Flocons d’amour


Flocons d’amour de John Green, Maureen Johnson et Lauren Myracle

345 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : 24 décembre. Nuit des miracles ? Ou des catastrophes ? Une terrible tempête, un train bloqué dans la neige. Gracetown : tous les voyageurs descendent ! Gracetown… Bourgade perdue au milieux de nulle part qui vous ferait presque oublier le repas de Noël. Pourtant Jed, Jubilé, et les autres vont partager le réveillon le plus insolite de leur vie. Dans un café bondé de pom-pom girls ou au détour d’une route enneigée, les rencontres inattendues se multiplient. Les couples se font, se défont et se refondent Louvoyant entre les flocons, les flèches de Cupidon qui pleuvent sur la ville ne laisseront personne de glace. John Grenn, Maureen Johnson, Lauren Myracle : les plumes de trois grands auteurs s’allient pour vous faire rire et rêver d’amour, créant un univers où les anges de Noël ne chôment pas !


Extraits  « Prendre la fuite est pathétique, être rattrapé est encore pire. »

« Tu viens de lui raconter que tu étais tombée dans un ruisseau gelé et que tu étais coincée dans une ville inconnue, et il a raccroché ? Moi, je ne serais pas resté les bras croisés. J’aurais rappliqué ici, neige ou pas. Ça te paraît peut-être débile, mais c’est comme ça que j’aurais réagi. Et tu veux que je te dise ? S’il n’est pas en train de te plaques, c’est toi qui devrais prendre les devants et quitter ce gros nul. »


Mon avisLa nuit de Noël est celle que tout le monde attend avec impatience chaque fin d’année. Elle est synonyme de repas de famille, de cadeaux, de magie et de féerie. Mais voilà : les anges de Noël sont parfois très occupés et ne peuvent pas satisfaire tout le monde. À Gracetown, le 24 décembre, un train se retrouve bloqué dans la neige. Tous les passagers sont obligés de patienter ou de descendre en attendant de la main-d’oeuvre pour déblayer le passage. Jubilé décide de sortir du train et de se réfugier dans une Waffle House à proximité. C’est de là que va partir notre formidable conte de Noël.

Dans ma jeune carrière de lectrice, j’ai déjà eu l’opportunité de découvrir bon nombre de recueil de nouvelles. Certains recueils proposaient des nouvelles avec des univers et thématiques différents, d’autres essayaient de garder une thématique centrale, mais racontée différemment en fonction des auteurs. Dans Flocons d’amour, le concept de nouvelle est novateur (en tout cas, je n’ai jamais rien lu de tel), puisque John Green, Lauren Myracle et Maureen Johnson ont écrit trois nouvelles qui se déroulent dans une même temporalité, dans un même espace spatio-temporel, avec des personnages identiques. L’originalité tient du fait que chacun se place dans la peau d’un des personnages, et raconte les mésaventures de ce dernier. J’ai trouvé cette idée géniale, puisque nous sommes bien loin des nouvelles un peu banales sans queue ni tête, que l’on oublie rapidement après lecture. Ici, nous avons un réel fil conducteur, avec les trois nouvelles reliées simultanément entre elles. Et je pense que c’est réellement là que ce trouve le point fort de ce livre.

J’ai beaucoup aimé la façon dont les trois auteurs ont abordé cette thématique de Noël. Nous sommes bien loin des clichés populaires et des histoires un peu banales sur les romances de Noël ou les histoires de cadeaux et papa Noël. Ici, les trois auteurs nous font pénétrer dans leur univers, où la magie de Noël est bien présente, mais en touches plus subtiles.

La première nouvelle, nommée « Le jubilé express » est écrit par Maureen Johnson et raconte les mésaventures d’une jeune demoiselle, nommée Jubilé, partie rejoindre ses grands-parents pour Noël, qui se retrouve bloquée dans un train en pleine voie, à cause d’une quantité de neige non négligeable. Elle se décide à quitter son siège et à traverser la route pour rejoindre la Waffle House, où elle va faire la rencontre de personnages hauts en couleurs.

La seconde nommée Un miracle de Noël à pompons a été écrite par le célèbre John Green, et raconte les aventures de trois copains, qui décident de pimenter leur soirée de Noël en rejoignant la Waffle House, où les attendent, leur a-t-on dit, plusieurs dizaine de pom-pom girls déchaînées. Mais les obstacles pour arriver à destination sont nombreux.

La troisième et dernière nouvelle est celle de Lauren Myracle, intitulée Le Saint Patron des Cochons. Addie, une jeune fille, est attristée par sa récente dispute, voire séparation avec son petit ami. Heureusement, ses deux amies sont là pour la réconforter. Comme des anges le soir de Noël, elles vont essayer de consoler leur amie et de lui redonner le sourire.

Trois courtes histoires différentes, où les personnages se croisent et s’entrecroisent. J’ai pris plaisir à découvrir chacune de ses nouvelles et à suivre l’évolution des différents personnages.


Laissez-vous embarquer dans l’univers féerique de trois auteurs contemporains, qui décrivent avec originalité leur définition de l’esprit de Noël. 

Ma note : 7,5/10

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Tortues à l’infini


Tortues à l’infini de John Green

340 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Aza Holmes, 16 ans, a tout pour être aimée et avoir un bel avenir, mais elle a grandi avec une pathologie psychique. Qui est-elle, où est-elle, lorsque la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles s’empare d’elle? Vous aimerez Aza, qui raconte sa propre histoire, vous aimerez sa meilleure amie Daisy la tornade, et vous aimerez Davis, fils d’un milliardaire mystérieusement disparu.
Un trio improbable qui va mener l’enquête, et trouver en chemin d’autres mystères et d’autres vérités…


Extraits  « J’aime être dehors la nuit. Ça me procure une drôle d’impression, comme le mal du pays mais sans être loin de chez soi. C’est plutôt agréable. »

« Lui : Et le truc, c’est que, quand on perd quelqu’un, on se rend compte qu’on finira par perdre tout le monde.
Moi : Très juste. Et une fois qu’on le sait, on ne peut jamais l’oublier. »


Mon avis : John Green nous a tous habitué à du grandiose, des torrents d’émotions, des personnages irremplaçables. Tant et si bien que dès qu’un nouveau John Green fait sa sortie dans les librairies, chacun l’achète les yeux fermés, sans vraiment lire le résumé. C’est un peu ce qu’il s’est passé pour moi : je n’ai jamais jeté un coup d’oeil sur la quatrième de couverture, je l’ai attaqué in extremis.

Ce roman raconte l’histoire de Aza, une jeune adolescente de 16 ans, qui souffre de pathologies psychiques, qui la font souffrir au quotidien. Persuadée qu’elle peut tomber malade à tout instant et mourir en quelques jours, Aza fait attention à tout et s’enferme dans un cercle vicieux où ses pensées obsessionnelles l’assaillent jour et nuit. Pour lui changer les idées, Daisy, sa meilleure amie, l’entraîne dans une enquête de disparition. Un milliardaire du coin vient de se volatiliser, et une importante récompense sera remise à la personne qui le retrouvera. Coup du hasard, Aza connaît Davis, le fils de ce milliardaire, qui a été un bon copain d’enfance. A trois, l’enquête va avancer plus vite et prendre des tournants inattendus.

J’avoue avoir été emballée dès le départ par cette idée d’enquête. Hélas, les chapitres avançant, force m’a été de constater que l’enquête commençait à passer en second plan, pour disparaître presque complètement au milieu du récit. La faute aux multiples angles par lesquels le récit est abordé, qui ont contribué à brouiller la ligne directrice de l’ouvrage et à la rendre moins intense que ce qu’il aurait fallu.

En parlant de ligne directrice, on peut percevoir le fil conducteur qui ressurgit dans chacun des ouvrages de John Green : une histoire d’amour exceptionnelle et particulière, qui arrive à émouvoir tous les lecteurs. Ici, Aza et Davis sont deux personnages qui ont été meurtris par la vie, et qui, grâce à çà arrivent à se comprendre, à s’apprécier et se compléter.

La véritable force de John Green, c’est qu’il arrive à toucher tous les lecteurs. Dans cet ouvrage, par exemple, il y dépeint des personnages avec des caractères et personnalités différentes, ayant chacun des problèmes différents, qui touchent différentes cibles. Davis, malgré sa richesse matérielle, souffre d’un manque de repère familial et principalement paternel dans sa vie, et se retrouve isolé et seul avec son jeune frère. Aza souffre de troubles psychologues qui la hantent et la suivent quotidiennement dans sa vie, la restreignant quotidiennement et l’empêchant de profiter au maximum de chaque instant. Quant à Daisy, elle cache son manque de moyens matériels, pour ne pas montrer aux autres ses conditions de vie. Autant de sujets graves et profonds, que l’auteur arrive à emmener avec douceur et légèreté pour toucher un maximum de personnes.

Bien que Tortues à l’infini soit un roman destiné aux adolescents, j’ai l’impression que l’histoire demande quand même une certaine réflexion. En effet, l’auteur nous pousse à nous interroger sur certaines choses, notamment à travers la pathologie de Aza. On se questionne sur l’immensité, sur l’infini, sur le microcosme… Aza est souvent plongée dans ses pensées, et c’est justement ces temps de réflexions qui nous permettent de nous interroger nous-mêmes. Hélas, je n’ai pas totalement adhéré à ces temps de questionnements, que j’ai trouvé trop abstraits et déconnectés de l’histoire.


Je suis  assez mitigée quant à cette histoire, puisqu’elle est admirablement écrite, mais ne contient pas de finalité. J’ai aimé la découvrir, mais n’ai pas compris où l’auteur voulait en venir.

Ma note : 6/10

Nos étoiles contraires

Nos étoiles contraires de John Green.
327 pages, éditions Nathan à 16,50 €

 

Résumé : Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu’elle s’y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d’autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l’attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

Extraits : « Etre humaine, c’est avoir la chance de s’émerveiller devant la majesté de la création. »
« Un jour viendra où il ne restera plus aucun être humain pour se rappeler l’existence des hommes.« 

Mon avis : Présenté par le Time Magazine comme le meilleur roman 2012, et décrit par les blogueurs comme une perle rare, pleine d’émotions, Nos étoiles contraires a beaucoup attisé ma curiosité. J’ai tellement été impatiente de découvrir la « splendide histoire » que chaque personne qui l’ont lus m’en ont dépeins, je me suis jeté goulûment dessus dès sa réception.

Hazel Grace est une jeune adolescente de dix-sept ans pas comme les autres. En effet, elle est atteinte d’une maladie incurable, qui la ronge chaque jours un peu plus. Grâce à des médicaments que les médecins lui prescrivent, l’évolution de son cancer ralenti, ce qui lui permet de pouvoir vivre quelques années de plus. Elle doit quand même trimbaler avec elle, et partout où elle se rend, une bombonne d’oxygène qui aide ses poumons à fonctionner correctement. Elle sait que son temps est limité, et qu’elle mourra certainement avant ses parents. En se rendant au groupe de soutien qu’elle fréquente fréquemment, elle y rencontre un jeune homme, Augustus, alias Gus, qui est lui-même atteint d’une maladie qui lui a déjà fait perdre une de ses jambes. Si Hazel était plutôt réticente au début de leur relation (comme elle savait sa fin proche, elle ne voulait pas le faire souffrir), s’ensuivit néanmoins entre eux deux une grande et belle histoire d’amour. Mais cette histoire d’amour entre les deux adolescents va vite devenir bien triste pour nous, les lecteurs.

Dès la première page, le ton du roman est donné, « je passais le plus clair de mon immense temps libre à penser à la mort ». Quelle bien triste phrase sortant de la bouche d’une jeune fille, qui devrait, comme toute personne normale, avoir la vie devant soi… Donc dès cette première page, nous savons déjà que ce roman va être triste, très triste, et qu’il va parler d’un sujet délicat et pénible, que nous n’abordons pas souvent. Car le cancer fait parti des maladies les plus horribles qui puissent exister au monde et dont le plus de personnes en souffrent. A travers ce roman, John Green veut vraiment faire passer un message : toutes les personnes atteinte du cancer (et de quelconques autres maladies s’ouvrant irrémédiablement à la mort) sont pleinement conscientes de leurs maladies, et elles en souffrent, au même titre que leurs proches, voire plus. Car oui, ces personnes-ci savent qu’elles bousculent et détruisent la vie des personnes qui les entourent, et elles s’en veulent, elles culpabilisent… Il envoie également un message visant à encrer dans l’esprit humain que tous ses malades sont des personnes normales, qui ont une vie normale, qui peuvent, si elles le souhaitent, tomber amoureuses, lier des amitiés… et peu importe le stade avancé ou non de leur maladie.

Hazel m’a vraiment marquée et surprise. Elle fait preuve d’un sang-froid flagrant et d’un courage époustouflant. C’est une jeune fille (une jeune femme, devrais-je), très lucide quant à sa maladie, elle ne se démonte pas et continue à vivre sa vie normalement et pleinement. Même si le regard des gens la gène parfois, elle essaie de s’en abstenir, d’ignorer cette pitié qu’elle ne supporte pas qu’on lui apporte.
Augustus quant à lui, est le stéréotype parfait du beau goss américain bien gaulé, beau parleur, séduisant et dragueur… Il fait, comme Hazel, preuve de beaucoup de courage vis-à-vis tous les terribles évènements qu’il subis, ne se démonte pas et continue à rester lui-même. On constate également qu’il a un grand coeur, et beaucoup d’humour.

J’ai reçu une grande claque en lisant Nos étoiles contraires. Rempli d’émotions, il est très émouvant, et vraiment triste. L’auteur a essayé de placer des passages plutôt drôles, en contraste total avec les épreuves que subissent les personnages. Je n’aurais jamais imaginé que des personnes malades du cancer puissent continuer à vivre comme cela. Je pensais, au fond de moi, qu’ils se laissaient couler, attendant la fin, voulant se libérer du mal qui empire en eux chaque jours qui passent… Je pense me souvenir longtemps de cette lecture, j’ai eu la boule à la gorge pendant toute ma lecture. Je suis admirative du combat que mène ces personnes, et je leur envoie tout mon courage et toute mon affection : la vie vous ai offerte, profitez d’elle au maximum avant de la perdre.

Poignant, tranchant et émouvant, John Green nous fait ressentir de tristes émotions, qui nous font, suite à cette lecture, encore plus apprécier la vie.

 

Ma note : 10/10