Chambre froide

Chambre froide de Tim Weaver.
415 pages, MA éditions à 20 €

 

Résumé : Un an après la mort de son fils, Alex, Mary Towne est convaincue de l’avoir vu dans la rue. Elle demande à David Raker, un détective qui recherche les personnes disparues, de le retrouver. D’abord réticent, Raker, hanté par la mort récente de sa femme, finit par accepter. GRAVE ERREUR. David Raker commence à percer à jour la vie d’Alex, et découvre qu’il n’était pas aussi innocent que sa mère le croyait. Dans son passé, sont enfouis de lourds secrets, des secrets dangereux qui n’auraient jamais dû être découverts et des tueurs prêts à tout pour les protéger, à n’importe quel prix. Raker ne tardera pas à découvrir que certaines choses sont bien pires que la mort… « 

Extraits : « La mort n’est pas une chose contre laquelle vous pouvez vous battre. Il ne s’agit pas d’une chose tangible. C’est un ennemi invincible, une bataille déloyale, un adversaire qui avance dans l’ombre. »
« Quand on est un tueur, on le porte sur soi, comme une plaie qui ne cicatrise jamais.« 

Mon avis : Si vous aimez les livres remplis d’actions, avec des scènes vraiment horrifiantes et remplies de sang, ce livre est fait pour vous !

Alex devait être mort dans un accident de voiture, mais sa mère, Mary, est persuadée de l’avoir croisé dans la rue il y a quelques mois. Ayant peur de se faire passer pour folle en affirmant l’avoir vu, elle va se tourner vers un détective qui recherche des personnes disparus, en espérant qu’il pourra l’aider. Alex, va donc se lancer à la recherche du jeune homme, sans se douter de toutes les monstrueuses aventures qu’il aura à traverser…

Ce thriller est facile et rapide à lire (enfin, pour ma part, du moins, j’ai tellement été absorbé par ma lecture que je l’ai finis en moins de temps qu’il ne faut pour le dire !)

Dès le début de ma lecture, la tristesse d’Alex m’a sauté aux yeux, j’ai eu pitié de lui, ressentant de la compassion à son égard. Perdre quelqu’un qu’on aime est dur, ce n’est pas souvent facile de s’en remettre, mais lui essaie quand même de lutter, et continue à vivre, malgré le manque de sa femme, décédée d’un cancer peu de temps avant. Lui qui au début du livre paraît frêle, nostalgique et maussade, va se révéler être quelqu’un de robuste, de costaud, de vaillant, n’ayant pas peur du danger et allant au bout de sa « mission ». Il est le personnage principal du roman, mais également le seul qui m’a bien plût. J’ai trouvé Mary un peu trop naïve, bêbête sur les bords, Alex m’a semblé quant à lui au dessus de tout, parallèle au monde et aux hommes. Enfin, les sbires de fondateur du Projet Calvaire (dont je ne révélerais pas le nom, bien évidemment, suspense oblige !) étaient tous aussi fous les uns que les autres.

Si certaines scènes de bagarres traînaient un peu, l’ennui dans ce roman ne se fait pas sentir. Il se passe toujours quelque chose : de l’action, du rebondissement, ou des informations importantes pour comprendre la suite de l’histoire, chaque page à son intérêt !
J’ai déjà lu certains livres avec l’appellation « thriller » qui ne faisaient pas peur du tout et ne cassaient pas trois pattes à un canard, mais Chambre froide ne fait pas parti de cette catégorie-là, bien au contraire. Remplis de scènes d’horreurs à faire peur à plus d’un, avec des bains de sangs n’en finissant plus de se terminer, des tortures plus horribles les unes que les autres… vraiment, si vous lisez ce livre un soir dans votre chambre : faites attention à ne pas faire de cauchemars !

Pour finir, certains passages du livre m’ont parus floues, mais ce n’est qu’à la fin que l’éclaircissement est venu. Comme quoi, l’intrigue est tenu jusqu’au bout. Le dénouement est aussi improbable, jamais je n’aurais pu deviner une fin comme celle-ci…

En conclusion, Chambre froide est un vrai thriller, bourré de scènes d’actions et de rebondissements. C’est également un roman psychologique, qui absorbe le lecteur et ne le lâche plus !

 

Ma note : 8,5/10
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Les justes

Les justes de Michael Wallace.
300 pages, MA éditions, à 17,90 €

 

Résumé : Par une froide nuit dans le désert de l’Utah, une jeune femme s’enfuit de chez elle, son enfant endormie dans les bras. Plusieurs heures après, elle est retrouvée morte la gorge tranchée et la langue arrachée – et fait curieux, sa petite fille a été ramenée dans son lit. Les habitants de Blister Creek souhaitent voir ce meurtre affreux résolu au plus vite, car ils font partie d’une communauté unique en son genre : une secte polygame dissidente des Mormons, qui ne peut se permettre de voir cette affaire filtrer dans le « monde extérieur ». Ils font donc appel à l’un des leurs : Jacob Christianson, fils d’un patriarche respecté, et accessoirement cousin de la victime. Avec l’aide de sa soeur adolescente, Eliza, Jacob commence à enquêter sur cet étrange meurtre et met bientôt au jour un monstrueux secret, qui pourrait détruire les fondations même de leur église…

Extraits :  « Dieu n’interfère pas dans le libre arbitre des hommes. Il ne peut empêcher toutes les choses horribles d’arriver. »
« Il est crucial de préserver l’harmonie dans la communauté. Ceux qui s’y opposent ouvertement perdront toujours, au final. »

Mon avis : J’ai commencé la lecture de ce roman sans aucune appréhension : la couverture est magnifique, il est indiqué que ce livre est un thriller, la petite phrase de présentation est intrigante « Quel terrible secret cache cette communauté mormone ? » et le résumé m’a beaucoup plût. Je me suis donc directement lancé dans ce curieux roman.

Nous assistons dès le début du roman à la scène la plus macabre du livre. Amanda Kimball s’enfuit avec sa fille de la maison dans laquelle elles vivent, pour venir trouver le père Joseph pour une raison inconnu. Malheureusement pour elle, deux hommes viennent à la découvrir. Ils lui tranchent la gorge et lui arrache la langue.
Suite à cette scène, Jacob, étudiant dans la médecin, ainsi que sa demi-soeur Eliza, arrivent à Blister Creek sous les ordre de leur père, pour résoudre l’affaire, et retrouver le meurtrier de leur cousine, Amanda… mais également pour rencontrer leur futurs époux. Car ce n’est pas un hasard si tous les personnages cités précédemment se connaissent tous et sont reliés d’une quelconque manière : nous venons d’atterir dans une communauté mormone, où les hommes n’ont pas moins de trente enfants.
Qu’est-il arrivé à cette pauvre Amanda et à son enfant ? Eliza et Jacob vont-ils suivre les ordres de leur Père et de l’église ?

En débutant ma lecture, une sorte de malaise m’a enveloppé. Peu habitué à ce genre de lecture et à ses coutumes très originales que nous offre ce roman Les justes, il m’a fallu un certain temps d’adaptation pour enfin me sentir à mon aise dans l’histoire.

En parlant de malaise, j’insiste sur les codes spéciaux de la communauté mormone qui autorise et recommande la polygamie, de sorte que les hommes se retrouvent avec plusieurs femmes à charge et énormément d’enfants. De plus, ces jeunes femmes ne peuvent pas choisir leur futur mari, elles doivent se plier au choix de leur père, ou de leurs frères. Réduites au rang d’animaux servant essentiellement à ressentir du plaisir pendant quelques instants et à procréer, cette communauté de mormones semble de pas respecter les femmes à leur juste valeur. Les hommes dominent, et ça se ressent.

Dans Les justes, une réelle complicité unissait Jacob et Eliza. A travers les actes protecteurs de Jacob, et ses paroles bienveillantes, l’amour transparaissait. Très proche tout au long de l’histoire, ils restent soudés, se racontent quasiment tout, et ne se quittent pas une seconde, se protégeant mutuellement des mésaventures qui pourraient leur arrivé.
Mais la curieuse attitude des personnages ne laissait pas apercevoir leur réel avis sur leur communauté. Sont-ils réellement heureux ? Croient-ils en l’Eglise, ou n’est-ce qu’une figure qu’ils se donnent ? Si certains passages favorisaient la réponse à cette question, le passage d’après remettait directement en doute cette découverte. On ne sait donc pas vraiment ce que pense les personnages sur leur propre communauté.

Ce livre était fort intéressant, il instruit énormément sur les pratiques des mormons, leur mode de vie, et les traditions qu’ils ont l’habitude de réaliser à l’Eglise, entre eux. J’ai cru comprendre que l’auteur, Michael Wallace, a lui-même fait parti d’une communauté mormone. Il partage avec ses lecteurs toutes ses connaissances et son expérience. Il retranscrit la vie de ce « peuple » à travers un thriller aussi effrayant physiquement que psychologiquement (grâce à ses personnages plutôt… originaux).

Arrivé à la moitié du roman, j’ai réussi à me plonger parmi cette communauté, et à réellement comprendre leur mode de fonctionnement.
Malheureusement, concernant le livre en général, je l’ai trouvé bien long. Certains passages étaient superflus, inutiles et bien ennuyant, alors que d’autres étaient au contraire bien palpitants… mais trop courts !

 

Ma note : 5,5/10

Dorian Gray : Le portrait interdit

Dorian Gray ; Le portrait interdit
de Nicole Audrey Spector.
224 pages, MA éditions, à 14,90 €
Résumé : Dès sa parution, Le Portrait de Dorian Gray, accusé de prôner l’hédonisme et de saper les fondements de la morale, connut un énorme succès. En 1890, le Daily Chronicle écrivait que le roman d’Oscar Wilde risquait de « contaminer les jeunes esprits qui le liraient ». Eh bien, critiques victoriens, accrochez vos ceintures et préparez-vous à affronter Dorian Gray – Le Portrait interdit de Nicole Audrey Spector : encore plus torride, obscène, excitant, brûlant et moralement corrompu que l’histoire originale d’Oscar Wilde !
Extraits :  « C’est seulement dans la fiction que les faits peuvent parler sans peur. »
« Les femmes sont lacées et corsetée, écrasées et prisonnières d’elles-mêmes… jusqu’à ce qu’elles commencent à pleurer. Alors elles s’effilochent de partout, partent à la dérive loin d’elles-mêmes, juste pour être de nouveau rembobinées par les pauvres fous qui les aiment. »

Mon avis : Après ma lecture du très fameux roman d’Oscar Wilde Le portrait de Dorian Gray qui me revient parfaitement en mémoire, tant j’avais aimé l’histoire, Le portrait interdit de Dorian Gray écrit par Nicole Audrey Spector, qui est une parodie de l’histoire originale, m’a tout de suite attirée. Tout d’abord, j’ai été heureuse de retrouver mon cher Dorian Gray (quelque peu transformé dans cette nouvelle version), ainsi que son affreux portrait. Mais j’ai surtout été intriguée par la nouvelle tournure que l’auteure allait pouvoir imaginer à cette histoire ; j’avais hâte de replonger dans le Londres du XiXème siècle.

Je ne fais pas de court résumé pour raconter cette histoire, car elle est presque identique à l’originale, sans, évidemment, tous les détails, et en enlevant certains personnages. Le seul gros point qui a changé, est bien évidemment le genre du livre : alors que Le portrait de Dorian Gray était un classique à la limite du fantastique, cette édition du Portrait interdit de Dorian Gray se révèle être un roman érotique.

Se plaçant dans la lignée de la saga Cinquante nuances de Grey (que je n’ai pas lu, et que je ne souhaite pas lire), Le portrait interdit de Dorian Gray mêle amour, passion et sexe, en préservant la base classique de l’histoire.

Comme vous devez vous en douter, ce livre ne se classe pas dans la catégorie « grande littérature », il n’arrive même pas à la cheville du livre original… mais pour tous les amoureux du Portrait de Dorian Gray, je vous le conseille : vous verrez alors Dorian Gray sous un nouveau jour…

Car même si le livre en lui-même est peu volumineux, les scènes de sexe sont nombreuses. La première scène se met très vite en place, et elle peut même choquer le lecteur tant elle est vulgaire et « trash ».

Nicole Audrey Spector reprend quelques points essentiels du roman, souvent peu visibles par le lecteur, mais qui constituent un tournant de l’intrigue. Nous pouvons donc remarquer qu’à l’intérieur du livre d’Oscar Wilde, le protagoniste se montre très timide au début, puis finit par devenir l’opposé du personnage qu’il était au début. Nicole Audrey Spector va reprendre exactement cette idée, et elle va faire passer le personnage de Dorian d’un opposé à un autre. Au commencement, il était un homme réservé, peu engageant, traité comme un soumis que l’on ballotte au grès de nos envie, il va se raffermir et devenir dominateur, cruel et très hautain. Pour le lecteur, ce Dorian est quelqu’un de très antipathique…

L’auteure a néanmoins rajouté sa petite touche personnelle à l’histoire (outre les scènes de sexe). Dans mon souvenir, je ne me souviens pas que l’intrigue secondaire du roman d’origine ait été identique à celle présentée dans ce livre. Même si elle était assez prévisible, je l’ai trouvée forte originale.

Pour résumé, je pense que ce roman, sans entrer dans la crème de la littérature, a été une lecture agréable et divertissante. J’ai eu le plaisir de retrouver de nouveau ce cher Dorian Gray, même si son caractère me donnait des envies de meurtres.

Ma note : 6/10

Je serai toujours là

Je serai toujours là de Philippe Savin.
300 pages, MA éditions, à 17,90€

Résumé : Récemment affecté dans les Cévennes, le commandant Nathan Prieur espère un nouveau départ avec sa femme et ses deux filles. Mais de nouveau, il se retrouve confronté à l’horreur lors du meurtre abominable d’une adolescente.
Nathan Prieur, impliqué personnellement dans cette affaire, se lance sur les traces de l’assassin.
Un compte à rebours impitoyable commence, car il en est certain : le monstre ne s’arrêtera pas là.
Des destins se croisent. Des vies s’effacent. Des meurtres sont perpétrés avec une incroyable cruauté. Des mensonges oubliés surgissent du passé. Des fantômes hantent les bâtiments en perdition. Le mal rôde sur les Cévennes. La folie s’est emparée des hommes…
Jusqu’où Nathan Prieur devra-t-il aller pour connaitre la vérité ?
Et vous, jusqu’où irez-vous pour sauver l’être que vous aimez ?

Extraits : « L’espoir n’est présent dans le coeur des hommes que pour les pousser à continuer à vivre. Un espoir qui s’éteint est une vie qui meurt. »
« L’amour est un combat perpétuel, lieutenant. Un combat qui n’est jamais gagné d’avance. Un amour peut se détruire et déchirer notre coeur en quelques secondes si l’on n’y prend pas garde. »

Mon avis : Ce livre m’a d’abord attiré par sa sublime couverture, qui est plutôt représentée dans des tons sombres, qui attisent la curiosité. De plus, la petite phrase accrocheuse « Il y a des vérités qu’on ne devrait jamais découvrir » renforce l’aura de mystère qui encercle ce roman. J’ai fini par me lancer à l’assaut de ce livre, en partant d’un très bon sentiment.

Le livre se commence encore et toujours mystérieusement. S’il y a bien un terme pour décrire ce roman, je pense que serait véritablement le mot mystère. Tout est toujours très flou, peu précis… le lecteur ne peut jamais se faire une idée précise de la teneur de la situation.

Donc Je serai toujours là se débute, comme tout bon thriller, par une étrange disparition (plusieurs, devrais-je dire pour ce roman-ci). Comme d’habitude, les policiers se retrouvent très vite avec un cadavre sur les bras, et des énigmes pleins la tête. La spécificité de cette enquête-là, c’est que l’enquêteur n’est autre que le père de la disparue. Une situation dérangeante, assez frustrante, même, pour notre protagoniste, Nathan Prieur. Dans cette position-là, la carrière ne suffit pas, les émotions l’emportent toujours sur tout, quoique l’on puisse faire. Un bien triste scénario se profile alors à l’horizon. Une fille envolée, un père perdu, prêt à tout et n’importe quoi pour retrouver sa fille vivante, et faire payer sa disparition aux responsables.

On fait la rencontre des personnages secondaires d’un seul et même coup. Ils se multiplient, les uns après les autres, ce qui fait que l’on se retrouve avec un flot d’informations un peu trop conséquent pour le pauvre lecteur, qui, comme moi, n’a pas une très bonne mémoire, surtout concernant les prénoms et pseudonymes. Les personnages du domaine policier étaient un peu trop nombreux, et avaient tous un rôle différents, que je ne suis pas arrivé à bien situer. Concernant la famille proche de la victime et de son père, on fait la connaissance de la maman, bien évidemment, et de la soeur jumelle de la disparue, Chloé. Pour cette dernière, je trouve que Philippe Savin n’a pas assez développé son personnage. Arrivé à la moitié du roman, Chloé s’en va, et ne réapparaît jamais. Quel dommage, elle me paraissait pourtant très intéressante.

En parlant des personnages, je ne les ais pas trouvé très attachants. Ils me sont restés assez distants. Je n’ai d’ailleurs pas réussi à percer à jour un seul de leur très nombreux caractères, même au protagoniste. Comme quoi, ça renvoie au flou dont je parlais au début de cette chronique.

Concernant l’intrigue en elle-même, je l’ai trouvé pas mal. Néanmoins, elle aurait pu être nettement plus travaillée. C’est un peu brouillon, ça part dans tous les sens, on ne sait plus sur quel pied danser et où regarder. Mais le suspense est bel et bien présent.

L’atmosphère, quant à elle, est très pesante. Ce qui est un bon point, pour un thriller. Tout est sombre, noir et obscur. Aucune lumière, aucune pointe d’optimisme ni d’espoir ne traverse ces pages. Tout n’est que chaos, morts, sangs et terreur.

Les faits et gestes que peuvent avoir les personnages, ou la continuité des événements, étaient assez prémédités. Philippe Savin a voulu laisser quelques indices concernant les prochains faits qui allaient se produire, mais ces indices au lieu de passer inaperçus, me sont apparus, bien au contraire, comme énormes. C’est donc avec beaucoup de déception que le déroulement des choses se passait.

Sans vouloir être critique, j’ai trouvé que l’écriture de Philippe Savin était un peu trop longue et étendue. Les paragraphes se succédaient, souvent sans grand intérêt, et j’avais l’impression de lire du blablatage, des petites descriptions sans conséquences sur la suite des événements.

Néanmoins, là où Philippe Savin a fait fort, ça a été sur le dénouement. Je ne voudrais pas vous en révéler trop, mais si vous lisez ce livre, attendez-vous à être drôlement surpris à la fin. C’est cette même fin que j’ai préféré dans ce roman. Tout semble s’accélérer alors, la peur est bien présente, et l’envie du lecteur de savoir le fin mot de l’histoire est bien là ; je n’avais plus envie de lâcher le livre. Les dernières pages du roman sont une vraie révélation, qui prouve bien le talent prometteur de cet auteur.

Ce roman, qui aurait pu passer pour banal, va vous en faire voir de toutes les couleurs. Attendez-vous à frémir, et à rester abasourdi… vous êtes prévenus !

Jane Eyrotica

Jane Eyrotica de Karena Rose
300 pages, MA éditions, à 14,90€

 

Résumé : Jane Eyre a mené une dure vie de recluse : orpheline dès son plus jeune âge et méprisée par le reste de sa famille, elle a été envoyée à l’Institut Lowood, avant de devenir gouvernante au manoir de Thornfield. Elle qui n’a jamais pu satisfaire qu’en rêve ses besoins de tendresse et d’affection se trouve plongée dans un univers de passion, de désir et de sexe qu’incarne à ses yeux naïfs la personne du fier et ténébreux maître de la maison, Mr Rochester. Après quelques timides tentatives pour échapper à ses avances, Jane s’abandonne à son désir sauvage et brutal et se perd dans la fièvre de sa propre sensualité. Persuadée qu’un coeur se cache derrière les airs sombres et les réactions parfois brutales de son amant, elle cherche désespérément son amour et ses caresses avides. Mais elle découvre alors quelque chose dans le grenier… et son univers bascule pour toujours.

Extraits : « Il n’y a pas de bonheur plus grand que d’être aimé par ses semblables et de sentir que votre présence est une joie pour eux. »
« J’emportai ma poupée avec moi ; les êtres humains ont besoin d’aimer quelque chose. »

Mon avis : En tant que fan incontestée du roman classique Jane Eyre de Charlotte Brontë, je me fais un régal de lire les parodies qui découlent de ce fabuleux livre.

Loin de dénaturer le roman d’origine, Karena Rose retrace dans les grandes lignes les principaux événements se passant au court de ce récit, en y apposant sa touche d’érotisme. L’auteure a tentée un pari osé : reprendre un classique adulé, apprécié par tous, pour le tourner en roman érotique. Bien évidemment, le personnage éponyme est radicalement transformée. De la petite sainte nitouche, douce, souvent naïve mais attendrissante, Jane Eyre est vue désormais comme une jeune fille avide d’aventures, recherchant le plaisir de la chair, le désir des hommes. Assoiffée d’envies sexuelles, elle en devient fille facile, ne reculant devant rien, allant au devant des hommes pour satisfaire ses caprices érotiques.

J’ai déjà fais l’expérience du roman érotique grâce à Dévoile-moi de Sylvia Day (auteure agréablement sympathique, que j’ai d’ailleurs rencontrée), en étant un peu déçu de ce nouveau genre-là. Mais dans Jane Eyrotica, l’histoire qui se déorule au XIXème siècle combinée avec les scènes de sexes rendent celles-ci plus accordées et imbriquées dans le récit. Sans doute dû à l’éloignement de l’époque, ou aux pratiques et traditions différentes, l’érotisme se fraie un chemin sans détour, et se coule parfaitement dans le récit.
Pour ceux qui ont déjà eu le plaisir de lire la version originale de Jane Eyre, son personnage dans le roman de Karena Rose peut choquer au débbut, tant les versions sont différentes. Néanmoins, les scènes de sexe ne sont pas si violentes et cruelles, mais plutôt passionnées, remplies d’amour et d’extase.

Je n’ai pas été dérangée par cette version de l’histoire, bien au contraire ; voir l’une de mes héroïnes préférées dans d’autres situations l’a rendue plus vivante à mon goût, se dégageant de l’histoire écrite par Charlotte Brontë pour se mouvoir parmi d’autres circonstances. Une expérience sympathique, une protagoniste que j’aime toujours autant, qu’elles qu’en soient ses agissements.

Ce livre est à double tranchant ; les fans de Jane Eyre peuvent tout autant détester les faces obscures et coquines de l’héroïne que les adorer. C’est ce qui rajoute du piquant au récit. Pour ma part, j’ai adoré redécouvrir cette histoire, même si certaines situations semblaient relativement exagérées dans leur ensemble…

Ma note : 7,5/10

Neveu d’Hitler

Le neveu d’Hitler de Bob Martin
414 pages, MA éditions, à 19,90€

 

Résumé : Le jeune August a de la chance : sa mère Paula est la soeur d’Adolphe Hitler, chancelier du IIIe Reich. En ces temps troublés de guerre mondiale, son statut de neveu du Führer lui permet d’échapper aux Jeunesses Hitlériennes et de ne pas servir de chair à canon sur le Front Est. Mais August ressemble trait pour trait aux caricatures du Juif propagées par les nazis. Suite à un concours de circonstances, il est arrêté puis torturé par la Gestapo.
Incapable de prouver sa véritable identité, il est envoyé à Auschwitz, découvrant de plein fouet la terrible réalité de la solution finale. Va-t-il réussir à s’échapper de cet enfer ? Va-t-il s’échapper ? Plus qu’un simple roman, Neveu d’Hitler est un reportage terrifiant sur la vie quotidienne des Allemands sous le règne des nazis et les atrocités subies par tout un peuple du simple fait de sa religion.

Extraits : « Un ami n’est pas juif, catholique ou protestant. Un ami est un ami, on l’aime pour ce qu’il est, avec ses qualités et ses défauts. A la vie, à la mort, même si son dieu possède un autre nom, même si son église s’appelle une synagogue. Amis, nous le sommes, et nos destins le sont également. »
« Chaque seconde dure une minute, chaque minute dure une heure. Le temps prend son temps, je dois tuer le temps avant que le temps ne me tue. »

Mon avis : La couverture seule est assez explicite quant à l’histoire qui se cache entre ces lignes. Une histoire basée sur la Seconde Guerre Mondiale (et oui, encore, elle nous colle définitivement à la peau), avec une narration tout à fait inattendue, originale et fort surprenante.

Bob Martin est un féru d’histoire, particulièrement de cette monstrueuse guerre de 39-45, et son exaltation se fait parfaitement ressentir à travers ce livre. C’est grâce à un énorme travail « plus de cinq ans de recherche, de la lecture de centaines d’ouvrages spécialisés et du visionnage de milliers d’heures de documentaires » qu’il a pu retranscrire avec parcimonie et minutie le vrai contexte de cette époque en y ajoutant sa fiction personnelle.

Le Neveu d’Hitler alterne une partie narration de l’histoire centrale puis une seconde partie documentaire, où l’auteur explicite et apprend au lecteur de nombreux détails très intéressants sur cette période de guerre. Malheureusement, les parties étaient assez longuets, des chapitres plus fréquents et récurrents auraient permis de réguler plus aisément notre lecture.

Avant de débuter ce livre, il faut connaître un minimum l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale, ses grands événements, ses conséquences et ses responsables. Même si une totale connaissance n’est pas obligatoire, son rôle est d’aider plus facilement à la compréhension d’un tel ouvrage.

Le livre en lui-même est bien construit, très agréable à lire, fort intéressant (notamment les parties documentaires), mais facilement ordinaire. Hormis le personnage central qui détonne de tous les ouvrages identiques que j’ai pu lire jusqu’ici, l’histoire en elle-même reste la même, retrace les grands axes de l’histoire, sans pour autant sortir du lot. Ce roman penche beaucoup plus sur le documentaire que sur la fiction… mais une qualité lui est propre : il fait douter le lecteur sur la vraie identité du neveu d’Hitler.

L’horreur dans toute sa splendeur se dégage bien de ce livre, les sentiments les plus horrifiants sont mis à nus sous le regard terrifié du lecteur. Une réalité bien représentée, poignante et étonnante qui ne laisse personne de marbre. Mais un schéma narratif déjà vu, assez soporifique pour ma part, mais qui devrait sans doute plaire aux férus d’histoire. Je félicite néanmoins grandement Bob Martin pour son travail acharné, sa passion dévorante et communicative et l »impressionnante masse d’informations qu’il a pu nous transmettre.

 

Ma note : 5,5/10

Traquée

Traquée de Melinda Leigh.
360 pages, MA éditions, à 17,90 €

 

Résumé : Beth, jeune veuve remariée à un important politicien, découvre un terrible secret sur son nouvel époux. Elle doit alors prendre la fuite avec ses deux enfants pour échapper à une mort certaine. Lorsqu’elle décroche un job d’intendante dans une propriété isolée de Pennsylvanie, elle pense avoir enfin trouvé la cachette idéale. Hélas, son nouvel employeur meurt brutalement…

Quand l’inspecteur de police Jack O’Malley hérite de ce ranch, il n’est pas préparé à partager sa nouvelle demeure avec cette femme, manifestement terrifiée par quelque chose ou par quelqu’un, et encore moins au trouble qu’il ressent à chaque fois qu’il la croise. Tandis que Jack enquête sur le passé de Beth, une habitante des environs est sauvagement assassinée…

 

Extraits :  « En fait, les chevaux sont un peu comme de très gros chiens… en dix fois plus puants. »
« La mort était une chose définitive. Il n’y avait pas le temps pour un dernier baiser ou une dernière caresse, ni pour s’excuser d’une parole dure ou d’une dispute. Le monde implosait sans crier gare. »

Mon avis : Un roman qui annonce en couverture « Elle a dix heures pour disparaître et sauver ses enfants », or, nous ne vivons pas avec elle sa fuite. Un accroche-oeil mensonger, je n’ai pas lu une seule fois dans le livre qu’elle avait précisément dix heures pour disparaître… où l’éditeur est-il parti chercher ça ?

Beth a été recruté il y a peu comme intendante dans une espèce de ranch, par Danny O’Malley. Elle débarque donc avec ses enfants, mais découvre le vieil homme mourant. Jack (le fils ?) de Danny hérite du ranch, et décide de garder l’emploi de Beth, comme le souhaitait Danny. Très vite, Jack, ancien inspecteur de police, suspecte Beth de cacher quelque chose. Quelle ne fût pas sa surprise en découvrant qu’elle s’appelle en réalité Elizabeth Baker, que la presse la traite de « malade mentale » et que la police la recherche partout. La raison ? Elle est la femme du député Richard Baker.

Adepte des thrillers, quand j’ai lu sur la quatrième de couverture « Suspense romantique : Des destins de femme dont le quotidien vire au cauchemar. Pourtant, le meilleur n’est jamais loin du pire… » je me suis dis que ce livre était fait pour moi !

Le début commence directement avec l’arrivée de Beth au ranch, où elle y découvre le vieux Danny mort depuis peu d’une crise cardiaque. Jack évidemment, et ses deux cousins sont à son chevet : le premier s’appelle Quinn, il est médecin, et le second Sean, est policier. Elle fait la découverte de tout ce petit monde, elle se présente rapidement, et Jack décide de la garder chez lui. Pour un policier, si peu se méfier d’une inconnue qui pénètre dans sa propriété, je trouve ça fort ! Elle ramène ses enfants, et les jours passent, légers et normaux…

Jack, est un homme très généreux, qui a le coeur sur la main. Etant un ex-policier, on aurait pu croire qu’il soit violent ou assez méchant (grognon, même, vu qu’il a été retiré de ses fonctions à cause d’un accident à la jambe), mais non. Il se montre avec les enfants de Beth (et Beth elle-même), à l’écoute, attentionné, et réconfortant.
Du réconfort, Ben mais surtout Katie en ont besoin. Katie est toute frêle, elle est terrorisée. Plus à l’affût qu’une bête, quand Jack s’approche d’elle, elle ne peut s’empêcher de reculer d’un pas pour s’écarter. Ce n’est pas qu’elle manque d’amour ou qu’elle soit sauvage, mais un violent choc l’a traumatisée des hommes.
Beth a également été traumatisé des hommes, mais d’une autre façon. Elle se méfie d’eux, et ne fait plus du tout confiance à un quelconque mâle. L’amour envers ses enfants est très fort, le lecteur le ressent à travers les lignes. Pour sauver ses enfants, elle est prête à tout, à mourir, s’il le faut. Voir ses enfants souffrir pour une mère doit être horrible ; c’est pour cette raison que quand Beth voit que Ben et Katie s’épanouissent dans ce vieux ranch, elle est toute heureuse, et commence enfin à se lâcher et à respirer.

Vers le milieu du roman, comme vous vous en doutez certainement, une histoire d’amour commence à naître entre la jeune et « sauvage » Beth et l’ancien policier Jack. Durant ces passages, les scènes de sexe sont très présentes, elles comblent beaucoup de pages… trop, à mon goût. Par moment, l’impression que le sexe était la seule chose qui primait aux yeux de Jack était très forte. L’attraction physique était trop importante pour ces deux jeunes gens, mais ce n’était pas une raison pour nous déroulait à chaque fois les détails de leur liaison… ça en devenait lassant !

Bien évidemment, l’affection commence petit à petit à venir, puis à s’amplifier. Quand Beth disparaît quelques instants ou quand Jack apprend des nouvelles concernant son passé, il s’inquiète rapidement pour elle.

Outre ce côté romantique du roman, le suspense était très présent. Tout au long de ma lecture, je n’ai cessé d’être mal à l’aise, comme confinée dans un endroit assez étroit et étrange. Les pages se tournent réellement toutes seules, car à chaque fois, on en apprend davantage, mais pas suffisamment pour éclaircir complètement nos questionnements.

Le petit hic, que je trouve dommage, c’est l’histoire du tueur des berges. Déjà, je n’ai pas trouvé le lien qui unissait ce tueur et toute l’histoire de Beth. Pourquoi rajouter un tueur ? Les idées se sont donc emmêlées dans ma tête, je confondais événements passés de la vie de Beth, les meurtriers qui sont à ses trousses et ce même tueur. Si l’auteur voulait se lancer dans récit qui ressemble plus au thriller, il aurait pu renforcer ce côté sanguinolent du tueur et expliciter ses intentions et toutes ses « manipulations ». Creuser un peu de ce côté-ci n’aurait pas été de refus.

Autre point négatif ; le dénouement du livre a été plus que rapide. J’arrivais dans les 3/4 dernières pages, et je me posais une question « m’a-t-on enlevé des pages, ou me cache-t-on un second tome ? ». Et bien ni l’un ni l’autre ; c’est une fin éclair que nous écrit Melinda Leigh. Une fin bâclée écrit à la va-vite, qui aurait bénéficiait de plus de détails et de descriptions.

Une atmosphère pesante et effrayante, des personnages mystérieux et un tueur terrifiant. Un roman bien écrit et agréable à lire, malgré les quelques points négatifs relevés ci-dessus.

 

Ma note : 6,5/10