Trois jours avant Noël et Le Voleur de Noël


Trois jours avant Noël & Le Voleur de Noël
de Mary & Carol Higgins Clark

443 pages, éditions Le Livre de Poche


Résumé de Trois jours avant Noël : Nora Reilly, célèbre auteur de romans policiers, n’a vraiment pas de chance. Passe encore d’être hospitalisée trois jours avant Noël pour une jambe stupidement cassée, mais quand son mari Luke et son chauffeur Rosita Gonzalez se font kidnapper par deux affreux méchants, Nora commence vraiment à se faire du souci.

Pas tant pour le million de dollars que réclament les preneurs d’otages, mais bien pour la vie de ceux-ci. Heureusement, Nora a sous la main sa fille Regan, détective privée de son état. Celle-ci sera bientôt rejointe par Alvirah Meehan, une collègue bien précieuse…

Résumé de Le Voleur de Noël : New York. Au pied du Rockefeller Center, sur la 5eme Avenue, on fête tous les ans Noël en musique, autour d’un immense sapin. Mais cette année, une mystérieuse disparition dans les forêts du Vermont risque de gâcher la tradition.

A moins qu’avant les douze coups de minuit, Regan Reilley et Alvirah Meehan ne démasquent le coupable qui a ravi un butin beaucoup plus précieux qu’on ne le croit.


Extraits : « La culpabilité est un cadeau qu’on ne finit jamais de recevoir.. »

« Lorsqu’un danger menace un être qui vous est proche, l’esprit se transforme en un kaléidoscope de souvenirs. »


Mon avis : Ce livre contient deux histoires policières, qui sont écrites à deux mains, par la très célèbre Mary Higgins Clark et sa fille, Carol Higgins Clark. Toutes deux se passent durant les fêtes de fin d’année.

La première, Trois jours avant Noël, est l’histoire du kidnapping de Luke, directeur de plusieurs funérariums et de sa chauffeuse, Rosita. La fille de Luke, Regan, est une détective reconnue dans sa profession et se lance à la recherche de son père. Aidée par Alvirah, une voisine et détective à ses heures perdues et Jack, un policier très compétent, ils espèrent retrouver Luke et Rosita avant le grand soir de Noël.

Dans la seconde histoire, Le voleur de Noël, nous retrouvons l’ensemble des personnages de la première enquête : Luke, Nora, Regan, Jack, Alvirah et Willy. Ils se retrouvent tous ensemble dans le Vermont et vont être les témoins de disparitions inquiétantes : celle de leur amie Opal d’abord, puis de l’épicéa qui aurait dû être abattu et trôner au centre du Rockfeller Center. Nos enquêteurs font tout de suite le rapprochement entre ces disparitions et la libération de Packy, un escroc condamné pour une douzaine d’années de prison, qui s’est échappé alors qu’il était en libération conditionnelle.

Les deux histoires se déroulent quelques jours seulement avant Noël. Mais hélas, je n’ai pas ressenti tant que ça la féerie de cette période de l’année. J’avoue qu’il est plus compliqué de placer un contexte de fêtes de Noël dans des romans policiers, mais quand même, au vu des deux titres des ouvrages, je pensais me projeter un peu plus que ça dans cette période. Il y a quand même quelques références à Noël : le déguisement du père Noël dans la première histoire, l’arbre de Noël du Rockfeller Center dans la seconde histoire… mais c’est tout. Assez léger quand même et pas suffisant pour être immerger dans l’esprit de Noël, vous ne trouvez pas ?

À part ça, j’ai quand même trouvé les deux histoires bien construites, remplie de suspense, avec suffisamment d’actions pour nous tenir en haleine jusqu’à la fin. D’autant, il faut le rappeler, que ces deux histoires ont été écrites à quatre mains : ce ne devait pas être évident de combiner les idées et d’écrire à tour de rôle, de façon à ce que chacune des deux auteurs puisse retrouver un peu de sa pâte dans les histoires. J’ai apprécié découvrir Carol Higgins Clark, la fille de la très grande écrivaine Mary Higgins Clark et lirai avec plaisir l’un de ses polars si l’occasion se présente.


Un livre regroupant deux histoires policières écrites à quatre mains, qui vous divertira en attendant Noël.

Ma note : 7/10

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La nuit du renard

La nuit du renard de Mary Higgins Clark
222 pages, éditions Le Livre de Poche

 

Résumé : Ronald Thompson doit mourir sur la chaise électrique. Témoin terrorisé, le petit Neil a affirmé, au cours du procès, le reconnaître comme le meurtrier de sa mère. Mais Ronald a toujours clamé son innocence. À quelques heures de la sentence, l’enfant est enlevé avec une jeune journaliste amie de son père, par un déséquilibré qui se fait appeler Renard. Il les séquestre dans la gare centrale de New York. Le kidnappeur menace de faire sauter une bombe au moment précis où le condamné sera exécuté. Existe-t-il un lien entre ces deux terribles faits divers ? Un innocent va-t-il payer pour le crime d’un autre ? Une course contre la montre s’est engagée…

Extrait : « J’ai appris qu’aucun homme n’a le droit de déterminer l’heure de la mort de l’un de ses semblables. Je crois que ce pouvoir n’appartient qu’à Dieu seul et… »

Mon avis : Mary Higgins Clark m’a déjà habituée à des histoires tortueuses, souvent imprévues et surprenantes, à l’action incessante et au dénouement fascinant. La nuit du renard n’échappe pas au scénario propre des polars de l’auteure ; une histoire exceptionnellement intense, au suspense retentissant, empli de courses poursuites haletantes. Ce roman, bien que très court, a su séduire pleinement ses lecteurs, et a même remporté le Grand prix de la Littérature policier étrangère en 1980.

Alors que Ronald Thompson, jeune homme accusé d’avoir tué une femme dans sa propre maison est à deux doigt de mourir sur la chaise électrique, le mari de la défunte, Steve ainsi que sa nouvelle compagne Sharon, débattent encore concernant la peine capitale. C’est empli d’un sentiment contradictoire qu’ils se séparent, Steve partant dans une direction rejoindre son boulot, et Sharon, rentrant chez Steve rejoindre Neil, le fils de ce dernier. Mais cette nuit-là, un mystérieux assassin, qui se fait appeler Renard, va enlever les Neil et Sharon, les enfermer dans un lieu abandonné sous la gare de Grand Central Station, et va demander une rançon considérable à Steve contre la vie de ces deux personnes qui lui sont cher. Déboussolé, complètement perdu, Steve, accompagné du FBI, va émettre une étrange hypothèse qui relierait l’assassin de sa femme à Renard…

Bien que ce polar ne fasse que 200 pages, ces mêmes 200 pages sont entièrement remplies de suspense et d’actions, continuellement. Le lecteur reste suspendu aux lignes qui défilent, respiration bloquée, presque en apnée, happé par le déroulement des événements. Pas d’ennui, bien au contraire : une furieuse envie de tourner encore et encore les pages, pour découvrir le fin mot de l’histoire.

Les personnages mis en scène n’ont pas de caractères singuliers. La banalité des personnalités ne les a pas rendus personnellement attachants. Néanmoins, une certaine affection s’est développée, une pitié pour Steve, de la compassion pour l’effroyable épisode qu’il est en train de vivre. La seule pointe d’originalité dans les personnages présentés peut se voir à travers Sharon, jeune femme vive, forte mentalement et physiquement, rusée, aux actions héroïques, qui n’hésite pas à mettre sa vie en danger pour sauver celles des autres.

Le dénouement du roman est particulièrement fascinant. Alors que le Renard a planifié l’explosion d’une bombe à 11h30 dans la gare, les policiers sont encore à l’oeuvre pour retrouver le lieu où sont retenus Sharon et Neil. On vit chaque instant au présent, mais les minutes deviennent des heures. Tout est ralenti, le temps défile à une allure insoutenable, le lecteur, haletant, se dépêche de tourner les pages pour savoir la finalité du récit.

Un très bon polar, finement écrit de la part de Mary Higgins Clark, bourré d’actions, de suspens et d’enquêtes. J’ai passé un excellent moment à lire ce livre… même si je ne pense pas qu’il restera indéfiniment dans mon esprit.

Ma note : 7/10

Rien ne vaut la douceur du foyer

Rien ne vaut la douceur du foyer de Mary Higgins Clark
457 pages, éditions Albin Michel, à 22€

 

Résumé : Elle s’était juré de ne jamais revoir la maison où sa mère était morte, où elle l’avait tuée. Bien sûr, elle n’était qu’une enfant, c’était un accident, mais pour beaucoup Liza Barton était une criminelle. Les années ont passé. Liza, devenue Celia, connaît enfin le bonheur. Jusqu’au jour où Alex, son mari, à qui elle n’a jamais rien dit, lui fait une surprise en lui offrant une maison dans le New Jersey… Mendham, la maison de son enfance. En guise de bienvenue, ils trouvent cette inscription, en lettres rouge sang : « Danger ! » Quelqu’un connaît la véritable identité de Celia et tente de lui faire endosser un nouveau crime. Tandis qu’elle essaie désespérément de prouver son innocence, le vrai tueur, dans l’ombre, guette ses proies…

Extraits : « Pâle étoile du soir, qui brille au firmament, astre de l’espoir, exauce mon souhait. »

Mon avis : La première lecture d’un polar d’une grande auteure Américaine, Mary Higgins Clark, dont j’attendais beaucoup, a sue combler mes espérances, et a fait succomber mon coeur de lectrice. Ce roman policier, que tout un chacun aurait pu qualifier de classique, de banal dans l’énorme flot de ce genre, détient une once d’originalité, qui rend la plume de l’auteure féerique.

Il faut dire que la mise en bouche de l’histoire n’est pas banale. Une petite fille, répondant au nom de Liza Barton, voilà des années de çà, tire accidentellement sur sa mère, en tentant, en réalité, de tuer son beau-père, Ted Cartwright, qui violenter la susdite mère. Préambule prometteur, mais la suite l’est davantage.
Bien des années plus tard, la même petite fille, devenue femme, a changée d’identité, s’appelant maintenant Célia. Mère d’un petit garçon, accompagné d’un homme du nom d’Alex, ils vont emménager, suite à une surprise d’Alex, dans l’ancienne maison de la protagoniste, celle-là même dans laquelle sa mère est morte.
Cachant ce terrible secret, elle va très vite déchanter en se rendant compte que quelqu’un connaît la vérité, cette même personne qui veut l’accuser d’une nouvelle flopée de meurtres.

Vous l’aurez sans doute compris, Rien ne vaut la douceur du foyer ne présage pas un récit doucereux, comme peut l’affirmer le titre, mais bien une angoissante histoire de secrets, de meurtres et d’enquêtes.

Entrant vivement au coeur du sujet, Mary Higgins Clark a une façon bien à elle de présenter l’intrigue. D’une manière à fois fois détaché mais conjoint au lecteur, elle nous amène dans un imbroglios d’énigmes, tordues, parfois surnaturelles ou impensables, qu’elle arrive à faire paraître réaliste. Grâce à son écriture chaude et animée, le lecteur se laisse glisser dans les affres du tourment de la protagoniste.

Une Célia Nolan – ou Liza Barton, comme bon vous semble – totalement déboussolée et dépassée par les événements qui surviennent dans sa vie. D’un point de vu humain, il faut comprendre ses réactions – évanouissements, soustraction d’informations capitales, peur et panique… -, mais d’un autre côté, le fait de cacher des indices la rend d’autant plus coupable et suspecte. Certaines décisions prises ne correspondent pas totalement à un esprit clair, bien au contraire, les sombres attitudes avec laquelles elle s’agit, laissent présager un noir avenir.
Pas totalement emballée par la protagoniste, le récit en lui-même accentue bien plus mon attraction pour ce livre.

Une histoire mystérieuse, tout droit sortie d’un esprit machiavélique, dotée d’un suspense saisissant, et d’une capacité de confusion extrême.

Mais à trop vouloir bien faire, on en finit pas moins mal. Le dénouement, triste descente finale, marque l’ultime coup de massue que le lecteur se récolte. Malheureusement ici, Mary Higgins Clark, voulant adapter ce roman-ci aux polars dit traditionnels, a essayé de retourner d’une façon totalement abracadabrante la situation finissante. Une décision ratée, de mon point de vue, qui n’entre pas du tout dans le thème de l’histoire. Un final en parallèle du récit initial, complètement en contre-courant de l’enquête menée. La romancière a tentée le coup de grâce, mais ne l’a pas réussi.

Pour conclure, je dirais que ma découverte de Mary Higgins Clark a été fructueuse, mais tout de même agréable, accompagnée de bonnes surprises, qui ont enjouées mes journées. Le roman en lui-même est un très bon roman policier, tordu et haletant, comme l’attend si prestement le lecteur. Attention à la fin, qui pourrait vous surprendre – ou vous décevoir, c’est au choix.

 

Ma note : 7,5/10