Attendre un fantôme


Attendre un fantôme de Stéphanie Kalfon

128 pages, éditions Joelle Losfeld, à 15€


Résumé : Kate, jeune fille de dix-neuf ans, vit un drame : la mort brutale de son amoureux dans un attentat. Tout pourrait s’arrêter là. Mais ce serait sans compter sa mère, les gens qui l’entourent et la manière dont ce drame résonne en eux, dont ils s’en emparent, dont ils décident que ce sera le leur – et le transforment en traumatisme. Voici des personnages qui sont comme des poupées russes : chaque membre de la famille de Kate semble en cacher un autre, ou se cacher derrière un autre, les histoires des autres venant hanter la mémoire des uns. Le roman explore les relations qui lient une famille où il fait bon se taire. La violence rôde mais on ne la voit pas. Si la violence est ici dangereuse, c’est qu’elle passe par le banal ; voilà son déguisement, sa petite excuse, la main tendue d’une mère affirmant porter secours tandis qu’elle étouffe. Kate va suivre les fantômes qui mènent à la possibilité de vivre encore. En affrontant l’emprise de sa mère, en la mettant au jour, elle parvient à faire sauter un à un, cran après cran, les rouages mécaniques de la violence. Pour cela il lui faut cesser d’attendre, pour prendre le risque d’exister.


Extraits : « Il n’y a pas de mot dans la langue française pour dire quand nous, parents, on perd un enfant. Quel statut on a. Pour les enfants il y a le mot « orphelin » mais pour les parents il n’y a pas de place dans le dictionnaire, ça n’existe pas en français, il est là le scandale… »

« Le souvenir qui lui reste, c’est l’absence de certitude d’avoir été seulement aimée. Un manque de souvenirs. Le souvenir d’un manque.« 


Mon avis : De prime abord, ce roman avait tout pour me plaire : un résumé alléchant, qui tire sur l’émotion et le larmoyant, sans pour autant tomber dans le pathos. Mais à la lecture, le ton et le style narratif ne m’ont pas entièrement convaincus, et m’ont laissé circonspecte.

Kate est une jeune fille de 19 ans, qui vient de perdre son petit ami, assassiné en Israël, lors d’un attentat terroriste dans l’université où il étudiait. C’est la mère de Kate qui lui apprend la nouvelle, un mois après le meurtre, alors que la jeune fille rentre tout juste de vacances. Désemparée de ne pas avoir pu faire ses au revoir au jeune homme, Kate en veut à sa mère de lui avoir caché la vérité pendant tout ce temps. Elle va sombrer dans un abime sans fond, où le désespoir, la tristesse et la déception se mélangent à l’infini.

On suit tout d’abord Kate, cette jeune fille dont la vie va changer du tout au tout suite à la terrible tragédie qui la bouleverse. Comment se remettre de la mort d’un être aimé ? Comment faire son deuil et tourner la page d’une histoire, alors que cette histoire n’a jamais pu être terminée ?  Cette première thématique est celle qui m’a intéressée lorsque j’ai lu la quatrième de couverture de ce roman. Mais malheureusement, le sujet est traité superficiellement, bâclé, vite passé et relégué au second plan, pour laisser place nette à la réflexion sur la relation mère-fille de Kate et sa madone.

En effet, en parallèle, nous suivons la mère de Kate, cette femme froide et manipulatrice, au coeur de pierre et à la présence toxique. La relation qu’elle et Kate entretienne est cordiale, comme deux amis, presque deux inconnus, auraient pu avoir. Point d’amour ou de sentiment trop prononcé, point d’atermoiement ni de soutient envers sa fille : la mère de Kate surprend par son insensibilité et par sa manière égoïste de toujours tout ramener à elle. C’est simple : elle veut être le centre du monde et n’accepte pas que sa fille souffre. C’est finalement sa mère qui va peu à peu prendre le plus de place dans cette histoire, devenant progressivement la protagoniste à la place de Kate. Et c’est assez déroutant, puisque cette femme est détestable à souhait. Tout, dans son comportement, sa manière de se tenir, de parler et d’agir, nous amène à la haïr profondément.

J’ai donc été déçu de ne pas retrouver la thématique que j’étais venue chercher prioritairement dans ce livre, à savoir : une réflexion face au deuil. De plus, j’ai trouvé le style narratif un peu trop alambiqué, avec des pensées qui virevoltent en tout sens, qui s’enchaînent parfois sans cohérence ni continuité.


Un récit alambiqué et confus, qui manque de consistance. 

Ma note : 4/10

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