Winterhouse hôtel, tome 1


Winterhouse hôtel, tome 1 de Ben Guterson
430 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 7,90€


Résumé : Bienvenue à Winterhouse, l’hôtel extraordinaire ! Au programme des vacances de Noël : un secret de famille enfoui, un livre d’énigmes et une chasse au trésor …
Ben Guterson signe un premier roman qui ravira tous les amoureux des livres et des mots, superbement illustré par Chloé Bristol.


Extraits : « Parfois, il nous faut un regard neuf pour mieux voir ce que nous avions pourtant sous les yeux. »

« Mais par-dessus tout, ce dont il faut se souvenir : dans la vie, l’important, c’est la clé. Les clés élucident tous ces secrets qui vous ouvrent à la vie heureuse. Ne l’oubliez jamais. Cherchez la clé. »


Mon avis : À l’aube des fêtes de fin d’année, la jeune Elizabeth est envoyée par son oncle et sa tante passer les vacances seule à Winterhouse hôtel. Déboussolée par cette nouvelle, mais satisfaite de cette escapade qui va l’éloigner de ses proches qui ne l’aiment guère, la jeune fille échoue dans un somptueux hôtel, plus beau que tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Elle est accueillie par le propriétaire en personne, Nordbrigde, qui lui fait faire le tour des lieux et découvrir sa chambre. La jeune fille se familiarise facilement avec son nouvel environnement, ainsi qu’avec les autres clients de l’hôtel : elle se lie d’amitié à Freddy, un autre jeune garçon qui vient passer les vacances seul, elle est admirative devant Leona, la bibliothécaire, elle se prend d’affection pour messieurs Wellington et Rajput, qui reconstruisent un puzzle de plus de 30 000 pièces. Mais dans ce cadre enchanteur, certains phénomènes inquiètent la jeune fille.

Se mêle à l’histoire initiale des éléments de science-fiction et de paranormal qui viennent enrichir davantage le contenu fictionnel. Ainsi, on se rend compte assez rapidement qu’Elizabeth ressent ce qu’elle appelle une « étrange sensation », un sentiment incompréhensible, inexplicable, qui la prend dans des situations qu’elle n’attendait pas, qui se manifeste par des objets qui tombent, des livres qui se déplacent… En somme : des choses magiques se déroulent sous ses yeux. Une dose supplémentaire de suspense vient compléter ce schéma : Elizabeth est témoin de scènes énigmatiques, qui attisent sa curiosité ; le propriétaire de l’hôtel qui se rend chaque soir, très tard, seul, dans la bibliothèque ou encore deux clients assez pressants, tout de noir vêtus, qui sont arrivés en autobus à l’hôtel avec une caisse qui ressemble à un cercueil. Aidée de Freddy, la jeune fille va tenter de percer les mystères dont elle est spectatrice.

Autant vous dire que ce séjour à Winterhouse hôtel n’est pas de tout repos pour notre protagoniste et pour nous, pauvres lecteurs. Les actions s’enchaînent pour notre plus grand plaisir, l’histoire est dynamique, attrayante et rythmée. Nous essayons, au même titre que notre protagoniste, de mettre au clair les différentes énigmes qui se présentent sous nos yeux, de percer les mystères qui entourent l’ensemble de nos personnages. En bonus, les scènes sont souvent joliment agrémentée de dessins en noir et blanc, qui viennent apporter un peu plus de vie au récit – ou le rendre plus effrayant dans certains cas…

                                 

Je dois dire que j’ai été agréablement surprise par cette histoire. Les personnages sont attachants, le rythme est soutenu, l’intrigue est tangible, les décors somptueux – les amateurs de belles bibliothèques comme moi devraient être comblés en pénétrant dans l’antre de Léona, la bibliothécaire de Winterhouse hôtel. L’histoire peut d’ailleurs rappeler vaguement celle de notre jeune sorcier Harry Potter : Elizabeth est une jeune orpheline, qui vit chez son oncle et sa tante, qui l’envoient seule dans un hôtel à l’allure lugubre, qui m’a souvent fait penser à Poudlard. Là-bas, Elizabeth va se découvrir des pouvoirs magiques, va faire de jolies rencontres, comme de plus terrifiantes… le tout en vivant milles aventures plus enivrantes les unes que les autres !

Dans sa personnalité aussi, on peut percevoir des caractéristiques similaires à Harry Potter, avec notamment une capacité de réflexion qui laisse admiratif. Avec Freddy, son jeune compère, ils arrivent à créer des suites d’anagrammes surprenantes en un temps record : givre, vivre, vitre, litre, livre… Ils résolvent avec minutie des énigmes farfelues, montrent une réactivité sans pareil et un attrait tout particulier pour la littérature. En somme : des enfants précoces pour leur âge, mais qui s’amusent quand même à la luge et aux sports d’hiver proposés par l’hôtel. J’espère que de nombreux jeunes lecteurs auront envie de leur ressembler.


Mystères, énigmes et magie sont au rendez-vous de cette lecture simple, mais agréable. Un premier tome surprenant, qui a réussi à me séduire : j’ai hâte de découvrir la suite !

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-01-711896-1
Traduction : Anne-Sylvie Homassel

Le château des brumes


Le château des brumes de Kerstin Gier
375 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : Un hôtel somptueux, caché dans les nuages. Des intrigues à tous les étages. Et au milieu de tout cela, Fanny, une jeune stagiaire de 17 ans. Comme le reste du personnel, elle a fort à faire pour offrir aux clients un séjour exceptionnel en cette fin d’année. Elle est loin de se douter qu’elle va bientôt se retrouver au beau milieu d’une aventure périlleuse. Elle est loin de se douter qu’elle risque non seulement de perdre son emploi, mais aussi son cœur.


Extraits : « Vous m’avez dit qu’on ne pouvait prendre à personne sa maison quand on portait sa maison en soi-même. Et que l’on porte en soi tout ce qu’il faut pour être heureux. »

« Pour ma défense : on peut perdre de vue plus vite qu’on ne le pense des enfants dans la neige quand ils font exprès de filer et sont vêtus de blanc de la tête aux pieds. Des vêtements de ce genre devraient être interdits par la loi. »


Mon avis : Une lecture propice à la période de Noël : enchanteur, féerique, le château des brumes est un lieu atypique, idéal pour passer les fêtes de fin d’année… mais derrière son aspect propret, se cachent bien des mystères. Nous suivons Fanny, une jeune stagiaire de 17 ans, engagée pendant un an au château, pour réaliser de menues tâches du quotidien. À l’approche des fêtes, le château reprend vie, il se remplie, mais pas de n’importe qui : les clients sont des gens fortunés, qui viennent se relaxer loin de l’agitation de la société mondaine. Mais derrière son apparence tranquille, les murs du château sont secoués par des mystères ensorcelants, qui donneront du fil à retordre à notre héroïne.

Les décors du château son authentiques : des pièces à n’en plus finir, de mystérieux passages secrets dissimulés dans des endroits improbables, une décoration vintage, composée de lustres d’antan, d’une somptueuse bibliothèque, d’une immense salle de bal… un cadre féerique et enchanteur, qui ne m’a pas laissé indifférente. J‘ai grandement apprécié les descriptions de cet endroit, qui ont contribué à m’immerger d’autant plus dans l’histoire. Ajoutons à cela une ambiance de fête tout à fait exquise : la neige tombe à gros flocons, l’effervescence à l’approche des fêtes se fait sentir, les préparatifs vont bon train, les clients sont excités, tandis que les saisonniers sont inquiets et stressés.

Dans ce décor féerique se glissent de nombreuses intrigues. Vol de bougie, disparition d’enfants, personnage mystérieux à l’identité intrigante… autant de soucis qui irritent notre jeune protagoniste, bien résolue à résoudre tous ces tracas. Avec courage, elle va prendre les choses en main, bien décidée à mener à bien toutes ces enquêtes. Autant vous dire qu’on ne s’ennuie pas un seul instant au château. Les journées de Fanny sont bien remplies : entre son travail quotidien, ses enquêtes préliminaires et les ses déboires avec les clients et personnels de l’hôtel, la jeune fille n’a pas une minute à elle. Heureusement, elle peut compter sur le soutien infaillible de ses deux nouveaux meilleurs amis : Ben, le fils de l’hôtelier venu aider son père et Tristan, le petit-fils d’un célèbre gemmologue, qui séjourne au château pour les fêtes de fin d’année. L’enquête ne sera pas de tout repos pour ces trois complices… Malheureusement, il en sera tout autre des lecteurs : je n’ai pas trouvé de réel intérêt à l’enquête, que j’ai trouvé quasiment inexistante. L’histoire est bien menée, mais au final, on se rend compte qu’elle est assez creuse, qu’elle manque de corps, d’une narration solide, de suspense, d’intrigue. Néanmoins, j’ai quand même apprécié le dénouement : les apparences sont souvent trompeuses : vous l’apprendrez à vos dépens grâce à une fin surprenante, que personne ne peut préméditer !

En plus de ces enquêtes aventureuses, la jeune fille doit faire face à une singulière enquête amoureuse. Un triangle amoureux se met en place : la jeune Fanny est à la fois courtisée par ses deux fidèles comparses : Ben et Tristan. Qui des deux garçons remportera le coeur de la belle ? Une romance pleine de douceurs, qui vient apporter davantage de féerie dans ce décor exquis.

J’ai beaucoup aimé la pléthore de personnages ; tantôt d’authentiques gentils, comme M. Rocher, le vieux concierge de l’hôtel, toujours prêt à aider ou écouter quiconque en ressent le besoin, ou Ben le fils de l’hôtelier, garçon docile et charmant… Ceux-ci viennent contraster avec d’odieux personnages : le propriétaire de l’hôtel, sournois, tyrannique, acerbe, ou les jeunes saisonnières, qui font vivre un enfer au quotidien de Fanny. Bien que très nombreux, on arrive à s’y retrouver assez facilement dans ce maelström de personnages.

Et pour ceux qui auraient passablement du mal à se souvenir de chacun des clients et personnages séjournant à l’hôtel, l’auteure a dressé une liste complète de ceux-ci à la fin du livre. Ainsi, vous pourrez retrouver en détails tous les personnages qui apparaissent un tant soit peu dans le récit, sans aucune excuse si vous en oubliez un. En bonus également, un glossaire sur des termes spécifiques au métier de l’hôtellerie, des mots peu communs dans le langage courant, ou compliqués à comprendre pour des adolescents. Un glossaire judicieux et bien pensé, qui, je l’espère, sera bénéfique aux plus jeunes.


Une lecture jeunesse captivante et pleine d’actions, qui nous entraîne au coeur d’un château féerique empli de mystères. Une intrigue assez pauvre, mais des personnages intéressants qui évoluent dans un décor enchanteur.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-01-713393-3
Traduction : Nelly Lemaire

Émile : L’intraitable Zola


Émile : L’intraitable Zola de Bertrand Puard
171 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 4,95€


Résumé : Émile mène une vie bien tranquille à Aix-en-Provence, où il partage son temps entre le collège, les balades avec son camarade Paul Cézanne dans les oliveraies et des rendez-vous secrets avec son amoureuse.
Mais une grande nouvelle vient bouleverser le futur écrivain : son père lui aurait laissé un trésor ! Émile se lance alors dans un immense jeu de piste qui le conduit à Paris, la ville de tous les mystères. À qui peut-il faire confiance ? Qui sont ses ennemis ? D’aventure en aventure, le jeune Zola est au moins sûr d’une chose : il aura plein d’histoires à coucher sur le papier, quand il rentrera chez lui – s’il rentre


Extraits : « Il aurait rencontré la grossièreté avant de côtoyer la gracieuseté. »

« Le soleil, l’eau et leur jeunesse, leurs trois sources vitales ! »


Mon avis : Dans la lignée de Victor : L’indomptable Hugo, Bertrand Puard s’attaque à un nouveau monument de la littérature française : Émile Zola. Dans Émile : L’intraitable Zola, l’auteur lie fiction et réalité pour former un récit d’aventures alléchantes et haletantes. Une narration originale, que je prends toujours autant de plaisir à découvrir !

On y retrouve un jeune Émile Zola de treize ans, qui joue son propre rôle, aux côtés de ses camarades Paul Cézanne, qui deviendra l’un des plus grands peintres français et Jean-Baptistin Baille, scientifique et industriel français. Un beau jour, alors qu’il courtise sagement la belle Jeanne, Émile reçoit une mystérieuse lettre qui l’informe d’un trésor caché par son défunt père. Surpris mais curieux, Émile s’en ouvre à ses amis, qui décident, tous ensemble, de mener leur enquête. Celle-ci les mènera de Paris en Autriche et sera semée d’obstacles et d’ennemis malintentionnés, tel Migeon, un homme cupide, qui souhaite récupérer de l’argent des mains de la famille Zola.

Comme dans Victor : L’indomptable Hugo, l’auteur s’applique à donner une dimension concrète à ses récits, en y incorporant des détails historiques ou biographiques liées à Émile Zola. À côté de ça, il incorpore des éléments fictionnels tout à fait délectables, qui ajoutent de la frénésie au récit.C’est le cas des énigmes autour du mystérieux trésor de son père, des nombreuses courses-poursuites, des voyages à travers l’Europe… qui offrent aux lecteurs un aspect aventureux euphorisant.

Nous suivons le jeune Émile dans sa traversée d’Aix-en-Provence à Paris, nous sommes les spectateurs éberlués de ses pérégrinations aventureuses, celles-là même qui lui inspireront ses plus grandes oeuvres. À Paris, où son enquête le mène, Émile croisera Nana, Gervaise et Baudu, il s’émerveillera face aux Halles et aux grands magasins parisiens qui attirent tant les foules. Autant de références qui aux oeuvres dudit auteur. Même si les faits ne sont pas véridiques, nous pouvons apprécier l’atmosphère décrite, qui se rapproche avec assez de justesse de l’époque en question. Le rythme du récit est soutenu, les chapitres sont courts et s’enchaînent avec fluidité. 

Pour ajouter au merveilleux de cette histoire, quelques dessins sont parsemés ici et là à travers le récit, ce qui donne une dimension encore plus féerique au voyage.


Entre fiction et réalité, ce roman d’aventures jeunesse au rythme haletant, vous fera voyager aux quatre coins de l’Europe, aux côtés de jeunes garçons devenus d’illustres hommes.

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-01-711929-6
Illustrations : Anne Lise Nalin

L’éveil, stade 1


L’éveil, stade 1 de Jean-Baptiste de Panafieu

263 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,90€


Résumé : Un mystérieux virus semble développer prodigieusement l’intelligence des animaux. A travers le monde, l’épizootie se propage rapidement dans les villes, les élevages, les forêts, affolant les biologistes, les amis des animaux… et les compagnies agroalimentaires. Et si le rapport de force entre les animaux et les hommes s’inversait ? Et si les bêtes décidaient de lutter pour sauver leur peau et leur liberté ?


Extraits : « Dressée sur ses pattes arrière, la souris tournait lentement la tête de droite à gauche, comme si elle évaluait les deux options. Droite ou gauche ? Fromage ou navet ? Comment choisir le bon côté ?
Penchée au-dessus de la grande boîte transparente, Laura tentait d’imaginer les réflexions de l’animal. Comportement automatique ou choix raisonné ? Et la souris pouvait-elle vraiment réfléchir ? Y avait-il la place dans cette petite tête pour une ébauche de conscience de sa situation ? La jeune chercheuse se posait régulièrement la question pendant ses expériences. »

« Ce qui est en dehors de la coutume, on croit que c’est en dehors de la raison, répondit Montaigne. C’est cette idée qui est en réalité tout à faire déraisonnable ! »


Mon avis : C’est avec bonheur que je découvre la plume de Jean-Baptiste de Panafieu, un auteur français de romans jeunesse, pourtant connu pour sa prose prolifique. Avec L’éveil, il amorce le début d’une saga jeunesse de science-fiction que je devine par avance réussie.

Alors qu’elle testait en laboratoire des virus pour soigner des maladies, Laura laisse échapper sa souris témoin. Très vite, cette dernière s’enfuie du laboratoire et retourne dans la nature… sans se douter une seconde qu’elle transporte un virus capable d’éveiller la conscience des animaux. Chaque animal qui entre en contact avec la souris perçoit instantanément ce virus. Celle-ci est tuée, puis mangée par plusieurs animaux sauvages, qui s’éveillent à leur tour. Bientôt, c’est tout un quartier, animaux sauvages comme domestiques, qui prennent conscience de leur existence. Très rapidement, les habitants s’affolent du comportement inhabituel de leurs compagnons. Laura, son frère Gabriel et ses deux amis Clément et Alya constatent que leurs animaux, le chat Chou-K, la chienne Cabosse, le perroquet Montaigne, tentent de communiquer avec eux. Ils mettent alors au point un système ingénieux pour les comprendre.

J’ai apprécié découvrir l’histoire du point de vue des humains, mais également de celui des animaux. Ces derniers se regroupent en bandes et discutent de leurs nouvelles conditions d’êtres éveillés et de ce qu’il convient de faire pour permettre au mieux d’améliorer leurs expériences de vie. Deux angles d’approches différents, avec des problématiques et questionnements distinctes, qui sont très intéressants à comparer.

Alors que la petite bande de copains ainsi que les animaux eux-mêmes voient ce virus comme une évolution majeure, l’industrie agro-alimentaire s’inquiète des retombées que peuvent avoir ces changements. En effet, si les animaux que l’on mène à l’abattoir prennent conscience de leur état, ils s’insurgeront pour éviter de mourir. Si les animaux de compagnie veulent s’émanciper, ils vont s’enfuir de leur maison, en conséquence de quoi, les humains arrêteront d’acheter des aliments pour les nourrir, ce qui fera la ruine des industriels. Pour éviter cela, ils vont tenter à tout prix de mettre au point un contre-virus, qui pourrait se propager de la même manière que le virus initial. La course contre la montre est lancée ! Ils veulent que ce soit Laura, l’instigatrice du virus initial, qui soit à l’origine de ce contre-virus. Mais la jeune femme est tenace et refuse de se soumettre à ces magnats industriels. S’ils ne peuvent pas négocier avec Laura… ils l’auront par la force !

Le rythme est dense, l’action permanente. On ne s’ennuie pas une seule seconde en lisant L’éveil. Si je pouvais soumettre une seule petite remarque, ce serait au niveau des personnages. J’ai trouvé qu’ils n’étaient pas assez travaillés, les uns se confondant avec les autres. J’ai trouvé qu’ils n’avaient pas de traits distinctifs assez marqués pour permettre de les dissocier et de s’en souvenir convenablement. Cela n’a pas forcément gêné ma lecture, mais c’est un fait qui vient perturber mon souvenir ultérieur : ce n’est pas eux dont je vais me rappeler.

Pour ce qui est de la thématique, je l’ai trouvée originale, d’ordinaire assez complexe à aborder, mais Jean-Baptiste de Panafieu en parle d’une manière simplifiée et agréable à lire. Inévitablement, après cette lecture, on ne peut que faire un parallèle assez glaçant avec le problème sanitaire du COVID qui sévit en ce moment même partout dans le monde : un simple virus, qui peut être parti d’une seule personne dans un pays ciblé, peut se propager en un rien de temps au monde entier. L’écrire noir sur blanc en est glaçant et nous fait prendre encore plus conscience de la rapidité et de la dangerosité d’un tel phénomène.


Les animaux s’éveillent les uns après les autres, prenant doucement conscience de leur existence… ce qui sème chaos et confusion chez les êtres humains. Un premier tome glaçant, rondement mené, qui donne très envie de découvrir la suite.

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-01-786870-5

Rester debout


Rester debout de Fabrice Colin

292 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : 1933 : en Allemagne, Hitler accède au pouvoir. Petit à petit, la menace se précise et des rumeurs circulent, auxquelles aucun Juif ne veut croire. Puis c’est la guerre, les premières rafles – et, à cet instant, il est déjà trop tard. Internée à Auschwitz-Birkenau avec sa mère et sa soeur aînée, Simone doit se battre, pour elle et pour les autres. Bientôt, son courage, sa force, sa volonté serviront d’exemples à travers le monde. À jamais survivante, définitivement libre, elle sera prête, alors, à livrer d’autres combats.
Rester debout, c’est l’histoire de la femme la plus populaire de France qui, à la veille de sa mort, se remémore, à travers les brumes d’une longue rêverie féconde, ses premières années. Mais c’est d’abord la chronique d’années tendres et heureuses, le récit d’une enfance qui, malgré la crise et les préjugés, commence sous le signe de l’harmonie familiale – avant, insidieusement, de basculer vers le drame. À partir de 13 ans.


Extraits : « J’ai commencé ma vie dans l’horreur, a-t-elle déclaré à la presse, je la termine dans le désespoir. »

« Le bonheur, on le sait, est la chose la plus fragile au monde. Figurez-vous un vase de cristal. Figurez-vous ce vase à l’extrémité d’une falaise, un matin de grand vent. Ou un brin d’herbe, au bord d’un chemin, à la merci de n’importe quelle main d’homme – n’importe quelle paluche épaisse et velue. »


Mon avis : Chacun connaît Simone Veil, cette femme courageuse et téméraire, mais peut-être êtes vous moins nombreux à connaître sa véritable histoire, qui a contribué à forger sa personnalité et à faire d’elle la femme qu’elle est devenue alors. En 1944, la Seconde guerre Mondiale fait rage. À peine âgée de 16 ans, Simone Veil, issue d’une famille juive, est déportée à Auschwitz avec sa mère, son frère et ses soeurs. Là-bas, elle fera face aux horreurs les plus viles, la mort omniprésente, la terreur quotidienne, d’être tuée, ou séparée de ses proches, tout en gardant toujours l’espoir, presque insensé, d’en finir avec cette guerre.

Simone Veil se fera très vite repérée par les autres détenus, ainsi que les surveillants, pour sa force de caractère assez incroyable. Elle n’est alors qu’une jeune adolescente, mais déjà sûre d’elle, elle se montre mature, réfléchie, clairvoyante sur les événements qui se jouent sous ses yeux, solidaire avec les autres, tout en restant sensiblement humaine, malgré les horreurs qui l’entourent. C’est une femme qui mérite toutes les éloges, qui à sut, comme le titre Fabrice Colin, rester debout, faire face et combattre les difficultés de la vie, là où beaucoup ont perdus espoir et abandonnés.

Simone Veil, ses soeurs, son frère et sa maman, à Nice

Dans cette biographie romancée, Fabrice Colin colle au plus près de la vie de Simone Veil, tout en y incorporant quelques éléments fictionnels (ajouts de dialogues, de personnages inventés…). Il choisit d’écrire son livre d’une façon simple et accessible au plus grand nombre, pour permettre notamment aux plus jeunes lecteurs de connaître cette grande dame et son histoire.

Je connaissais les grandes lignes biographiques de sa vie, mais j’avoue avoir été intriguée de pénétrer son intimité. Nous voyons Simone petite fille, entourée de sa famille, puis nous suivons lentement son évolution, vers la femme que nous connaissons désormais. J’ai aimé cette rétrospective, pudique, feutrée, de l’enfance de Simone et sa famille à Nice, où l’on entrevoir quelques morceaux de candide bonheur, avant l’indicible noirceur.

Portrait de Simone Veil

Depuis, Simone Veil est devenue une figure emblématique de la vie Française. Après avoir suivi des études de droit, elle devient magistrate, puis entre en politique sous le mandat de Valérie Giscard d’Estaing, comme Ministre de la Santé. Elle deviendra l’icône de la lutte contre la discrimination des femmes en France, faisant notamment adopter la loi Veil, qui dépénalise le recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Elle est également la première femme à accéder à la présidence du Parlement européen, un rôle qu’elle prend très au sérieux, notamment pour ce qui est de rétablir des relations franco-allemandes. Globalement, selon un sondage Ifop réalisé en 2010, Simone Veil est considérée comme la femme préférée des française, qui a su, par son courage, sa ténacité, sa clairvoyance, apporter énormément aux femmes en particulier, mais aussi au peuple français dans son ensemble. Elle a voulue changer le monde… et a réussie son pari avec brio !


Une biographie romancée intimide et touchante sur l’inspirante Simone Veil. Une expérience de vie impressionnante, qui force le respect et l’admiration. J’ai été émue par ce témoignage et suis ravie que les plus jeunes puissent également y avoir accès. 

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-01-628803-0