Le portrait de Dorian Gray

Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde.
328 pages, éditions Gallimard Jeunesse

 

Résumé : Le peintre Basil Hallward vient d’achever son meilleur tableau. Invité à se contempler, Dorian Gray, son modèle, fait alors un voeu insensé : que le portrait vieillisse à sa place et que lui conserve éternellement sa jeunesse et sa beauté. Quelles ne sont pas sa stupeur et son effroi quand son voeu se réalise ! Le tableau devient alors le miroir de son âme…

Extraits : « La jeunesse sourit sans motif. C’est un de ses plus grands charmes. »
« Il arrive souvent que lorsque nous pensons expérimenter sur autrui, nous soyons en réalité en train d’expérimenter sur nous-mêmes. »
« La chose la plus banale devient délicieuse dès l’instant qu’on la dissimule.« 

Mon avis : Depuis le temps que j’en entendais parler… je me suis enfin décidé à lire ce chef-d’oeuvre d’Oscar Wilde.

Avec une écriture simple, agréable à lire et à la portée de tous, enfants comme adulte, Oscar Wilde nous raconte une histoire fantastique dont lui seul à le secret. Le portrait de Dorian Gray traverse les époques, et séduit toujours autant les lecteurs. C’est un mythe à découvrir obligatoirement !!!

Dorian Gray est un jeune homme qui s’est révélé tout au long du livre. Introverti, timide et ayant peu confiance en lui au début du roman, il va changer du tout au tout, et va finir par devenir l’exact opposé du personnage qu’il était alors.
Lord Henry a assurément été mon personnage favori. Même s’il n’était pas la principale personne qui devait dicter le roman, avec son sens de la réflexion poussé au maximum et son intelligence sur-dimensionnée, il va être le mentor du jeune Dorian Gray et va devenir le principal acteur du changement de comportement de celui-ci. Car derrière ses airs de dandy et de beau parleur se cache un homme manipulateur malgré lui, dont les paroles sont souvent assez cruels, voire choquantes.

Le lecteur est obligé d’être absorbé par cette lecture. Oscar Wilde captive l’attention, et la retient grâce à une intrigue originale qui aiguise la curiosité. Mais ce roman n’est pas simplement une histoire mystérieuse qui critique la société victorienne, c’est également un ouvrage philosophique, qui traite de sujets de la vie indirectement.

C’est quand même étrange de penser qu’Oscar Wilde n’a écrit qu’un seul roman, celui-ci. Ça aurait été avec une grande joie de découvrir une autre histoire de ce même auteur, j’ai tellement apprécié son style d’écriture et son univers…

 

Ma note : 10/10

L’ami retrouvé

L’ami retrouvé de Fred Uhlman
111 pages, éditions Folio junior

 

Résumé : Agé de seize ans, Hans Schwartz, fils unique d’un médecin juif, fréquente le lycée le plus renommé de Stuttgart. Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l’arrivée dans sa classe d’un garçon d’une famille protestante d’illustre ascendance lui permet de réaliser son exigeant idéal de l’amitié, tel que le lui fait concevoir l’exaltation romantique qui est souvent le propre de l’adolescence. C’est en 1932 qu’a lieu cette rencontre, qui sera de courte durée, les troubles déclenchés par la venue de Hitler ayant fini par gagner la paisible ville de Stuttgart. Les parents de Hans qui soupçonnent les vexations que subit le jeune homme au lycée, décident de l’envoyer en Amérique, où il fera sa carrière et s’efforcera de rayer de sa vie et d’oublier l’enfer de son passé. Ce passé qui se rappellera un jour à lui de façon tragique.

Extraits : « Je savais qu’un million de soldats étaient morts à Verdun. Mais ce n’étaient là que des abstractions, des chiffres, des statistiques, des informations. On ne peut souffrir pour un million d’êtres. »
« Je puis me rappeler le jour et l’heure où, pour la première fois, mon regard se posa sur ce garçon qui allait devenir la source de mon plus grand bonheur et de mon plus grand désespoir. »

Mon avis : Initialement recommandé aux plus jeunes (comme le prouve l’édition dans laquelle j’ai lu le l’ouvrage), il est aussi abondamment lu et enseigné dans les écoles. L’ami retrouvé illustre simplement, dans une quantité restreinte de pages, l’idée générale de l’atmosphère qui découle de la Seconde Guerre mondiale. S’allie à ce thème (sur lequel les mots sont durs à se mettre en place), une douce amitié, originale et bouleversante, qui fera voir d’un autre oeil les terribles événements des années 40.

L’histoire débute dans une salle de classe, en Allemagne, à l’intérieur de l’illustre école renommée de Stuttgart, à l’orée du déclenchement de ce qui sera appelé plus tard la Grande guerre. Hans, jeune élève juif, solitaire et marginal, ne reste pas de marbre lors de l’arrivée d’un nouvel élève, si différent des autres, protestant, à la famille historique. Commence alors entre les deux adolescents une histoire d’amitié hors du commun, unique en son genre, qui sera rapidement mise à mal par l’arrivée d’Hitler en tant que chancelier en 1933.

Je tiens avant tout à dire et à appuyer sur le contenu partiel et vraisemblablement superficiel du récit. Bien que très intense, fluide et à la compréhension aisée, l’auteur est resté sur la couche supérieure de son thème, sans toutefois le développer. Une qualité néanmoins efficace, bien que destiné aux plus jeunes et partiellement approfondi.

Fred Uhlman attaque son roman en douceur, en présentant gentiment les différents acteurs de l’histoire, tout en appuyant sur les intérêts communs et ressemblances des deux adolescents. Puis l’histoire se dégrade, l’intrigue se met en place, comme une énigme lancée en avant. Pour continuer dans sa décadence, l’auteur fini par présenter les divergences idéologiques qui régissent les vies des deux « anciens amis ». Un déclin progressif, une descente vertigineuse, qui fait passer les personnages auréolés de bonheur au gouffre le plus sombre.

Les lieux, bien Allemands à en juger par le nombre de villes citées, l’atmosphère, assez pensante, fragile et noire, les mystères qui entourent l’histoire et les zones d’ombres du roman plongent radicalement le lecteur au centre de l’état d’esprit de cette guerre.

Il y ajoute de tristes bouleversements, en prenant l’exemple d’une amitié impossible, basée sur les différences raciales et familiales des deux enfants, emportés par la vague de l’époque, dépossédés de leur capacité de décision, contraint à se séparer. Un déchirant choix, qu’engendre l’histoire politique de cette époque.

Poétiquement formulé, l’auteur écrit avec honnêteté et sentiment la triste histoire de deux jeunes gens, victime de la Seconde guerre mondiale. Bien que la quantité ne fasse pas la qualité, un développement plus approfondi aurait permis une plus complète pénétration du contexte historique.
La petite bande-annonce postée ci-dessous, annonce une approche cinématographique plus humaine, centrée sur la relation entre les deux personnages, qui doit amplifier le tragique du livre. A voir, si possible.

Ma note : 6/10