Demandez-leur la lune


Demandez-leur la lune d’Isabelle Pandazopoulos

261 pages, éditions Gallimard jeunesse,
collection Scripto, à 19€


Résumé : Lilou, Sam, Bastien et Farouk. A 15/17 ans, ils vivent dans un de ces coins de France où on est loin de tout, une zone blanche.
La seconde générale n’est pas pour eux, ils n’ont plus beaucoup d’espoir dans l’avenir. C’est alors qu’Agathe Fortin, jeune prof de français passionnée, leur propose un cours de soutien étrange : les faire parler. Son défi : les préparer à un concours régional d’éloquence. Eux qui n’ont pas les mots vont se raconter à voix haute..
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Extraits : «  »Les mots, on sent le poids qu’ils pèsent et le pouvoir qu’ils ont. Ils t’engagent tout entier, ils te montrent tel que tu es, d’où tu viens et à qui tu ressembles. »

« Elle pense à tous ces trucs qu’on ne peut pas partager. À ce silence qui fait un gouffre entre soi et le monde. »


Mon avis : Ils sont quatre adolescents aux histoires différentes, avec un seul point commun : ils sont en décrochage scolaire, mais motivés pour donner un sens à leur avenir. Lilou, Sam, Bastien et Farouk vont suivre les cours de soutien de madame Fortin, une jeune professeure aux méthodes d’enseignement créatifs et originaux. D’abord désarçonnés par les pratiques de leur nouvelle professeure, les quatre adolescents vont se laisser prendre au jeu et finir par apprécier ces cours, leur professeure et surtout le travail qu’ils effectuent ensemble sur eux-mêmes.

Isabelle Pandazopoulos, l’auteure de ce récit, a longtemps travaillé avec des élèves en difficulté, puis avec des jeunes en situation de handicap mental. En écrivant Demandez-leur la lune, elle s’appuie sur ces expériences passées en les enjolivant d’éléments fictifs.

Lilou, Sam, Bastien et Farouk ont chacun leur problème. La famille de Lilou a été détruite il y a quelques mois : ils ont appris que le grand frère de Lilou s’était radicalisé et avait rejoint un groupement de terroristes islamiques. Un choc pour cette famille, qui est devenue la bête noire auprès de toute la ville et de tous leurs proches.

Sam quant à elle, vit avec sa mère, qui souffre de troubles mentaux. Elle ne contrôle pas les accès bipolaires de sa mère, mais continue à l’aimer inconditionnellement. Bastien est en guerre avec ses parents, qui veulent le forcer à reprendre l’entreprise familiale. Mais le jeune homme n’est pas d’accord et aspire à une autre voix professionnelle. Enfin, Farouk est un jeune immigré turque, qui a fuit la guerre de son pays pour survivre. Il a laissé derrière lui tous ses repères, ainsi que sa famille, qui est resté au pays. Aujourd’hui décidé à apprendre le français et à s’intégrer en France, il attend son audience, qui décidera s’il peut ou non rester résider sur le territoire français.

Durant les quelques heures de soutien scolaires auxquels ils participent tous ensemble, leurs problèmes s’envolent et restent derrière eux. Oubliée la noirceur du quotidien pour se recentrer sur le groupe et les attentes de madame Fortin. Cette dernière a confiance en eux et sait qu’ils ne sont pas les élèves en grande difficulté, perdus et irrattrapables que le proviseur ainsi que tous leurs autres professeurs veulent leur laisser croire. Madame Fortin aspire même à les inscrire à un concours d’éloquence. À travers leurs mots, ils vont se découvrir, s’ouvrir et enfin s’aimer.

J’ai beaucoup aimé la morale de l’histoire, qui donnera certainement à réfléchir aux lecteurs-cibles. Ne laissez pas les autres vous rabaisser, vous destabiliser ou vous faire douter de vous-mêmes. Vous êtes uniques, vous êtes forts et autant capables que les autres de réussir ce dont vous avez envie. Une très belle leçon de vie et d’espoir, dont je n’hésiterais pas à me rappeler à l’avenir.


une histoire puissante, qui devrait apporter espoir et courage aux adolescents qui manquent de confiance en eux. Ce fût une très jolie découverte.

Ma note : 7,5/10

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Quelqu’un m’attend derrière la neige


Quelqu’un m’attend derrière la neige
de Timothée de Fombelle

52 pages, éditions Gallimard jeunesse, à 12,90€


Résumé : Parti de Gênes, Freddy d’Angelo doit livrer ses gelati en Angleterre pour les fêtes de Noël. Tandis qu’il part seul et fatigué à bord de son camion frigorifique jaune, une hirondelle quitte l’Afrique, à contre-courant de ses congénères, bravant le froid hivernal. Une troisième vie est en jeu dans cette histoire, encore plus fragile que les deux premières.


Extraits : « Les hirondelles ne fêtent pas Noël. Quand l’hiver vient, elles sont au-dessus des forêts d’Afrique à se baigner dans l’air trempé. Elles dessinent des boucles dans le ciel. Elles montent très haut puis redescendent en flèche et restent quelques secondes sur le dos, frôlant les cimes des arbres, fendant le nuage de feuilles et de fleurs qui flotte à la surface des forêts.. »

« Pourquoi sont-elles soudain parties vers le sud ?
Elles n’en savent rien. Elles ne fuient même pas vraiment la neige, dont elles ont seulement entendu parler, ni le froid, mais elles se sentent incapables de ne pas être là, à disperser les moucherons, à gribouiller le bleu du ciel. »


Mon avis : L’année dernière, j’ai eu la chance de découvrir le dernier album de Timothée de Fombelle, nommé Capitaine Rosalie. Il racontait l’histoire d’une petite fille en pleine Première Guerre Mondiale. Tant l’histoire que les magnifiques illustrations m’avaient bouleversée, tant et si bien que je lui avais mis la note maximale, soit 10/10. En cette fin d’année, l’auteur revient avec un nouvel album jeunesse, Quelqu’un m’attend derrière la neige.

Nous sommes en plein hiver, en période de Noël. Freddy d’Angelo, un livreur de glaces, passe ces fêtes de fin d’année seul, au volant de son camion de livraison. En parallèle, une jeune hirondelle quitte la chaleur de l’Afrique pour se diriger vers le nord, où, pense-t-elle, quelqu’un l’attend derrière la neige. Leurs chemins vont se croiser et révéler un troisième destin, qui les lieront à tout jamais.

Comme d’habitude, je ne peux qu’applaudir le magnifique travail d’illustration réalisé par Thomas Campi. Ces dessins ont la particularité d’être réalisé à la fois avec des couleurs chaudes et des couleurs passées, qui nous plongent immédiatement dans l’univers féerique de ces fêtes de fin d’année, mais une féerie bien tristounette.

     

En effet, l’ambiance générale de l’album est quand même assez triste, comme vous pouvez le constater avec ces quelques illustrations : les personnages sont seuls, isolés, ternes. Car en cette période de Noël, des milliards de personnes sont regroupées en famille pour célébrer cette fête chrétienne, tandis que des millions d’autres restent seules, sans personne avec qui partager des moments de convivialité. C’est le cas de notre protagoniste, un homme solitaire, déprimé, qui n’a plus goût à la vie, mais qui va trouver un peu de lumière et de chaleur dans la venue de la jeune hirondelle. En définitive, Quelqu’un m’attend derrière la neige est un conte humaniste, qui prône de belles valeurs d’entraide, de solidarité et d’amour. Le genre de lecture qui fait du bien en cette période de l’année, qui nous rappelle que la vie n’est pas toute rose pour tous.


Un conte de Noël attendrissant, émouvant, poétique et plein d’humanité. Une petite merveille à mettre sous tous les sapins !

Ma note : 10/10

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Magic Charly, tome 1 : L’apprenti


Magic Charly , tome 1 : L’apprenti d’Audrey Alwett

409 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Charly Vernier découvre que sa grand-mère était magicienne. Mais un mystérieux voleur de mémoire, le Cavalier, l’a dépouillée de ses souvenirs et cherche à s’emparer de la source ultime de la magie. Pour la sauver, Charly, aidé par Maître Lin et par son amie Sapotille, n’a d’autre choix que de devenir apprenti magicien.


Extraits : « La magie est une chose vivante qui réagit différemment en fonction de la personnalité de chacun. Nous ne faisons que l’interpréter… »

« Selon Charly, les gens avaient le visage qu’ils méritaient. Non pas concernant son aspect général, mais parce que les émotions en marquaient les traits année après année. »


Mon avis : L’apprenti est le premier tome de la toute nouvelle saga jeunesse Magic Charly, qui promet de faire du bruit dans le domaine du fantastique. 

Charly Vernier est un jeune garçon comme les autres… du moins, c’est ce qu’il croyait. Un beau jour, il découvre que sa grand-mère était magicienne, mais qu’un voleur de mémoire, nommé Cavalier, lui a dérobé tous ses souvenirs. Ni une ni deux, aidé par Maître Lin et escorté de son amie Sapotille, ils vont tout faire pour sauver sa grand-mère Dame Mélisse, l’une des plus grandes magiciennes qui puisse exister.

Je n’ai pas l’habitude de lire des romans fantastiques, mais il s’avère que la couverture de celui-ci, les premiers retours positifs que j’en ai eu, ainsi que la quatrième de couverture, m’ont donné envie de le découvrir : et j’ai bien fait ! On plonge immédiatement dans un univers féerique et enchanteresse, où la magie côtoie l’univers rationnel des humains. Balais volants, tours de magie à la pelle, vieux grimoires… on pourrait se croire dans l’univers d’Harry Potter ! 

Charly a d’ailleurs quelques traits du célèbre sorcier précédemment cité, puisque tous deux sont des humains, totalement novices en matière de magie, qui vont débuter comme magicien. D’abord assez maladroits, tous deux vont s’avérer particulièrement doué, avec des pouvoirs qui dépassent souvent l’entendement. Charly va se lier d’amitié avec Sapotille, une autre magicienne, qui s’avère également être une copine d’école. D’abord mal engagée, la relation entre ces deux jeunes gens s’améliore au fil de la lecture… affaire à suivre au prochain tome !

Souvent peu réceptive à ce genre d’univers, je me suis laissé bercer par la plume de l’auteure et j’ai totalement adhéré à l’histoire narrée. Aucun temps mort dans le récit, des actions qui s’enchaînent à un rythme fou, des personnages hauts en couleurs, attachants et singuliers, qui m’ont permis de passer un excellent moment de lecture.

Dans Magic Charly, vous y retrouverez donc : des aventures magiques trépidantes, quelques pincées d’amour, mais pas que.  À travers ce récit, Audrey Alwett souhaitait faire passer un message à ses jeunes lecteurs, mais aussi aux plus âgés, aux adultes et parents. Elle souhaitait mettre en avant l’importance de la descendance et de la transmission des savoirs. Dame Mélisse, la grand-mère de Charly, se retrouve dépossédée de sa mémoire, sans aucune manière de pouvoir transmettre à son petit-fils tous les savoirs magiques qu’elle a accumulée sa vie durant. Charly se retrouve donc comme magicien novice, alors qu’il descend d’une des plus grandes magiciennes qui existe : un comble ! Les récits et paroles des anciens sont donc importants, religieusement précieux. Il faut les écouter, consigner leurs savoirs par écrit et prendre tout ce qu’ils peuvent nous offrir avant qu’il ne soit trop tard. J’ai vraiment apprécié cette moralité de l’histoire.


Plongez au coeur de cet univers magique, qui vous fera rêver autant qu’il vous effraiera. je suis déjà impatiente de découvrir la suite !

Ma note : 7,5/10

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La reine sous la neige


La reine sous la neige de François Place

292 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Un récit mettant en scène une jeune fille fragile de 18 ans, un vol de portable, un coup de foudre, un avion dérouté, un enfant perdu, un tigre évadé du zoo, une statuette en plastique ou encore Londres sous la neige et la mort de la reine d’Angleterre.


Extraits : « La reine est morte, son âme s’est envolée. Tu sais que quand on meurt, on se transforme en animal ? Eh bien, une reine, quand elle meurt, elle se transforme en tigresse. Et cette reine-là, la reine d’Angleterre, comme c’est une très grande reine, la plus grande reine du monde, elle se transforme en tigresse blanche. Tu me crois, maintenant ? »

« Si nos existences se limitaient aux images qui nous représentent, nous serions des pantins condamnés par un dieu méchant à refaire toujours les mêmes gestes, soumis aux lois du spectateur cruel qui peut à volonté accélérer ou ralentir, arrêter une attitude, une expression, n’importe quelle révélation de l’ordre de l’intime. Et notre existence s’effacerait au profit de ce que l’on voudrait retenir de nous.« 


Mon avis : En raison des conditions climatiques déplorables à Amsterdam, l’avion de Sam est détourné, contraint de se poser à Londres. La toute jeune fille va se retrouver dans une vie qu’elle ne connaît pas, avec comme objectif : retrouver Maggie, une vieille dame avec qui elle correspond par lettre depuis des années. Sur son chemin, elle va faire la rencontre d’Elliot, de qui elle va tomber amoureuse, mais aussi d’un petit garçon attachant, qui va l’accompagner dans son périple londonien. Sam se souviendra longtemps de ce petit séjour inopiné, car c’est dans ce même temps qu’a lieu un événement planétaire : la mort de la reine d’Angleterre. Cette nouvelle va bouleverser l’Angleterre tout entière, et l’ensemble des habitants de la planète.

C’est un roman d’anticipation que nous offre François Place. La reine d’Angleterre, Elisabeth II, actuellement âgée de  93 ans, est à ce jour la souveraine britannique qui a régnée le plus longtemps sur le pays. Elle a traversé les siècles, les générations et les événements, et est actuellement la reine la plus âgée encore en fonction. Très populaire auprès des citoyens britanniques et du monde entier, il arrivera bien un jour, plus ou moins proche, où la reine s’éteindra pour laisser sa place au prince Charles. L’auteur nous livre ici une interprétation  toute personnelle de sa vision du décès de la reine. Comment les britanniques vont-ils réagir ? Qu’est-ce que le décès de la reine va-t-il engendrer en Angleterre ?

J’ai trouvé le concept intéressant, assez novateur également. Bien que l’histoire en elle-même soit agréable à découvrir, j’ai trouvé certains aspects du récit un peu trop incohérents. Je sais que ce n’est que de la fiction, mais il est quand même de bon ton d’accorder un minimum son récit à la réalité.

Notre protagoniste Sam tombe amoureuse d’un garçon qu’elle a croisé une seule fois : cela s’appelle le coup de foudre, certes, mais c’est très rare qu’il provoque des émotions aussi fortes aussi longtemps. Alors quand Eliot, la fameux garçon dont s’est subitement épris Sam, tombe lui aussi immédiatement amoureux de la jeune fille après seulement quelques phrases échangées… cela devient trop mielleux, pas assez crédible, à la limite du niais. Cela peut arriver, mais de là à penser constamment à l’autre dans la durée, à chercher à le revoir coûte que coûte, je ne pense pas. D’autres détails peu crédibles sont venus enrayés l’avancée de ma lecture : Sam se retrouve seule dans une ville inconnue et elle se fait voler son portable, sans pour autant que tout cela l’inquiète outre mesure. Un petit garçon s’échappe de sa maison et se promène seul dans les rues, un tigre s’échappe à son tour mystérieusement d’un zoo… trop d’invraisemblances dans ce récit qui pourtant, avait du potentiel.

En plus d’invraisemblances, la multiplicité des personnages et des thématiques abordées (le deuil, l’amour, l’amitié, l’enquête sur le cambriolage d’un appartement, la relation parent-enfant…) font de ce récit un imbroglio d’intrigues superposées et de personnages additionnés, qui ne permettent pas au lecteur de se focaliser sur une trame centrale et de la retenir dans la durée.


Un concept intéressant et novateur, mais une histoire globale qui manque de cohérence.

Ma note : 5,5/10

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Le matin de Neverworld


Le matin de Neverworld de Marisha Pessl

315 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Un an après la mystérieuse mort de Jim, son petit copain, Béatrice n’a toujours pas revu leurs amis. Ils lui cachent quelque chose et la soirée des retrouvailles dérape : un homme étrange leur annonce qu’ils sont coincés au Neverworld et revivront sans cesse la même journée jusqu’à ce qu’ils prennent la décision la plus difficile de leur vie… Mensonges, peurs et sentiments : les masques tombent dans la bande d’amis. Qui sortira vivant du Neverworld ?


Extraits « Dans la vraie vie, il n’y a pas d’entrée triomphale. En tout cas, jamais comme dans nos rêves.
Dans nos rêves, on aimerait quelque chose entre la telenovela colombienne (cris, émotion brute, mascara qui coule) et un discours de Meryl Streep aux OscarTM (paroles chocs, accolades, tout le monde qui se met à chanter en choeur).
Dans la réalité, c’est juste bizarre. »
« – Moi, je vais vous dire ce que c’est que l’amour, annonça Martha en regardant le plafond. C’est le principe d’incertitude d’Heisenberg. Dès qu’on croit qu’il est là et qu’on veut le laisser s’exprimer, eh bien, il disparaît. Il réapparaît plus loin. Puis un peu plus loin encore. Puis ici. Quoi qu’on fasse, on ne peut ni l’enfermer ni le contenir. »

Mon avis : Béatrice a perdu brutalement son petit ami un an plus tôt. Depuis, elle n’a plus revu leur bande de copains communs. Un beau jour, ni tenant plus, elle décide de reprendre contact avec eux, pour résoudre le mystère de la mort de Jim. Mais la soirée dérape : Béatrice et ses amis ont un accident de voiture qui va les plonger dans un univers parallèle appelé Neverworld. Là-bas, un vieil homme leur explique qu’ils vont revivre la même journée éternellement, jusqu’à ce que chacun se mette d’accord : qui survivra et sortira du Neverworld ?

Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu une dystopie jeunesse comme celle-ci, et je dois dire que cela fait du bien. Marisha Pessl est une auteure que je ne connaissais pas, mais j’ai bien apprécié découvrir sa plume. Elle nous entraîne dans cet univers parallèle et arrive à nous faire croire, avec beaucoup de facilité, que l’impossible peut devenir possible. J’ai beaucoup aimé l’immersion dans cet espace-temps singulier, où le temps ne passe plus, où tout est figé, répété à l’infini. Quand on se met à la place des personnages, c’est assez glaçant comme sensation.

Ce roman pourra vous faire penser à des films très connus, je pense notamment à Un jour sans fin, du réalisateur Harold Ramis, qui raconte l’histoire d’un homme qui revit encore et encore la même journée. Marisha Pessl a sans doute du s’inspirer de ce film pour écrire son livre, mais les similitudes s’arrêtent ici. En effet, l’auteure incorpore une dose de fantastique en plus, avec la possibilité de voyager dans le temps et de se téléporter  à sa guise. L’action également ne manque pas dans Le matin de neverworld, puisque c’est une réelle enquête que Béatrice, notre protagoniste, va tenter de résoudre, en cherchant la cause véritable de la mort de son petit ami Jim.

Chacun des amis de Béatrice semblent cacher un lourd secret concernant la mort de Jim. Ils éludent tant bien que mal, mais on ressent aisément qu’ils sont au courant de quelque chose de déterminant dans sa mort. La lumière se fera uniquement au dénouement du récit, et la révélation finale se voudra assez étonnante. Retenez une chose : il ne faut jamais se fier aux apparences.


Une très bonne dystopie jeunesse, remplie d’actions et de suspenses. Je vous recommande vivement ce livre !

Ma note : 8/10

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La théorie de l’iceberg


La théorie de l’iceberg de Christopher Bouix

217 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Noé, 15 ans, vit sur la côte atlantique. Suite à un accident de surf, il est atteint de phobie et de bégaiement. L’organisation d’un concours de nouvelles change le cours de son existence.


Extraits « Du moment que je pouvais passer une heure en tête à tête avec l’océan chaque matin avant les cours et chaque soir avant de rentrer à la maison, je me moquais du reste. Pas besoin d’amis. Pas besoin d’être brillant en classe. Pas besoin d’être populaire. »
« Pour lui, le surf n’était pas juste un sport. C’était le moyen qu’il avait trouvé pour exprimer au mieux sa présence au monde. Il était là, plein, entier, parfaitement concentré sur les quelques centimètres carrés de polyester qui le séparait de l’eau. »

Mon avis : Suite à un accident de surf dont il échappe par miracle avec seulement quelques contusions et côtes cassées, Noé, 15 ans, se retrouve à bégayer. Un bégaiement qui l’isole et lui enlève toute confiance en lui. Il se réfugie alors dans l’écriture, son exutoire et décide de participer à un concours de nouvelles, poussé par son professeur de français. Cet été-là signera un nouveau départ dans la vie de Noé, qui fera la rencontre de personnes extraordinaires, qui changeront le cours de sa vie et sa vision de la vie. Lorraine notamment, une jeune fille en vacances avec son père au bord de la mer, redonnera gaieté et confiance en lui au jeune homme. Monsieur Hereira aussi, un vieil homme retranché dans sa maison, apportera conseils avisés et soutien dans à Noé dans son projet d’écriture.

La théorie de l’icerbeg, c’est d’abord un roman de rencontres. Des rencontres inattendues, qui parfois peuvent véritablement changer le cours d’une existence. C’est la chance qu’a eu Noé, en rencontrant Lorraine et Monsieur Hereira, qui deviendront tous les deux bien plus que de simples rencontres fortuites. À leur manière, ils vont apporter du renouveau dans la vie de Noé, l’aider à aller de l’avant et à surmonter ses démons.

Malgré le fait que j’ai apprécié découvrir cette histoire, je l’ai trouvée, en somme, assez creuse. Le tout manque de relief et de profondeur, le récit reste assez plat, sans grande surprise ni originalité apparente. Pour tout vous dire, seulement trois jours après avoir refermé le livre, je m’aperçois déjà qu’une bonne partie de l’histoire s’efface de ma mémoire, ce qui est fâcheux, notamment au moment d’écrire une chronique.


Une histoire simple, lumineuse et feel good pour passer un bon moment. à lire idéalement en fin d’été.

Ma note : 7/10

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Nos vies en mille morceaux


Nos vies en mille morceaux de Hayley Long

327 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Le monde de Griff et Dylan, 13 et 15 ans, s’écroule à la fin de l’été, quand un accident de voiture les laisse orphelins. Installés à New York depuis peu, ils sont d’abord recueillis par Blessing, collègue haute en couleur de leurs parents. Puis à l’autre bout du monde, dans une petite ville du pays de Galles, chez un oncle et une tante qu’ils ne connaissent pas, où ils trouvent bienveillance et nouvelles amitiés. Dylan n’a qu’une idée en tête : aider Griff à revivre, protéger son petit frère. Mais il a lui-même son propre chemin à faire, et une dernière vérité à affronter.


Extraits « Même quand tu as l’impression d’être totalement coincé dans un moment, en fait, ce n’est jamais le cas. Les choses changent. « Le temps passe. Écoute. Le temps passe. » »
« La musique n’est pas juste de la musique, c’est aussi de la magie. Qui peut conjurer des émotions dont on ignorait jusqu’à l’existence, et faire naître à la vie des sentiments que l’on pensait éteints à jamais. Un peu comme un voyage dans le temps. La musique est capable de nous transporter à une époque, à d’autres endroits, avec une telle précision qu’on revoit les bandes de baskets qu’on n’a plus depuis longtemps, qu’on entend pépier les oiseaux envolés depuis longtemps et qu’on va jusqu’à sentir l’odeur de vinaigre des chips de l’été précédent. Et lorsque toutes ces émotions, ces souvenirs surviennent par le biais d’un objet concret, et pas seulement d’un MP3, eh bien, la magie est encore plus forte.« 

Mon avis : Griff et Dylan, deux jeunes frères de 13 et 15 ans, voient leur monde basculer lorsqu’ils sont victimes, avec leurs parents, d’un terrible accident de voiture. Leurs deux parents sont morts sur le coup. Ensemble, les deux garçons vont devoir surmonter ce choc et continuer à survivre coûte que coûte.  Mais Griff et Dylan ont deux chemins différents à prendre pour mener vers la cicatrisation de leurs peines.

Griff et Dylan vont atterrir à Aberystwyth, un petit village du Pays de Galle (matérialisé sur la carte ci-dessous pour que vous puissiez le situer plus précisément). Bien loin de toutes les grandes villes où ils ont habité avec leur famille avant (Munich, Shangai, Barcelone, New York), l’adaptation est difficile au début pour les jeunes hommes. Mais grâce à l’amour et à l’attention constante de Dee et Owen, sa famille d’accueil, grâce à l’amitié de Hari, à la présence réconfortante de son frère Dylan, à l’amabilité du vieux monsieur Henry, Griff va très vite s’épanouir dans ce nouvel environnement, loin de tous ses repères passés.

Il est très compliqué de vous parler de ce roman sans vous révéler des détails très importants de l’histoire. Sachez seulement que ce livre raconte le parcours, éreintant mais essentiel, de deux jeunes hommes, désireux de se reconstruire après de terribles épreuves. La vie est parfois cruelle, mais il faut savoir aller de l’avant, remonter la pente, continuer à sourire, à vivre et à aimer. Le jeune Griff en est l’exemple même : sans plus de repère, il va se relever, rencontrer de nouvelles personnes qui vont lui tendre la main pour l’aider à aller vers un guérissement de l’âme et du coeur. J’ai refermé la dernière page du livre au bord des larmes. Un trop plein d’émotions tout au long du livre mène inéluctablement vers une déferlante de larmes à la fin.

Nos vies en mille morceaux est une histoire puissante, extrêmement touchante, qui vous attrape aux tripes et ne vous lâche qu’à la toute dernière seconde du récit. Je recommande chaudement ce livre, qui ne sera sans doute pas une lecture paisible et agréable, mais qui ne vous laissera certainement pas indifférent.


Un récit coup de poing et bouleversant, qui vous apprend à profiter de tout ce que la vie vous donne et surtout de vos proches.

Ma note : 7,5/10

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