L’espionne


L’espionne de Paulo Coelho

215 pages, éditions J’ai lu, à 7,90€


Résumé : L’histoire de la célèbre aventurière Mata Hari, fusillée à Vincennes en 1917 pour espionnage et trahison, par le biais d’une série de lettres écrites à son avocat depuis la prison de Saint-Lazare.
Arrivée à Paris sans un sou en poche, Mata Hari s’impose rapidement comme une danseuse vedette du début du XXe siècle. Insaisissable et indépendante, elle séduit le public, ensorcelle les hommes les plus riches et les plus puissants de l’époque. Mais son mode de vie flamboyant fait scandale et attire bientôt les soupçons tandis que la paranoïa s’empare du pays en guerre. Arrêtée en 1917 dans sa chambre d’hôtel sur les Champs-Élysées, elle est accusée d’espionnage.
En faisant entendre la voix de Mata Hari, Paulo Coelho nous conte l’histoire inoubliable d’une femme qui paya de sa vie son goût pour la liberté.


Extraits  « Les fleurs nous enseignent que rien n’est permanent, ni leur beauté, ni le fait qu’elles se fanent, parce qu’elles donneront de nouvelles semences. Souviens-t’en quand tu ressentiras de la toi, de la douleur ou de la tristesse. Tout passe, tout vieillit, meurt et renaît. »

« Changer et changer pour quelque chose de différent sont deux choses complètement différentes. »


Mon avis : Quelle histoire… les mots me manquent…

L’histoire se déroule à la fin du XIXème et début XXème siècle. Mata Hari est une danseuse hollandaise, débarquée à Paris pour conquérir la capitale française. Elle se fait très vite remarquer par son audace et son art avant-gardiste, qui intrigue et en surprend plus d’un. La vie sourit à Mata Hari, elle se laisse entretenir par des hommes riches, tout en sachant garder une partie d’indépendance indispensable à son bien-être. Mais la guerre éclate et ravage les peuples et les pays. Mata Hari se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment, elle est soupçonnée d’être une espionne au service du peuple Allemand et subit le pire sort qu’il aurait pu lui arriver : la fusillade.

Grâce à une plume poétique et ensorcelante, Paulo Coelho transcrit une correspondance entre Mata Hari et son avocat. Correspondance fictive, certes, mais qui colle au plus près de la réalité.

Je l’avoue sans aucune honte : avant que l’on ne me parle de ce bouquin il y a quelques mois, je ne connaissais pas du tout celle qui se faisait appeler Mata Hari. Et pourtant, elle aurait eu du mérite à être connue.

J’ai beaucoup d’admiration pour cette femme, que je trouve hautement courageuse. D’abord mariée presque de force à un homme vil et méchant, elle côtoie de très près la mort, avant d’avoir le courage de partir, loin de cet être qu’elle appelait mari. A Paris s’ouvre une nouvelle vie pour elle, pleine de succès, d’opulence, d’hommes et de sexe. Le personnage de Mata Hari est provocant en soi, mais il est si plein de liberté et d’avance sur son temps qu’il en devient magnifique. J’admire son courage, ses nombreuses ambitions, sa force d’esprit face aux critiques et aux médisances, son envie d’être elle, d’être libre, d’être femme.

C’est un bel hommage que rend Paulo Coelho à cette femme, qui a marquée son époque, de son vivant, mais aussi de sa mort. J’avoue que quelques chapitres de plus n’auraient pas été de refus : une vie si bien remplie ne peut se résumer en si peu de pages, tout comme mon ressenti sur cette lecture ne peut s’exprimer en si peu de mots.


Une magnifique biographie romancée sur la vie d’une femme tout aussi magnifique, qui m’a touchée, autant par son audace et son courage que par ses excès et ambiguïtés. à découvrir !

Ma note : 9/10

Pour lire plus d’avis

 

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La nuit avec ma femme


La nuit avec ma femme de Samuel Benchetrit

158 pages, éditions J’ai Lu à 7,20€


Résumé : Un homme ouvre son cœur à sa femme disparue sous les coups d’un autre, venue le visiter le temps d’une nuit. Un voyage intérieur poétique, âpre et intime.

 » J’ai passé plus de temps que toi sur cette Terre. Et notre différence, c’est que moi, je t’ai perdue. C’est parce que j’ai continué à vivre que je le sais. J’ai voulu être seul souvent pour être avec toi. Il faut bien donner son temps aux amours invisibles. S’en occuper un peu. Encore maintenant je me demande comment tu vas. Ce que tu fais. Je cherche de tes nouvelles. J’invoque la colère pour que tu la calmes. Quelques rires où tu me rejoindrais. Et le soleil a changé, puisqu’il manque une ombre. Mais je suis heureux. Et c’est à ton absence que je dois de le savoir.  »


Extraits :  « Les vivants font plus de signes aux morts que les morts n’en font aux vivants. On a des cloches et des fêtes. Vous ne faites rien pour nous. Enfin, je crois. Juste de la peine et occuper les souterrains. »

« Écoute. Écoute ton rire mon amour. Peut-être que le temps a abîmé ta voix. Mais c’est mieux que rien. Et la technologie ne sert qu’à ça. Se donner des nouvelles du passé. On invente un futur pour mieux se souvenir des peines. »


Mon avisUn grand merci à Babelio, qui m’a permis de découvrir cet émouvant témoignage.

Samuel Benchetrit, auteur, scénariste et réalisateur français, a dû faire face, en 2003 à l’assassinat de son ex-femme, par son nouveau conjoint. Alors qu’ils avaient eu un enfant ensemble, Samuel se retrouve seul à l’élever. Il nous raconte ce qu’il a ressenti suite à ce drame, comment il a réagit, comment il a continuer malgré tout à vivre, pour lui, mais surtout pour leur enfant. Il va profiter d’une dernière nuit, le temps d’une dernière rencontre mystique avec celle qui fût sa femme, pour déverser tout ce qu’il a sur le coeur.

Ce livre est un concentré d’émotions. Je dois quand même avouer que le style narratif abrupte de l’auteur m’a un peu déstabilisé au début de ma lecture. Des phrases courtes, percutantes, quelques mots jetés ici ou là. Il m’a fallu un temps d’adaptation pour enfin pouvoir m’insérer dans l’histoire. C’est donc sans surprise que j’ai préféré découvrir la seconde partie du livre, que j’ai trouvé plus intense et surtout plus prenante que le début du récit.

La nuit avec ma femme aurait pu être un cri de colère face à l’homme jaloux qui a assassiné l’être aimé. Mais Samuel Benchetrit opère un tout autre virage dans son récit, en ne parlant que d’amour. C’est un témoignage poignant et touchant, qui nous prouve qu’après une dizaine d’années, l’auteur ne l’a toujours pas oublié et continue à penser très souvent à elle. Un livre  d’amour écrit comme un hommage, ou comme un adieu, à cette femme qu’il n’oubliera jamais.

Mais c’est aussi une histoire triste, qui nous rappelle que chaque jours, des femmes meurent sous les coups de leurs compagnons. En France, une femme meurt tous les trois jours des suite des coups de son compagnon. Mais ce n’est pas tout : 223 000 femmes sont chaque année victimes de violence physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ; 84 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol, chaque année en France. Des chiffres alarmants, mais bien réels. La nuit avec ma femme, même si ce n’est pas son but premier, sensibilise aux violences faites aux femmes. En mettant en lumière cette réalité et tout ce qui en découle, beaucoup peuvent se rendre compte de la gravité des faits et aider à leur échelle.


Samuel Benchetrit met son coeur à nu et se livre sur les sentiments qu’il ressent et à ressenti après l’assassinat de sa femme. Un récit profond et intense, qui ne laisse pas indifférent. 

Ma note : 6/10

Autobiographie d’une courgette

 


255 pages, éditions J’ai Lu, à 5,80 €

 

Résumé :

« Depuis tout petit, je veux tuer le ciel ». Ainsi commence l’histoire racontée par Icare, un petit garçon naïf et inculte, surnommé Courgette, qui, à neuf ans, vit à la campagne avec sa mère. Depuis son accident, la mère de Courgette ne travaille plus à l’usine et boit des bières en regardant la télévision du matin au soir. Elle s’occupe peu de son fils qui n’apprend rien à l’école et joue seul pour la plupart du temps. Les rares dialogues échangés passent par la télévision, source d’inspiration de Courgette qui ne connaît la vie qu’à travers le petit écran. Un jour, Courgette découvre un revolver et tue accidentellement sa mère. Le juge le déclare « incapable mineur » et Courgette est envoyé dans une maison d’accueil. Mais pour Courgette, contrairement aux autres enfants, la maison d’accueil est loin d’être « une prison ». L’apprentissage d’une vie passe désormais par les Fontaines et tous les rêves de Courgette deviennent possibles.

Extraits :  « Les rides, c’est rien qu’une boîte à questions pas posées qui s’est remplie avec le temps qui s’en va. »
« Le ciel, ma Courgette, c’est grand pour nous rappeler qu’on n’est pas grand-chose dessous. »

Mon avis :  Gilles Paris a une nouvelle fois réussi à me ramener à l’âge de l’innocence et de la candeur. Il s’illustre, grâce à Autobiographie d’une Courgette, comme un auteur de romans nostalgiques pour adultes.

Autobiographie d’une Courgette, comme Au pays des Kangourous, est narré par le protagoniste de l’histoire, qui est aussi un enfant, plus exactement un petit garçon. Perdu dans sa soif de connaissances dans un âge où la naïveté est au coeur de tous les gestes, Icare (notre héros principal), plus familièrement surnommé Courgette, va connaître un terrible malheur. Il va accidentellement prendre le revolver de sa mère, qui s’enfonce chaque jours davantage dans la dépression et l’alcoolisme et lui tirer innocemment dessus. Un geste qui va le faire arriver au foyer d’adoption, un lieu où tous les enfants orphelins ou abandonnés se retrouvent. Là-bas, il va faire la connaissance de nombreuses personnes, des amis, des parents, des éducateurs… A croire qu’Icare est bien plus heureux dans sa nouvelle vie qu’à l’intérieur de sa précédente existence familiale…

L’ambiance du livre est dans l’ensemble assez triste, mais elle reste bonne enfant. Même si l’histoire du petit Icare est très émouvante et peut en faire pleurer plus d’un, Gilles Paris arrive à dédramatiser la situation et à tourner ce récit dans une phase plus heureuse. Car quand on y regarde de plus près, les avantages pour Courgette de se retrouver dans cet orphelinat sont beaucoup plus nombreux que les inconvénients.

Courgette a déjà pu rencontrer de nombreuses personnages, toutes plus attentionnées à son égard les unes que les autres. Les zéducateurs, comme il les appelle, qui sont un grand pilier pour tous les enfants du centre, savent redonner le sourire aux pensionnaires, et les amuser au quotidien. Les autres enfants, tous très différents, et ayant vécus des histoires diamétralement opposées, se rapprochent et se trouvent des points communs (en particulier un, celui de ne pas/plus avoir de réels parents). Ils lient de forts liens d’amitié, qui semblent totalement indénouables. Courgette a également pu trouver la fille de ses rêves, Camille, une autre pensionnaire, qui, dès le premier regard, ne va pas arrêter de le hanter. Et enfin, Icare a pu trouver une nouvelle famille d’accueil, Raymond, le policier qui l’a retrouvé le soir du meurtre de sa mère, et son fils, Victor, qu’il compare déjà à son frère.
Tant de rencontres qu’il n’aurait jamais pu espérer si sa mère n’aurait pas sombrer peu à peu dans la folie et l’alcool.

L’histoire personnelle d’Icare n’en reste pas moins tragique et très émouvante. Mais c’est une histoire passée, qu’il préfère oublier pour le moment. En décidant de mettre une croix sur son passé, Courgette veut repartir de l’avant, et se reconstruire une nouvelle vie, bien meilleure que celle d’avant.
Gilles Paris détourne cette histoire et arrive à créer des passages passablement drôles. Les répliques d’Icare ainsi que celle de ses camarades, sont tellement innocentes et naïves, que ça en devient comique. Les petites questions de Courgette sur la vie peut gêner les « grandes personnes », alors que Courgette s’en fiche, une seule chose l’importe : de trouver les réponses à ses questions. Son obstination et son vocabulaire sont certes, enfantins, mais ils sont tournés par Gilles Paris, à la rigolade.

Le livre est assez rapide à lire, les pages avancent à un rythme fou. La plume de l’auteur fait réellement penser aux paroles d’enfants, ce qui rend encore plus l’impression que le récit est raconté par un réel enfant. On s’immisce davantage à l’intérieur de l’histoire, un attachement né pour ses petits enfants, et en même temps, toutes leurs histoires sont tristes à lire… Que d’émotions !

En tout cas, je suis une nouvelle fois comblée par ce roman. Tout en délicatesse et en sentiments, Gilles Paris a rempli son contrat, et m’a embarqué à travers ces mots. Cet auteur a vraiment un style unique et original, à croire qu’il est resté bloqué en enfance…

 

Ma note : 7/10

La ligne verte

La ligne verte de Stephen King.
507 pages, éditions 84 à 7,17€

Résumé : Octobre 1932, pénitencier d’État, Cold Mountain, Louisiane. Le bloc E, celui des condamnés à mort, reçoit un nouveau pensionnaire : John Caffey rejoint ceux qui attendent de franchir la ligne verte pour rencontrer la chaise électrique, Miss Cent Mille Volts. Mais Caffey n’est pas comme les autres. D’accord, on l’a retrouvé auprès des cadavres ensanglantés de deux petites filles, mais il est étrangement absent. Jusqu’au jour où Paul, le gardien-chef, tombe malade et alors une terrible vérité semble s’esquisser. Qui est ce prétendu meurtrier aux pouvoirs étranges ? Qui dresse Mister Jingles, l’étrange souris, bien trop intelligente ? Quand Paul commence à répondre à ces questions, il sent que personne dans le bloc E ne sortira indemne de la rencontre avec John Caffey.

Extraits : « Lire la fin d’un roman policier avant d’y arriver, c’était comme de manger un biscuit fourré à la noix de coco en allant tout de suite à la noix de coco : après, vous n’avez plus qu’à jeter le biscuit ! »
« Quand un homme a quelque chose à faire, il doit s’y atteler, et tant pis si c’est douloureux.« 

Mon avis : Quel merveille ! Ce livre de Stephen King est une oeuvre d’art, un vrai régal avec un scénario magnifique. Ce roman ponctué d’une pointe de fantastique se lit très rapidement, il est agréable à la lecture, le style de l’auteur est bien présent, et le fait que le livre ai été publié en feuilleton de plusieurs épisode le rend d’autant plus exceptionnel et unique.
Une histoire émouvante, regroupant tous les sentiments les plus forts que nous pouvons éprouver. Un suspense tenu jusqu’au bout, des rebondissements et certains détails qui surprennent vivement le lecteur. Avec l’omniprésence de la mort, un certain trouble s’insinue en nous, preuve que ce roman est également psychologique. Une oeuvre dont chaque personne l’ayant lu n’en sort pas indifférent.
Les personnages font un peu pitié, ce qui les rend très attachants, ils sont sympathiques, intelligent et on tous un très grand coeur.
Happé et envoûtée par ce roman, je l’ai terminé en un rien de temps, le dévorant, ayant du mal à me détacher de lui quand je devais absolument arrêter ma lecture. Je vous conseille de le lire, vous n’en serez pas déçu ! Pour ma part, il me tarde de découvrir le film… je vais de sitôt partir le télécharger !

 

Ma note : 10/10

Fais-moi oublier

Fais-moi oublier de Brigitte Kernel
252 pages, éditions J’ai Lu, à 6€

 

Résumé : Quatre amis, deux couples, dînent sur une terrasse. Ce soir d’été, Louise, la compagne de Léa, se prépare à partir en reportage dans un pays en guerre. On parle de l’éclipse qui passera bientôt sur la France. Personne n’imagine alors que ce sera la dernière soirée avec Louise. Personne n’imagine alors qu’il faudra affronter le deuil et ses lames de fond, la violence de l’actualité et le revirement des passions. Un roman d’amour, celui d’une femme tiraillée entre l’homme de sa vie et le charme troublant d’une amie qui vient de perdre sa compagne, celui d’une femme confrontée au plus grand des tabous… Que devient le désir quand un drame survient ?

Extraits : « La voix est un révélateur terrible de vie, de joie, de peine, de colère, de peur. Tout s’entend dans la voix, la peur, les rires, la sérénité. »
« Le tragique, c’est perdre l’autre, mais aussi se perdre, ne jamais réussir à être soi, être en deuil de l’enfant que nous étions et qui devrait grandir. »

Mon avis : En débutant cette lecture, je ne m’attendais à aucune histoire en particulier, je partais d’un bon pied, l’air décidé et sereine. Il faut dire que j’ai choisi de débuter cette lecture pour me soulager et déstresser de la vie quotidienne.

Si vous lisez la quatrième de couverture de Fais-moi oublier, vous connaîtrez les grands (et seuls !) événements qui se produisent. Pour que la surprise soit encore plus totale, il faudrait ne pas la lire, ça vous éviterait de dénaturer le récit et d’ôter son peu de rebondissement. Ce résumé est vraiment trop complet, trop détaillé et trop avancé dans l’histoire ; il est trop trop pour le peu de pages que contient ce roman.

Il n’existe que quatre personnages fondamentaux dans le corps du texte, Louise, Léa, Olivier et la narratrice, dont le prénom nous ait inconnu. Plus le récit s’intensifie et l’avancée se fait dans notre lecture, plus les personnages se raréfient pour ne rester seulement que Léa accompagnée de la narratrice. Ce peu d’intervention coupe ces personnages du monde extérieur, et les fait apparaître dans l’esprit du lecteur, comme enfermés dans une bulle. Si ce n’était que ça, ça ne m’aurait pas gêné outre-mesure, mais le fait est que nous ne connaissons rien des personnages présentés. Leur passé nous est complètement inconnu, leur présent ne nous est présenté que superficiellement, et leur futur est incertain… Comment s’attacher à de tels personnages, qui nous semblent aussi lointains qu’inconnus ? Brigitte Kernel aurait pu développer ses personnages, pour faire ressortir davantage leur côté humain. Elle a privilégié les sentiments qu’ils ressentaient sur le coup de l’émotion.

Tout, dans ce roman, n’est traité que superficiellement. L’auteure n’entre pas dans les détails, elle reste en surface, ne creuse pas les sujets qu’elle approche et gâche ainsi, la sublime histoire qui aurait pu être.
La mort d’une journaliste/reporter en action sur le terrain est horriblement monstrueux, c’est une triste fin, l’une des pires que nous pouvons imaginer. La tristesse que peuvent ressentir les proches est douloureuse à voir, et surtout à supporter. Brigitte Kernel essaie de nous faire ressentir cette sensation, mais elle ne fait que ressasser la terrible mort de Louise, sans approfondir plus que ça. Le fait que cette journaliste soit lesbienne rajoute un sujet supplémentaire au contenu du récit.

L’homosexualité est traité ici d’une façon légère, sans reproche ni critique, comme si le fait de voir deux personnes du même sexe ensemble était un fait banal. Néanmoins, la seconde partie bouscule totalement ce constat, en se questionnant bien plus sur cet amour original.

Ça serait mentir que de dire que je n’ai rien ressenti en lisant cet ouvrage, bien au contraire ! la douleur que ressent Léa est transmise au lecteur, qui ne peut que comprendre et compatir aux larmes versées. Ce livre est rempli d’amour sincère, mais cruel et douloureux. On ne peut qu’être touché devant ce trop-plein de sentiments.

Dans Fais-moi oublier, tout n’est que questionnements et mystères, mais également amour, douleur et peine. Petit ouvrage, il se lira facilement et d’une traite… mais attention à ne surtout pas le lire dans un moment de déprime…

 

Ma note : 6,5/10

Jusqu’à la folie

Jusqu’à la folie de Jesse Kellerman.
443 pages, éditions J’ai lu, à 7,80 €

 

Résumé : La nuit est tombée sur Manhattan. Jonah, étudiant en médecine, sauve une jeune femme en tuant son agresseur. La presse l’érige en héros national. Pourtant, le procureur s’interroge sur son geste.
S’il est vrai qu’aucune mauvaise action ne demeure impunie, son châtiment ne fait que commencer. Après avoir goûté à la gloire, Jonah va connaître l’enfer.

Extraits : « C’était ça la vie, parfois on faisait des choses qu’on n’avait pas envie de faire. »
« Il s’agrippait à elle car sans elle son avenir n’était qu’une étendue de néant. Il lui fallait une cause. »
« La vie avance à un rythme qui ne nous arrange pas toujours. »

Mon avis : Quel roman décevant, le résumé de la quatrième de couverture me faisait tellement envie… c’est une grande déception pour ma part, le libraire à qui j’avais acheté ce livre m’avait dit qu’il lui avait beaucoup plût, je l’ai donc écouté, et je l’ai acheté. La prochaine fois, je me méfierais des premières impressions, et je me renseignerait un peu plus sur le livre que je veux acheter.

Le début du livre est long à démarrer, c’est un peu, pour faire un jeu de mots, « la folie » dans les premières pages, tout est embrouillé. On ne comprend pas toutes les scènes, tout ce mélange, s’entrelace et forme un gros bloc d’informations et de descriptions difficiles à retenir. Puis viennent les longs passages barbant et ennuyeux à lire, un flot d’informations qui ne servent à rien pour la construction du livre. Jesse Kellerman a essayé de créer une intrigue, mais il a vraisemblablement échoué, car même si l’atmosphère du livre était assez angoissante,

Ce n’est qu’à partir de la moitié du roman lu, voire aux derniers chapitres, que l’histoire a vraiment commencée à m’intéresser. Puis, la fin est arrivée, avec une nouvelle déception. Ce dénouement n’est pas spectaculaire, il est plutôt prévisible, sans grand intérêt…

Jusqu’à la folie est avant tout un roman psychologique basé sur l’étude des comportement des différents personnages. Le protagoniste est un jeune médecin, très naïf, vraiment mou, m’a particulièrement ennuyé… Ensuite, Eve, ne m’a pas effrayé, mais elle inspire la pitié et le dégoût.

Je me suis accrochée pour mener un terme à ma lecture, il a fallu que je me force à finir ce livre. Malgré un style d’écriture qui semblerait plutôt simple à lire, je me suis senti mal à l’aise tout au long du récit, comme oppressée par ma lecture, ou en dehors de celle-ci…

Le thème de ma pas plût et les personnages ne sont pas attachants. Malgré une atmosphère oppressante, l’histoire est plate, sans rebondissements.

 

Ma note : 4/10

Balancé dans les cordes

Balancé dans les cordes de Jérémie Guez.
188 pages, éditions J’ai lu, à 5,60€

 

Résumé : Tony est un jeune boxeur; garçon sans histoires, il consacre sa vie au sport, prépare son premier combat pro et se tient à l’écart des trafics qui rythment la vie de sa cité. Mais il doit composer avec une mère à problèmes, qui se laisse entretenir par des voyous. Tout dérape lorsque l’un d’entre eux la bat et l’envoie à l’hôpital. Tony décide de faire appel à Miguel, le caïd de la ville, pour étancher sa soif de vengeance. Mais dans ce milieu, rien n’est jamais gratuit. La faveur demandée à un prix, celui du sang. Tony, qui doit payer sa dette, entame alors une longue descente aux enfers…

Extraits : « Parfois on se dit « Putain, comment je peux continuer à vivre après ça », et on a envie de se coller une méchante balafre sur le visage, pour ne jamais oublier. Et puis tu apprends à gérer ces pensées-là. Il y a assez de merde qui nous tombe dessus chaque jour pour s’encombrer d’autre chose. Tu comprends ce que je te dis ? »
« Y a rien de plus dangereux qu’un boxeur heureux de boxer. »

Mon avis : C’est un grand « m’ouais », qui ressort de cette lecture. Balancé dans les cordes est un tout petit roman de moins de 200 pages, qui a été finaliste du Prix SNCF du Polar, et qui a été apprécié et vanté par toutes les personnes l’ayant lu. Le thème assez noir de la boxe (il faut dire aussi que l’inverse aurait été étrange), m’a attiré ; il faut dire que ce livre n’est pas le premier que je lis traitant de ce sport… j’ai voulu voir de quelle façon ce nouvel auteur allait faire tourner cette histoire.

Sans surprise, l’atmosphère retrouvée dans ce livre est telle que tous les stéréotypes l’imaginent. Un monde obscur, noir à l’extrême, violent, des hommes qui se battent pour se battre, ou seulement pour s’oublier. Une cité, des immigrés, des racailles, la pauvreté, et l’envie de s’en sortir pour montrer la possibilité de s’en sortir. Jusque là, nous pouvons retrouver toutes ces informations dans la plupart des romans traitant de boxe, comme par exemple celui de François Prunier, dans Mise au poing. Je ne critique en rien cela, car le milieu de la boxe est généralement décrit et imaginé de la même façon que le font ces deux auteurs.

Ce qui m’a assez perturbé, c’est le manque d’action sur le ring. J’ai eu l’impression de voir beaucoup plus notre protagoniste dans son environnement, entouré de ses problèmes que sur un ring de boxe en train de pratiquer ledit sport. Dans un même temps, notre jeune Tony nous explique brièvement les bienfaits que la boxe lui a apporté dans sa vie, en faisant de légères comparaisons entre sa vie passée, et celle présente. Même si les transformations au niveau du respect de l’homme lui-même se voient suffisamment, la boxe ne lui a pas enseigné grand-chose… si ce n’est le moyen de pouvoir se battre.

Tony est très mystérieux. Il se dégage de sa personne une face cachée, qui intrigue grandement le lecteur. Il parle peu, souvent pour dire des bêtises, hors, nous savons, dans le fond, qu’il est doté d’une intelligence supérieure aux autres habitants de sa cité. Il reste humble, normal aux yeux de tous, ne cherche pas à se mettre en avant, à montrer qu’il est au dessus de tous… et pour ça, je l’ai trouvé très digne. On peut percevoir également une part de ses sentiments (comme quoi, il en a !) quand il rencontre cette jeune Clara à la sortie d’une boîte de nuit… on peut également voir qu’il est très fidèle en amitié, solitaire, et sympathique envers tout, et qu’il est prêt à risquer sa vie pour quiconque l’aime suffisamment assez. Malheureusement, je n’ai pas du tout accroché à son personnage, je suis resté en dehors, telle une observatrice venue épier ses moindres faits et gestes.

Après, l’intrigue que développe Jérémie Guez a de quoi faire frémir. Déjà que tout le roman est sombre, l’histoire malsaine que notre auteur va raconter va rajouter d’autant plus de peur et de frayeur au lecteur.

On a l’habitude de voir les bandes des cités dans un cadre extérieur aux leurs. Alors qu’ici, Jérémie Guez nous plonge en plein milieu, au coeur de dealer, de trafiquants de drogue, d’ébréchés, d’SDF, de tueurs, sans doute, de voleurs, et de pleins d’autres hommes tout aussi voyous que ceux cités précédemment.
On va s’intéresser plus particulièrement à un drôle de trafiquants, dont on ne connaît pas très bien le rôle, mais envers qui l’on sait, de part la rage qui découle de ses pores, qu’il est quelqu’un de très important dans ce milieu. S’ensuit beaucoup d’actions, avec des événements tout aussi frappants et violents les uns que les autres.

Aucune pointe d’espoir ne transparaît à travers les lignes de ce roman noir. Bien au contraire, le mal va crescendo, et ne cesse de s’intensifier.

Balancé dans les cordes est un livre très très très très sombre, à ne pas mettre entre les mains de tous. Son histoire est tout de même poignante, elle ne peut qu’attrister le lecteur, qui est, lui, témoin des violences et du malheur du jeune homme et de sa cité.
J’ai bien aimé l’histoire générale, mais je l’aurais encore plus appréciée si elle était plus étoffée.

 

Ma note : 7/10