Un secret


Un secret de Philippe Grimbert

184 pages, éditions Le Livre de Poche, à 5,50€


Résumé : Souvent les enfants s’inventent une famille, une autre origine, d’autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s’est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu’il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas… Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c’est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu’il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l’Holocauste, et des millions de disparus sur qui s’est abattue une chape de silence.


Extraits : « Il sait obtenir d’un sourire ce qu’il désire, la vie lui appartient. »

« Dans le quartier il croise des voisins, des inconnus qui portent cette étoile sur leur coeur, il la voudrait aussi. Peut-être même a-t-il demandé à Hannah de la coudre à son gilet afin de l’arborer fièrement, comme les médailles de son père. »


Mon avis : Un secret, ce roman plébiscité par les critiques, heureux détenteur du Goncourt des lycéens en 2004, puis du Grand Prix des Lectrices Elle l’année suivante, patientait depuis des années dans ma Pile À Lire. Par un heureux matin pluvieux, je me suis décidé à le découvrir. Et quelle découverte !

Le narrateur nous raconte son histoire : l’histoire d’un petit garçon, fruit de l’amour entre Maxime et Tania, ses parents. Mais tout n’est pas si simple. En parlant avec sa vieille voisine, Louise, il va découvrir la tragique réalité sur son histoire et celle de ses parents. De terribles secrets de famille que lui cachent ses géniteurs, qui remettront en question l’ensemble de sa vie.

Philippe Grimbert nous plonge au temps de l’holocauste, de l’occupation nazie et de la déportation des juives, qui a fait des milliers de morts en France et dans le monde. Les parents du narrateur, Maxime et Tania, d’origine juive, ont été les cibles premières de ce terrible versant de l’histoire. Obligés de fuir Paris, ils vont se réfugier dans la campagne et se cacher, en attendant que passe l’orage.

Un roman court mais intense, qui arrive à nous toucher en moins de 200 pages. Je pense que personne ne peut rester insensible à cette histoire, aux mots qui sont employés, à la façon dont l’ensemble est narré. J’ai vraiment adoré la plume de l’auteur, fluide, simple, pudique, il retrace avec élégance et crédulité des événements abjects et innommables. Je me suis abandonné à son écriture, me laissant guider, voguer, embarquer dans cette histoire à la fois sordide, mais belle.

J’ai regardé la bande-annonce de l’adaptation cinématographique et elle m’a l’air tout aussi chargée en émotions, je dirais même plus. Je pense que je regarderai le film, qui me tirera certainement quelques larmes…


Un récit autobiographique tragique sur les horreurs de l’Holocauste. Les secrets familiaux et les non-dits sont parfois difficiles à avouer, mais souvent essentiels pour se construire. Un roman beau et percutant que j’ai beaucoup aimé !

Ma note : 8/10

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