Juste un mot


Juste un mot de Frédéric Vinclère

147 pages, éditions Auzou, à 12,95€


Résumé : « Frangin, tu vas sûrement me détester de déposer une lettre de cette façon, sur ton oreiller, juste avant de partir, mais je ne savais pas comment faire autrement. Je t’écris pour t’avouer un truc : j’ai vidé l’argent de ta tirelire avant de partir. Désolé. J’imagine la tête que tu dois faire. Tu dois te dire qu’à cause de moi, tu vas dérouiller au collège. Alors que non, Paul, parce que tu te fais déjà violenter. Donc je n’y suis pour rien. Le fautif, c’est celui qui t’agresse, pas celui qui t’empêche de te protéger de l’agresseur. Je le fais pour ton bien. Je t’assure ! Ton grand frère, Lou-Victor. »


Extraits : « Qu’est-ce que tu entends par « les garçons dans ton genre » ?
Si tu veux dire que je ne suis pas aussi viril que toi, merci, je sais. Papa et Maman passent leur temps à le répéter. C’est bizarre, d’ailleurs. Ils te décrivent toujours comme un mauvais gars, mais limite avec fierté. Je suis « gentil », moi, mais bon. « Ça ne fera pas de toi un homme », a dit Papa l’autre jour. »

« Quand tu te cognes dans un meuble, ben tu le dégages, c’est qu’il n’était pas à sa place. Dans la vie, Paul, il faut faire du tri. »


Mon avis : Juste un mot est un roman jeunesse construit de manière épistolaire. Deux frères correspondent par mails interposés : le plus jeune, Paul, est victime de chantage et de racket au collège. Personne n’est au courant, mais chaque jour, il est forcé de ramener de l’argent à un autre collégien, sous peine de subir des représailles. Son grand frère, alors interné en maison de redressement, comprend son dilemme et va tenter de lui apporter tout le soutien moral et la force nécessaire pour se défaire de cette situation.

L’amour fraternel qui transparaît à travers ces échanges de mails est vraiment touchant à voir. Quand ils vivaient sous le même toit, Paul et son frère n’étaient pas spécialement proches. Ils vivaient ensemble, se croisaient tous les jours, mais ne prenaient jamais le temps de discuter ensemble, de prendre des nouvelles l’un de l’autre. C’est uniquement grâce à la distance qui les sépare maintenant qu’ils se rendent compte de l’importance de leur lien et de leur amour. Mieux vaut tard que jamais, dirait-on ! J’espère que certains lecteurs pourront se rendre compte de leur chance d’avoir des frères et soeurs et du rôle important qu’ils tiennent dans nos vies.

À ce duo, s’ajoute Loubna, une amie de Lou-Victor, le frère de Paul. Loubna est une jeune femme secrète, très mystérieuse, qui ne laisse rien transparaître de sa vie et de ses émotions. Par affection pour Lou-Victor, elle va prendre Paul sous son aile et va l’aider à se tirer de la situation embarrassante dans laquelle il s’est enlisé. Peu à peu, une belle complicité va naître entre ces deux jeunes, rendant passablement Lou-Victor jaloux de leur promiscuité.

J’ai trouvé cette lecture vraiment plaisante, les personnages étaient attendrissants et les thématiques abordées intéressantes. Le harcèlement scolaire, l’intimidation, le racket, sont des sujets encore trop souvent d’actualité dans les milieux scolaires. Les mettre sur le devant de la scène de cette manière permet de se rendre compte de la gravité de certains actes et de l’importance d’agir pour empêcher ces excès.


Un roman jeunesse épistolaire touchant sur l’amour fraternel et les dangers du harcèlement scolaire. J’ai beaucoup aimé les valeurs qui transparaissent de cette histoire.

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-7338-8144-6