La vie sexuelle de Lorenzaccio

La vie sexuelle de Lorenzaccio
de Catherine Dufour
53 pages, éditions Mille et une nuits, à 2,50€
Résumé : -Génie et alcoolique précoce, Musset livre l’essentiel de son oeuvre avant trente ans. Ensuite, il sombre. Son nom n’aurait probablement pas traversé deux siècles si, un beau jour de 1834, il n’avait décidé d’écrire une pièce de théâtre intitulée Lorenzaccio.
Faites le test. Demandez autour de vous : « Musset ? » On ne vous répondra pas : « Qui ? » Ni même : « Quel ennui ! », mais : « Lorenzaccio ». Pourquoi un tel succès ? Parce que cette pièce écrite avec du sperme est d’un érotisme torride.
Elle ne parle quasiment que de sexe et, quand elle ne parle pas de sexe, elle parle de sang, de violence, de fantômes au clair de lune et de la douceur de vivre perdue. Catherine Dufour nous emmène sur les traces moites de Lorenzo de Médicis tel que l’a rêvé Musset.
Extrait : « Dans Lorenzaccio, le sexe n’est pas câlin, détente et jouissance. Il n’est même pas relation sexuellle. Il est chasse, traque et manipulation, il est moyen de pression, insulte et menace, tentation et abîme de perdition. Il s’insinue partout comme un poison parce qu’il n’est le bienvenu nulle part comme un plaisir – et aussi parce qu’il flanque la vérole. »

Mon avis : Je ne m’attendais à rien de particulier en débutant ce très court livre, si ce n’est une parodie humoristique et réaliste sur la vie sexuelle du personnage éponyme d’Alfred de Musset. J’ai eu la détestable surprise d’y découvrir une analyse psychotique, qui décortique les paroles des personnages principaux pour les tourner dans un contexte sexuel dérangeant.

Catherine Dufour était sans doute partie d’un bon pied. Mais son livre s’est rapidement détourné dans le milieu scolaire d’analyse d’ouvrage : elle use de paraphrases, d’explications saugrenues et peu appuyées sur la pseudo « vie sexuelle » de Lorenzaccio, qui n’ont pas réussies à me satisfaire pleinement.

Ce livre se lit rapidement, fort heureusement, grâce au peu de pages qu’il comporte. En une soirée, il est susceptible d’être fini. Mais vous n’en garderez pas un souvenir impérissable. J’ai trouvé La vie sexuelle de Lorenzaccio inutile à souhait. J’avais la nette impression de lire une chronique de livre, où l’auteure n’hésitait pas à donner son avis et ses analyses littéraires, en appuyant certains détails insignifiants comme la sexualité du protagoniste.

Avec la représentation de Francis Huster au théâtre, l’homosexualité du personnage était mise en avant – donc son attirance sexuelle, ses attraits et attentes. Sans choquer, l’acteur avait admirablement incarné son rôle, sans pour autant tomber dans les extrêmes. Or, Catherine Dufour semble prôner le côté érotique du livre, avant même sa véritable fonction politique et sociale. En lisant à travers ses paroles, elle accentue le côté pervers de Lorenzaccio, tout en insinuant la place première de la sexualité dans le roman originale. Une honte…

Comme vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé ce livre. Cette analyse de la vie sexuelle du protagoniste Lorenzaccio d’Alfred de Musset ne m’a pas plût ; d’une part, il est incorrect, et d’autre part, je revendique l’inutilité de ce livre. Je ne le conseille pas, surtout pour les grands fans de Lorenzaccio d’Alfred de Musset, qui risqueraient d’être consternés et choqués par cet ouvrage.

Ma note : 4/10
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