Level 26, tome 2 : Dark Prophecy

Level 26, tome 2 : Dark Prophecy d’Anthony E. Zuiker
363 pages, éditions Michel Lafon, à 19,50€
Résumé : Steve Dark devrait être au fond du gouffre: la femme qu’il aimait est morte par sa faute, massacrée par le même psychopathe qui a tué ses parents adoptifs. Mais Dark n’est pas un homme ordinaire. C’est un chasseur, capable de se glisser dans la peau des tueurs les plus aguerris et d’infiltrer leurs pensées meurtrières pour mieux les traquer. II se sent désormais investi d’une mission qui n’est pas limitée par les règles de la police et qu’il ne soumet à aucune autorité, qu’elle soit gouvernementale ou morale. Une mission qui, il l’espère, lui permettra enfin de restaurer la justice.
Extraits : « Je pense que les tueurs en série sont comme le cancer. Quand on les dépiste suffisamment tôt, on peut sauver des vies. »
« Il n’y avait qu’un truc pire que d’avoir été cambriolé, pensa Green. C’était de rentrer chez soi au beau milieu d’un cambriolage.« 

Mon avis : ENFIN : je retrouve l’auteur qui m’a tant fait frémir dans le premier tome de Level 26. Autant vous dire que je me suis goulûment jetée sur ce second livre, et que je l’aie dévoré en un rien de temps…

Fidèle à lui-même, Anthony E. Zuiker bourre ses thrillers de tensions narratives et d’actions en continus. C’est le cas pour Dark Prophecy, avec beaucoup d’actions, crée grâce aux meurtres qui s’enchaînent sans discontinuer. Ce coup-ci, l’intrigue se base sur les cartes du jeu du tarot : en effet, l’assassin reproduit les dessins des cartes à l’identique lorsqu’il assassine ses victimes. Des victimes qui semblent prises au hasard, éparpillées dans tous les états Américains, qui se font tuer à un rythme frénétique. Notre célèbre inspecteur Dark, après avoir abandonné ses fonctions au FBI suite à la première affaire présentée dans le premier tome, est intrigué par cette affaire. Il va donc tenter de la résoudre en parallèle de la législation, avec l’aide d’une mystérieuse femme surnommée Graysmith.

Le lecteur retrouve avec plaisir le personnage de Dark, le James Bond moderne d’Anthony E. Zuiker ; toujours aussi attachant, il est à la fois professionnel, affectueux, réaliste et médiculeux. Toutes les qualités lui sont promues. Les autres personnages n’ont pas d’intérêt particulier, ils ne sortent pas autant du lot que Dark.
Un prénom bien symbolique, qui colle parfaitement avec l’atmosphère sombre, confinée et angoissante du roman.

En effet, l’auteur a écrit des chapitres concis, qui s’enchaînent donc rapidement, qui donnent envie de prolonger notre lecture, mais qui fait également monter le récit en tension. Un choix brillant, qui m’a angoissé et effrayé durant toute l’histoire.

Mais contrairement au premier tome, j’ai trouvé l’intrigue de celui-ci un petit peu plus brinquebalante. L’enquête menée par les policiers n’était pas très bien expliquée, le lecteur se perdait un peu dans les méandres de meurtres. De plus, le dénouement ne contenait pas de contours nets – ne lisez pas la suite si vous ne souhaitez pas être au courant de certains détails du final de ce livre -, je n’ai pas compris le mobile des assassins, ni leurs intentions, leurs idées… Ils m’ont juste fait penser à des fous furieux, qui tuaient pour le plaisir de tuer.
Je trouve quand même dommage que l’auteur ait plus concentré son récit autour de l’action, des nombreux meurtres et du mystère des cartes de tarot, sans pour autant pondre une fin assez satisfaisante et cohérente.

Hormis quelques petits désagréments au niveau du dénouement, j’ai beaucoup aimé frissonner, courir en adéquation avec les policiers, tenter de rechercher des mobiles pour ces meurtres… Un bon moment de lecture. Je lirai certainement le troisième et dernier tome prochainement.

Bien sûr, tout comme le premier tome, l’histoire reste interactive : le lecteur a la possibilité de visionner des séquences vidéos tournées par l’auteur lui-même, qui met en scène sa propre histoire.

Ma note : 7/10

Level 26, tome 1

Level 26, tome 1 d’Anthony E. Zuiker
373 pages, éditions Michel Lafon, à 19,50€

 

Résumé : Les policiers du monde entier répartissent les criminels sur une échelle de 1 à 25, selon leur dangerosité. Un tueur échappe à cette classification. Cruel à l’extrême, insaisissable, sévissant sur tous les continents, il ne connaît aucune limite ni aucun mode opératoire de prédilection : c’est le niveau 26. Un seul homme peut l’arrêter. Il s’appelle Steve Dark, et depuis que ce monstre a massacré sa famille, il s’est juré de cesser de traquer les psychopathes. Mais bientôt, il n’aura plus le choix.

Extraits : « On ne pousse pas quelqu’un qui se trouve au bord du gouffre. On essaie d’abord de le faire reculer avant de tenter de comprendre de quoi il s’agit. »
« Parfois, vous avez dans l’oeil un regard qui indique que vous voyez plus que ce qui vous entoure. Que vous regardez dans le présent. Que vous voyez votre avenir, qu’il soit heureux ou triste. Vous voyez ce qui a été, ce qui est et ce qui aurait pu être… »

Mon avis : Hautement originale, sanglante, horriblement effrayante, une histoire à faire pâlir de jalousie les plus grands succès de Stephen King. Ce premier tome de la trilogie Level 26, aussi surprenant soit-il, m’a entièrement conquise.

La boule au ventre, les larmes aux yeux… voilà ce que je recherche tant dans tout bon thriller. Anthony Zuiker, à l’origine scénariste et producteur de la série télévisée des Experts, connaît les fils du métier, sait comment terrifier tout un chacun. Mélangeant des scènes de crimes sanglantes et inexpliquées à une atmosphère lourde et oppressante, il fait planer dans l’air une obscurité permanente. A partir de ces premiers éléments de base, il rajoute une bonne dose de mystère dans son récit, qui deviendra la clef centrale de l’histoire, l’énigme à résoudre.
Avec un criminel masqué, un inconnu cruel, qui semble venu d’ailleurs, l’auteur ancre définitivement le thème de son roman dans la dangerosité, la cruauté et l’horreur.

Pour rajouter davantage de terreur dans ses scènes, Anthony Zuiker, en tant que bon créateur télévisuel, a eut l’idée nouvelle de mettre en place une interraction entre les personnages inanimés du livre et des scènes filmés avec de vrais acteurs. Nous pouvons donc suivre chapitre par chapitre des extraits correspondants aux actions du livre, disponibles sur le site officiel du roman, Level26. Certaines descriptions du livre accordés avec les êtres humains de chair et d’os des vidéos rend plus vivant le récit, et appose sa dose d’effroi supplémentaire.

Le second tome attend déjà d’être lu, sagement rangé dans ma biliothèque. J’ai hâte de découvrir le soupçon de nouveauté que nous réserve l’auteur. Le dénouement du premier tome aurait pu marquer la fin de l’histoire, mais les quelques lignes qui clos celui-ci laisse présager bien d’autres mystères.

N’ayez pas peur d’accéder à vos peurs les plus profondes, ne craignez pas l’homme du niveau 26, et foncez découvrir l’horrible histoire tout droit sortie de l’imagination d’Anthony Zuiker. Pour ma part, après avoir frémi durant une bonne partie du roman, je n’ai plus qu’une envie : me replonger dans l’univers si sombre de cette fantastique trilogie.

Ma note : 8,5/10

Reviens-moi

Reviens-moi de Rachel Ward.
300 pages, éditions Michel Lafon, à 15,95 €

 

Résumé :Que se passerait-il, si vous aviez commis un acte terrible, mais dont vous ne parviendriez pas à vous souvenir ?
Sur la rive d’un lac gelé, Carl s’éveille alors que des pompiers emportent le corps sans vie de son frère et mettent en lieu sûr une jeune fille tremblante et glacée. Que s’est-il passé dans l’eau ? Il l’ignore. Sa seule certitude est que cette adolescente est liée à la mort de son frère, et qu’il doit absolument la rencontrer pour faire la lumière sur cette tragédie. Elle est son seul espoir de retrouver la mémoire. Ensemble, ces adolescents devront percer le sombre secret qui les unit et les causes de ce drame. Mais n’est-il pas dangereux de vouloir la vérité à tout prix ? Quand les souvenirs refont surface, il est trop tard pour les enfouir à jamais.

Extraits :  « Être hors de danger, ça n’existe pas, n’est-ce pas ? Notre vie ne tient qu’à un fil. Une chose, rien qu’une toute petite chose, et tout est fini. »
« Comment sait-on que l’on devient fou ? Est-on différent, physiquement ? Peut-on le voir dans ses propres yeux ? »

Mon avis : Mon avis concernant Reviens-moi ne pourra pas être complètement objectif, car ce livre entre dans la catégorie littéraire fantastique, un genre que je ne lis que très peu, voire pas du tout. Sans vouloir m’attirer les foudres des adeptes de ce style de livres, j’essaierais de rester dans ma chronique, la plus impartiale possible.

Avant de demander ce livre, j’aurais sans doute du me renseigner un petit peu plus sur le genre littéraire et le contenu de l’ouvrage. Foncer tête baissée en ayant vu la sublime couverture mise en place par les éditions Michel Lafon et en ayant lu le résumé très attrayant, je n’ai pas tout de suite compris que ce livre était en réalité un récit fantastique. Mais j’ai quand même essayé de le lire… en ne vous cachant pas que j’ai sauté certains passages (notamment vers la fin, où je commençais à m’endormir).

Pendant les premiers chapitres, le lecteur (peu importe son genre littéraire de prédilection), est complètement perdu. Le personnage est distant, il est quasiment amnésique, Rachel Ward ne fait aucune description de son physique ou de son caractère, et on se retrouve dans une ambiance très mystérieuse et pesante. Cette atmosphère a été voulue par l’auteure, et son pari a réussi : le lecteur est déstabilisé par le manque d’informations qu’il reçoit.

Mais très rapidement, les principaux personnages se dévoilent, et nous percevons mieux l’intrigue de l’histoire. Malheureusement, le suspense n’est pas présent. Dès le début, nous savons ce qu’il s’est déroulé dans le lac, nous connaissons les actes et les conséquences qui ont découlaient de cette noyade.
De plus, même si l’intrigue est pratiquement effacée au profit des actions des personnages, elle est répétée inlassablement tout au long de l’histoire. Je comprends que la noyade est le noyau de ce livre, mais le répété encore et encore, dans presque tous les chapitres, je trouve ça un peu osé… et terriblement lassant !

L’histoire ne m’a pas embarquée, je n’ai pas réussi à déceler la psychologie des personnages, et en plus, je ne me suis même pas attaché à eux.

Le gros plus, que je tiens à souligner, est le décor sombre et obscur qu’à dressé Rachel Ward. Une atmosphère terrifiante, avec des conditions climatiques qui appuient cet aspect-là, avec en prime, le très petit nombre de personnages. Car en lisant ce roman, je me suis très vite rendue compte que les personnages secondaires étaient presque inexistants. Les protagonistes semblent seuls, délaissés de tous, dans une ville fantôme. Je dois dire que l’auteure a fait fort sur ce coup-là ; ce récit aurait très bien pu entrer dans une catégorie de « thriller fantastique ».

Je ne vais pas m’étendre sur le thème du fantastique, vu que je ne suis pas une « experte » dans cette zone-ci, mais je trouve qu’il était, certes, présent, mais légèrement en retrait. Comme j’ai déjà testé certains romans fantastiques, j’ai pu comparer le degré de surnaturels présent dans Reviens-moi et à mon avis, il est assez minime.

Si vous aimez bien le fantastique plutôt noir, je pense que ce roman vous plaira. Mais même sans être une fan incontestée de ce genre, j’ai remarqué quelques longueurs assez pénibles…

 

Ma note : 5/10

Ainsi va la vie

Ainsi va la vie de Fabio Volo
285 pages, éditions Michel Lafon, à 18,95€

 

Résumé : Ils étaient si heureux ensemble… que s’est-il passé ? Eux qui se sont trouvés, choisis et séduits dans une gare. Eux qui pouvaient s’enfermer des heures dans une chambre avec un « Prière de ne pas déranger » accroché à leur porte. Eux qui n’avaient besoin de rien ni de personne d’autre. Ensemble, ils semblaient si légers et inséparables. Eux qui aujourd’hui se trouvent chacun d’un côté de la pièce.
Le nouveau roman très attendu de Fabio Volo est une immersion dans le quotidien d’un couple dont l’amour évolue. C’est aussi le récit de la crise qui peut s’ensuivre après l’arrivée d’un enfant… À la passion succèdent les responsabilités et la difficulté d’être ensemble. Quand on s’est aimés passionnément puis éloignés, est-il possible de retomber amoureux ?

Extraits :  « J’ignore s’il existe un dessein divin, si les personnes qui se rencontrent sont destinées à le faire ou si la vie est seulement une série de coïncidences et d’inconnues agencées par le hasard. Je n’ai jamais eu une idée claire à ce sujet, je peux seulement dire que certains événements de notre vie évoluent de façon si synchronisée qu’ils laissent à penser qu’ils sont guidés par quelque chose. »
« Le secret d’une relation n’est pas de continuer à s’aimer, c’est d’accorder les deux personnes que l’on devient en étant ensemble. »

Mon avis :  Fabio Volo nous raconte la naissance de l’amour au sein d’un couple ainsi que l’évolution de leurs sentiments. L’auteur nous met face à nos angoisses et nos questionnements à tous : qu’est-ce que l’amour ? comment savoir quand on est amoureux ? l’amour diminue-t-il avec le temps, ou au contraire, se renforce-t-il ?

Sofia et Nicola tombent amoureux au détour d’une rue à Rome, alors qu’ils étaient tous les deux en déplacement. Pour eux deux, c’est le coup de foudre immédiat. Ils vont se revoir plusieurs fois, jusqu’à finalement officialiser leur relation. Les années passent, leurs vies commencent à changer imperceptiblement ; ils s’installent ensemble, ont plus de responsabilités et moins de liberté. Alors quand Sofia annonce à son conjoint qu’elle est enceinte, leur vie va prendre un nouveau tournant.

Ainsi va la vie, c’est à la fois un roman fictionnel, avec des protagonistes et une intrigue principale, mais aussi une sorte de recueil de développement personnel, qui parle de l’amour, de la vie de couple et des sentiments généraux. L’auteur nous met face à tous nos démons. A travers ces deux personnages, on se prend à réfléchir sur la naissance et la définition précise de l’amour. Qu’est-ce que l’amour ? Quand apparaît-il ? Comment être sûr de ses sentiments ? Mais ce n’est pas tout : l’auteur questionne la globalité d’une vie commune ; par exemple comment ne pas se lasser de son partenaire ? On découvre également les changements et/ou bouleversements qui accompagnent l’arrivée d’un enfant. Un enfant, c’est synonyme de responsabilités et d’éducation. Dès que l’on a décidé de s’occuper d’un enfant, nous sommes en devoir de le faire durant toute sa vie. Mais parfois, comme dans le cas de Nicola, un enfant peut s’avérer source de jalousie, de problèmes, d’éloignement et de doutes.

L’histoire est on ne peut plus réaliste, car ce genre de questionnements arrive presque à tous les coups dans chaque couple. On s’émeut des doutes et indécisions qui parcourent ce couple, surtout après avoir vécu/vu la passion qui les animait au tout début. On s’attache également rapidement aux personnages, notamment au protagoniste, Nicola, qui nous offre sa propre vision d’homme, sur ce que représente pour lui l’amour. Je regrette quand même de ne pas avoir pu profiter d’une vision plus féminine. Une narration en deux voix – Sofia et Nicola – nous aurait permis d’englober la situation et de comparer la vision de chacun.

Cette lecture est agréable et moderne, elle nous fait passer un bon moment, tout en soulevant en nous des interrogations. Mais Ainsi va la vie, ce n’est que des questionnements en continu, c’est surtout une majestueuse ode à l’amour et aux sentiments. Merci beaucoup aux éditions Michel Lafon et au site Livraddict pour cette belle découverte.

Ma note : 7/10

Loup solitaire

Loup solitaire de Jodi Picoult
395 pages, éditions Michel Lafon, à 17,95€

 

Résumé : Luke Warren est un spécialiste du comportement des loups. Il s’est rendu célèbre en partageant la vie d’une meute pendant près d’un an dans le Grand Nord canadien. Mais à son retour, sa famille s’est disloquée. Sa femme Georgie l’a quitté, son fils Edward a coupé les ponts après une dispute irréparable, et sa fille, Cara, qui vit avec lui, s’est brouillée avec son frère qu’elle considère comme responsable du divorce de ses parents. Depuis cinq ans, Edward vit en Thaïlande, quand un coup de téléphone vient bouleverser son existence : son père est dans le coma à la suite d’un grave accident, et ses deux enfants doivent être présents pour décider de son sort. Cara attend un miracle, mais Edward préconise de cesser l’acharnement thérapeutique et de faire don des organes de Luke. Agit-il par altruisme ou par vengeance ? Que cache son départ au bout du monde ? Jusqu’où Cara ira-t-elle pour l’empêcher de prendre une décision irrévocable ? Et quel est le secret qui la tourmente ? Quand la vie d’un père est dans la balance, qui a le droit de choisir son destin ?

Extraits : « Ceux qui se tournent vers les animaux ont été déçus par les humains. »
« La vraie peur du loup, ce ne sont pas ses terrifiantes mâchoires, qui peuvent exercer une pression de cent cinquante kilos par centimètre. Son véritable atout, c’est de savoir qu’il possède cette arme, et la liberté de l’utilisere ou non. »

Mon avis : Après l’époustouflant Pardonne-lui de la même auteure, qui avait été mon coup de coeur livresque de l’année 2013, je me suis lancé à corps perdu dans son nouveau roman, récemment traduit en français. La quatrième de couverture était attrayante, la couverture toujours aussi sublime… je pensais que Jodi Picoult était une valeur sûre, et qu’elle me ferait passer un excellent moment de lecture. Malheureusement, après la brillante histoire que j’ai cité précédemment, Loup solitaire me laisse un peu perplexe.

Luke Warren travaille dans un refuge de loups à Redmond’s, refuge qu’il a lui-même fondé, en fonction de sa passion : les loups. Il ne vit que pour eux, ne pensent qu’à eux, vit avec eux, comme lors de son immersion de deux années au Québec, dans des plaines sauvages, pour tenter de se faire accepter dans une meute de loups. Tout cela au détriment de sa femme et de ses deux enfants, déboussolés par la passion trop encombrante de Luke. Mais là n’est pas l’histoire principale narrée dans Loup solitaire. Luke et sa fille Cara ont eu un accident de la route, qui a plongé ce dernier dans un état végéatif. Edward, parti vivre en Thaïlande suite à une violente dispute avec son père, revient sur ordre de sa mère. S’ensuit un combat sans fin entre deux extrêmes qui s’affrontent : Cara, qui vit avec son père, séparé de sa mère, qui voue un culte sans borne à cet homme sauvage, ami des loups, qui croit dure comme fer que son père est apte à se réveiller, peut importe la durée de son état. Et Edward, de l’autre côté, qui n’a eu aucun contact avec son père depuis six ans, mais qui détient un papier, qu’il a signé lors de ses quinze ans, qui donne l’entière responsabilité des soins médicaux sur le corps de Luke, si celui-ci avait un problème. L’euthanasie, pour Edward, est imminente. Des avis contrebalancés, une guerre fratricide qui aboutit au même espoir : faire ce dont Luke aurait voulu qu’on fasse pour lui.

Vous l’aurez compris, c’est de l’euthanasie que traite principalement Jodi Picoult dans ce roman. Une décision dure à prendre pour la famille, souvent contrecarré, comme prouvé dans cet ouvrage, pas totalement comprise ni accepté par la société. Décider de la vie ou de la mort d’une personne n’est pas chose aisée. Comme démontré dans Loup solitaire, cette décision engendre bien des sacrifices, des procédures longues et douloureuses.

De nombreux procès s’ouvrent, notamment pour départager le frère et la soeur, qui n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la position à adopter à l’égard de leur père. J’avoue m’être passablement ennuyer lors de ces très longs interrogatoires au tribunal, spectatrice endormie de ces joutes verbales.

Chaque chapitre comporte un narrateur différent. Les protagonistes se succèdent pour raconter leur point de vue sur l’histoire, ce qui rend le récit un peu plus dynamique et diversifié.

En outre, je tiens à félicier l’auteure, qui démontre à travers les récits narratifs de Luke Warren, les nombreuses recherches qu’elle a du effectuer sur les loups, leurs conditions de vie, leurs habitudes… Lorsque celui-ci racontait ses aventures dans le Québec enneigé, parmi la meute de loups avec laquelle il s’était lié, les descriptions étaient si réalistes qu’ont auraient pu aisément prendre ce récit comme un témoignage véridique. Bravo pour la large documentation, qui permet d’enrichir mes connaissances sur les loups – même si ça ne m’intéressait que trop peu, j’ai aimé la fervente passion de Luke, allant jusqu’à se sacrifier, lui et sa famille, pour ses bêtes chéries.

Ma chronique n’est pas aussi enthousiaste que celle de Pardonne-lui. L’histoire est différente, mais toute jolie, malgré des longueurs et une sensation de stagnation quelque peu agaçante au bout de plus de 300 pages.

Ma note : 5,5/10