Un oiseau blanc dans le blizzard


Un oiseau blanc dans le blizzard de Laura Kasischke

306 pages, éditions Le Livre de Poche, à 6,90€


Résumé : Par une froide journée de janvier, une femme disparaît dans l’une de ces banlieues trop propres et trop calmes que le cinéma américain nous a révélées. Le mari semble accepter cette absence et se résigner. Quant à Katrina, leur fille unique, elle croit régler avec un soin méticuleux et lucide ses comptes avec l’image d’une mère destructrice et détestée en secret. Mais alors pourquoi ces rêves obsédants qui hantent ses nuits ? Et comment une mère peut-elle ainsi s’évanouir dans le blizzard et tout abandonner derrière elle ? Laura Kasischke écrit avec une virtuosité glaciale le roman familial de la disparition et de la faute, pour nous laisser transis dans l’angoisse et la fascination de la littérature.


Extraits : « J’avais soudain pris conscience de la frontière qui sépare les hommes ordinaires et les hommes, les vrais. Les hommes dotés d’insignes et de marteaux et ceux qui gribouillaient toute la journée sur des bloc-notes. Les hommes qui étaient allés à la guerre et ceux qui avaient étudié la comptabilité. Et il se trouvait que j’étais en fait intéressée par les premiers. »

« Pour danser bien, il faut d’abord croire qu’on danse bien. »


Mon avis : Sa mère est partie, envolée, disparue, la laissant seule, elle, Kat, jeune adolescente de 16 ans, dans une maison vide et froide. Son père, tout aussi désolé de ce départ, ne comprend pas les raisons qui l’ont poussées à partir. La police, alertée de cette disparition, essayera timidement de faire la lumière sur cette affaire. Mais des années plus tard, le mystère reste entier. Kat ne s’est jamais totalement remise de cette soudaine disparition et peine à se construire sur un sol mouvant.

Après Esprit d’hiver, huis-clos angoissant d’une soirée de Noël, Laura Kasischke appuie sa passion des ambiances glaçantes avec ce roman, à l’atmosphère aussi froide et pernicieuse que le blizzard un soir d’hiver. Et il y a de quoi frémir : une disparition soudaine, pas la moindre trace d’explication et une protagoniste effacée, comme transparente, absente à elle-même, qui ressasse sans discontinuer des pensées noires et déprimantes. Le scénario était bon et nous promet de sombres moments d’effroi… Et j’en ai eu, aux côtés des personnages, tellement apathiques que je me les représentais comme des êtres fantomatiques, privés de vie humaine, qui erraient vainement de page en page.  Autant vous dire que je n’ai pas apprécié la stylistique du récit. L’ensemble est une succession de babillages insipides, ternes, qui ne recèlent aucun intérêt particulier, si ce n’est celui de combler les pages. Les pensées de Kat se suivent et se ressemblent, se chevauchent et s’entremêlent, nous obsèdent et nous noient dans ce tourbillon de mots, certes poétiques, mais totalement dénués de sens.

C’est pleine de bonne volonté que j’ai terminé bon an mal an cette histoire, en sachant pertinemment ce qu’allait me dévoiler le dénouement. Sans surprise, je peux dire que je ne suis pas le public cible pour ce genre de récit, trop ésotériques, je le juge dénué d’intérêt. Je ne retiens absolument rien de positif de cette lecture, si ce n’est un titre poétique, tape-à-l’oeil, qui était prometteur, mais se révèle franchement décevant.


Une disparition soudaine… et c’est parti pour une suite de babillages incessants. Le style est froid, sans affect, presque chirurgical. L’histoire est insipide et fade. Je n’ai pas apprécié.

Ma note : 2/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-253-16207-0
Traduction : Anne Wicke

Esprit d’hiver


Esprit d’hiver de Laura Kasischke

302 pages, éditions Le Livre de Poche, à 7,10€


Résumé : Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzard s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…


Extraits  « Holly avait pris sa fille contre elle et, avant de la voir ou de la sentir ou de l’entendre, elle l’avait aimée – comme s’il existait un organe et une partie de son cerveau qui auraient été l’oeil ou le nez ou l’oreille de l’amour. Le premier sens. »

« Eric était fermement convaincu que le boulot des médecins était de trouver des maladies là où il n’en existait pas, et d’aggraver la maladie là où ils en trouvaient une.« 


Mon avis : Après des années à patienter sagement dans ma PAL, j’ai décidé d’y sortir Esprit d’hiver et de le lire à l’occasion des fêtes de fin d’année.

L’histoire se déroule le soir de Noël, dans une maison familiale. Holly, son mari et leur fille adoptive Tatiana, s’apprêtent à recevoir toute leur famille pour le réveillon. Son mari part récupérer ses parents à l’aéroport, laissant seules Holly et Tatiana, ramenée de Sibérie 15 ans plus tôt. Mais le temps se gâte et les invités se décommandent les uns après les autres, laissant les deux femmes seules chez elles. Holly commence à angoisser de la situation, d’autant qu’elle remarque que Tatiana a un comportement différent que d’habitude.

C’est un huis-clos effrayant et angoissant que nous livre Laura Kasischke. Le lecteur se retrouve enfermé dans la maison, aux côtés de Holly et Tatiana. Des événements quasiment paranormaux se déroulent à l’intérieur de la maison, rendant l’atmosphère encore plus étrange et terrifiante. Ajoutez à cela deux personnages sombres, presque fantomatiques : une mère angoissée, pas très sereine, qui ressasse constamment la phrase suivante « Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux« , la Russie faisant référence au lieu de l’adoption de Tatiana. Une fille au comportement suspect et bizarre, comme si elle n’était plus elle-même, mais que quelqu’un avait prit possession de son corps, de son esprit et de son âme. Il n’y a pas à dire : ça ne donne pas envie de passer réveillon chez eux !

Le récit se structure avec des épisodes se déroulant dans le présent et des sauts dans le passé. Ses retours en arrière nous permettent de comprendre le passé des personnages, leur histoire et les causes de leur comportement actuel. Ce qu’on reproche souvent aux huis-clos, c’est l’immobilisme des personnages, le manque de dynamisme et d’attractivité du récit. Dans Esprit d’hiver, grâce à cette alternance des temps, le récit est plus vivant et plus concret aux yeux des lecteurs. Malgré quelques petites longueurs  souvent trop descriptives, j’ai apprécié sortir, le temps de quelques instants, de cet espace confiné qu’est la maison de Holly.

Quant au dénouement, je dois reconnaître qu’il est assez inattendu et qu’il m’a surprise. Une fois le mystère résolu, tout s’éclaire : les comportements suspects, l’humeur maussade, les événements paranormaux… Je ne vous en dirais pas plus, vous laissant le soin de découvrir par vous-mêmes, si vous en avez le courage, le fin mot de cette histoire.


 Ce récit est un huis-clôt étouffant, angoissant mais surtout très mystérieux. Le suspens est à son comble et nous pousse à lire davantage, toujours plus vite, pour assembler les différentes pièces du puzzle.  Un bon thriller psychologique, qui aurait quand même mérité plus de peps. 

Ma note : 6/10