Humour·Littérature suédoise·Roman

Le monde selon Britt-Marie


Le monde selon Britt-Marie de Fredrik Backman

395 pages, éditions Mazarine


Résumé : Britt-Marie, 63 ans, n’est absolument pas passive-agressive. C’est juste que la crasse, les griffures et les tiroirs à couverts rangés n’importe comment la font hurler intérieurement. Elle sort tout juste d’un mariage et d’une vie de femme au foyer qui ont duré quarante ans, et le seul travail qu’elle ait pu dégoter la conduit à Borg, un village frappé par la crise qui s’étire le long d’une route où tout est fermé, en dehors d’une pizzeria qui empeste la bière. Britt-Marie déteste le football, or il ne reste rien d’autre à Borg. Voilà qui ne présage pas grand-chose de bon.
Mais quand les enfants de l’équipe du village ont si désespérément besoin d’un coach qu’ils sont prêts à confier le boulot à n’importe qui, que Britt-Marie ne soit ni compétente, ni volontaire n’empêche personne de la recruter! Et quand, sur ces entrefaites, Britt-Marie accepte l’invitation à dîner d’un policier et se fracture la main dans un solarium, elle ne peut plus faire machine arrière.
Le monde selon Britt-Marie est une histoire et une déclaration d’amour. Sur une femme qui a attendu toute une vie que la sienne commence enfin, et sur les villages le long de routes, dans lesquels c’est au football et aux pizzerias que l’on renonce en dernier.


Extraits  « Les souvenirs de Britt-Marie sont comme ses tapis : difficiles à nettoyer. »

« On aime le football parce que c’est instinctif. Quand un ballon roule vers nous dans la rue, on tape dedans. On l’aime pour la même raison qu’on tombe amoureux. Parce qu’on ne peut pas s’en empêcher. »


Mon avisJe ne pensais clairement pas aimé autant ce livre, et pourtant, je le referme avec le coeur lourd et les yeux humides.

A 63 ans, la vie de Britt-Marie est déjà bien entamée. Après 40 ans comme femme au foyer et épouse passive, Britt-Marie, fraîchement séparée de son compagnon, décide de se trouver un travail. Elle atterrit à Borg, un village pittoresque, déserté par ses habitants, où ne subsiste qu’une pizzeria, qui fait aussi office de bureau de poste, garage et épicerie, ainsi que quelques enfants, qui ont décidé de monter une équipe de foot. Bon an mal an, Britt-Marie, qui pourtant déteste le football, devient le coach de cette équipe de Borg. Une nouvelle vie s’offre à elle.

Le personnage de Britt-Marie est difficile à décortiquer, puisque c’est une femme qui intériorise toutes ses émotions et ne laisse que très peu de choses filtrer. J’avoue qu’au début de ma lecture, j’avais un peu de mal à prendre Britt-Marie au sérieux. Elle me renvoyait l’image d’une femme un peu simplette, agaçante et peu intéressante. Mais au fil de ma lecture, j’ai totalement changé d’avis sur elle. En effet, le personnage de Britt-Marie a éclos, et j’ai ainsi pu découvrir une femme courageuse et généreuse, qui a su me toucher.

En somme, ce livre, c’est un peu la découverte du monde selon Britt-Marie. Femme au foyer depuis toujours, pieds et poings liés à son mari, Britt-Marie va s’émanciper et s’ouvrir au monde. Elle va sortir, rencontrer du monde, découvrir de nouvelles choses, et enfin profiter de la vie !

Fredrik Backman a réussi à instaurer un parfait équilibre entre un humour potache et une gravité existentielle, tant est si bien que le lecteur est obligé de réfléchir sur sa propre vie. Grâce à Britt-Marie (et accessoirement à Fredrik Backman), je me suis questionné sur la vie que je menais, sur la façon dont je la menais et sur ce que je pourrais changer pour améliorer ma manière de vivre.

Si je n’avais qu’une leçon à retenir de ce livre, ce serait le suivant : il faut apprendre à vivre pour soi, et non pour les autres.


Une comédie loufoque, décalée mais intelligente, qui nous donne matière à réfléchir sur sa propre vie. Agréablement surprise par cette lecture, que je recommande !

Ma note : 8,5/10

 

Littérature française·Saga familiale

Danser, encore


Danser, encore de Julie de Lestrange

268 pages, éditions Mazarine


Résumé : Alexandre, Marco et Sophie connaissent une amitié de trente ans et autant d’amour, de blessures, de déceptions et de joies. Désormais adultes, confrontés au poids du quotidien et des responsabilités, à l’existence et ses tourments, sonne l’heure de faire des choix.
Mais qu’advient-il dès lors qu’il n’y a plus de guide ? Que reste-t-il des certitudes lorsque le sort frappe au hasard ? Juste un vertige, profond et déroutant, des liens indéfectibles, et parfois comme la nécessité de respirer, le besoin de danser et celui de s’aimer.
Découvrez la bande de copains drôles et attachants qui a fait le succès de Hier encore, c’était l’été, et plongez dans une magnifique histoire d’amour, un hymne à l’entraide, qui fait la part belle à la vie et à notre humanité.


Extraits :  « Au moins la maladie de son fils lui avait-elle appris l’immédiateté de la vie, son caractère insaisissable, le fait que chaque seconde s’échappait dans le temps, et que rien, finalement, n’était plus concret que le présent. Jamais il ne revivrait cette minute-là, entouré des gens qu’il aimait profondément, qui composaient son bonheur, sa raison d’être et ses tourments. Ce moment était unique et, mentalement, il s’ingéniait à le photographier. »

« A quelques mètres, une vieille dame déverse le contenu d’un arrosoir sur une plate-bande de chrysanthèmes. Une à une, elle ramasse les feuilles mortes venues s’accumuler sur la tombe. Lorsqu’elle a fini, elle caresse le marbre d’un air attendri. Il s’agit probablement de son mari. Même défunt, elle continue de s’occuper de lui. »


Mon avisAprès avoir lu (et beaucoup aimé) Hier encore, c’était l’été, j’ai eu la chance de pouvoir découvrir la suite des aventures de Marco, Sophie, Alexandre, et toute leur bande d’amis. Bien que ce livre s’inscrive dans la continuité des aventures de ces héros, rien ne vous empêche de le lire séparément. Vous ressentirez sans doute moins d’attachement pour les personnages, mais l’intensité du récit sera la même.

Danser, encore, c’est une histoire qui permet de redonner espoir. Malgré les drames qui peuvent arriver dans la vie (maladie, décès…), il faut savoir se relever, aller de l’avant et continuer à avancer. Alexandre et Sophie, parents d’un petit Nathan qui souffre d’une maladie respiratoire, en sont le parfait exemple : malgré la gravité de la maladie de leur fils, ils ne se laissent pas abattre et continuent de vivre. Marco a lui aussi dû faire face à l’âpreté de la vie, puisqu’il a perdu son frère, décédé lors d’un accident. Mais la vie continue, et il doit continuer à se battre pour lui.

Le titre du livre est donc parfaitement choisi pour illustrer le message que souhaite délivrer l’auteur : se relever, encore, et continuer à profiter de cette courte vie. Ne pas se laisser dépérir, mais vivre. Comme on le sait tous si bien : derrière chaque orage, vient le beau temps. Un beau message d’espoir, qui m’a particulièrement touché. Pour vous mettre parfaitement dans l’ambiance, je vous conseille de lire les moments les plus intenses du récit avec le titre de Calogero Danser encore, en fond sonore. C’est la chanson qui a inspiré l’auteure pour écrire son livre. Émotions garanties !

Danser encore, c’est aussi des histoires d’amitié, des histoires d’amour, des histoire sur la vie. Joies, bonheur, tristesse, désespoir… A travers l’évolution de ses personnages, Julie de Lestrange nous dépeint un tableau complet de la vie humaine. C’est bien écrit, c’est beau, c’est touchant. J’ai été une fois encore embarqué dans le cercle intime de ces amis, j’ai vécu intensément ce qu’ils ont vécus, j’ai ressenti tout ce qu’ils ont ressentis. Puis l’histoire s’est finie, plutôt brutalement, et j’ai dû laisser une nouvelle fois ces personnages pour retourner à ma petite vie. Fort heureusement, comme à la fin de son premier roman, l’auteure laisse présager une suite au quotidien de ses héros. J’espère que l’attente ne va pas être trop longue, puisque j’ai déjà hâte de les retrouver !


Un roman de vie, rempli d’émotions, qui se lit facilement et rapidement. N’hésitez plus, et entrez dans la danse !

Ma note : 6,5/10