Nos vies en mille morceaux


Nos vies en mille morceaux de Hayley Long

327 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Le monde de Griff et Dylan, 13 et 15 ans, s’écroule à la fin de l’été, quand un accident de voiture les laisse orphelins. Installés à New York depuis peu, ils sont d’abord recueillis par Blessing, collègue haute en couleur de leurs parents. Puis à l’autre bout du monde, dans une petite ville du pays de Galles, chez un oncle et une tante qu’ils ne connaissent pas, où ils trouvent bienveillance et nouvelles amitiés. Dylan n’a qu’une idée en tête : aider Griff à revivre, protéger son petit frère. Mais il a lui-même son propre chemin à faire, et une dernière vérité à affronter.


Extraits « Même quand tu as l’impression d’être totalement coincé dans un moment, en fait, ce n’est jamais le cas. Les choses changent. « Le temps passe. Écoute. Le temps passe. » »
« La musique n’est pas juste de la musique, c’est aussi de la magie. Qui peut conjurer des émotions dont on ignorait jusqu’à l’existence, et faire naître à la vie des sentiments que l’on pensait éteints à jamais. Un peu comme un voyage dans le temps. La musique est capable de nous transporter à une époque, à d’autres endroits, avec une telle précision qu’on revoit les bandes de baskets qu’on n’a plus depuis longtemps, qu’on entend pépier les oiseaux envolés depuis longtemps et qu’on va jusqu’à sentir l’odeur de vinaigre des chips de l’été précédent. Et lorsque toutes ces émotions, ces souvenirs surviennent par le biais d’un objet concret, et pas seulement d’un MP3, eh bien, la magie est encore plus forte.« 

Mon avis : Griff et Dylan, deux jeunes frères de 13 et 15 ans, voient leur monde basculer lorsqu’ils sont victimes, avec leurs parents, d’un terrible accident de voiture. Leurs deux parents sont morts sur le coup. Ensemble, les deux garçons vont devoir surmonter ce choc et continuer à survivre coûte que coûte.  Mais Griff et Dylan ont deux chemins différents à prendre pour mener vers la cicatrisation de leurs peines.

Griff et Dylan vont atterrir à Aberystwyth, un petit village du Pays de Galle (matérialisé sur la carte ci-dessous pour que vous puissiez le situer plus précisément). Bien loin de toutes les grandes villes où ils ont habité avec leur famille avant (Munich, Shangai, Barcelone, New York), l’adaptation est difficile au début pour les jeunes hommes. Mais grâce à l’amour et à l’attention constante de Dee et Owen, sa famille d’accueil, grâce à l’amitié de Hari, à la présence réconfortante de son frère Dylan, à l’amabilité du vieux monsieur Henry, Griff va très vite s’épanouir dans ce nouvel environnement, loin de tous ses repères passés.

Il est très compliqué de vous parler de ce roman sans vous révéler des détails très importants de l’histoire. Sachez seulement que ce livre raconte le parcours, éreintant mais essentiel, de deux jeunes hommes, désireux de se reconstruire après de terribles épreuves. La vie est parfois cruelle, mais il faut savoir aller de l’avant, remonter la pente, continuer à sourire, à vivre et à aimer. Le jeune Griff en est l’exemple même : sans plus de repère, il va se relever, rencontrer de nouvelles personnes qui vont lui tendre la main pour l’aider à aller vers un guérissement de l’âme et du coeur. J’ai refermé la dernière page du livre au bord des larmes. Un trop plein d’émotions tout au long du livre mène inéluctablement vers une déferlante de larmes à la fin.

Nos vies en mille morceaux est une histoire puissante, extrêmement touchante, qui vous attrape aux tripes et ne vous lâche qu’à la toute dernière seconde du récit. Je recommande chaudement ce livre, qui ne sera sans doute pas une lecture paisible et agréable, mais qui ne vous laissera certainement pas indifférent.


Un récit coup de poing et bouleversant, qui vous apprend à profiter de tout ce que la vie vous donne et surtout de vos proches.

Ma note : 7,5/10

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It


It de Catherine Grive

182 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : « Au collège, on m’appelle « it » et le genre neutre du pronom anglais me va bien. Ce qui ne me va pas, c’est mon corps de fille sous la douche, dans le miroir…
Car je sais que je suis un garçon. »

Quand une jeune fille de quatorze ans trouve le courage et les mots pour dire à sa famille qu’elle se sent mal dans son genre.

Une histoire pleine de fraîcheur qui mêle humour et sincérité pour aborder la question essentielle du transgenrisme.


Extraits « – Quel garçon manqué tu es ! avait ri Marie-Antoinette en payant à la caisse.
Jamais cette expression me concernant, moi ou quelqu’un d’autre, ne m’a paru adaptée. Le contraire de « garçon manqué », c’est quoi ? Une fille réussie ? Et si une fille est ratée, c’est pour quelle raison ? Parce qu’elle est un garçon ? Parce qu’elle est un garçon et une fille à la fois ? »
« En fait, un corps nu, si on prend soin de le regarder avec tendresse, n’est jamais laid. Il est tout simplement humain.« 

Mon avis : It, vous ne savez sans doute, c’est le pronom neutre utilisé en anglais. Et c’est justement avec ce pronom qu’est désignée notre protagoniste Joséphine – Jo, pour les intimes. Joséphine est un garçon né dans un corps de fille. Mais cette situation embarrassante est difficile, autant pour elle, pour se le persuader, que pour ses proches, pour s’en rendre compte. Car Joséphine est très jeune et son père redoute que cela soit une lubie passagère. Mais Jo en est convaincue : elle est un garçon.

Ce très court roman aborde donc la question des transgenres et du changement de sexe. Vous avez sans doute connu des personnes dans cette situation, ou vous pouvez aisément vous référer à des personnalités célèbres qui représentent le mieux cet exemple (je pense notamment au jeune Bilal Hassani, le chanteur représentant de la France à l’Eurovision cette année, qui est un garçon qui s’habille, se coiffe et se comporte comme une fille). Des filles nées dans des corps de garçon ou inversement, c’est beaucoup plus fréquent que l’on ne le croit !

J’ai été touchée par cette jeune fille un peu introvertie et pudique, qui ne se livre pas facilement, et ne laisse rien transparaître de ses émotions. Ce qui m’a le plus émue, c’est lorsqu’elle répète inlassablement à ses parents qu’elle est un garçon… alors que ceux-ci, encore sous le choc certainement, ne prennent pas au sérieux ses dires. Son comportement d’origine est sans doute dû au fait qu’elle n’était pas elle-même jusqu’à maintenant. La Jo d’avant était un automate (avec un petit clin d’oeil à la vieille dame Heidi, la voisine de la famille chez qui le feu s’est déclenché, qui fabriquait des automates), la Jo d’après sera la vraie Jo.

Ce que je n’ai pas compris, c’est le choix de l’auteure de vouloir incorporer un contexte un peu extraordinaire au récit, alors que celui-ci n’en avait finalement pas besoin. Le récit commence par l’incendie de l’immeuble dans lequel loge Jo et ses parents. Suite à cet accident, toute la famille va vivre momentanément à l’hôtel, en attendant que les travaux de rénovation se terminent. Je ne dis pas que l’idée est mauvaise, mais je ne vois absolument pas le rapport entre cet incident et la thématique centrale du récit qui est l’acceptation de soi, la différence et le regard des autres. Le sujet principal est complexe à traiter, il aurait mérité un développement plus poussé, et sans doute l’épisode de l’incendie aurait mérité d’être remplacé par quelque chose de plus approprié et réaliste. Je n’ai vraiment pas compris pourquoi l’auteure s’était tant attardé sur le développement de cette partie-là du récit, au détriment de la thématique centrale, qui est donc restée superficielle.


Un récit qui a du potentiel, mais qui aurait mérité d’être plus travaillé et plus ordonné. 

Ma note : 4/10

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Capitaine Rosalie


Capitaine Rosalie de Timothée de Fombelle,
illustré par Isabelle Arsenault

61 pages, éditions Gallimard jeunesse, à 12,90€


Résumé : Alors que son père est à la guerre, Rosalie se lance dans une mission secrète.
Hiver 1917. Rosalie a cinq ans et demi. Son père est au front et sa mère travaille à l’usine. Alors, même si elle n’a pas encore l’âge, Rosalie passe ses journées à l’école, dans la classe des grands.
On croit qu’elle rêve et dessine en attendant le soir. Mais Rosalie s’est fabriqué une mission, comme celles des véritables soldats. Elle est capitaine et elle a un plan.


Extraits  « Ma chérie, je pense à vous. Je sais que Rosalie est sage. Et que le maître d’école est content de l’avoir. Et toi, je sais que ton travail est fatigant. Tu aimerais passer plus de temps avec ta petite fille. Mais quand je mets un obus dans le canon, je me dis toujours que c’est peut-être toi qui l’as fabriqué à l’usine. Comme si tu étais à mes côtés dans la bataille. Oui, les dames nous aident en travaillant si dur dans ces usines, et les enfants nous soutiennent en prêtant leurs mamans et en les attendant sagement. »

« Quand la classe s’assied enfin, je fais semblant d’être ailleurs, dans mes pensées, alors que je suis parfaitement concentrée. Je suis le Capitaine Rosalie, infiltrée dans ce peloton, un matin d’automne 1917. Je sais ce que j’ai à faire. Un jour, on me donnera une médaille pour cela. Elle brille déjà au fond de moi. »


Mon avis : Un grand merci aux éditions Gallimard jeunesse grâce à qui j’ai pu découvrir ce magnifique album jeunesse.

Écrit par Timothée de Fombelle et magnifiquement illustré par Isabelle Arsenault, il raconte l’histoire de la jeune Rosalie. Rosalie est une enfant de la guerre, dont le père est parti au front et la mère réquisitionné dans une usine à munitions. Rosalie se retrouve seule toute la journée et contrainte d’attendre sa mère au fond d’une classe d’un petit village.

Capitaine Rosalie, comme elle se nomme elle-même, est une petite fille très clairvoyante, qui, malgré son jeune âge, comprend parfaitement ce qui est en train de se passer dans le monde entier. C’est une jeune fille très courageuse, dotée d’un caractère bien trempé, mais elle reste quand même une petite fille, idéaliste et rêveuse.

Les planches sont tout simplement sublimes, et je pense que c’est le gros point fort de ce livre. Dessinées dans des couleurs sombres, avec une touche d’orangée, elles nous plongent parfaitement dans un contexte de grande guerre. Seule la couleur orangée donne une lueur d’espoir dans un monde bien trop noir.

 

Évidemment, au vu de la thématique abordée, à savoir la Première guerre mondiale, l’atmosphère générale du livre est pesante. Pesante dans le sens où la guerre est dans toutes les têtes, elle est présente dans le quotidien de chacun, personne ne peut l’ignorer, même pas les jeunes enfants. On ne peut rester insensible face à une telle histoire. La force et le talent de Timothée de Fombelle, réside dans le fait de créer des émotions, un contexte, une atmosphère particulière, un personnage attachant, une histoire multi-cibles, accessibles à la fois aux enfants et aux adultes… le tout en une soixantaine de pages seulement. C’est admirable, je ne peux qu’applaudir cet exploit, et celui d’Isabelle Arsenault, bien évidemment. Ensemble, ils ont réussi à créer un petit livre remarquable, touchant et impactant : bravo !


Un magnifique album, pleins d’émotions et d’humanité,  qui ne vous laissera pas indifférent. Préparez vos mouchoirs et lisez-le !

Ma note : 10/10

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Les mille visages de notre histoire


Les mille visages de notre histoire de Jennifer Niven

451 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Libby Groby s’est cachée chez elle depuis le décès de sa mère, mais elle se sent désormais prête pour le lycée. Personne ne la connaît vraiment au-delà de son obésité. Jack Masselin est un jeune homme sûr de lui, sexy et distant que tout le monde pense connaître, mais qui cache un secret. Il rencontre Libby et leur monde respectif change.


Extraits  « Mais ils ne comptent pas, le lycée ne compte pas, rien de tout ça ne compte. C’est ce qui est à l’intérieur qui compte. C’est bien au-delà des apparences. Voilà les trucs qu’on aime te répéter. Et puis de toute façon, ça ne me touche plus depuis longtemps. Sauf que ça aussi, c’est un mensonge. »

« Parfois, les gens sont salauds tout simplement parce que ce sont des salauds. Parfois parce que quelqu’un leur a fait des saloperies. Parfois, les gens sont salauds juste parce qu’ils ont peur. Parfois, ils sont délibérément salauds avant que quiconque puisse leur faire des saloperies. Et puis il y a des gens qui ne s’aiment pas. Et si ce genre de personne croise quelqu’un qui sait parfaitement qui il est et qui s’aime comme ça, alors elle se sent encore plus minable. »


Mon avis : Dans un passé très proche, Libby Groby était considérée comme la plus grosse ado d’Amérique. Après le décès de sa mère, elle s’est laissée sombrer dans une période noire, et s’est réfugiée dans la nourriture, comme seule réconfort pour lutter contre la tristesse. Enfermée chez elle quotidiennement et entourée de nourritures, elle en est arrivé à atteindre un stade catastrophique, qui lui a valu d’être évacué par une grue en direction de l’hôpital. Des années plus tard, avec plusieurs centaines de kilos en moins, Libby Groby est fin prête à se réinsérer dans la vie sociale. Son grand retour à la scolarité est imminent, bien que compliqué… En parallèle, nous suivons Jack Masselin, un beau garçon à la vie tout à fait normal, si ce n’est qu’il a une particularité qu’il cache à tous : une maladie nommée prosopagnosie, qui l’empêche de reconnaître les visages des personnes qu’il côtoie. Handicapant au quotidien, cette maladie n’empêche pas Jack de vivre sa vie comme il l’entend. Libby et Jack vont se rencontrer dans l’enceinte de l’école, et cette rencontre va changer leur vie à tout jamais.

J’ai particulièrement apprécié le caractère robuste de Libby. Cette jeune fille, déjà bien abîmée par la vie, doit faire face à des épreuves qui s’avèrent particulièrement compliquée et éprouvantes psychologiquement. Insultes, menaces, moqueries… est son lot quotidien. Elle s’est forgée un caractère et un coeur de pierre, elle n’hésite pas à prendre la parole, à s’affirmer, à aider les plus faibles face aux moqueries et regards insistants de perfides personnes. Jack a quant à lui un comportement mouvant durant l’intégralité du roman, puisqu’il va diamétralement changer sa façon de voir la vie et de juger les gens. De garçon perfide et hargneux, il va se transformer en jeune homme courageux et c’est justement ce changement conséquent qui va être à l’origine d’un tournant de l’histoire.

Les mille visages de notre histoire est un roman fort, qui peut faire échos dans l’esprit de tous les adolescents qui le lisent. Il traite de thématiques actuelles, qui sont le lot quotidien de certains jeunes en France et ailleurs : le harcèlement scolaire, les difficultés d’intégration sociale, les moqueries, insultes, les complexes, le regard des autres. Je trouve qu’en parler peut permettre de faire changer le regard de certains sur ces phénomènes et pourquoi pas de faire changer également leur comportement.

Outre le message assez fort que cette histoire véhicule, c’est aussi une jolie histoire d’amour naissante entre deux jeunes gens, que nous offre à voir Jennifer Niven. Les deux protagonistes amoureux en devenir ont des personnalités différentes, ils ne sont pas « comme tout le monde », mais aiment cette particularité qui les distingue des autres. Ils assument leurs sentiments et passent outre le regard des autres, et c’est quelque chose de très fort, que j’ai particulièrement aimé chez eux.

Il y a quelques années, j’avais lu Tous nos jours parfaits, qui est un autre roman de l’auteure, à partir duquel nous pouvons faire quelques liens et connexions avec ce livre-ci. Dans Tous nos jours parfaits, comme dans Les mille visages de notre histoire, l’auteure instille des messages d’espoir, des messages qui redonnent foi en la vie et qui donnent envie de continuer à sourire. Ces deux romans abordent des thématiques poignantes, ils sont forts en émotions, et mettent en scène des personnages attachants aux antécédents compliqués. La comparaison s’arrête ici, puisque ce sont deux histoires distinctes, très jolies à découvrir toutes les deux.


Un roman touchant, qui aborde des sujets complexes : l’exclusion et le harcèlement social et scolaire, le regard des autres, le jugement, la différence… Grâce aux personnages atypiques et attachants, vous allez passer un excellent moment de lecture. 

Ma note : 7,5/10

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Dix jours avant la fin du monde


Dix jours avant la fin du monde de Manon Fargetton

452 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Deux lignes d’explosions ravagent la Terre. Nul n’en connaît l’origine mais, quand elles se rejoindront au large de notre côte atlantique, notre monde sera détruit. Sur les routes encombrées de fugitifs qui tentent en vain d’échapper au cataclysme, six hommes et femmes sont réunis par le destin. Ensemble, ils ont dix jours à vivre avant la fin du monde…


Extraits  « Commencer un livre, c’est avoir la responsabilité de le finir. »

« Les dialogues sont tellement plus beaux dans les fictions, débarrassés des banalités. »


Mon avisQue feriez-vous s’il en vous restait plus que dix jours à vivre ? Des explosions ravagent progressivement la surface de la Terre. Personne ne sait à quoi elles sont dues, la seule chose dont sont certains les scientifiques, c’est qu’elles vont détruire l’intégralité de la surface de la terre et des hommes. Dans dix jours, la vie humaine s’éteindra. Sur Terre, c’est le chaos. Les gens fuient, tentent de trouver un abri pour échapper à la catastrophe ou profitent des derniers jours qu’il leur reste à vivre. Nous suivrons particulièrement un groupe de personnes composé de Gwen et Sara, un couple atypique, Brahim, un chauffeur de taxi sans attaches, Valentin, un jeune garçon qui vient de perdre sa mère, Lili-Ann, une femme très attachée à sa famille et Béatrice, une courageuse force de l’ordre. Alors qu’ils ne se connaissaient pas, le hasard va les faire se rencontrer et poursuivre un bout de chemin ensemble.

Dix jours avant la fin du monde est une dystopie apocalyptique angoissante. Le compte a rebours est lancé : il ne reste plus que dix jours à la population humaine pour survivre. Pour ajouter une dose de tension supplémentaire, Manon Fargetton ajoute, à chaque début de chapitre, un décompte sous forme d’heures, qui montre le temps qu’il reste avant la fin complète de l’humanité. Effrayant…

L’histoire se construit avec une alternance à chaque chapitres des différents points de vue des protagonistes. Ainsi, cela donne une dynamique supplémentaire au récit et nous permet de se rapprocher plus étroitement de chacun des personnages.  De cette façon, j’ai réussi à tous les comprendre et les apprivoiser, en quelque sorte, et à voir leurs différentes réactions face à la catastrophe approchante. Tous à leur manière ont su me toucher : Brahim et son grand coeur, Lili-Ann et son amour pour sa famille, Valentin et sa manière de cacher ses sentiments, Gwen, son amour pour la littérature et son côté tête en l’air, Béatrice, avec son courage, sa détermination et son envie d’aider les autres…

Nous assistons, avec effroi, aux actions et décisions stupéfiantes des personnes soumises à la fin du monde. La civilisation humaine, mue par sa peur et sa soif de vivre, souhaite profiter des derniers instants qu’il leur reste à vivre. On ne reconnaît pas l’Homme tel qu’il est dans la société moderne, rabaissé au rang d’animal sauvage et primitif, pris au piège de la situation terrestre. Heureusement que d’autres personnes, comme certains membres de la bande, gardent leur sang-froid et leur éducation face à la catastrophe naturelle qui va sévir.

C’est vraiment un récit prenant et addictif. Chaque fin de chapitre donne envie d’en commencer un nouveau, tant et si bien que j’aie dû lire ce livre en deux jours seulement.

Malheureusement, j’ai trouvé le dénouement du livre un peu abrupte et pas assez clair. Manon Fargetton nous laisse dans le flou, un peu à bout de souffle après avoir découvert l’ensemble de l’histoire. J’espère sincèrement qu’une suite est prévue, et que sa sortie est prévue dans peu de temps. Si c’est le cas, je serai l’une des premières à me ruer dessus pour l’acheter !


Une dystopie bien construite, dynamique, avec des personnages attachants et originaux. Je ne serais pas surprise si j’apprenais dans quelques années que ce livre a été adapté au cinéma…!

Ma note : 8,5/10

 

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La courte histoire de la fille d’à côté


La courte histoire de la fille d’à côté de Jared Reck

305 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Si on était dans un film, Matt dirait à Tabby qu’il est fou d’elle. Alors, elle se jeterait dans ses bras -sous une pluie battante, évidemment. Mais on n’est pas dans un film : Matt et Taby sont voisins, il est son meilleurs amis, et elle est amoureuse de Liam. Cynique, romantique, sur le terrain de basket, pendant les cours, Matt repense à leurs moments partagés et serait prêt à tout pour la garder. Mais un événement tragique vient tout bouleverser…


Extraits « Mais les désirs et la réalité ne s’accordent pas obligatoirement. Et à force de passer mon temps à soupirer et à rêver dans mon coin, je suis devenu un mec odieux. »

« – Vous savez, c’est ce que je préfère écrire au monde, poursuit le prof, parce que les souvenirs, c’est très important. Je crois que ce sont eux qui nous définissent en tant que personne… Ces moments qui, pour une raison ou une autre, qu’ils soient grands ou insignifiants, restent gravés dans notre mémoire et inspirent les histoires que nous racontons. »


Mon avis : Matt est Tabby vivent l’un en face de l’autre et sont meilleurs amis depuis l’enfance. Depuis tout petit, Matt est secrètement amoureux de Tabby, sans jamais l’avoir confié à la principale intéressée. Tabby ne sait rien des sentiments de Matt et tombe amoureuse de Liam, un sportif plus âgé. Un brin jaloux, envieux et nostalgique des moments passés avec Tabby, Matt se prend à rêver à maintes reprises qu’il avoue à sa tendre ses sentiments. Mais un terrible événement va les séparer à jamais.

La courte histoire de la fille d’à côté, c’est une romance jeunesse tout en douceur et en légèreté. On y découvre un trio amoureux assez classique, avec deux garçons amoureux d’une même fille. En soi, l’histoire en elle-même n’est pas très originale, mais j’ai trouvé que la façon dont l’auteur l’amenait était bien fait. Même si c’était du déjà vu, je me suis quand même laissé entraîner dans la narration.

J’ai trouvé les personnages touchants, particulièrement Matt, qui m’a ému dans sa façon de se comporter. C’est un ami fidèle et loyal, toujours là pour Tabby, même quand celle-ci lui fait inconsciemment du mal. Jared Reck exploite avec maturité la thématique de l’amour et notamment de la barrière entre l’amour et l’amitié. Comment passer du statut d’ami à celui de copain ?

J’ai ressenti beaucoup d’émotions en lisant ce récit, mais malheureusement, mon émotion n’était pas pleine et entière à chaque fois. En effet, j’ai trouvé que certains passages s’étiraient un peu en longueur, notamment au niveau de la description des matchs et entraînements de baskets de Matt et Liam… j’ai trouvé que ça n’avait, à mon sens, pas trop d’intérêt ni de valeur ajouté quant à la trame principale.

Ce que je retire de cette lecture ? Qu’il faut toujours dire aux gens qu’on les aime, car un jour, il sera trop tard, et ce jour-là, nous le regretterons. Je n’en dis pas plus, et vous laisse découvrir par vous-même cette histoire, à la fois douce et tragique.

Un livre qui pourrait être aisément adapté au cinéma… il ferait sans doute pleurer bon nombre de personnes !


La courte histoire de la fille d’à côté est une histoire à la fois légère et tragique. Un livre rempli d’amour et d’émotions, qui ne vous laissera pas indifférent ! 

Ma note : 7/10

 

Libération


Libération de Patrick Ness

265 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Nous sommes samedi, c’est l’été, et Adam Thorn ne le sait pas encore mais sa vie est sur le point de basculer. Entre les avances déplacées de son chef à la pizzeria où il travaille, son rendez-vous amoureux avec Linus pour qui ses sentiments ne sont pas clairs, le coup de main qu’il doit donner à son père à l’église et la fête de départ de son ex, Adam a du mal à faire face aux sentiments contradictoires qui l’habitent. Mais pendant ce temps, au bord du lac, l’esprit d’une jeune fille assassinée se réveille, en quête de vengeance et de libération…


Extraits  « – Mes parents estimaient que parler aux enfants comme à des bébés et éviter certains sujets avec eux était presque de la maltraitance, poursuivit-elle. Qu’on finissait par élever des petits débiles qui se feraient dévorer tout crus une fois dans la vraie vie. Je préférais quand les adultes s’attendaient à ce que je me hisse à leur niveau plutôt qu’ils se penchent toujours vers moi. Tu vois ce que je veux dire ? »

« Ne rate jamais une occasion d’embrasser quelqu’un. C’est la pire sorte de regret.« 


Mon avis : Ce roman avait tout pour me plaire, mais malheureusement, j’en ressors tristement déçue.

L’histoire se déroule en une seule et même journée. Nous suivons Adam Thorn, un jeune garçon, homosexuel, en couple depuis peu avec Linus. Adam est un fils de religieux, et ses parents n’acceptent pas sa différence, qu’ils considèrent comme immorale.  Mais peu importe, Adam s’en fiche et fait face avec fougue à ses parents. La journée se poursuit, nous suivons Adam dans ses pérégrinations, jusqu’à la soirée finale, la fête de départ d’Adam, son ex petit copain, qui vient mettre un terme au jour. En parallèle, nous suivons l’esprit d’une jeune fille, fraîchement assassinée, qui se réveille pour se venger de son meurtrier.

Si vous avez lu le résumé – celui qui figure sur la quatrième de couverture du bouquin ou celui que je vous ai fait plus haut -, vous avez dû remarqué que quelque chose clochait. En effet, il s’agit bien de deux histoires différentes qui sont fondues l’une dans l’autre, via une alternation de chapitres, pour ne former qu’un seul et même ouvrage. L’idée aurait pu être bonne si elle avait été bien développée, mais malheureusement, ça n’a pas marché avec moi. J’ai vraiment adoré les chapitres qui racontaient la touchante histoire d’Adam, alors que je me suis forcé à lire ceux parlant de la jeune fille assassinée, qui étaient vraiment trop abstraits, glauques, et cruellement froids. L’envie de sauter des pages était grande, tant je ne comprenais pas l’intérêt d’une telle histoire combinée à celle d’Adam. Ce qui fait que, malheureusement, même si j’ai apprécié suivre Adam dans sa journée, le contraste avec la deuxième histoire m’a tant énervé que je garderais une image négative de cet ouvrage.

La thématique de la libération est quand même bien traitée dans les deux cas. Pour Adam, il s’agit de se libérer du regard des autres, de se libérer des convenances et libérer son coeur, pour suivre son propre chemin. Alors que pour la jeune fille assassinée, il s’agit seulement de libérer son esprit par une vengeance cruelle et froide. Deux entrées bien distinctes, à l’image de l’histoire toute entière.


Un roman à double tranchant : deux histoires fondues l’une dans l’autre sur le thème de la libération. L’une m’a beaucoup plût, alors que l’autre m’a agacée. 

Ma note : 3,5/10