La tentation barbare

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La tentation barbare de Pierre JB Benichou
348 pages, éditions Kero, à 20€

 

Résumé :Suite à un accident, Max est devenu amnésique et n’a aucun souvenir des 16 premières années de sa vie.

Fraîchement divorcé, sans attache et sans passé, il choisit de s’installer à New York pour prendre un nouveau départ. Tout semble alors enfin s’apaiser dans sa vie: il rencontre Maureen, une jeune Irlandaise qui n’a pas froid aux yeux, il trouve la maison de ses rêves, et son éditeur français lui propose un contrat juteux: être le nègre de la célèbre auteur Emilie Roubaix pour son prochain roman.

Mais très vite, ses cauchemars, qu’il pensait avoir laissés de l’autre côté de l’Atlantique, l’assaillent de nouveau. Ses crises de somnambulisme reprennent et, un matin où il se réveille en sursaut, il constate que la petite est revenue.

Qui est donc cette jeune adolescente, muette, qui hante ses nuits ? Pour le savoir, Max va devoir replonger dans ses souvenirs et affronter son passé.

Extraits : « Les livres font l’homme avant que l’homme n’écrive des livres.  »
« Si Dieu existe, autant y croire. S’il n’existe pas, on aura quand même eu l’espoir. « 

Mon avis : Ne vous fiez pas au titre agressif de La tentation barbare, mais privilégiez le résumé détaillé et bien construit qui présente l’histoire générale.

Ce roman, à l’allure banale et à la face quotidienne, cache dans les tréfonds de ses pages, une enquête originale, novatrice et spectaculaire. Mêlé à ce regain d’intrigue policière, un passé troublant, angoissant, une identité perdue, un homme abandonné face à la vie, délaissé par ses passions et ses souvenirs, des histoires d’amour, maternelles comme fraternels, des sentiments purs et durs.

Le héros du livre, Maximilien Perrault, surnommé plus simplement Max, est un jeune nègre – tout comme l’auteur Pierre JB Benichou l’a été -, obligé de se cacher, sans réelle identité marquée, ombre de lui-même, ombre de sa vie. Effacé derrière une écriture sans signature, Max a également la particularité d’avoir effacé les quinze premières années de sa vie. Grand malheur, hasard ou souhait profond, sa mémoire lui joue des tours, et l’immobilise dans un gouffre noir rugueux. Parisien fuyant la France et son passé, il s’installe aux Etats-Unis, dans l’intime espoir de mettre la main sur sa mère, volatilisée à l’aurore de sa vie. Une nouvelle existence commence alors, peuplée d’amis hétéroclites, de sa dose de joie, d’amour, de désillusions et d’espoir. Un nouveau travail de nègre lui a été confié, une écriture pointilleuse pour une ou un auteur mystérieux, dont le pseudonyme s’intitule Emilie Roubaix.

Parallèlement, une jeune journaliste française du nom d’Olivia, semble lassée de son travail quotidien, des articles insipides que publie son magazine Wanda. Pour monter en grade dans l’échelon de l’entreprise, il lui faut un scoop inédit, qu’elle trouvera accidentellement au détour d’un site Internet. Il lui faut découvrir la véritable identité de la célèbre Emilie Roubaix. Faisant preuve de ses meilleurs qualités journalistiques, de son talent, de sa détermination et de sa persuasion sans bornes, Olivia va être amenée à une piste sérieuse aux Etats-Unis, sur la trace des Amish, peuple ancien et reculé d’Amérique du Nord, vivant de façon simple, à l’écart de la société moderne.

Toute une trame s’organise autour de l’intrigue principale, assez étoffée pour embarquer littéralement le lecteur dans la danse. La course-poursuite à la vérité est lancée, en même temps que les voyages entre la France, Paris, Marseille et le continent Américain. Un condensé de paysages changeants au gré des émotions des protagonistes, très instables et imprévisibles dans leur façon d’être et d’agir.
Le dépaysement se passe au niveau des Amish d’Amérique du Nord. Alors qu’ils n’étaient que de parfaits inconnus pour moi, cette population, groupée, soudée, très religieuse, ne peut qu’émerveiller autant qu’effrayer. Vus comme une tribus à part entière par les hommes extérieurs à eux, ils sont couramment visités par les touristes, qui apprennent leur mode de vie, se régalent de leurs habitudes, et s’enivrent de leurs loisirs.

Sans pour autant vouloir dévoiler le dénouement du récit, je peux vous dire que Pierre JB Benichou mène d’une main de maître son histoire, ne laissant dévoiler que très peu d’indices concernant la fin du roman.

Une fin qui paraît brève et rapide, compte tenu des larges descriptions principales, de l’ampleur des nombreux chapitres, qui se glissent dans le court de la réalité. L’auteur ne s’élargit pas davantage, il plante le roman de quelques mots forts, bien choisis, tournés de façon à s’incruster dans la mémoire du lecteur aussi longtemps que possible. Si une petite objection été à rajouter, j’aurais sans doute voulue une plus large vision de l’émotion rencontrée lors de cette rencontre finale. Je suis restée sur la fin de ma faim.

Laissez-vous bercer par la plume chantante de l’auteur, glissez-vous dans la peau des personnages et ressentez les événements qui se déroulent. Malgré les côtés sombres qu’offrent l’intrigue, La tentation barbare est gorgé d’amour, de lumière et de chaleur. Une fois la dernière page tournée, une petite pointe de tristesse m’a traversée : j’aurais voulu que l’expérience dure plus longtemps, me délecter de la sympathie des personnages, et connaître leurs avancées et leurs évolutions. Un très bon livre, dont le titre reste encore à percer…

Ma note : 6/10