Un si beau soleil pour mourir

Un si beau soleil pour mourir
de James Patterson et Howard Roughan
360 pages, éditions l’Archipel, à 22€

 

Résumé : Ethan et Abby, mariés depuis peu, passent leur lune de miel sur une île enchanteresse des Caraïbes. Eaux turquoises le matin, champagne le soir… Mais le rêve prend fin, brutalement. Le couple est tué dans le sauna de leur suite de luxe.
Peu de temps après, deux amoureux convolant à Rome sont assassinés. Qui peut bien s’en prendre à des couples mariés depuis peu ?
L’ex-agent du FBI John O’Hara se voit confier l’enquête tandis que l’agent spécial Sarah Brubaker traque de son côté un autre serial killer, dont les victimes ont un étonnant point commun : elles portent toutes le même nom : John O’Hara !
Des lors, les routes de John et de Sarah vont se croiser. Il leur faudra, pour arrêter les deux criminels, unir leurs efforts. Et plus si affinités…

Extraits :  « Définition de la confiance dans une relation amoureuse naissante ? Quand il vous dit où il cache sa clé de secours. »
« Ce soir-là, les rires fusèrent autour de la table du dîner. Et me prouvèrent que, si la famille est bien la seule monnaie qui procure le bonheur, je suis un homme immensément riche. »

Mon avis :  Une si jolie couverture ne pouvait que donner envie de découvrir Un si beau soleil pour mourir. Beaucoup d’attentes nourries, pour finalement de nombreuses déceptions.

James Patterson choisit de mener deux intrigues de front : l’une aux côtés de John O’Hara, chargé de résoudre le meurtre d’un couple lors de sa lune de miel. L’autre intrigue se passe avec Sarah Brubaker, qui tente d’attrapaer un tueur en série redoutable, aux cibles bien distinctes : il ne tue que les Jon O’Hara. Deux enquêtes qui vont finir par se rejoindre, deux enquêteurs qui vont former un binôme, pour le meilleur comme pour le pire.

Durant toute la durée de ma lecture, j’ai eu le sentiment d’un manque significatif, d’un vide. Manque de détails, manque de descriptions, de profondeur, de chaleur humaine, de réalisme et d’originalité. En effet, l’histoire n’était pas assez recherchée. L’intrigue était loin d’être originale et pas spécialement captivante. Le fait d’intégrer deux enquêtes parallèles dans le récit créait des cassures de l’histoire, qui empêchait le lecteur de se plonger entièrement dans l’intrigue. De plus, les deux protagonistes, au caractère fade, sans réelle personnalité, n’étaient pas des plus accueillants. Un binôme bien trop commun à mon goût – les deux agents du FBI qui se retrouvent à collaborer ensemble sur une enquête, qui se découvrent et s’apprécient de plus en plus… on connaît, et on a déjà donné ! Pour couronner le tout, James Patterson ôte tout suspense à son histoire, en nous dévoilant dès le début le portrait du serial killer. La suite coule de source, sans mystère aucun.

La lecture en elle-même est agréable, bien que sans grand intérêt littéraire. Pour dire le talent de conteur de l’auteur : malgré mon aversion pour son livre, il a réussi à me porter jusqu’à la dernière page. Est-ce par curiosité, par espoir d’un retournement de situation ou par magie stylistique ? Un peu de chaque, certainement…

Ma note dénote ma déception pour ce roman à la couverture trompeuse. Le suspense annoncé n’était pas au rendez-vous, les enquêtes s’éternisaient, les personnages étaient inintéressant, tout comme l’intrigue proposée.

 

Ma note : 4/10

Journal d’une toquée

Journal d’une toquée de James Patterson
et Lisa Papademetriou
253 pages, éditions Hachette romans, à 13,90€

 

Résumé : Moi, Margaret Clarke, je repars de zéro, entièrement de zéro, grâce à ce journal. Autant être franche avec vous, je me suis lancée dans l’écriture sur les conseils de ma psy. Et la conclusion c’est que je ne suis pas plus cinglée que la plupart des ados que je connais. Je suis juste furax. Surtout après ma mère. Qui a disparu un mardi après-mid, sans mot ni bisou. Si voulez en savoir plus…

Extraits : « Le monde est étrange et beau, même si je ne suis pas sûre de très bien le comprendre. »
« – Tout va bien ? demande La-tronche qui surgit à son tour. En quel honneur ce câlin collectif ?
Sans attendre que quelqu’un lui réponde, elle pose son plateau et nous serre contre elle. Voilà pourquoi j’aime mes amis. Parce qu’ils n’ont pas peur de former une grosse boule de tendresse humaine au beau milieu de la cafète, même si ça attire les regards.
 »

Mon avis : Si vous recherchez un roman jeunesse sympathique à lire et agréable à regarder : emparez-vous de Journal d’une toquée ! Avec ses personnages adolescents facilement identifiables aux lecteurs, ses stéréotypes concernant la jeunesse et les somptueux dessins de Keino qui illustrent le texte, les 12-17 ans devraient adorer ce livre.

Présenté sous la forme du journal intime de l’héroïne, Margaret Clarke, dit Cookie, Journal d’une toquée retrace avec de nombreux détails, les principaux événements qui ont bercés sa vie de lycéenne, ainsi que son quotidien original en dehors de l’école. Le tout entouré de sa bande de meilleurs amis, surnommés les Débiles-en-folie, des personnages plus excentriques les uns que les autres.

Il faut savoir que dans ce livre, tous les personnages sont stéréotypés. Mais, l’exception à la règle est l’héroïne elle-même, personnage à part entière, qui sort complètement du lot. Avec un style vestimentaire particulier, une maturité hors du commun pour son âge, tout un tas d’idées saugrenus et une histoire personnelle déroutante, on peut facilement dire qu’elle se situe en marge des adolescents dits « normaux » de son âge. C’est une jeune fille très intelligente, bourrée d’imaginations, qui s’évertue à se raconter maintes histoires fantastiques et à rêver de personnages romanesques à longueur de journée. Qualifiée de « folle », elle n’en reste pas moins lucide sur les tragiques événements qui surviennent dans sa vie – comme la fuite de sa mère, ou la mort subite de sa mère adoptive. Outre Cookie, on retrouve des bandes d’adolescents de tous genres : les Gothiques, les Teigneux, les Hippies, les Barbies… Avec une seule bande qui ne se fond pas dans la masse : celle des Débiles-en-folie, avec des membres hétéroclites – un beau goss croyant en Dieu, une bombe atomique, une jeune adolescente ronde, un garçon aux nombreux boutons d’acnée… Mais l’amitié est plus forte que la différence physique, ce qui rend cette bande de copains soudée et touchante.

Nous suivrons donc les aventures de Cookie et ses amis. Entre fous rires, larmes, peur et excitations, le lecteur n’est pas au bout de ses surprises. Il faut dire qu’avec une bande pareille, les journées ne doivent pas être monotones et de tout repos, bien au contraire ! James Patterson et Lisa Papademetriou mettent en évidence les stéréotypes des adolescents-lycéens (les élèves séparés en bande, les bagarres dans les cantines, les bals de fin d’année, les amours entre amis), tout en grossissant les traits, et en y ajouter une dose d’humour supplémentaire. Plutôt pas mal réussi…

Je tiens à souligner également l’incroyable dextérité des coups de crayons de Keino, qui a sût faire prendre vie aux mots écrits sur le papier. Des dessins fidèles au contenu du livre, réalisé avec foultitude de détails, qui permettent d’animer encore plus la narration.

Je le conseille aux adolescents désireux de passer un agréable moment en compagnie d’une héroïne surprenante et totalement excentrique. Personnellement, je me suis laissée bercer par le récit…

Ma note : 6/10

Le sang de mon ennemi

Le sang de mon ennemi
de James Patterson & Michael Ledwidge
347 pages, éditions l’Archipel, à 22€

 

Résumé : Manuel Perrine n’a peur de rien ni de personne. Puissant, charismatique et impitoyable, il abat ses rivaux avec l’aisance qu’il met à arborer des costumes de lin blanc griffés.
L’inspecteur Michael Bennett est le seul flic à avoir réussi à mettre Perrine derrière les barreaux. Mais, à présent qu’il est sorti de prison, celui-ci s’est juré de l’éliminer, lui et tous ceux qui lui sont chers.
Justement, Bennett et ses dix enfants adoptés vivent dans une ferme reculée en Californie, protégés par le FBI.
Bientôt Perrine lance une campagne de diffamation, visant les personnalités les plus connues du pays. Ne disposant d’aucun indice quant à l’endroit où pourrait se cacher Perrine, le FBI décide à faire appel à Bennett…

Extrait : « J’ai secoué la tête. On aurait pu croire qu’ils s’adressaient à un toxico. Restait à savoir quelle était ma drogue. Mon boulot de flic ? A bien y réfléchir, peut-être n’avaient-ils pas entièrement tort. »

Mon avis : Le sang de mon ennemi, titre effroyable à en faire frémir plus d’un se classe néanmoins, si l’on en croit la couverture « numéro un mondial du suspense« . Et pour cause…

Entre le Mexique et les Etats-Unis, rien ne va plus. L’histoire se déroule dans un contexte de trafics illégaux de produits illicites, de production de champs de drogue, de réglements de comptes entre traficants. Perrine, le chef mafieux le plus redouté de tous les temps, crainte ultime de tous les traficants, policiers et autres civils, extermine un à un les personnes qui l’ont un jour ou l’autre contredits. Michael Bennett, policier des Etats-Unis, avait réussi à capturer Manuel avant que celui-ci ne s’échappe. Depuis ce temps-là, il doit vivre reclu dans un endroit isolé, déserté, dans une profonde campagne sans âme qui vive, avec ses sept jeunes enfants. Mais Michael, mis à la touche pour plus de sureté, va tenter de stopper les folies meurtrières du criminel, dans l’espoir de revenir un jour à une vie quotidienne banale.

Ce roman porte bien l’ornementation de numéro un du suspense : dès les premières lignes, des morts et du sang. Le gang mystérieux qui opère semble sans limite, cruel, prêt à tout pour parvenir à leurs fins, n’ayant peur de rien ni de personne, seulement de leur chef, Manuel Perrine. Cet homme dégage une monstruosité bestiale effroyable, une aura sombre qui démontre l’absence d’humanisme et de sentiments de cet être sans coeur. Bien au contraire, contrastant nettement avec le monstre décrit ci-dessus, Michael Bennett, père responsable de sept adorables enfants, empli de tendresse envers les siens et d’attentions touchantes, incarne pleinement l’humanisme paternaliste. Courageux, aguerris, il n’hésite pas à donner sa vie aux siens, risquant à tout instant la mort pour permettre l’épanouissement de ses enfants, atristés de vivre reculés.

Le suspense est insupportable. Les meutres de Manuel Perrine se multiplient toujours plus, sans quiconque à l’horizon qui semble en mesure de pouvoir stopper le carnage. Michael Bennett semble un bien maigre personnage, déterminé, mais pas à la hauteur des sbires du mafieux. Les scènes de crimes deviennent de plus en plus morbides, tout en s’accélérant.

Ceux qui ont l’intention de lire ce livre ne devraient pas continuer à lire cette partie de ma chronique, sous peine de vous révéler quelques épisodes essentiels du roman, qui ne vous laisserez plus de surprise.
Le point dramatique ultime, le summum du suspense, qui accentue toujours plus l’effroi du lecteur, c’est lorsque les mafieux découvrent la cachette de la famille Bennett. L’intrigue, semblant avancer à toute vitesse, se ralentit en une fraction de secondes, laissant le lecteur dans l’angoisse la plus totale. Que sont devenus les enfants ? Et Mary Catherine, la pseudo gouvernante de la famille ? Michael, loin de sa famille, se fait un sang d’encre, prêt à en découdre, remonter à bloc pour tuer de ses propres mains son ennemi numéro un.

James Patterson pointe du doigt dans son roman les traficants de produits illicites, et la guerre qui persiste depuis des années aux frontières du Mexique et des Etats-Unis. Dans un rythme soutenu, alternant les courses-poursuites et les moments paisibles qui se déroulent à Susanville, dans le paysage agricole où sont réfugiés les enfants, l’auteur donne une énergie puissante à son roman, jouant malléablement avec les émotions du lecteur.

Un très bon thriller, au suspense omniprésent, et à l’atmosphère passablement moderne. Un bon moment de lecture, traitant de l’amour familial, du pouvoir d’un père, des narcotraficants, des mafieux… des thèmes éclectiques, mais qui se marient parfaitement dans ce cadre étouffant.

Ma note : 6,5/10