Le déclencheur


Le déclencheur de Neal Shusterman
404 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : Et si vous pouviez changer le monde ?
Ash est un adolescent de 17 ans ordinaire, joueur de football, populaire… jusqu’au jour où il devient le centre de l’univers. Littéralement. Un coup sur la tête, et il se retrouve dans une réalité parallèle.
Cela commence par de petits changements : des panneaux de stop bleus. Mais, très vite, les choses dégénèrent : Ash devient tour à tour gay, femme, dealer, tout cela dans une Amérique où la ségrégation n’a jamais été abolie… Mais si chaque voyage lui donne des perspectives nouvelles et l’aide à mûrir, il met aussi un peu plus ses proches – et le monde – en péril…


Extraits : « Il faut dire qu’on en a eu, des mauvais jours, tous autant qu’on est. La terre tremble, le monde change, on perd pied. C’est aussi soudain que l’éternuement d’un voyageur débarqué d’un vol international. Ou à peine le temps que prend un homme dont on comprime la trachée pour cesser de respirer. »

« Dans la vie, il y a les décisions qu’on prend, celles qui sont prises pour nous, et celles qu’on repousse assez longtemps pour ne plus avoir à les prendre. »


Mon avis : Je ne lis que très rarement des romans de science-fiction. Je n’en ai pas forcément l’occasion, puis j’ai souvent du mal à me projeter dans les univers imaginaires décrits. Néanmoins, ce récit de Neal Shusterman a attiré mon attention. L’auteur met en scène Ash, un adolescent de 17 ans, joueur de football, qui décèle des changements infimes dans son monde d’origine. Et pour cause : on lui apprend qu’il est le locsub, autrement dit le centre de l’univers. En jouant au football, les brusques frappes provoquent des dérèglements de l’univers, qui le projette dans des mondes parallèles, à chaque fois changeants. Au départ, il ne perçoit que des changements minimes – les panneaux stop passent de rouge à bleu -, mais plus les univers défilent, plus les changements sont importants. A tel point qu’au bout du troisième ou quatrième changement, Ash observe avec effroi le retour de la ségrégation : les noirs et les blancs sont séparés, le racisme est omniprésent. Un recul majeur dans la société et un choc pour Ash, dont le meilleur ami Leo est noir. Aidé par des frères skateurs qui se multiplient en fonction des univers, il va tenter de faire revenir à la normale le monde d’origine.

Je pensais que l’histoire allait être complexe à comprendre et à suivre. Néanmoins, l’auteur arrive à nous faire glisser subrepticement d’un univers à un autre, avec finesse et plus ou moins de douceur. Certains changements sont plus abrupts que d’autres (je pense notamment à la régression qu’il y a avec le retour de la ségrégation), mais le lecteur ne se trouve pas perdu au travers de chacun de ces mondes. Il y a quand même un certain fil conducteur et une logique, avec le maintien des personnages principaux, bien que leur lien affectif (ainsi que leurs orientations sexuelles) soient modifiés d’un univers à l’autre. J’ai quand même eu du mal à comprendre ce qu’était un « locsub subjectif » (autrement dit le centre de l’univers) et toutes les caractéristiques techniques qui gravitaient autour (comment a été choisi Ash ? pourquoi lui ? dans quel but ? pourquoi de cette manière ?). Des questions qui restent floues, sans réponse.

Neal Shusterman se sert du fantastique et de la science-fiction pour servir des thématiques importantes (encore bien trop actuelles). Il montre notamment la ségrégation, avec une délimitation nette entre les personnes noires et blanches, qui ne sont pas scolarisées ensemble, ne sont pas traitées de la même façon. Une aberration à nos yeux, qui pourtant ne l’était pas à peine quelques années auparavant. Des sujets secondaires (mais tout aussi importants) sont évoqués, comme l’homosexualité, les différences de classe, la violence conjugale… Des éléments qui peuvent permettre aux jeunes lecteurs de réfléchir sur certaines lacunes de notre société et d’agir en ce sens.


Un récit de science-fiction jeunesse original et agréable à lire, doté d’une part importante d’imaginaire, il traite quand même de thématiques actuelles : le racisme, l’homosexualité, la violence conjugale. 

Ma note : 7/10

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ISBN : 3133092236457
Traduction : Eva Grynszpan

The Remnant Chronicles, livre 1 : The kiss of deception


The Remnant Chronicles, livre 1 : The kiss of deception de Mary E. Pearson
475 pages, éditions La Martinière fiction, à 20€


Résumé : Lia est princesse de Morrighan, un royaume englué dans ses traditions. En tant que première née de sa famille, elle doit épouser un prince dont elle ne sait presque rien et qu’elle n’a jamais rencontré… Mais leur union est capitale pour la bonne entente de leurs deux royaumes. Pour fuir ce destin tracé pour elle et la vie étriquée qui l’attend, Lia s’enfuit le matin de ses noces pour commencer une nouvelle vie dans l’anonymat le plus complet. Mais on n’humilie pas deux royaumes impunément… Les émissaires de son père se lancent sur sa piste. Le prince éconduit est bien décidé à la retrouver. Et un mystérieux assassin envoyé par un royaume tierce se lance à sa recherche. Lia ne sait pas qu’elle est traquée. Et quand deux hommes font irruption dans sa nouvelle vie, elle ignore que l’un deux est le prince, et l’autre l’assassin. Lia court un grave danger. Mais elle pourrait bien aussi tomber éperdument amoureuse et percer à jour les secrets et les complots qui gangrènent les royaumes.


Extraits« Tromper délibérément quelqu’un, ce n’est pas une erreur. C’est une décision froide et calculatrice. Surtout lorsque la victime est une personne que l’on prétend aimer. »

« Il y a deux façons d’affronter l’inévitable : y aller à reculons ou passer à l’offensive. »


Mon avis : En ce moment, je sors de ma zone de confort littéraire pour découvrir des titres assez éloignés de mon genre de prédilection. Ici, avec ce roman Young Adult tourné vers le fantastique, c’est pour moi un saut dans l’inconnu le plus total… mais un saut réussi ! En effet, j’ai vraiment adoré cette lecture. Sorte de conte de fée revisité, nous suivons Lia, une jeune princesse engluée dans les traditions de son royaume, qui n’aspire qu’à la liberté et à l’indépendance. Alors qu’elle est promise par son père au fils du roi d’à côté, Lia décide de s’enfuir, laissant derrière elle ses proches, son devoir et son identité de princesse. Elle chevauche durant des jours aux côtés de sa fidèle servante Pauline, avant d’atterrir dans un charmant village, où les deux jeunes femmes reconstruiront leurs vies et leurs identités, en travaillant notamment dans une auberge comme serveuses. Mais on ne peut pas disparaître aussi facilement dans la nature… deux hommes se lancent à la poursuite de la princesse : son prince, celui pour lequel elle était promise, désireux d’en apprendre plus sur cette jeune femme au tempérament bien trompé ; puis un mystérieux assassin, envoyé par un autre royaume pour assassiner Lia. Ils la retrouvent, se cachent, la jaugent, s’engouffrent dans son quotidien pour mener à bien leurs missions respectives.

Le roman se découpe en plusieurs chapitres qui donnent la parole à nos trois protagonistes : Lia a la part de parole la plus conséquente, avec de longs chapitres consacrés à son point de vue ; puis Rafe et Kaden, le prince et le meurtrier, héritent eux aussi de chapitres, mais bien moins étoffés que ceux de Lia. Petite particularité pour ces deux hommes : Mary E. Pearson, désireuse de laisser planer le doute sur l’identité du prince et du meurtrier, ne révèle pas qui de Rafe ou de Kaden est quel personnage. Par ce mystère supplémentaire, une certaine tension vient accroître les pages du livre, car notre jeune Lia se rapproche dangereusement de l’un des hommes… qui pourrait être son meurtrier !

J’ai beaucoup aimé la dynamique du récit, de part l’alternance des chapitres d’une part, mais aussi par la rythmique des actions, assez nombreuses, qui s’enchaînent avec aisance et fluidité. Pour être tout à fait claire : on ne s’ennuie pas une seule seconde avec cette histoire ! Certains diront que c’est un conte de fée revisité déjà vu et lu plusieurs fois ; même si le récit n’est pas totalement novateur, j’ai été totalement happée dans l’histoire, j’ai appréciée découvrir Lia et suivre ses nombreuses aventures.

Enfin, l’auteure a réussie à me plonger dans un univers reculé, sans doute moyenâgeux, un monde dangereux, en guerre, où s’affronte plusieurs clans redoutables. Nous intégrons un petit village typique d’antan, avec des tours d’ivoire, des chevaux de trait et des traditions singulières. Elle mêle à cette atmosphère d’antan une pincée de magie, que l’on retrouve dans des mystérieux livres anciens qu’essaie péniblement de déchiffrer Lia, dans des dons et pouvoirs surnaturels rapidement évoqués, des créatures mythiques du fantastique (je pense notamment au dragon, qui n’apparaît pas clairement dans l’histoire, mais qui est évoqué à plusieurs reprises). Ainsi, Mary E. Pearson met timidement en place une atmosphère particulière, que j’espère voir encore plus approfondi dans le deuxième tome de cette saga.


Un premier tome réussi, dynamique, addictif, qui mêle habilement romance, fantastique et guerre de pouvoir. J’attends la suite avec beaucoup d’impatience.

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-7324-9904-8
Traduction : Alison Jacquet-Robert

Les Enfants des Otori, tome 1 : Les guerriers orphelins


Les Enfants des Otori, tome 1 : Les guerriers orphelins
de Lian Hearn
385 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Elevé en guerrier et promis à un brillant avenir, le jeune Sunoami, fils de traître, est condamné à devenir moine. Résigné à vivre au temple de Terayama jusqu’à la fin de ses jours, Sunaomi voit naître en lui des pouvoirs insoupçonnés. Des objets inanimés prennent vie sous ses yeux, des morts lui parlent… Et les forces qui s’affrontent pour régner sur les Huit Iles s’intéressent de près à ce puissant descendant de la Tribu.


Extraits« Soyez reconnaissants d’être vivants en cet instant même. La mort a beau arriver à l’improviste, et toujours trop tôt, la vie n’en a pas moins ses joies. Le secret, c’est de la savourer pleinement tout en étant prêt à y renoncer à tout moment.« 

« Ne t’imagine pas que la vengeance puisse calmer ta douleur. Elle ne fera que t’apporter d’autres souffrances. »


Mon avis : Le clan des Otori est une série de romans écrits par Lian Hearn au début des années 2000, réédité par les éditions Gallimard jeunesse en des tomes plus volumineux. L’histoire se déroule dans un Japon féodal imaginaire, où l’on suit Sunaomi, rebaptisé Kasho, un jeune garçon qui tente de comprendre la vie et de survivre tant bien que mal à son quotidien. Nous allons le suivre dans ses péripéties à travers le Japon féodal. Transbahuté d’une main à une autre, le jeune garçon va vivre milles aventures extraordinaires. Néanmoins, à trop vouloir en faire, j’ai trouvé que le fil conducteur du récit n’était pas franchement visible. L’action est bien présente, le rythme soutenu, mais je n’ai pas bien compris où Lian Hearn voulait nous mener, quelle était la finalité de ces pérégrinations. Tout se mélangeait dans mon esprit, tant les intrigues, les lieux des actions que les personnages eux-mêmes.

En effet, j’ai trouvé que les personnages étaient vraiment beaucoup trop nombreux : il m’était franchement impossible de m’y retrouver parmi l’ensemble, de comprendre leurs hiérarchies, leurs ascendances, qui est ami ou ennemi et avec qui. Ajoutons aux prénoms ou surnoms innombrables des appellations qui se rapprochent énormément : Kasho, Masao, Kichizo, Tomiko, Hisao et j’en passe. J’étais totalement perdue, incapable de me souvenir du rôle de chacun dans l’histoire. Malheureusement, ce n’est qu’en terminant ma lecture que je me suis rendue compte qu’un petit listing des personnages se trouvait à la fin, avec leurs rôles et leurs descendances : il aurait fallu le placer au début du livre, pour que l’on puisse s’y référer lorsque le doute nous aurait assailli.

En revanche, bien que le fil conducteur m’est totalement échappé, j’ai beaucoup aimé l’aspect imaginaire du récit, qui s’ajoute à l’univers en place. Ce n’est pas le genre de lecture que j’ai l’habitude de choisir sur les rayonnages d’une bibliothèque ; j’ai donc été agréablement surprise d’apprécier ce mélange d’aventures, de fantastique, d’actions qui prennent place dans un univers japonais inattendu. Kasho est doté de pouvoirs magiques, qui le rendent tout puissant : il peut ramener des morts à la vie, il peut animer des objets (des poupées, des constructions en bois), faire gronder le tonnerre, et pleins d’autres choses encore. Autant dire qu’il est une arme précieuse pour tout japonais qui souhaiterait combattre. Kasho est accompagné de créatures magiques, effrayantes aux premiers abords, mais fidèles et loyales : Gen, le chien loup, la poupée Moritsugi, et l’ours en bois. Ils le guident, le conseillent, lui rendent service aussi. Ce sont des compagnons fidèles, le genre de petites créatures que l’on retrouve souvent dans les romans imaginaires (je pense notamment à la saga Magic Charly de Audrey Alwett, que j’ai lu récemment, avec des petits êtres magiques qui suivent et aident le héros tout le long du récit).

Nous faisons face à tout un panel de thématiques très diverses : l’amour, l’amitié, la haine, la vengeance, la trahison, la famille, la violence, le respect, le pouvoir, la passion… À travers les personnages et leurs histoires respectives, Lian Hearn tente de nous immerger dans l’univers du Japon féodal, traditionnel, aux côtés de samouraïs, de tyrans avides de pouvoirs ou encore de chamans aux pouvoirs magiques. Le pari n’est qu’à moitié réussi pour ma part, puisque je suis quand même resté passablement en retrait de l’histoire, n’ayant pas forcément réussie à me projeter dans l’univers conté.


Un premier tome décevant, un peu trop brouillon, dans lequel l’univers du Japon féodal imaginaire ne m’a pas spécialement transcendé. Je ne sais franchement pas si je lirai la suite un jour…

Ma note : 4/10

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ISBN : 978-2-07-513878-9
Traduction : Philippe Giraudon

Magic Charly, tome 2 : Bienvenue à Saint-Fouettard


Magic Charly, tome 2 : Bienvenue à Saint-Fouettard
de Audrey Alwett
522 pages, éditions Gallimard jeunesse, à 17,50€


Résumé : Petits poissards, croquemitaine, poulpiquets, course folle de citrolles… Retrouvez le monde ensorcellant de Magic Charly !

Saint-Fouettard ! C’est dans cette sinistre institution pour jeunes magiciers indisciplinés que sont envoyés Charly et Sapotille. Alors que des forces malfaisantes œuvrent pour prendre le contrôle de la magie, les deux amis sont plus que jamais déterminés à agir. Mais comment lutter quand on n’a aucun sortilège sous la main ?


Extraits« Dans le sud de la France, le mois de novembre arrivait chaque année en défonçant la porte. C’est-à-dire que tout le monde se promenait en manches courtes, jusqu’au jour où le mistral débarquait de sa lointaine Sibérie, posait d’un coup ses valises et chatouillait les gens sous leurs vêtements avec ses doigts venteux et indésirables. À ce moment, malgré l’insolent ciel bleu, il fallait multiplier les pull-overs pour résister au froid.« 

« La moindre bricole devenait un trésor quand on manquait de tout. »


Mon avis : Après m’avoir charmée avec le tome 1 de Magic Charly : L’apprenti, Audrey Alwett édite le second volume de cette magnifique saga fantastique jeunesse : Bienvenue à Saint-Fouettard. C’est avec bonheur que je retrouve les personnages qui m’avaient tant plût dans le premier opus : il y a d’abord Charly, notre protagoniste, jeune garçon téméraire, au courage sans bornes, magicien novice, qui se retrouve vite bridé par les adultes, bien que conscient de détenir des pouvoirs supérieurs à la majeure partie des magiciens de ce monde féerique. Il y a ensuite Sapotille, sa grande amie et également protégée, une jeune femme fragile, un peu esseulée, orpheline, très douée en magie. Tous les deux se retrouvent envoyés à Saint-Fouettard, une prison pour enfants, bâtiment lugubre et froid, où les enfants sont livrés à eux-mêmes, constamment surveillé par les rumeurs magiques du directeur (sortes de petits insectes de compagnie maléfiques), ou pas le croque-mitaine de leur chambre. En somme, c’est tout le contraire du célèbre Poudlard que nous connaissons tous fort bien.

Car dans le premier tome, je n’avais pu m’empêcher de faire une comparaison avec la célèbre saga de J.K. Rowling, tant l’ambiance, l’atmosphère générale, les personnages ressemblaient à s’y méprendre à l’univers d’Harry Potter. Pour sortir de ce carcan et se différencier véritablement, Audrey Alwett dresse dans Bienvenue à Saint-Fouettard, un univers radicalement opposé à Poudlard : froid, sinistre, presque cauchemardesque, les enfants sont les prisonniers d’une école magique dangereuse où ils n’apprennent absolument rien et sont livrés à eux-mêmes. Ils sont surveillés par des rumeurs malicieuses, punis par des croque-mitaines redoutables, obligés de manger des aliments détestables… autant d’éléments qui viennent faire frissonner le lecteur. Ajoutons à cela de méchants personnages, comme le juge Dendelion, son fils et ses petits copains, ou le directeur de Saint-Fouettard, qui semblent en vouloir personnellement à notre héros Charly, qu’ils discréditent, rabaissent et punissent constamment.

Fort heureusement, Charly peut compter sur le soutien sans faille de ses camarades, notamment Sapotille, son amoureuse secrète, June, une jeune fille pleine d’énergie et ses nouveaux compagnons de Saint-Fouettard, emprisonnés dans ce pensionnat magique comme le jeune homme pour de menus larcins sans conséquence. Tous sont de jeunes protagonistes attachants, dont on suit les pérégrinations avec plaisir.

J’adore vraiment le monde imaginé par l’auteure : un monde à la fois réel et magique, où les jeunes apprenants cohabitent avec des éléments surnaturels, comme les citrolles, les licornes, indispensables pour participer aux courses mythiques des Cadets, où l’ensemble des boutiques recèlent quelque chose de magique, propice à la rêverie.

En comparaison de L’apprenti, j’ai eu comme le sentiment que Bienvenue à Saint-Fouettard était bien plus rythmé et jalonné d’actions – bien qu’il n’en manquât pas non plus dans le premier tome. Ce dernier servait à poser les bases d’une histoire qui se veut solide et à instiller l’envie aux lecteurs de poursuivre leur découverte de l’univers de Charly et des personnages eux-mêmes ; avec ce second tome, nous entrons véritablement au coeur du récit. Les rebondissements sont perpétuels, la tension est à son comble, le rythme est intense… on assiste en particulier à une course exaltante, sorte de Mario Kart grandeur nature, avec un soupçon de magie supplémentaire, qui vient dynamiser l’histoire de façon phénoménale. Nous sommes également les spectateurs médusés des altercations qui surviennent entre Charly et le juge Dendelion, un homme redoutable, prêt à tout pour accéder au haut pouvoir. Notre protagoniste, secondé par ses amis et par les membres d’un conseil de résistance secret, vont tout faire pour l’empêcher d’accéder au pouvoir. En bref, tout est mis en oeuvre pour faire de cette saga d’aventures fantastiques une réussite !


Un deuxième tome à la hauteur du premier, où l’on retrouve les personnages qui m’ont tant plût dans L’apprenti, l’univers à la fois féerique et cauchemardesque, le rythme haletant et les rebondissements en pagaille : c’est une réussite ! J’ai déjà hâte de lire la suite…

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-07-513833-8

L’épopée de Sem, tome 1 : le rite


L’épopée de Sem, tome 1 : le rite de Yann Rambaud

397 pages, éditions Auzou, à 12,95€


Résumé : Sem s’apprête à vivre un rite initiatique, comme tous les adolescents de son clan, un peuple primitif mais aux lois égalitaires. S’il réussit, il est destiné à devenir l’apprenti du chaman. Mais il lui faudra alors renoncer à l’amour de Colchiké, une redoutable guerrière. Et ce n’est pas la seule épreuve qui l’attend : Créatures dangereuses, rivaux menaçants, attaques des autres clans… Sem devra faire appel à tout son courage et ne pas perdre espoir.


Extraits : « S’il n’y a pas de danger, il n’y a pas de gloire.« 

« Trop conserver ses émotions à l’intérieur de soi était considéré, à long terme, comme dangereux. C’était là que se nichaient, à l’affût, les maladies. »


Mon avis : Le rite est le premier tome de la nouvelle saga fantastique jeunesse de Yann Rambaud, L’épopée de Sem. Il y a quelques années, j’ai lu Gaspard des profondeurs du même auteur, un roman qui m’avait entraîné dans un univers imaginaire féerique, où le protagoniste, Gaspard, partait, sac sur le dos, vers de lointaines aventures. Comme je gardais d’excellents souvenirs de cette lecture, j’ai souhaité me replonger dans un des univers oniriques créé de toute pièce par l’auteur.

Et me voici donc au coeur de la tribu des Une-Oreille, située au pied de l’Orguï, un arbre sacré. Chaque membre de la tribu a un rôle prédéfini pour faire marcher le village entier. Nous suivons Sem, un jeune homme chétif mais courageux, qui va se plier à la tradition de la tribu : partir seul affronter le Grand Bruit et ramener une pétale pour devenir un homme fait. Revenu indemne de cette épreuve, le vieux chaman du village va desceller en lui un potentiel : il va le prendre sous son aile et lui enseigner tous ses secrets de guérison, ses formules magiques et rites secrets. Seul ombre au tableau : les chamans ne peuvent pas avoir d’épouse, alors que Sem est secrètement amoureux de la belle Colchiké.

Sem va vivre mille et une aventures en quelques jours seulement. Sa vie bascule : il est maintenant un homme fait et un chaman en devenir. C’est une réelle épopée qui l’attend : des épreuves physiques et morales pour prétendre au titre de chaman, des combats épiques pour protéger ses amis et sa famille et bien d’autres aventures fantastiques qui vont venir jalonner l’existence du jeune Sem.

Pas une seconde de répit pour Sem, tout comme le lecteur, tenu en haleine jusqu’à la dernière page. Les actions s’enchaînent à une vitesse phénoménale pour mon plus grand plaisir : aucun temps mort, mais beaucoup d’aventures, qui rythment et dynamisent l’ensemble du récit.

Ce récit, parlons-en. Yann Rambaud ne s’est pas moqué de nous et a créé un univers onirique à nul autre pareil. La tribu vit recluse au milieu d’un désert, un peu comme le village des célèbres gaulois, ils se suffisent à eux-mêmes, partent souvent en exploration au-dehors, mais sans jamais s’aventurer jusqu’à la tribu de Ceux-qui-s’entaillent, leurs ennemis jurés depuis la nuit des temps. Ils vivent en harmonie avec certaines créatures imaginaires, comme Poop’s, une étrange bestiole avec de grandes mandibules, qui secouera Sem à de multiples reprises. J’ai été impressionnée par la construction de ce monde féerique, qui est à la fois rempli de surnaturel, donc prompte à la rêverie et à l’évasion, mais qui reste également ancré dans le réalisme, pour permettre aux esprits les plus rationnels de pouvoir s’y retrouver un minimum.

Le dénouement de ce premier tome m’a mis l’eau à la bouche : c’est certain, l’épopée de Sem ne fait que commencer ! J’ai déjà hâte de pouvoir me replonger au coeur de cette tribu fantastique.

Dommage que la couverture du livre, assez triste, froide et terne, ne donne pas plus envie aux lecteurs de le découvrir. La retravailler donnerait sans doute plus de visibilité au récit.


Plongez dans cet univers onirique aux côtés de Sem et ses amis, des jeunes héros qui vivent des aventures fantastiques. Un premier tome réussi, qui promet une saga explosive ! 

Ma note : 8/10

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