Qu’est-ce qui fait courir Julia Verdi ?

Qu’est-ce qui fait courir Julia Verdi ?
de Geneviève Lefebvre
285 pages, éditions NiL, à 19€

 

Résumé : L’histoire comique et émouvante d’une « working girl » célibataire à qui un petit chien va donner une vraie leçon de vie.

365 jours, 50 ruptures amoureuses, 70 bouteilles de pomerol, 1 chienne adoptée… Un désopilant marathon sentimental.

« Cette histoire commence avec un rejet. Pour être franche, cette histoire est ponctuée de rejets. Celui que j’avais infligé dans la cruelle insouciance de mes dix-sept ans à un garçon qui n’en méritait pas tant, et celui qui allait me renverser comme une grosse boule déterminée à abattre toutes les quilles d’un seul et sale coup. Bang. »

Qu’est-ce qui fait courir Julia Verdi, cette cadre de 37 ans haut placée dans une entreprise de bois à Montréal ?
La recherche de gloire et d’argent ?
Ses relations avec des hommes qui semblent parfaits sur le papier, mais qui la quittent les uns après les autres ?
La maladie de sa mère, qu’elle fuit ?
À force de ne pas se remettre en question, Julia court surtout le risque de finir seule et malheureuse.
Mais un soir, au coin d’une ruelle, voilà qu’une petite chienne abandonnée tourne ses yeux noirs vers elle. Qui aurait cru que cet animal allait tout changer ?
Un roman plein d’entrain qui ne se lâche pas.
Une étonnante leçon de vie pour tous ceux qui tournent en rond.

Extraits : « Il n’y a que les livres ou les chiens que l’on puisse adopter ainsi. Sans trop savoir d’où ils viennent, par quoi ils sont passés et dans quoi on s’embarque. »
« La vie est un sac de fille, bordélique et exaspérant. »

Mon avis : Ce livre est étonnant. L’illustration de la couverture, avec un petit chiot au centre de l’image, ainsi que le titre assez explicite ne laissent guère présager de doute quant au thème principal du récit. En effet, ce livre parle d’animal, notamment d’un petit chiot salement abandonné dans la rue, qui va se faire adopter par notre protagoniste Julia Verdi. Mais l’histoire est bien plus profonde ; il faut creuser en profondeur dans les affres intérieurs de l’héroïne pour découvrir la réelle trame du récit.

Geneviève Lefebvre a constituée une pâle copie ironique d’un roman chick-lit. Avec une héroïne girly comme personnage principale, constamment occupée de sa petite personne, plutôt superficielle, arrogante, parlant sans cesse d’amour sur un ton humoristique, mais éternellement repoussée par les hommes et se réfugiant dans son travail professionnel. Mais cette description correspond seulement à la personnalité de surface de Julia Verdi. En creusant inténsément, on voit une jeune femme malheureuse, qui coule peu à peu dans sa vie privée et professionnelle, sans réelles attaches.

C’est là qu’intervient le talent de l’auteure, qui arrive à combiner un ton humoristique loufoque rattaché au genre de la chick-lit avec des sujets graves, comme par exemple la mort accidentelle de David sur la route, faisant une embardée pour éviter un chien.

La première apparition du chien se fait dans une scène dramatique et choquante, autant pour le lecteur que pour Julia. Mais l’auteure va aller plus loin, et va jouer sur l’intensité de la situation pour placer un petit chiot au bout d’une corde, pile dans la rue de Julia. Le lecteur ne peut qu’être peiné et ressentir de la pitié pour cette jeune femme, sur qui tous les malheurs du monde semblent s’abattre.
D’abord hésitante, Julia va finalement adopter le chiot – qui se révèlera être une chienne -. Plus le temps passe, et plus elle s’attache à l’animal, qui va la faire peu à peu sortir de sa solitude, de son état végétatif et désespérée. Elle retrouve goût à la vie, recommence à prendre soin d’elle, et renaît grâce à cet animal, presque tombé du ciel. Une symbiose presque parfaite se créait entre l’être humain et l’animal ; l’amour qu’elles se portent l’une l’autre croît de jour en jour, et prouve le côté presque humain des animaux.

C’est une réelle leçon de vie que nous apporte là Geneviève Lefebvre. Profiter de chaque instant de notre vie intensément, car tout peut disparaître du jour au lendemain. Aimer la vie et ce qu’elle nous apporte. Mais surtout savoir la partager, apprendre des autres, recevoir et donner du bonheur.
Mais c’est aussi un coup de gueule contre les personnes, qui, chaque jour, abandonnent dans la rue des animaux, pour multiples raisons. Des bêtes inoffensives, lâchées dans la nature, sans ressource, sans abri, qui passent d’un foyer aimant à l’obligation d’errer pour survivre.

C’est une lecture que j’ai passablement appréciée. La protagoniste, qui semble si froide et presque sans coeur quitte progessivement sa carapace pour s’ouvrir à un petit animal. Une histoire facile à lire, parfaitement réaliste, qui narre des épisodes qui pourraient appartenir à la vie quotidienne de tout un chacun. Néanmoins, la rudesse de certains propos de l’auteure – la mort accidentelle de David en voiture, julia Verdi et son voisin homosexuel, Rosario, qui fantasment l’un sur l’autre et veulent coucher ensemble seulement pour avoir un enfant… – peuvent choquer les plus jeunes. Mais le fond de la narration, moderne, fluide et joviale nous fait passer un bon moment de lecture.

Ma note : 6,5/10

La disparition d’April Latimer

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La disparition d’April Latimer de Benjamin Black.
372 pages, éditions NiL, à 20 €

 

Résumé : Rebelle, indépendante, un goût pour les hommes peu conventionnel… Dans la société dublinoise conservatrice, patriarcale et ultracatholique des années 1950, April Latimer, jeune interne en médecine, laisse dans son sillage comme un parfum de scandale. Quand Phoebe Griffin, sa meilleure amie, découvre qu’elle a disparue, elle redoute le pire. Étrangement, de leur petite bande d’amis hétéroclite, Phoebe semble la seule à s’inquiéter ainsi – la seule à qui on a caché certaines choses ?… Mais leurs relations compliquées, c’est vers son père, le brillant mais imprévisible Quirke, qu’elle se tourne pour retrouver la trace d’April.
Et c’est ainsi que Quirke se voit impliqué bien plus qu’il ne l’aurait voulu dans une enquête aussi trouble que troublante, au coeur d’un entrelacs de liaisons dangereuses d’où émerge peu à peu une effroyable vérité.
Extraits :  « Quand on supprime l’alcool, le métabolisme change. C’est pareil pour un bébé qu’on sèvre, je présume. »
« Accepter la réalité telle qu’elle se présentait, c’était passer à côté de la réalité totalement différente qui se cachait derrière.« 

Mon avis : C’est la première fois que je lis un roman de John Banville, alias Benjamin Black, mais quel ennuie, alalala… arrivé à 200 pages, je trouvais ce roman vraiment lourd, et sans grand intérêt.

Une jeune fille du nom d’April Latimer a disparue depuis plus de 2 semaines. Elle n’a donné aucune nouvelle à personne, pas même à sa meilleure amie, Phoebe. Cette dernière s’inquiète, et va donc alerter plusieurs personnages, dont la famille d’April, avec qui elle est en froid depuis plusieurs années. Mais les doutes de tout ce beau monde ne vont faire que s’accroitre quand ils vont retrouver dans la chambre de la disparue du sang, qui a visiblement été nettoyé…

Ce polar me tentait beaucoup, le résumé avait l’air prometteur, la couverture faisait assez peur, et donnait envie de découvrir le livre. De plus, les nombreux avis des journaux au dos du livre renforçait mon désire de découvrir la mystérieuse histoire de La disparition d’April Latimer.

Malheureusement, au bout de 200 pages, j’avais l’impression d’en avoir lu qu’une 20aine… si on m’aurait demandé de découvrir l’histoire en cours, je n’aurais pas pu donner beaucoup d’éléments, tant l’histoire est peu riche.
L’histoire est lente, longue, et se perd en descriptions.

Ce roman m’a plus semblé accès sur la psychologie des personnages qui n’auraient dû être que secondaires, plutôt que sur la pseudo-héroïne du livre, April.
Le mystère et le suspense n’est pas présent, l’intrigue est plate, sans grande valeur.

L’histoire va rapidement sortir de mon esprit (si ce n’est déjà fait), tant l’enquête n’est pas prenante.

Je suis déçu d’écrire tout ceci, mais ce roman ne m’a pas convaincu.

 

Ma note : 2,5/10