Le musée des monstres, tome 2 : La statue hurlante


Le musée des monstres, tome 2 : La statue hurlante de Lauren Oliver et H.C. Chester, illustré par Benjamin Lacombe

347 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€


Résumé : Le Petit Musée des Horreurs de Dumfrey, où vivent Pippa, Sam, Thomas et Max, est à deux doigts de fermer ses portes. Définitivement.
Comme si cela ne suffisait pas, leur ami, le célèbre sculpteur Siegfried Eckleberger, est assassiné. Bouleversés mais décidés à le venger, les quatre orphelins mènent l’enquête. Très vite, des indices révèlent que la mort du sculpteur serait liée au meurtre d’une riche héritière de New-York, ainsi qu’à leur propre passé…


Extraits  « Rappelez-vous, mes amis, c’est dans les paysages les plus accidentés qu’on trouve les plus beaux diamants ! »

« Tous les hommes sont des monstres. Le seul crime consiste à prétendre le contraire.« 


Mon avisAprès le premier tome La tête réduite me voici plongé dans la suite de cette saga jeunesse, avec le second volume des aventures des orphelins du Musée des monstres « La statue hurlante. »

Le musée de Dumfrey est prêt à mettre la clef sous la porte. Le propriétaire cherche un moyen d’attirer de nouveaux spectateurs et va, pour se faire, s’appuyer sur un fait divers qui passionne les foules : l’assassinat de madame Richstone par son époux. Pour mettre en scène ce drame dans son musée, Dumfrey va faire appel à son ami artiste Tache-de-son, pour qu’il réalise des statues identiques aux personnages du fait divers. Seulement voilà, quelques jours seulement après avoir livré son travail au musée, Tache-de-son est assassiné. Pippa, Sam, Thomas et Max, les orphelins du musée, vont partir enquêter sur le meurtre de leur ami commun.

On y retrouve les quatre attachants protagonistes du précédent tome, qui n’ont pas perdu de leur verve et de leur énergie. Chacun reste fidèle à lui-même : Max et ses couteaux, Thomas et son corps élastique, Sam et sa force spectaculaire, ainsi que Pippa et son don d’intrusion. Ils sont plus que jamais unis pour mettre la main sur le meurtrier de leur ami Tache-de-son.

Malheureusement, j’ai l’impression que l’on tourne un peu en rond dans cette saga. C’est-à-dire que le second tome reprend tous les ingrédients déjà utilisé dans le premier :  les quatre personnages principaux qui vont enquêter pour résoudre une énigme ; le musée de Dumfrey qui n’attire plus de visiteurs et qui est au bord de la faillite ; le méchant Rattigan qui rôde, prêt à faire du mal aux orphelins. J’ai l’impression que ça n’avance pas vraiment. Ça n’est pas pour cela que je n’ai pas apprécié ma lecture, loin s’en faut, mais plus de nouveauté et de surprises ne m’auraient pas déplus.

Enfin, tout comme je l’avais longuement décrit dans la chronique que j’avais rédigé sur le premier tome de cette saga, la magie et l’incroyable de l’histoire ne ressortent pas assez à mes yeux. Il aurait fallu creuser davantage cet aspect-là du récit pour faire rêver davantage les lecteurs et les projeter dans le monde si curieux du Musée de Dumfrey.


Un deuxième tome à la construction narrative quasiment similaire au premier : énigmatique, mystérieux, mais un peu fade et redondant. Plus de magie et d’incroyable pourrait permettre aux plus jeunes comme aux plus âgés, de mieux apprécier cette lecture en s’émerveillant davantage. 

Ma note : 5,5/10

 

Replica


Replica de Lauren Oliver

480 pages, éditions Hachette romans, à 20€


Résumé : D’aussi loin qu’elle se souvienne, Gemma a vécu d’hôpital en hôpital. Adolescente solitaire, surprotégée par ses parents à cause de sa santé fragile, sa vie se réduit maintenant à sa maison, son école et ses échanges avec sa seule amie, April. Mais quand elle découvre que le nom de son père est associé au mystérieux institut Haven, qui d’après la rumeur abriterait des expériences scientifiques monstrueuses, Gemma décide de quitter le sanctuaire qu’elle a toujours connu et de se rendre sur l’île d’Haven pour découvrir ce qu’il s’y passe réellement…
Lyra – ou numéro 24 – n’est pas humaine, c’est une reproduction. Pour elle, le monde se limite à Haven, aux savants et infirmières qui s’occupent d’elle. Le jour où l’île devient le théâtre d’une terrible explosion, Lyra s’échappe. À l’extérieur des murs de l’Institut, elle découvre un monde qu’elle n’avait jamais soupçonné et rencontre Gemma. Ensemble, elles essaient de lever le voile sur les mystères de Haven, et les secrets qui leur seront révélés vont changer leur vie pour toujours…


Extraits :  « De toute façon, la normalité est surfaite. Des gens emmerdants ont inventé ce mot pour justifier le fait qu’ils emmerdaient tout le monde.« 

« On ne naissait pas « monstre », on ne l’était pas par destinée, on ne le devenait pas grâce aux circonstances. Les monstres choisissaient cette voie. Et ce choix terrible se reproduisait constamment, jour après jour.« 


Mon avisReplica ? Kézako ? Le titre est déroutant, tout comme la mise en page du récit, qui se structure autour de deux personnages différents, avec une partie qui se lit normalement, et une autre partie qui se lit à l’envers : en tournant le livre, et en commençant par la fin. Un concept étrange, mais intriguant.

La même histoire est donc racontée deux fois, mais avec des points de vue différents et des divergences narratives. On a d’un côté Gemma, jeune fille tout ce qu’il y a de plus normal, surprotégée par ses parents, qui ne la laissent même pas partir en vacances avec sa meilleure amie April. Pourtant, Gemma va faire une découverte qui va bouleverser sa vie à jamais : elle va découvrir que son père est lié à l’institut Haven, clinique mystérieuse associée à des expériences scientifiques sur des êtres humains. Elle prend son courage à deux mains et part à Haven pour chercher des réponses. Deuxième protagoniste : Lyra. Lyra vit depuis toujours à l’institut Haven et est en quelque sorte le fruit d’expériences de clonage. Mais lorsque l’institut Haven prend feu, la jeune fille s’échappe, aidée par Gemma, qu’elle rencontre au hasard de l’île, puis découvre l’immensité du monde.

J’avais peur que le fait que l’histoire soit racontée deux fois soit bien trop redondant et lassant. Mais il n’en est rien, puisque au contraire, voir deux points de vue disjoints densifie davantage le contenu narratif, qui, de ce fait, devient plus complet. On voit donc l’histoire des deux protagonistes avant leur rencontre, on ressent leurs sentiments durant leur rencontre, ce qui donne une vue d’ensemble plus développée du récit et de ses personnages. Les deux histoires sont donc différentes autant qu’elles sont liées, et c’est tout ce qui fait l’intérêt de l’histoire.

Pour ce qui est de l’intrigue en elle-même, je la trouve intéressante, puisque les expériences scientifiques, notamment le clonage, sont des thématiques qui fascinent autant qu’elles effraient. Néanmoins, j’avoue que par moments, l’auteure m’a perdue. Je n’ai pas totalement compris l’intérêt des différentes castes, le but des captures d’enfants… Sans doute trop peu habituée aux histoires de science-fiction, je n’ai pas réussie à adhérer pleinement au récit.

Fort heureusement, la science-fiction n’est pas seule à gouverner le récit, puisque Lauren Oliver incorpore un zeste de romance entre les personnages. Ainsi, Gemma va tomber en amour de Paul et Lyra de 72. Une romance subtile, qui n’éclipse nullement la thématique centrale, mais qui ouvre le récit à de plus vastes horizons. De plus, des sujets secondaires seront abordés, avec notamment l’apprentissage et la connaissance de soi, la confiance et l’amitié, etc. De quoi convenir à un large public.


Ce fût une lecture expérimentale : expérimentale dans sa forme et sa mise en page, mais aussi dans sa thématique scientifique futuriste. J’apprécie sortir des sentiers battus pour lire ce genre de récit original et innovant. Si tome 2 il y a, je me laisserais sans doute tenter. 

Ma note : 6,5/10

Le musée des monstres, tome 1 : La tête réduite

Le musée des monstres, tome 1 : La tête réduite
de Lauren Oliver et H. C. Chester,
illustré par Benjamin Lacombe
349 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€

 

Résumé : « Mesdames et messieurs, petits et grands, bienvenue au Musée des Horreurs de Dumfrey, venez découvrir ses curiosités en tout genre et autres bizarreries merveilleuses ! »
Laissez-nous vous présenter Sam, le garçon le plus fort du monde, Philippa, la médium, Thomas, l’acrobate et assistant du magicien…
Tous trois sont de jeunes orphelins qui ont grandi ensemble, heureux à l’abri des murs d’un étrange musée. Mais quand Max, lanceuse de couteaux, rejoint le groupe, une série de terribles évènements s’enchaînent.
Suite à la mort d’une spectatrice lors d’une de leurs représentations, la ville accuse la tête réduite qui fait la fierté de Dumfrey d’être à l’origine d’une malédiction. Lorsque celle-ci disparaît, et que le musée se retrouve menacé de fermer, la bande des quatre orphelins extraordinaires décide de mener l’enquête…
Leurs recherches vont les amener à croiser de dangereux individus…
Extrait :  « Le monde était un enfer où tout pourrissait. Preuve numéro 1 : ses propres parents s’étaient débarrassés d’elle comme une vieille peau de banane. Preuve numéro 2 : si elle se rappelait à peine l’orphelinat où elle avait atterri, elle avait gardé un souvenir très précis des cages dans lesquelles étaient enfermés non pas des animaux mais des gens, et de l’obscurité. Preuve numéro 3 : sa mère adoptive ne l’avait recueillie que pour lui faire laver ses draps et récurer ses toilettes, Max avait dû s’enfuir. Preuves numéro 4 et 87 : elle avait vécu dans la rue et s’était formée toute seule.
Enfin, la preuve ultime : elle avait trouvé un endroit où elle était en sécurité, et celui-ci était menacé.
« 

Mon avis :  La magnifique couverture et quatrième de couverture, dessinées par Benjamin Lacombe m’ont mit l’eau à la bouche. Le résumé également, qui vantait une immersion dans un monde mystérieux, changeant de l’ordinaire. Je me suis donc laissé tenter.

Sam, Pippa, Max et Thomas sont quatre orphelins, ayant chacun des capacités extraordinaires. Pippa lit dans les pensées, Max lance des couteaux, Sam a une force surhumaine et Thomas est un contorsionniste hors pair. Grâce à ces capacités étonnantes, ils ont intégrés le Musée des Horreurs, tenu par Dumfrey. Là, ils exécutent chaque soir leur spectacle. Mais voilà, il y a de moins en moins de visiteurs qui se pressent aux portes. Alors, pour redonner envie aux gens de visiter son musée, Dumfrey, le directeur, va acquérir une tête réduite spectaculaire. Grâce à cette acquisition, les gens se bousculent pour venir, l’argent rentre en flot dans les caisses du musée. Tout était évidemment trop beau pour durer, puisqu’un matin, Dumfrey se rend compte que quelqu’un a volé la tête. Les quatre orphelins vont donc enquêter, pour tenter de sauver leur petit musée et redonner le sourire à Dumfrey.

J’ai beaucoup aimé me plonger dans ce monde atypique. Un monde pleins de mystères, un peu lugubre et sombre. Néanmoins, je pense que mes attentes étaient un petit peu trop élevées. En effet, je m’attendais à être transportée dans un autre monde, un monde où féerie et horreur se seraient côtoyés. La première partie du roman m’a satisfaite, dans le sens où l’on reste souvent dans le musée, on découvrir un lieu atypique et tout un tas de personnalités atypiques également, qui vivent et travaillent dans ce musée. Mais la deuxième partie est moins féerique, puisque on est souvent amenés à quitter le musée et à déambuler dans les rues pour rechercher le coupable du vol.
L’idée du vol de la tête et de l’enquête menée par les quatre enfants est bonne, cela permet de dynamiser le récit, en apportant son lot d’actions et de suspense. Le lecteur se creuse lui aussi les méninges pour découvrir le coupable. Hélas, ce n’est pas ce que j’étais venue chercher en premier lieu dans ce récit.

Heureusement que les quatre personnages principaux, tous dotés de caractère très différents, m’ont été très attachants. Je les ais trouvé sympathiques et dynamiques, avec juste ce qu’il faut de mystère autour de leur personne. Je pourrais même parier un petit rapprochement amoureux entre deux orphelins, dans le prochain tome. Je ne vous dis pas les noms, laissant la suspense faire son oeuvre.

L’écriture des deux auteures est simple d’accès et agréable à lire, l’idée principale d’un musée original avec des enfants extraordinaires est bien trouvé, amusant et innovant. Quant aux dessins de Benjamin Lacombe, ils sont, comme d’habitude, un délice pour les yeux. Dommage qu’ils soient en noir et blanc et peu exploités dans ce livre (présents seulement à travers quelques en-tête en début de chapitre).
Je serais quand même curieuse de découvrir le second tome de cette saga. Je me demande dans quelle direction les auteures vont partir pour ce second tome.

Ma note : 5,5/10