Le scoop


Le scoop de Michelle Frances
377 pages, éditions l’Archipel, à 22€


Résumé : Quand une jeune journaliste lanceuse d’alerte s’apprête à sortir un scoop, elle dérange… Au point qu’on l’élimine. Décidée à faire la lumière sur sa mort, Kate, sa mère, s’expose à son tour au danger. Encore faut-il savoir d’où il vient… Le nouveau suspense psychologique de Michelle Frances, autrice de La Petite Amie et de La Remplaçante.
Une mort suspecte. Un secret.
Une mère déterminée à trouver des réponses à ses questions.
Kate a élevé seule sa fille Beth, son unique amour, sa fierté. D’autant que celle-ci vole depuis peu de ses propres ailes. Devenue journaliste d’investigation, elle s’apprête même à sortir prochainement le scoop qui lancera sa carrière !
Mais Beth meurt subitement. D’abord anéantie, Kate cherche à comprendre les circonstances de l’accident. Peu à peu, elle en arrive à douter. Beth a-t-elle été éliminée ? Son enquête dérangeait-elle à ce point qu’on ait voulu la faire taire ?


Extrait : « La moitié d’entre nous a dû passer devant au moins un sans-abri pour venir ici, sans lui accorder un seul regard, pensa-t-elle. Il était tellement facile d’ignorer les malheureux quand on n’était pas directement concerné. Tellement facile d’oublier et de poursuivre son chemin. »


Mon avis : Beth est une jeune journaliste en devenir, actuellement stagiaire dans un quotidien national anglais, mais bien décidée à devenir reporter. Une place qu’elle convoite avec Piers, également journaliste. Pour se démarquer de son concurrent, Beth va tenter de mener une enquête dangereuse, qui sera un scandale national : dénoncer l’usage abusif de produits phytosanitaires et leurs dangers sur l’humain. Mais avant qu’elle ne puisse arriver à la conclusion de son enquête, Beth trouve la mort dans un accident à vélo. Sa mère, Kate, souhaite poursuivre les investigations, comme une forme d’hommage à sa fille décédée et un besoin d’aider les familles touchées par le malheur.

Kate est une femme pleine de courage et d’humanité. Délaissée par ses parents alors qu’elle était encore très jeune, obligée d’élever Beth seule, elle a toujours fait passer le bonheur de sa vie avant le sien. Elle s’est battue chaque jour de sa vie pour lui offrir le meilleur, travaillant jusqu’à l’épuisement, même sans diplôme et formation. La perte de sa fille unique est une tragédie inconcevable. Elle cherche d’abord à comprendre les conséquences de sa mort, avant d’accepter l’inacceptable et de tenter d’améliorer les choses, seule consolation à sa perte. Se mettre au service des autres devient son exutoire, son seul but, sa vengeance sur la vie. Elle veut aider les familles victimes de sévices et faire éclater au grand jour la vérité, comme l’aurait voulue sa fille. Rendre justice aux opprimés, c’est l’une des raisons principales qui a poussée Beth à devenir journaliste. Finis les faux-semblants, la malhonnêteté et l’injustice, Kate veut se battre pour la vérité. Un bel hommage rendu à sa fille décédée.

Hélas, le sujet est sensible et extrêmement polémique. Il a été rendu publique via l’affaire Monsanto, une entreprise américaine spécialisée dans la chimie et la biotechnologie pour le secteur agricole, accusée d’avoir rémunérée de faux scientifiques pour discréditer les lanceurs d’alerte et garder une image positive des produits vendus. Dans Le scoop, Michelle Frances met en avant une entreprise fictive similaire, qui se cache derrière de fausses expériences scientifiques pour réconforter la population sur les effets des produits qu’elle vend. Mais bizarrement, dans un petit village d’Angleterre, Beth découvre qu’énormément de familles sont victimes de cancer, leucémie ou autres maladies graves. Leur seul point commun : elles vivent à la campagne et sont donc en contact permanent avec les terres agricoles et les produits phytosanitaires qui y sont déversés quotidiennement.

Tenter de percer à jour les magouilles de ces multi-millionnaires est une entreprise risquée. Kate va l’apprendre à ses dépens lorsqu’elle recevra ses premières menaces anonymes – des courriers qui l’incitent à arrêter ses recherches ou elle devra en payer de sa vie. Ses messages d’horreur la font alors réfléchir sur les conditions de décès de sa fille : et si Beth ne s’était pas fait renverser accidentellement ? Les personnes qui se cachent derrière ces sociétés placées dans des paradis fiscales, seraient-elles prêtes à tout pour préserver leurs intérêts ? La tension est palpable et s’accentue au fur et à mesure de la lecture, ce qui donne un récit rythmé, qui nous tient suffisamment en haleine jusqu’au bout.


Un thriller prenant, qui dénonce les miasmes de certaines multinationales, prêtes à tout pour leurs profits. Bien qu’étant un récit assez noir, l’humanité prime sur la cruauté et contribue à la réflexion.

Ma note : 7/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-8098-4191-6
Traduction : Maryline Beury

Publicité

La petite amie


La petite amie de Michelle Frances

517 pages, éditions Pocket


Résumé : ELLE AIME VOTRE FILS…

Laura a tout pour elle : un beau mariage, une situation enviable et un fils, Daniel, qu’elle adore.
Quand ce dernier, étudiant en médecine de vingt-trois ans, rencontre Cherry, superbe jeune femme issue d’un milieu modeste, Laura l’accueille à bras ouverts.

… ELLE VEUT VOTRE MORT !

Mais elle va bientôt découvrir sa future belle-fille sous un tout autre jour… bien plus sombre. Et si Cherry n’en voulait qu’à l’argent de son fils ?
Les deux femmes vont dès lors se livrer une guerre sans merci. Un jeu qui pourrait se révéler fatal…


Extrait : « Les mensonges avaient la fâcheuse habitude de vous mettre dans l’embarras. »

« Elle avait une intime conviction : les occasions cimentaient le couple et plantaient de nouveaux jalons. Plus on faisait de choses à deux, plus on se forgeait des souvenirs, et plus on se forgeait des souvenirs, plus on avait l’impression d’être ensemble depuis longtemps. Et alors la relation passait au stade supérieur. »


Mon avisDaniel fait la rencontre de Cherry, qui jeune femme qui travaille dans une agence immobilière. Laura, la mère de Daniel, est d’abord très enthousiaste par l’arrivée de cette jeune femme dans la vie de son fils, et se fait une joie de la rencontrer. Mais elle va vite déchanter quand elle va s’apercevoir que cette dernière en a après l’argent de son fils. Vexée de ces accusations qu’elle juge comme mensonger, Cherry va tout faire pour éloigner Laura de Daniel et prouver que la relation qu’elle entretient avec son petit ami est dénué de tout intérêt financier.

Dans l’imaginaire populaire, la relation belle-mère/belle-fille n’est jamais aisée. Les mères se sentent souvent dépossédées de leur fonction maternelle, et on peur de perdre l’amour de leurs fils. Naissent alors des tensions et de la jalousie avec leurs belles-filles, qui deviennent leurs principales rivales. C’est exactement ce qui transparaît dans La petite amie : une mère possessive, qui souhaite à tout prix protéger son fils, qui n’hésite pas à s’immiscer dans sa vie privée, au détriment de son intimité. Et d’un autre côté, nous avons Cherry, la petite amie bafouée, qui ne supporte plus ces intrusions incessantes et souhaite garder son chéri pour elle seule. 

Leur but est pourtant le même : rendre heureux Daniel, mais elles n’arrivent pas à s’entendre, à communiquer et à trouver de solutions probantes pour aller de l’avant. Va alors naître progressivement une haine réciproque, qui va aller grandissante entre les deux femmes, qui vont se faire les pires crasses qui puissent exister. Sans aucune pitié, sans penser aux conséquences, elles vont dire et faire des choses qui dépassent l’entendement.

J’avoue avoir particulièrement détesté le personnage de Cherry. Tout, dans son attitude envers Laura, en vers Daniel, envers Wendy, sa propre mère, dans ses paroles, dans sa manière d’être, m’ont fait horreur. C’est une femme condescendante, manipulatrice, égoïste, qui m’a agacée dès les premières pages, et ce, jusqu’à la fin du livre. Mais elle n’est pas la seule à m’être antipathique, puisqu’Howard, le père de Daniel, mari de Laura, est un personnage qui m’a également énervé. C’est un homme marié, mais qui trompe sa femme depuis des années avec sa partenaire de golf, sans jamais avoir eu le courage de mettre un terme définitif à son mariage pour suivre la voie de son coeur. Sa lâcheté, doublée de son manque d’intérêt pour la vie de Daniel ou pour celle de Laura, en fait un personnage haïssable et odieux.

Le récit en lui-même est intéressant, l’écriture est fluide et l’intrigue bien menée, mais j’ai trouvé qu’il manquait quand même un peu de rythme dans l’histoire. Ce roman fait plus de 500 pages, et en définitive, il ne se passe quasiment rien, les actions sont infimes, distillées avec parcimonie, si bien qu’on ressent presque un sentiment de vide en fermant le livre. D’autant plus que le dénouement, que j’aurais pensé peut-être surprenant, ne l’est pas spécialement. On le devine facilement, et on quitte l’histoire avec un goût d’inachevé dans la bouche.


Michelle Frances nous dépeint une relation belle-mère/belle-fille qui dépasse les limites de la bienséance. Une histoire agréable à découvrir, mais pas inoubliable. Si j’avais un conseil à vous donner : méfiez-vous de votre belle-fille !

Ma note : 6/10

Pour lire plus d’avis