Rien ne s’oppose à la nuit

Rien ne s’oppose à la nuit
de Delphine de Vigan.
437 pages, éditions JC Lattès à 19,00€

 

Résumé : Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.
Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

Extraits : « La mémoire enregistre tout, et le tri s’effectue après coup, une fois la crise passée. »
« J’ai pensé qu’être adulte ne prémunissait pas de la peine vers laquelle j’avançais, que ce n’était pas plus facile qu’avant, quand nous étions enfants, qu’on avait beau grandir et faire son chemin et construire sa vie et sa proprez famille, il n’y avait rien à faire, on venait de là, de cette femme ; sa douleur ne nous serait jamais étrangère. »
« L’écriture me met à nu, détruit une à une mes barrière de protection, défait en silence mon propre périmètre de sécurité.« 

Mon avis : Wahou, wahou, wahou… quel splendide roman, je comprends maintenant la raison pour laquelle il a reçu deux prix !!!
Depuis le temps que ce livre me fait de l’oeil, j’ai enfin réussi à l’emprunter à la bibliothèque, et je l’ai lu dans la foulée. Lu d’une traite, en un rien de temps, j’ai dévoré ce livre, emportée et happée par l’histoire que ce superbe roman de Delphine de Vigan offre à découvrir à tous les lecteurs avides d’émotions.
Basé en grande partie sur les liens familiaux qui unissent les personnes d’une même famille, ainsi que les différents échanges et sentiments qui peuvent se passer entre eux, Rien ne s’oppose à la nuit relate l’histoire d’une jeune fille, qui, suite au suicide de sa mère, écrit un livre où elle va raconter tous les obstacles et périples traversées au cours de son existence, et de l’existence de toute sa famille. Elle recueillera des témoignages familiaux, ainsi que des photos, des vidéos, des objets, et décrit, tout en émotions, l’horrible vie qu’elle a vécue.
Avec la sensation de la mort qui plane au-dessus du livre tout au long du récit, Delphine de Vigan nous plonge dans la vie de ses personnages hors du communs, originaux et un temps soit peu mystérieux.
Ce livre est très touchant, il m’a ému. La tristesse, mais également la compassion vis-à-vis des personnages, la peine qu’ils laissent entrevoir, émeut le lecteur, qui ne peut que comprendre et compatir à l’appel au secours de Lucile, et au manque d’amour de la narratrice.
Si vous ne connaissez pas ce livre, je vous le recommande vivement, il se lit facilement et rapidement, il rempli de diverses émotions qui vont littéralement vous bouleversez.

 

Ma note : 10/10
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L’atelier des miracles

L’atelier des miracles de Valérie Tong Cuong.
266 pages, éditions JC Lattès, à 17€

 

Résumé : Prof d’histoire-géo mariée à un politicien narcissique, Mariette est au bout du rouleau. Une provocation de trop et elle craque, envoyant valser un élève dans l’escalier. Mariette a franchi la ligne rouge.
Millie, jeune secrétaire intérimaire, vit dans une solitude monacale. Mais un soir, son immeuble brûle. Elle tourne le dos aux flammes se jette dans le vide. Déserteur de l’armée, Monsieur Mike a fait de la rue son foyer. Installé tranquillement sous un porche, il ne s’attendait pas à ce que, ce matin, le « farfadet » et sa bande le passent à tabac.
Au moment où Mariette, Millie et Mike heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main – Jean, qui accueille dans son Atelier les âmes cassées, et dont on dit qu’il fait des miracles.
Mais peut-on vraiment se reconstruire sans affronter ses fantômes ? Avancer en se mentant et en mentant aux autres ? Ensemble, les locataires de l’Atelier vont devoir accepter leur part d’ombre, tandis que le mystérieux Jean tire les ficelles d’un jeu de plus en plus dangereux.

Extraits : « Nous faisons tous les mêmes erreurs. Fuir nos fantômes plutôt qu’apprendre à vivre avec. »
« L’ignorance est plus dangereuse qu’une grenade dégoupillée. »

Mon avis : Certains livres peuvent sembler léger et mielleux au plus au point, alors qu’une simple interprétation ne suffit pas à comprendre un quart du message qu’ils recèlent réellement. C’est le cas pour L’atelier des miracles, qui, sous ses airs de roman détente, cache en réalité une grande leçon de morale.

Ce roman polyphonique, qui partage les états d’âmes de trois protagonistes différents, débute sur une brève présentation de leur triste vie. Aux antipodes les uns des autres, ils vont néanmoins se ressembler dans l’inertie de leur vie, et vont, par le plus grand des hasards, se regrouper dans un centre spécial, crée par un certain monsieur Jean.

D’abord attristée par l’histoire que chacun contait, je n’ai pu que compatir à leur peine, et m’émouvoir de leur restant de courage. Ils n’ont pas dépérit, au contraire, ils ont continuer d’avancer pour ensuite pouvoir s’élever de nouveau de la terrible chute qu’ils ont vécus précédemment.
Un petit coup de pouce de la part de ce mystérieux (mais très généreux !) Jean va grandement les aider à reprendre leur vie en main. Personnage discret, il m’a intrigué par le peu de description que l’auteure fait de lui. Sans pour autant m’être antipathique, je n’ai pas senti le réel engagement de cet homme dans le combat de ses futurs protéger. Il m’a paru louche, trop parfait pour complètement être honnête. Sur ce coup-ci, nos trois héros n’ont pas eu la même vision que moi, et on été fort naïfs concernant les bienfaits que leur promettaient ce Jean, « dont on dit qu’il fait des miracles« .

Le dénouement est à la fois attristant, mais bénéfique pour tous les protagonistes du roman, quels qu’ils soient.
L’atelier des miracles comporte une très bonne leçon de vie, une morale qu’il conviendrait à tous de découvrir et d’appliquer au quotidien. Derrière les défaites et les coups bas, se cache une autre histoire de notre vie, qui ne demande qu’à s’ouvrir et s’épanouir à son tour. Rien n’est jamais perdu, il suffit simplement de le savoir, pour pouvoir se relever à nouveau.

Valérie Tong Cuong, avec sa douceur d’écriture, entraîne le lecteur, qui se laisse bercer et emporter dans les tréfonds de cet atelier si spécifique. L’idée était à la fois originale à découvrir, agréable à lire, et très terre-à-terre. Ce récit aurait exister dans la réalité, je ne m’en serais pas étonné !

Même si ce roman ne restera pas ancré indéfiniment dans mon esprit, j’ai passé un très bon moment ne compagnie de ses attachants personnages. Le message d’espoir et d’optimisme que dégage ce livre m’a beaucoup plu, et plaira sans doute à tous ceux qui ont réussi à le sortir de son contexte.

 

Ma note : 7/10