’arrêter, si bien que je l’ai lu en une journée à peine (541 pages, quand même, avalés en un temps record !). Beaucoup de mystère se dégage de ce récit. Le plus grand mystère de cette histoire réside dans la temporalité différente qui arrive quand même à lier les deux protagoniste. Mais ce n’est pas tout, puisque Kate, la femme défunte de Matthew, constituera un autre des grands mystères de ce roman. Qui est-elle vraiment ? Emma est la seule qui puisse répondre à cette question. Pour cela, elle va se lancer dans une enquête énergique qui va rythmer ses journées. Accompagnée de Romuald, un jeune stagiaire informaticien surdoué, ils vont formés un duo de choc pour découvrir la vérité sur la femme de Matthew. Je vous préviens : vous n’êtes pas au bout de vos surprises !

Il est difficile d’en dire plus sur cette histoire, puisque je risquerais de révéler des éléments clefs du récit. C’est pour cela que je vous enjoins de la découvrir par vous-même. Je vous assure que vous ne serez pas déçus par votre découverte. Guillaume Musso a plus d’un tour dans son sac, et saura vous surprendre de la première jusqu’à la dernière page.


Demain est une histoire addictive, qui distille un suspense d’une rare intensité. Je recommande fortement !

Ma note : 10/10

Les morsures de l’ombre


Les morsures de l’ombre de Karine Giebel

299 pages, éditions Pocket


Résumé : Une femme. Rousse, plutôt charmante. Oui, il se souvient. Un peu… Il l’a suivie chez elle… Ils ont partagé un verre, il l’a prise dans ses bras… Ensuite, c’est le trou noir. Quand il se réveille dans cette cave, derrière ces barreaux, il comprend que sa vie vient de basculer dans l’horreur. Une femme le retient prisonnier. L’observe, le provoque, lui fait mal. Rituel barbare, vengeance, dessein meurtrier, pure folie ? Une seule certitude : un compte à rebours terrifiant s’est déclenché. Combien de temps résistera-t-il aux morsures de l’ombre ?


Extraits :  « On agit mieux lorsque l’on comprend. On lutte plus facilement contre un adversaire dont on cerne la psychologie.« 

« Et ensuite… Où vont tous ces souvenirs ? Ils s’évaporent dans le néant, disparaissent en fumée, se décomposent à l’intérieur du cadavre pourrissant qui les avait minutieusement engrangés. Pour rien.« 


Mon avis : Pour commencer ma découverte de cette auteure française de romans policiers, j’ai ciblé une valeur sûre : Les morsures de l’ombre, prix SNCF du Polar 2009 et roman plébiscité par bon nombre de critiques français.

Je me suis donc jeté à corps perdu dans ce roman, comme ce pauvre Benoît, commissaire de police, s’est jeté tête la première dans la gueule du loup. Il se réveille enfermé dans une cave sombre, sans aucun souvenir des événements de la veille, avec pour seule compagnie : une jeune femme en talons hauts et au discours délirant. Elle va le torturer durant de longs jours et de longues nuits, en tentant de lui faire avouer un crime, qu’il jure ne pas avoir commis.

Que de mystères durant tout le récit. Les rouages de notre cerveau fonctionnent à plein régime pour tenter de percer les secrets de l’intrigue. Vous êtes obligés de ressentir une tension ambiante durant tout le roman. Ce genre de tension qui vous laisse hors d’haleine, manquant d’air, comme en apnée, tant la pression de l’intrigue est forte. Car Benoît souffre, chaque jour un peu plus. Assoiffé, affamé, roué de coups, drogué, électrocuté, frigorifié… chaque minute est une victoire sur la mort. On sent la mort arriver, de plus en plus proche, sans jamais savoir ce que le lendemain lui réserve. Car la mystérieuse Lydia veut le voir souffrir longuement et lentement, le tuant à petit feu. Ce qui ajoute à la tension déjà grande, c’est l’enquête de police menée en parallèle. Nous voyons les collègues de Benoît tout mettre en oeuvre pour tenter de le retrouver. Mais l’enquête piétine et part dans tous les sens, si bien que nos espoirs qu’ils retrouvent Benoît à temps, s’amenuisent.

Ce que j’adore faire, dans les romans policiers, c’est tenter de deviner le dénouement final. Je me plais donc à inventer la fin, à deviner le coupable idéal, si improbable soit-il. Mais ce que j’adore encore plus, c’est quand les auteurs arrivent à me berner et à déjouer mon enquête personnelle. Ce fût le cas avec Les morsures de l’ombre. J’ai imaginé presque l’intégralité des personnages comme étant coupables… sans me douter un seul instant du véritable coupable. Je peux donc dire que c’est un roman policier réussi, puisque l’auteure à achever son récit d’un coup de maître, déjouant toutes les insinuations des lecteurs et les surprenant avec une révélation finale totalement ahurissante. Je n’oublierai pas ce récit de si tôt, c’est certain !


Un polar réussi, avec un suspense intense et un dénouement surprenant. Surpassez vos peurs, et plongez tête la première au coeur de ce récit noir. 

Ma note : 8/10