Grim fils du marais


Grim fils du marais de Gaël Aymon
330 pages, éditions Nathan, à 16,95€


Résumé : Un roman d’aventures au style inimitable.
Alors qu’il fuit un mystérieux danger, Grim, un garçon muet qui cache son passé, découvre un monde peuplé de différentes espèces humaines, au milieu de forêts mauves. Il débute alors un voyage vers le palais de la reine afin de l’avertir d’un complot qui se trame contre elle.


Extraits« Parce que, tant qu’on est pas complètement mort, c’est la vie qui commande. Et toi, tu obéis. »

« L’intelligence, elle se sent, comme la bêtise. »


Mon avis : Gaël Aymon est un auteur français de romans jeunesse que je connais bien, puisque j’ai déjà pu apprécier dans le passé plusieurs de ses histoires. Ces dernières étaient plutôt réalistes et rationnelles, elles traitaient de thématiques actuelles, je pense notamment à Silent boy, qui parlait d’harcèlement scolaire, ou à Et ta vie m’appartiendra, sorte de réécriture du célèbre roman d’Honoré de Balzac, Peau de chagrin. Avec Grim fils du marais, Gaël Aymon nous embarque dans un univers fantastique et merveilleux sorti tout droit de son imagination.

Grim, un jeune enfant muet vivant dans une forêt mystérieuse, fui un ennemi inconnu. Il se réfugie dans une Ruche, lieu intriguant, où des Nourrices élèvent des enfants et leur apprennent à vivre dans un monde complexe. Jarvin, l’une des Nourrice, prend Grim sous son aile. La Nourrice essaie tant bien que mal de cerner ce garçon et de comprendre ce qui l’amène dans la Ruche : fuit-il un ennemi ? est-il un fugueur ? Lorsqu’il est l’heure pour les enfants de rejoindre leurs Maisons respectives – Auxiliants, Combattants, Servants ou Reproduisants… -, la couvée censée les remplacer se trouve vide. Jarvin décide de percer à jour ce mystère et emmène Grim avec lui jusqu’au Haras où se trouve les Dames et Sieurs qui fournissent les Damoiselles au Palais de la Reine pour qu’elle puisse faire naître de nouveaux enfants. Là-bas, c’est avec horreur que Jarvin et Grim se retrouvent au coeur d’un complot qui les dépasse : les Haras se révoltent et veulent renverser le Palais et tuer la Reine. Une décision qui mettrait en péril toute l’humanité.

J’ai été comblée par l’inventivité de l’auteur. Je ne suis pas une grande adepte du fantastique et encore moins de la fantasy ; pourtant, ici, le doux mélange des genres crée un univers onirique accessible à tous, qui nous plonge immédiatement dans un monde féerique, où l’on se retrouve comme des enfants émerveillés. C’est une histoire dynamique, dans laquelle on ne s’ennuie pas. Les aventures s’enchaînent avec aisance et volupté. De nombreuses références sont faites aux contes et légendes anciennes, dans lesquels des héros tels que Ulysse, Lancelot et j’en passe, réussissent des exploits hors du commun. Nos héros s’identifient aisément à ces héros : ils sont engagés, même au péril de leur vie, terriblement courageux et ils accomplissent des exploits au profit d’une communauté, celle de la Reine, dont dépend la survie de leur Maison, de leur vie et de l’humanité toute entière.

J’ai adoré découvrir les différentes particularités des personnages qui parsèment l’histoire. J’ai particulièrement apprécié la joyeuse bande de héros que nous suivons du début à la fin : Grim, Jarvin, Felée, Halona, Cheveyo. Malgré les différences de culture, d’éducation, de façons de penser, ils arrivent à cohabiter et à avancer ensemble vers un objectif commun. Une belle et solide amitié naît entre ces cinq personnages, qui fait chaud au coeur et plaisir à voir.

J’adresse une maison spéciale à la maison d’éditions, qui s’est surpassée sur le design du livre, en produisant une magnifique couverture, lumineuse, vive, qui promet des aventures merveilleuses. L’histoire est également entrecoupée de dessins en noir et blanc réalisés par Violaine Leroy, que j’aurais grandement apprécié voir plutôt en couleurs. Mais sans doute est-ce une question de coût (fournir des dessins en papier glacé et en couleurs aurait augmenté considérablement le prix du livre). Tout de même, elles permettent de se représenter encore plus concrètement cet univers fantastique qui nous enchante.

Le seul point négatif que je vois à souligner, c’est le style d’écriture. Le narrateur, qui est également notre héros, Grim, s’exprime d’une manière un peu niaise, en coupant volontairement certaine phrase, en mâchant certains mots, en obstruant totalement la forme négative ; ce qui donne un style décousu, un peu simple, peu français finalement, qui pourrait donner un mauvais exemple aux jeunes lecteurs qui le lit.


Un roman fantastique féerique, qui nous plonge dans un univers onirique merveilleux, tout en nous faisant vivre milles aventures extraordinaires. C’est une réussite : bravo !

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-09-249207-9
Illustrations : Violaine Leroy

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Silent boy


Silent boy de Gaël Aymon

62 pages, éditions Nathan


Résumé : Anton est interne dans un lycée difficile. Sa seule bouffée d’oxygène: ses discussions sur un forum en ligne, caché derrière l’avatar de Silent boy. Car dans la vraie vie, Anton ne donne jamais son avis, ne prend jamais parti. Jusqu’à sa rencontre avec Nathan…


Extraits : « Être avec des filles, ça relâche la pression. Ça calme l’ambiance. Par exemple, quand on les retrouve au petit-déj, après la nuit entre mecs, ou en classe et au foyer, après le sport. Ou quand on nous impose de faire un travail en binôme mixte. Ça met un truc plus doux dans l’air. Enfin, c’est mon avis. »

« Mais si tu refuses de suivre les règles, tu dois savoir qu’il y a les risques qui vont avec. »


Mon avis : Après Son héroïne de Séverine Vidal, c’est avec beaucoup de curiosité et d’envie que j’aborde le deuxième récit de la nouvelle collection Court toujours des éditions Nathan. Pour rappel, cette nouvelle collection a pour but d’offrir de courtes histoires sur des sujets d’actualité, qui peuvent être lues en moins d’une heure et qui sont déclinées sur l’ensemble des supports disponibles (papier, audio, digital).

Silent Boy,  c’est le surnom d’Anton, un jeune garçon apprécié dans son lycée, passablement populaire, qui est le spectateur muet du harcèlement quotidien que subit ses différents camarades d’école. Il se confie sur un forum en ligne, sorte de thérapie salvatrice, qui l’aide à voir plus clair sur sa situation présente et future. Sa rencontre avec Nathan, un jeune original transféré dans la même chambre qu’Anton, va bouleverser le quotidien du garçon.

Dans Son héroïne, Séverine Vidal pointait du doigt la solitude, la dépression, le harcèlement… des sujets d’actualité forts, qui seront sans doute une constance de la collection Court toujours. En effet, on retrouve dans Silent boy cette thématique du harcèlement, avec en prime, d’autres sujets connexes, tels que l’intimidation, la différence, les stéréotypes, le sexisme. Dans le lycée d’Anton, les élèves sont classés en fonction de bandes : il y a les populaires, qui dominent l’école, arrogants, imbu d’eux-mêmes, ils se croient tout permis et usent sans vergogne de leur pouvoir. Enfin, il lui a les victimes, les plus faibles, les personnes fragiles, qui n’arrivent pas à protester, à s’intégrer, qui refusent d’être assimilées aux bêtises que peuvent faire les « populaires ». Anton, classé parmi les populaires, sera le spectateur muet de situations horripilantes, de dénigrement, d’insultes gratuites. Alors qu’il pourrait réagir et mettre fin à ces scènes, il préfère chercher des réponses sur un forum en ligne, auprès d’amis virtuels. Car, se confier à des personnes que l’on ne connaît pas et souvent bénéfique. Grâce à eux, Anton va changer sa manière de percevoir les personnes de son lycée et son comportement de garçon mutique et silencieux va se transformer en défenseur des opprimés.


Un roman court, rapide et agréable à lire, qui donne à réfléchir sur des sujets d’actualité : le harcèlement scolaire, l’intimidation, les stéréotypes, le sexisme ou encore la différence.

Ma note : 7/10

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ISBN : 3133092232787

Et ta vie m’appartiendra


Et ta vie m’appartiendra de Gaël Aymon

328 pages, éditions Nathan


Résumé : Et si votre plus cher désir risquait de vous tuer ?

A la mort de sa grand-mère, Irina reçoit un étrange héritage : une peau, sorte de talisman censé exaucer tous ses désirs.
Sans y croire, la jeune fille demande à devenir riche, ainsi que la dévotion absolue d’Halima, sa seule amie. Et ses souhaits se réalisent.
Pourtant, cette existence de rêve se transforme vite en cauchemar. Car un ennemi rôde, prêt à s’emparer de son talisman, par tous les moyens. Et à chaque vœu formulé, la peau aspire peu à peu la vie d’Irina, la tuant à petit feu…


Extraits : « Ne crains pas de souffrir. N’attends pas que le destin t’offre la chance que tu crois mériter. Le désir, la convoitise et la paresse se nourrissent de ton sang. Seules la crainte de Dieu, la rigueur et une volonté ferme nous font humbles et forts. »

« Ne pas avoir de téléphone en état de marche est une expérience désagréable, comme d’avoir un membre en moins. »


Mon avis : Gaël Aymon est un auteur jeunesse français que j’avais découvert au travers d’une histoire illustrée, Les grandes années : le vide grenier, que j’avais apprécié parcourir. J’étais curieuse de découvrir sa plume plus en profondeur, par le biais d’un roman jeunesse plus conséquent. J’ai donc commencé Et ta vie m’appartiendra.

C’est l’histoire d’Irina, une jeune fille défavorisée, qui vit seule avec sa mère, alcoolique. À la mort de sa grand-mère, Irina reçoit un héritage tout particulier : un talisman censé réaliser tous ses désirs. Elle confie son secret à sa meilleure amie Halima et ensemble, elles vont expérimenter cette mystérieuse peau. Mais ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’à chaque voeu formulé, le talisman diminue et la vie de son détenteur diminue avec lui.

Ce roman est une sorte d’hommage au roman d’Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, dont l’intrigue est identique. Seulement ici, Gaël Aymon met ce grand classique de la littérature française à la merci des plus jeunes, en ajoutant des éléments de fiction supplémentaires au chef-d’oeuvre d’origine. Pour tout vous avouer, je n’ai jamais lu La Peau de chagrin, mais ce roman m’a bien donné envie de le lire. Découvrir Balzac dans un style fantastique m’intrigue particulièrement.

Pour en revenir à Et ta vie m’appartiendra, malheureusement, ma déception est grande. L’idée de reprendre le roman de Balzac dans un contexte plus jeunesse est intéressante, mais la construction globale du récit est trop imprécise et alambiquée. J’ai eu beaucoup de mal à pénétrer dans l’histoire, que je trouvais trop morcelée : le récit est découpé en trois grandes parties, mais j’ai trouvé qu’aucune d’elles n’étaient complètement finies. Le décor n’était pas planté que déjà, une nouvelle partie apparaissait, venant rendre caduque la précédente.

J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire, à la comprendre et surtout à y croire. Tout paraît trop gros, trop surréaliste. La mère d’Irina meurt tragiquement et pourtant, la jeune fille n’est pas autant affectée qu’elle le devrait. Irina devient extrêmement riche grâce à la peau et pourtant elle semble ne pas chercher à dépenser l’argent, comme toute personne dans son cas l’aurait fait. Bref, que de passages souvent absurdes, à la limite de l’entendement, qui ne m’ont pas aidé à m’imprégner de l’histoire.

De plus, j’ai trouvé les personnages mal construits, pas attachants du tout, parfois même antipathiques. Ils usaient d’un langage grossier, semblaient bipolaires, changeant d’humeur en quelques paragraphes à peine. Je les ai trouvé tellement exécrables qu’à cause d’eux, j’ai peiné à vraiment m’intéresser à l’histoire.


Une lecture qui avait du potentiel, mais qui s’avère être une amère déception. Je remercie quand même Gaël Aymon de m’avoir donné envie de lire La Peau de chagrin de Balzac !

Ma note : 3/10

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Les grandes années : Le vide-grenier


Les grandes années : le vide-grenier de Gaël Aymon et Élodie Durand

61 pages, éditions Nathan


Résumé : Ness a décidé de participer avec ses copains à un vide-grenier pour récolter de l’argent et venir en aide à une association. Pas facile de convaincre ses amis de vendre leurs jouets… sans vendre les siens! En même temps, ses affaires à elle sont nulles…


Extrait  « D’accord, je n’avais ni télé ni baskets lumineuses, mais il y avait beaucoup plus important que l’argent dans la vie : des choses qui n’avaient pas de prix, comme avoir d’aussi chouettes amis ! »


Mon avisNess et toute sa bande d’amis décident de vendre certains de leurs objets personnels, pour récolter des sous à reverser à une association en faveur des personnes défavorisées. Une initiative généreuse et positive, qui ne va pas se dérouler comme prévu…

J’ai beaucoup aimé ce petit récit. Au-delà du divertissement que peut offrir l’histoire aux plus jeunes, elle permet de leur ouvrir l’esprit. Ne pas juger, mais apprendre à comprendre l’autre, à aider son prochain, à être gentil et généreux envers les personnes qui en ont le plus besoin… Autant de qualités qui devraient être présents dans chacun de nous.

Finalement, l’histoire se termine par une jolie leçon de morale, valable autant pour les plus jeunes que pour les plus âgés : il y a bien plus important que l’argent dans la vie, comme l’amour envers ses amis et sa famille. Une histoire sympathique et joliment illustrée, qui devrait plaire aux plus jeunes, tout comme à leurs parents !


Ma note : 7/10