Tu ne me dis pas tout


Tu ne me dis pas tout de Kimberly McCreight
508 pages, éditions Hauteville, à 19,50€


Résumé : Park Slope, Brooklyn : un agréable ghetto pour riches au coeur du scandale. Les données des résidents ont été piratées, et on leur réclame des rançons colossales pour garder leurs vilains petits secrets. Qui a pu faire une chose pareille ? Les rumeurs vont bon train.

Le quartier est sous le choc en apprenant la mort d’Amanda Grayson. La veille au soir, elle avait pris part avec son mari, Zach, à une soirée libertine, mais chacun était rentré de son côté. Entre la mare de sang et le club de golf au pied de l’escalier, personne ne croit à l’accident. Incarcéré à Rikers Island, Zach fait appel à Lizzie, qu’il a fréquentée à l’époque où ils faisaient leurs études de droit. Il jure qu’il n’a pas tué sa femme, et elle est, semble-t-il, la seule à pouvoir le sortir de là.


Extraits« Le pire inconvénient du mariage, c’est qu’on ne peut plus faire abstraction des problèmes de l’autre. »

« C’est là tout le secret d’un couple qui fonctionne : des compromis stratégiques. »


Mon avis : L’histoire se déroule à Brooklyn, dans un quartier familial assez aisé, où il est paisible de vivre, entouré de voisins où tout le monde se connaît. Jusqu’au jour où une tragédie s’abat sur le quartier : Amanda Grayson est assassinée. Son mari Zach est accusé du meurtre, arrêté et emmené dans une prison où la violence fait loi. Il plaide son innocence et fait appel à une amie d’enfance pour le défendre. Ni une ni deux, Lizzie accepte de l’aider. Mais l’affaire s’annonce plus compliquée qu’il n’y paraît : entre mensonges, trahisons, addiction, adultère… la jeune avocate n’a pas une minute à elle. Elle doit gérer de front le dossier de son client et son mari alcoolique, autant dire une double peine qui lui cause bien des ennuis.

L’histoire n’est pas franchement transcendante, mais elle a le mérite d’être agréable et de nous faire passer un bon moment de lecture. Les chapitres alternent entre le présent avec l’avocate Lizzie, qui poursuit son enquête pour libérer Zach ; le passé avec Amanda, qui retrace chronologiquement le cheminement qui l’a menée à son décès, ainsi que des bribes d’interrogatoires de témoins potentiels. Bien qu’assez lent au démarrage, le récit fini par être rythmé : on se prend au jeu de l’enquête, on essaie de recoller les morceaux de la soirée fatidique, en essayant de faire correspondre les témoignages et les actions. L’enquête est bien menée, mais je reproche néanmoins à l’auteure de ne pas avoir donné assez de substance à ses personnages. Ils m’ont fait l’effet d’être des coquilles vides, sans réel attrait, des êtres interchangeables, envers qui on ne développe aucun affect particulier, des personnages dont on oublie rapidement l’existence une fois la dernière page tournée. Pas très originaux et assez inintéressants.

J’apprécie quand même les thématiques proposées par l’auteure. En effet, elle brosse un portrait réaliste d’une société américaine aisée. Elle montre que même chez les personnes fortunées, la vie n’est pas toute rose : adultère, alcoolisme, chantage, faux-semblants, arnaque, chômage, échecs… chacun a ses problèmes, personne n’échappe à la dure loi de la vie.


Un thriller à fort potentiel, doté de sujets intéressants et d’une enquête trépidante, mais qui manque de finesse. agréable à lire, mais très vite oublié.

Ma note : 6/10

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ISBN : 978-2-38122-173-1
Traduction : Élodie Coello

Bonjour, Verônica


Bonjour, Verônica de Ilana Casoy et Raphael Montes
375 pages, éditions Hauteville, à 19,50€


Résumé : La justice n’est pas toujours au rendez-vous, elle si. Tout commence le jour où une femme venue porter plainte au commissariat se défenestre sous les yeux de Verônica Torres, secrétaire pour la police de São Paulo. Sous le choc, Verônica veut comprendre ce qui l’a poussée à commettre ce geste et se promet de la venger. Quelques jours plus tard, elle reçoit un inquiétant appel anonyme ; celle qui la contacte a de bonnes raisons de croire que son mari va la tuer. Pourquoi ? Parce que tuer des femmes, c’est ce qu’il a toujours fait de mieux. Lasse de constater que les femmes payent toujours le prix fort, Verônica oublie que son statut de secrétaire ne lui donne pas le droit de traquer des criminels. La justice commence ici et maintenant.

Un thriller brésilien, résolument féministe, où se déploie à un rythme effréné toute la noirceur de l’âme humaine.


Extraits« J’ai l’habitude de dire que le lieu où l’on vit est aussi personnel que nos empreintes digitales.« 

« La femme est comme l’Indien : elle se peint le visage pour affronter la guerre du quotidien. »


Mon avis : Verônica Torres est une officier de police, cantonnée par son chef à des activités de secrétariat, bien en-dessous de ses capacités professionnelles. Un beau jour, lorsqu’une jeune femme, frêle, instable psychologiquement, se défenestre sous ses yeux, au sortir du bureau de son chef, Verônica décide de mener l’enquête : qu’est-ce qui a bien pu pousser cette femme à mettre fin à ses jours ? En cachette, elle va chercher à retrouver l’homme qui l’a malmenée psychologiquement, qui l’a escroquée, mentit impudemment. En parallèle, la jeune femme recevra un appel d’une autre femme en détresse, Janete, convaincue que son mari va la tuer, comme il l’a fait avec des dizaines d’autres jeunes femmes. Verônica, téméraire policière, qui cherche à (re)faire ses preuves, se lance seule sur les traces de ce tueur en série.

À travers ces deux enquêtes policières, Ilana Casoy et Raphael Montes pointent du doigt une thématique sociétale importante, presque primordiale en ce XXIème siècle : les violences domestiques faites aux femmes. Que ce soient des violences physiques ou psychologiques, ils montrent avec effroi comment les hommes arrivent à manipuler aisément les femmes pour arriver à leurs fins. Janete est en prise avec son mari, totalement soumise, elle a peur de lui opposer une quelconque résistance et ne peut se pencher vers aucune connaissance, puisque ce dernier s’est chargé de l’isoler progressivement, afin de la couper de toute vie sociale. Elle se retrouve seule, apeurée, prisonnière sentimentalement, financièrement, physiquement, d’un homme qu’elle répugne. Une situation cruelle, malheureusement bien trop répandue dans notre société actuelle.

Verônica, notre protagoniste enquêtrice, va tout faire pour venger ces femmes et pour faire condamner les ordures qui les ont fait souffrir. J’ai apprécié la force de caractère de cette policière, bien que je n’ai pas forcément adhéré à sa personnalité : épouse et mère de deux enfants en bas âge, elle fait passer son travail et sa propre personne en priorité, n’hésitant pas à tromper son mari et à accorder une place réduite aux enfants. C’est une femme moderne, certes, mais il y a des limites. J’ai également été assez déçue de l’invraisemblance de certaines scènes policières, qui n’auraient jamais pu se dérouler dans un scénario réel : braver la hiérarchie, se rendre seule sur des lieux sordides, pénétrer en toute impunité chez les victimes et/ou bourreaux… autant de scènes qui remettaient en doute la cohérence du récit.

Hormis ces quelques points, j’ai bien aimé lire ce livre, tant pour son rythme effréné, que pour sa thématique centrale. De plus, ce thriller brésilien a été adapté en série Netflix, sous le nom « Bon dia, Verônica », qui comporte déjà une saison et huit épisodes. Une série que je serai curieuse de découvrir, pour retrouver notre téméraire protagoniste et surtout, pour voir voir si les scènes cinématographiques restent aussi fidèles aux scènes narratives.


Ilana Casoy et Raphael Montes nous livrent une double enquête sombre, violente, machiavélique, où l’on suit avec avidité la téméraire enquêtrice Verônica, prête à tout pour venger les femmes abusées. Prenant, rythmé, bien écrit, mais avec un peu trop d’invraisemblances par moments !

Ma note : 6/10

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ISBN : 978-2-38122-074-1
Traduction : Anne-Claire Ronsin

On te retrouvera


On te retrouvera de Samantha Downing
413 pages, éditions Hauteville, à 19,50€


Résumé : Toutes les routes mènent au crime… Séparés par une tragédie, Eddie, Beth et Portia ne se sont pas vus depuis des années. Pour toucher l’héritage de leur grand-père, ils doivent refaire ensemble le road trip qu’ils avaient fait avec lui vingt ans plus tôt. Un voyage qui avait mal commencé, puisque le grand-père, brouillé avec sa famille, avait enlevé ses petits-enfants, et qui s’était mal terminé, puisque l’un d’eux n’est jamais rentré…

Ce périple ne s’annonce pas de tout repos ; à bord de la voiture, tous les passagers ont quelque chose à cacher. Ils essaient de faire abstraction de la disparition jamais élucidée et de la voiture qui les suit. Au moins l’un d’entre eux est un tueur, et il y a un cadavre dans le coffre.


Extraits« Un jour, ces films et ces photos seront tout ce qu’il vous restera de quelqu’un. Alors choisissez bien vos moments..« 

« La menace de la violence physique éclipse tous les caprices. Enfant, cette peur est omniprésente et, même en tant que femme, elle est encore là, tapie dans un coin de mon esprit. Un coup de poing peut tout changer. »


Mon avis : Je ne pensais pas autant aimer ce thriller. D’apparence anodine, il recèle en lui bien plus de mystères, de suspense, de tension narrative, que vous ne pourriez penser. L’histoire est simple : après la mort de leur grand-père, Eddie, Beth et Portia, séparés depuis des années, se lancent dans un road trip à travers les États-Unis, pour toucher l’héritage de leur aïeul disparu. Mais ce voyage n’est pas anodin. En effet, près de vingt ans plus tôt, ils avaient également réalisé ce périple aux côtés de leur grand-père. Nous suivons en direct le voyage du frère et des soeurs, en alternance avec des flashs du voyage passé, alors qu’ils n’étaient encore que de jeunes enfants. L’un comme l’autre, ces voyages sont semés d’embûches,  ils ne sont pas toujours très gais. Le second voyage va en plus peu à peu faire remonter des souvenirs pas souvent très roses à la surface de leurs esprits et créer des tensions familiales conséquentes. À ce voyage fraternel s’ajoutent le conjoint de Portia et la conjointe d’Eddie, ainsi que le souvenir tenace d’une personne disparue, ayant fait partie jadis de leur premier road trip.

Notre joyeuse bande se déplace de ville en ville, dans un voyage qui n’est pas de tout repos. À travers les découvertes culturelles, les sorties gastronomiques ou les nuits d’hôtel plus ou moins mémorables, se mêlent secrets, non-dits et faux semblants. Car chacun, quel qu’il soit, cache au fond de lui des choses inavouées qu’il n’avouerait pour rien au monde aux autres membres du voyage. On traverse l’ensemble de l’histoire aux côtés de personnages que l’on croit connaître, alors qu’il n’en est rien. À qui se référer ? À qui faire confiance ? La psychologie des protagonistes est bien travaillée, vraiment complexe à détriquer ; impossible d’arriver à s’attacher à l’un ou l’autre, tant on ressent avec puissance que des ombres du passé planent au-dessus de leurs têtes. Même les membres de cette famille doutent les uns des autres, se méfient de leurs faits et gestes respectifs, chacun souhaitant toucher le gros pactole promis à la fin du voyage : mais seraient-ils prêts à tout pour le décrocher ? C’est un parfait jeu de dupe qui se met en place, tant envers eux-mêmes qu’envers les lecteurs : chacun se fait manipuler habilement par l’auteure.

Il faut dire que le rythme du récit est époustouflant : les péripéties s’enchaînent les unes à la suite des autres, sans nous laisser aucun temps mort. Chaque ville traversée nous apporte son lot de surprises. La tension narrative s’accentue au fur et à mesure du récit, avec un décompte habile en début de chaque chapitre, qui nous rappelle l’imminence de la fin du voyage et sans doute une révélation finale. Si l’ensemble du récit est rempli de rebondissements, ce final est ce qu’il y a de plus inattendu. Enfin, je tiens à saluer ce dénouement, tout juste phénoménal. À l’image de l’ensemble de l’histoire, il est bien loin des fins conventionnelles, où tout se termine bien dans le meilleur des mondes. Samantha Downing souhaitait sans doute marquait définitivement ses lecteurs, avec un final en apothéose, qu’il sera difficile d’oublier de sitôt.


Un thriller rythmé, énergique et pleinement addictif, dans lequel nous suivons une famille engagée dans un road-trip américain surprenant. doutes, Secrets et non-dits jalonneront leur parcours, jusqu’à la révélation finale, sanglante, inattendue.

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-38122-147-2
Traduction : Élodie Coello

Sous mes yeux


Sous mes yeux de K. L. Slater
381 pages, éditions Hauteville suspense, à 19,50€


Résumé : La confiance aveugle précède toujours le drame… Quand Billie, huit ans, disparaît dans la forêt alors qu’il était en train de jouer au cerf-volant avec sa sœur, tous les habitants de Newstead prennent part aux recherches, et le village est sous le choc lorsqu’on retrouve son corps, deux jours plus tard. Seize ans après le drame, Rose, qui n’a jamais pu se résoudre à quitter la maison de son enfance, mène une vie en sourdine, toujours accablée par la culpabilité : si elle ne l’avait pas quitté des yeux, son petit frère serait encore en vie.
Lorsque son voisin et ami de longue date fait un malaise, Rose vole à son secours. Après la bouleversante découverte qu’elle va faire, elle n’a plus qu’une certitude : elle est en danger de mort.


Extraits« Mon problème, voyez-vous, c’est que je suis obsédée par la nourriture. J’ai besoin de manger, de remplir les brèches du néant en moi, les trous qui me criblent comme un gruyère. La seule chose que je peux maîtriser, c’est ce qui survient après que j’ai tout mangé.« 

« Je crois que c’est générationnel. Aujourd’hui, on a tellement répété aux femmes qu’il y a des activités plus intéressantes dans la vie que la cuisine, qu’on a parfois l’impression qu’il est avilissant pour elles de prendre du plaisir à accomplir une tâche domestique. On dirait qu’il y a toujours quelqu’un qui sait mieux que nous, les femmes, ce que nous avons à faire. »


Mon avis : Billie, huit ans, disparaît mystérieusement alors qu’il jouait au cerf-volant avec sa soeur Rose. Il est retrouvé quelques semaines plus tard, assassiné. L’histoire est écrite avec une alternance d’époques : nous suivons Rose dans le passé, quelques temps seulement avant le meurtre. Rose est alors une jeune adolescente d’une quinzaine d’années, qui vit une vie ordinaire, entourée de ses parents, de son jeune frère et de sa meilleure amie Cassie. Un beau jour, un homme plus âgé qu’elle d’une dizaine d’années, prénommé Gareth, l’aborde et la séduit. Rose et Gareth vont vivre une histoire d’amour passionnée, qui va se transformer en cauchemar, où l’emprise totale, la jalousie, les mensonges et le chantage seront le socle de leur union.

Enfin, nous suivons également Rose dans le présent, une quinzaine d’années après le drame. Elle n’est pas encore totalement guérie des horreurs subies dans le passé ; le stresse, l’angoisse, la terrifient encore quotidiennement, l’empêchant de vivre une vie sereine. Ses parents ayant quitté ce monde depuis quelques années maintenant, Rose est restée dans sa maison d’enfance, s’occupant régulièrement de Ronnie, son vieux voisin, qui a été d’un soutien sans faille au moment des faits passés. Lorsque Ronnie fait un passage à l’hôpital pour un accident mineur, Rose en profite pour faire du ménage dans sa maison… et découvre la couverture de Billy, celle-là même qu’ils ont tant cherché sans jamais la trouver. Les doutes assaillent la jeune femme, qui remet en cause l’ensemble de l’enquête passée et surtout, l’identité du coupable du meurtre de son frère.

Sous mes yeux est tout ce que l’on peut attendre d’un bon polar : beaucoup de rythme dans l’intrigue, ce qui rend l’histoire captivante et addictive ; un meurtre mystérieux, plusieurs coupables présumés, beaucoup de suspense autour des faits, des questionnements à n’en plus finir et l’envie furieuse d’y répondre. L’intrigue en elle-même est bien écrite, mais elle manque clairement d’originalité, dans le sens où le scénario est assez quelconque, déjà lu et relu ; ainsi, malheureusement, l’histoire risque de ne pas rester très longtemps dans l’esprit des lecteurs. En revanche, l’une des principales forces de ce livre, c’est ses personnages, à la psychologie bien développée.

Il y a d’abord Rose, notre héroïne, jeune femme fragilisée par des tourments passés, esseulée, solitaire, elle m’a fait beaucoup de peine, puisqu’elle semble coincée dans le passé, incapable de voir la lumière au bout du chemin. Elle vit seule, n’a pas de conjoint ni d’enfant, elle ne sort quasiment pas, sauf cas de force majeure, elle n’est entourée seulement de ses collègues, à qui elle ne parle presque pas. Sans m’être forcément attachée à elle, je puis dire que cette jeune femme m’a touchée, par sa solitude presque forcée par les actes barbares du passé.

Enfin, le personnage de Gareth est celui qui ressort le plus du récit. C’est un homme indéfinissable, très mystérieux, qui apparaît subitement dans la vie de Rose et dans celle du village, tel le Messie que tout le monde attendait. Cet homme a deux visages : un visage apparent : celui qu’il montre aux yeux de tous, aimable, amoureux, travailleur, courageux ; et celui qu’il est en réalité : un  homme jaloux, violent, possessif, menteur. Il induit la jeune Rose dans une relation toxique, malsaine, et s’introduit également au coeur de sa famille, se rendant presque indispensable aux yeux de chacun. Bien qu’ayant un comportement horrifiant, j’ai trouvé que c’était un personnage fascinant, intéressant et bien construit.


Un polar psychologique à l’intrigue bien construite, aux personnages développés, qui aurait quand même mérité un scénario plus original et recherché.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-38122-136-6
Traduction : Florence Moreau

Que du feu


Que du feu de Cara Hunter
411 pages, éditions Hauteville suspense, à 19,50€


Résumé : Et si quelqu’un vous en voulait à mort ?

Tout le monde n’a pas le cœur à réveillonner pendant les fêtes de fin d’année. À Oxford, un incendie a réduit en cendres la maison de la famille Esmond. Parmi les décombres, les corps de deux enfants. Le plus jeune est mort, le pronostic vital de l’aîné est réservé. Que faisaient-ils seuls dans la maison ? Où est passée leur mère ? Pourquoi leur père est-il injoignable ?
Cette affaire met à rude épreuve les nerfs de Fawley et réveille en lui de douloureux souvenirs. Sur place, les flammes ont détruit presque tous les indices, mais plus l’enquête progresse, plus l’inspecteur a du mal à croire que des décorations de Noël soient à l’origine de ce désastre. Et si cet incendie n’avait rien d’accidentel ?


Extraits« Enfin, vous savez ce qu’on dit, monter en grade est facile ; dans le sens inverse, c’est une autre paire de manches.« 

« Tout le monde dit toujours combien les enfants sont résiliants, mais n’est-ce pas là juste un autre mensonge dont les adultes abusent pour se réconforter ? »


Mon avis : Durant les fêtes de fin d’année, la maison de la famille Esmond prend feu. À l’intérieur, les pompiers découvrent plusieurs cadavres : le petit Zachary, 4 ans, sa mère, Samantha et le frère aînée, inconscient mais vivant. Aucune trace du père de famille. L’inspecteur Fawley met toute son équipe sur le coup, d’abord pour retrouver monsieur Esmond, porté disparu, puis pour comprendre les circonstances qui ont causé l’incendie de cette maison familiale.

J’ai d’abord été étonnée de la structure du récit, qui n’est pas séquencé en chapitres distinctes. Ainsi, les scènes s’enchaînent les unes à la suite des autres, parfois sans marqueur précis, excepté un saut de ligne presque imperceptible. C’est une subtilité qui donne son originalité à l’histoire et qui la rend d’autant plus oppressante qu’il paraît n’y avoir aucun temps mort. Il faut donc être suffisamment concentré pour suivre l’avancée de l’enquête, mais aussi pour s’y retrouver parmi la myriade de personnages qui peuplent le récit. Les inspecteurs sont nombreux (trop même), il est parfois compliqué de s’y retrouver parmi leurs différentes fonctions et de comprendre précisément quel est leur lien hiérarchique. Il faut dire que Que du feu est le troisième épisode des enquêtes de l’inspecteur Fawley. Je pense donc que les personnages principaux récurrents ont dû être développés précédemment, d’où le peu d’informations que l’on peut percevoir sur eux et les quelques anecdotes qui font référence aux tomes précédents, dont je n’ai pas saisi la subtilités. Mais cela n’empêche en rien la lecture de ce récit.

Le suspense est maintenu jusqu’au dénouement. Cara Hunter essaie de nous induire en erreur durant l’ensemble du récit, de façon à ce qu’on se mette à soupçonner l’ensemble des protagonistes impliqués dans l’incendie. Samantha, la jeune mère, souffrait d’une dépression postpartum lié à sa dernière grossesse ; elle prenait des antidépresseurs en quantité, avait des visions parfois paranormales et n’étouffait pas ses enfants d’amour comme il est courant de le voir chez les parents ordinaires. Le frère aîné des Esmond, quant à lui, semblait ressentir de la jalousie à l’encontre de son jeune frère ; moins d’attention de la part de ses parents et des adultes en général, plus de souplesse pour son jeune frère, à qui l’on passe plus de choses qu’à lui. Enfin, la mystérieuse disparition du père n’arrange pas son cas : pourquoi se cache-t-il ? A-t-il quelque chose à se reprocher ? Si oui, pour quelle raison a-t-il commis cet acte ignoble ? Autant de questions qui turlupinent notre esprit durant l’ensemble de notre lecture – pour notre plus grande joie !


Un thriller à suspense, fluide et bien enchâssé, qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement. Attention toutefois, pour une meilleure compréhension, il serait judicieux de lire les deux enquêtes précédentes de l’inspecteur Fawley, à savoir Sous nos yeux et Dans les ténèbres

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-38122-079-6
Traduction : Nathalie Guillaume