Julien, le bienfaiteur


Julien, le bienfaiteur de Gilles Gérardin

269 pages, éditions Eyrolles, à 16€


Résumé : Julien, la quarantaine, marié, père de famille, est au chômage depuis plus d’un an. Au fil des jours, l’espoir de retrouver un emploi s’amenuise et le trou de ses dettes se creuse. Prenant conscience de l’inutilité de son existence, il décide d’y mettre fin. Mais au moment de passer à l’acte, il découvre que les assurances indemnisent beaucoup mieux le décès accidentel qu’un banal suicide. Julien entreprend donc d’organiser sa mort « accidentelle ».
Ne reste plus qu’à régler quelques petits détails, le choix du cimetière et celui du moyen le plus efficace de passer de vie à trépas. Plus les préparatifs avancent, plus l’échéance fatale se rapproche, plus Julien hésite. Il n’est pas si facile de se résoudre à sa propre mort.
La nouvelle de son généreux sacrifice s’ébruite. L’entourage se ligue alors pour l’aider à accomplir le destin exemplaire qu’il s’est choisi : devenir « le Bienfaiteur », ce héros des temps modernes prêt à offrir sa vie pour sauver sa famille.


Extraits « Les garçons sympathiques font de bons amis, mais en tant qu’amants on est en droit de rêver mieux. »

 

« Certaines personnes se souviennent très longtemps, parfois leur vie durant, de la date à laquelle elles ont arrêté de fumer. Moi, celle que je n’oublierai jamais, c’est le jour où j’ai décidé de me donner la mort. »

Mon avis : Pour un premier roman, Gilles Gérardin a frappé fort, avec une histoire originale, qui détonne dans l’univers littéraire habituel.

Julien est au chômage. Du haut de ses quarante ans, et malgré son expérience professionnelle, il n’arrive pas à retrouver un emploi. Ayant été à son compte durant les dernières années, il n’a même pas le droit à l’allocation chômage. Il se retrouve, avec sa femme et ses deux filles, sans aucune ressource financière. Les factures à payer s’amoncellent et aucune rentrée d’argent n’arrive. Désespéré, Julien pense à se suicider, avant de se rendre compte que s’il arrivait à mourir accidentellement, il rendrait service à sa famille, qui toucherait l’argent des assurances suite à son décès. D’abord convaincu par son choix, il s’en ouvre à sa famille, qui se voit déjà couverte d’argent. Mais plus l’échéance approche et plus Julien hésite : la vie est quand même belle, ne vaudrait-elle pas le coût d’être vécue plus longtemps encore ? Mais son entourage va se liguer contre lui, pour lui faire prendre conscience de son geste salvateur et nécessaire.

Il n’y a pas à dire, des romans comme celui-ci, on n’en croise pas tous les jours ! Dans la même veine de roman à l’humour noir et macabre, j’ai le vague souvenir du roman de Jean Teulé, Le magasin des suicides, que j’avais lu il y a quelques années déjà, et que j’avais beaucoup aimé. Gilles Gérardin, tout comme Jean Teulé, désacralise la mort en la tournant en dérision.

Ne vous laissez pas avoir par votre premier impression et foncez découvrir cette histoire, qui ne vous laissera certainement pas indifférent. Malgré la thématique assez sombre, bonne humeur et fous rires sont au rendez-vous ! Le sujet est cocasse et les situations loufoques se succèdent : Julien qui choisit son cercueil, sa femme et ses filles qui le poussent à mourir, Guillaume Paulin, cet adolescent orphelin qui veut se faire adopter par la famille… tout est tiré par les cheveux, mais comme on dit : plus c’est gros et mieux ça passe !

Je me suis régalé de ces scènes si particulières et de ces personnages si différents de ceux que je croise d’habitude dans mes lectures. J’ai été agacé par certains d’entre eux – la femme de Julien,  m’a tout particulièrement irritée, avec son manque d’empathie et son égoïsme exubérant. Julien m’a lui-même énervé, par sa naïveté et sa trop grande soumission. Mais c’est, je pense, l’effet que recherchais l’auteur : se détourner des codes traditionnels des romans, casser les stéréotypes et les idées préconçues, emmener le lecteur dans ses retranchements, dans des chemins qu’il n’a encore jamais parcouru. Et avec moi, ça a fonctionné !

 


Un premier roman réussi, où l’humour noir et le cynisme offriront des francs éclats de rire aux lecteurs. Personne ne peut sortir indifférent de cette histoire !

Ma note : 8/10

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Égarer la tristesse


Égarer la tristesse de Marion McGuinness

295 pages, éditions Eyrolles, à 16€


Résumé : À 31 ans, Élise vit recluse dans son chagrin. Quelle idée saugrenue a eu son mari de mourir sans prévenir alors qu’elle était enceinte de leur premier enfant ?

Depuis ce jour, son fils est la seule chose qui la tient en vie, ou presque. Dans le quartier parisien où tout lui rappelle la présence de l’homme de sa vie, elle cultive sa solitude au gré de routines farouchement entretenues : les visites au cimetière le mardi, les promenades au square avec son petit garçon, les siestes partagées l’après-midi…

Pourtant, quand sa vieille voisine Manou lui tend les clés de sa maison sur la côte atlantique, Élise consent à y délocaliser sa tristesse. À Pornic, son appétit de solitude va vite se trouver contrarié : un colocataire inattendu s’invite à la villa, avec lequel la jeune femme est contrainte de cohabiter.


Extraits « Ça ne rend pas aveugle l’amour, ça rend idiot. »
« À quoi bon se laver si personne ne vous voit, à quoi bon manger si on a juste la force nécessaire, à quoi bon sortir quand on n’a envie de parler à personne ? Éliser s’était mise en veille – vivre lui coûtait trop cher et elle sentait bien qu’elle n’en avait pas les moyens. »

Mon avisÉgarer la tristesse, c’est l’histoire d’une mort aussi tragique que brutale. Celle d’un époux, d’un mari aimant, qui attendait de devenir papa. Depuis un an, Élise se morfond sur son sort et sur la perte de son époux. Sa seule consolation : la naissance de son fils, pour qui elle continue de vivre et de se lever chaque matin. Dans sa tristesse, Élise a rencontré Manou, sa vieille voisine du dessus à qui elle tient souvent compagnie. Mais ce qu’elle ne savait pas, c’est que Manou, tel un ange gardien, va sauver Élise en la ramenant à la vie.

Certains aspects de cette histoire m’ont fait penser à un roman que j’ai lu en début d’année, qui s’intitule S’inventer une île, écrit par Alain Gillot. Dans ce dernier, c’est face à la mort brutale d’un petit garçon que notre protagoniste va sombrer dans une face de dépression dont il est difficile de se retirer. C’est grâce à une délocalisation de sa tristesse sur une île de Bretagne qu’elle va réussir à remonter la pente. Exactement ce que fait notre protagoniste Élise, qui va aller séjourner dans la maison familiale de Manou, à Pornic. Là-bas, accompagnée de son fils, elle va peu à peu réapprendre à profiter de la vie. C’était sans compter sur l’aide d’un charmant jeune homme, petit-fils de Manou, qui va l’aider à s’extraire de ses pensées noires.

J’ai beaucoup aimé le style d’écriture de l’auteure, franc, délicat, poétique, rempli d’émotions. Les tournures de phrases qu’elle utilise ne peut pas laisser les lecteurs indifférents.

La protagoniste, Élise, est également émouvante dans tout ce qu’elle recèle de fragilité. Attristée par la mort de son mari, elle reste forte et courageuse pour son fils, à qui elle dédie entièrement chaque seconde de sa vie, s’oubliant complètement. Elle a vécu des épreuves très compliquées, que je ne souhaite à personne de devoir vivre, et elle semble les avoir traversées seules. Très peu entourée, seulement d’une mère qu’elle exècre, cela prouve une nouvelle fois la vaillance de la jeune femme.

Par contre, j’ai beaucoup moins accroché au personnage de Clément, le petit-fils de Manou, et en particulier à sa manière empressée d’aborder Élise. Déjà, lorsqu’il rejoint la jeune femme dans la maison familiale, je doute qu’une personne censée accepte aimablement de séjourner avec un parfait inconnu. Les deux jeunes gens ont, semble-t-il, trouvé ça normal. Ensuite, l’histoire qui naîtra entre ces deux-là est un peu précipitée à mon goût, et trop peu vraisemblable. En tout cas, ce sont les sentiments de Clément à l’égard d’Élise que j’ai eu du mal à trouver réaliste, tant ceux-ci paraissent instantanément et irrémédiable… chose qui n’est que très peu courant dans la vraie vie, uniquement entraperçue dans de jolies romances.


Un roman poignant, qui parle du deuil et du chemin qui mène vers la reconstruction de soi.

Ma note : 7/10

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Si je me souviens bien


Si je me souviens bien de Hélène Le Bris

175 pages, éditions Eyrolles, à 14€


Résumé : Marthe a 60 ans, et l’esprit confus. Elle le sait, se défend, s’organise pour mieux résister à Al – c’est ainsi qu’elle nomme le fauteur de ses troubles : son Alzheimer précoce. Pour retenir ses souvenirs récents, elle les note dans un cahier. Son passé lui échappe : elle ne sait plus pourquoi elle a déménagé, ni ce qu’est devenu le compagnon de sa vie. Le cahier restitue ses efforts pour comprendre, ses doutes, ses émotions qui mêlent frustration, culpabilité et désir de rattraper le temps perdu.
Un indice découvert au hasard dans une revue bouscule son quotidien : elle croit retrouver la piste de son mari disparu… Elle s’improvise alors détective et mène l’enquête à l’insu de ses proches, sa voisine cinéphile et son neveu adoré.


Extrait « C’est fou comme un enfant qui dort enchante une maison. Habité de ses songes, l’air y est plus léger. Des particules de bonheur essaiment dans la lumière, derrière les volets mi-clos. »

Mon avis : Marthe est désemparée : son mari l’a abandonnée. Il est parti un matin et n’est jamais revenu. Pour ajouter à sa douleur, la pauvre dame, âgée de 60 ans, souffre de pertes de mémoires. Plus les jours passent et plus ses souvenirs s’effacent. Pour éviter de perdre totalement la mémoire, elle va s’appliquer à noter consciencieusement dans un petit carnet tout ce qui fait son quotidien.

Marthe est une vieille dame adorable et touchante. Sa « maladie », que l’on pourrait aussi qualifier de handicap, l’Azheimer, est très courant chez les personnes âgées, mais beaucoup moins chez une dame de 60 ans à peine. On assiste, impuissants, à son triste quotidien. Souvent seule, plongée dans ses pensées, essayant de rattraper ses souvenirs, le quotidien de Marthe est seulement ponctuée des visites d’Agnès, sa voisine du dessus qui l’emmène une fois par semaine au cinéma, ainsi que de son neveu Arthur, qui fait preuve d’une grande attention pour la vieille dame.

C’est une histoire poignante que nous livre Hélène Le Bris, qui malheureusement fait partie du quotidien de grand nombre de personnes âgées. En raison de sa perte de mémoire, Marthe se voit internée dans une maison de retraite. Privée de ses derniers repères, elle dépérit à vue d’oeil. C’était sans compter sur l’aide incontestable de son gentil neveu, qui va tout mettre en oeuvre pour la sortir de là et lui donner la fin de vie qu’elle mérite.

On ne peut qu’être touché par cette histoire. Personnellement, je porte maintenant un regard différent sur les choses qui nous entourent. Les petits détails du quotidien, que ce soit le vent, la nature, les oiseaux qui chantent… sont autant d’éléments pérennes, qui malgré tous nos problèmes, restent présents et nous apportent le réconfort et la joie que nous pouvons avoir besoin. C’est une belle leçon de vie que nous offre Marthe et son neveu Arthur, une bonne manière de réfléchir sur notre quotidien et sur tout ce qui nous entoure.


Une histoire poignante sur la perte de mémoire précoce d’une vieille dame attachante. Une belle lecture, dont on ne ressort pas indemne.

Ma note : 7,5/10

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Reviens quand tu veux


Reviens quand tu veux de Mélanie Taquet

297 pages, éditions Eyrolles, à 16€


Résumé : C’est avec appréhension que Nina retourne en Italie à l’occasion du mariage de son meilleur ami Marco. Trois ans plus tôt, une fuite éperdue l’avait conduite à Florence où elle s’était oubliée pour mieux se retrouver. Ce séjour cathartique avait réconcilié Nina avec son rôle de mère, au prix de ruptures qui lui avaient laissé un goût amer. En revenant sur ses pas, Nina espère obtenir le pardon des êtres qu’elle a blessés et poursuivre sa quête identitaire. Au contact de la jeune femme, les souvenirs se ravivent, les anciennes passions se réveillent, les non-dits se révèlent. Alors que les certitudes des uns et des autres chancellent, les chemins qu’on pensait tout tracés prennent un cours imprévu.


Extraits « Ce qui compte ce n’est pas de rêver sa vie, c’est d’apprendre à aimer celle qu’on a. »
« Être parent, c’est avancer à tâtons en tenant un cap incertain ; c’est abandonner l’idée de perfection et apprendre à accepter qu’on fait de notre mieux.« 

Mon avis : L’histoire aurait pu être belle et joyeuse, comme le prédit la couverture, avec ces deux jeunes femmes souriantes et pleine de vie. Je ne dis pas qu’elle ne l’est pas, mais la vie est parfois semée d’embûches, et rares sont les personnes qui la traversent sans encombres.

Après sa fuite de Florence trois ans plus tôt, Nina retourne en Italie pour célébrer le mariage de son vieil ami Marco. Celui-ci se marie avec Gisella, une de ses amies d’enfance. Mais Nina va très vite s’apercevoir que les histoires du passé ne sont peut-être pas toutes terminées. Alors qu’elle cherche à se racheter auprès de Hannah, une amie qu’elle a blessé dans le passé, les non-dits, les passions refoulées et les amours déchus se révèlent au grand jour. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, et nos protagonistes vont en faire les frais.

Reviens quand tu veux est empli d’amour, passionnel, fusionnel, amical, déchu, contraint… Mélanie Taquet nous narre des instants de vie, plus ou moins douloureux, des questionnements et doutes plus ou moins compliqués à résoudre. Marco va se marier avec Gisella, mais il semble n’avoir d’yeux que pour Hannah, son amour déchu. Va-t-il suivre son instinct ou sa raison ? Nina cherche à vivre pleinement sa vie. Alors qu’elle convie sa nouvelle compagne à la cérémonie de mariage de Marco, elle retrouve Simone, son ancien amant, et tous ses doutes volent en éclats. Comme on le dit si bien : les sentiments ne se contrôlent pas, pas plus qu’ils ne s’expliquent.

Le rythme du récit est effréné, les révélations se succèdent, il n’y a eu aucun temps mort, pour mon plus grand plaisir. Malgré le sérieux du récit, les questions et doutes existentiels que soulèvent les personnages, j’ai dévoré avec avidité cette lecture, que j’aie trouvé pleine de légèreté, idéale pour cette saison printanière.

Nous suivons plusieurs histoires en une, puisque chacun des personnages a sa propre histoire à raconter. Tous sont différents, mais s’accordent à merveille : ils forment un groupe hétéroclite mais soudé, et dégagent un je-ne-sais-quoi qui m’a fait me sentir comme un membre à part entière de leur bande d’amis.

Apparemment, Reviens quand tu veux est la suite de Reste aussi longtemps que tu voudras (que je n’ai absolument pas lu). Ces deux romans peuvent donc se lire séparément, mais si je l’avais su plus tôt, j’aurais sans doute commencer par lire le premier. En sachant que deux tomes sont déjà parus, pourquoi pas espérer une suite à ces formidables aventures italiennes ?


Une balade italienne joyeuse et mouvementée, aux côtés d’une bande d’amis et d’amoureux qui n’ont pas fini de vous en faire voir de toutes les couleurs.  Agréable et moderne : je recommande !

Ma note : 7,5/10

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Quelle audace ! 50 histoires et leçons inspirantes pour aller au bout de ses rêves


Quelle audace ! 50 histoires et leçons inspirantes pour aller au bout de ses rêves
de Maxime Fourny

303 pages, éditions Eyrolles, à 18€


Résumé : Ils ont osé vivre une aventure hors du commun, changer de vie ou réaliser leurs rêves. Voici leurs histoires qui vont vous étonner, vous motiver et, à coup sûr, vous inspirer ! Comme celle d’Aymeric, l’ingénieur devenu rigologue, de Marie qui a mené la révolution des serviettes hygiéniques pour améliorer le monde, ou de Pierre qui a réenchanté l’hôpital en facilitant le quotidien des patients et des familles.

Bien plus qu’un livre, Quelle audace ! est un déclencheur d’audace, un guide. Et si vous décidiez aussi de vivre autrement, de suivre vos passions, vos envies ?

Après ces 50 histoires inspirantes, vous pourrez créer la vôtre. Celle qui vous ressemble. Celle que vous avez vraiment envie de vivre. Celle qui fera dire à votre entourage : « Quelle audace ! »


Extraits « J’ai longtemps cru que les gens audacieux avaient quelque chose en plus. Qu’ils possédaient une sorte de certitude, de confiance, ou des conditions différentes qui leur permettaient d’aller plus loin que nous autres pauvres terriens. Mais vous allez découvrir que la réalité est bien différente. Et que la clé est bien souvent la quête de soi, la quête de sens. »
« L’audace, ce n’est pas nécessairement de vouloir changer le monde. C’est de vouloir choisir votre voie, votre vie. Celle qui vous épanouit. Et qui est au bout du compte si accessible !« 

Mon avis : J’ai eu l’opportunité de faire cette lecture grâce à une Masse critique organisée par Babelio. Je les remercie chaleureusement, ainsi que les éditions Eyrolles, pour l’envoi de cet ouvrage.

Ce livre contient 50 témoignages d’entrepreneurs français, qui ont réussi à aller au bout de leurs rêves en créant leur propre entreprise. Ces témoignages ont été recueillis par Maxime Fourny, lui-même entrepreneur, et notamment fondateur de près de 13 start-ups en 12 mois seulement. Ça peut paraître dingue, mais il a pourtant réussi. À l’image de son propre parcours, nous allons en découvrir 50 autres, des jeunes, des moins jeunes, des femmes, des hommes, des membres d’une même famille, des amis, collègues… qui ont fait de leur rêve une réalité.

Parmi les 50 personnes présentées, certaines se démarquent par leur célébrité, je pense notamment à Guillaume Gibault, fondateur du célèbre Slip Français, ou encore Nicolas Chabanne, à l’origine de « C’est qui le Patron »,  la Marque du Consommateur. Je connaissais leur succès, mais je n’avais pas conscience du chemin qu’ils avaient eu à parcourir pour y arriver. Grâce à ce recueil, j’ai découvert énormément d’autres entrepreneurs, qui m’ont bluffé par leur audace. En citer quelques-uns ne serait pas juste pour les autres, puisque chacun m’a impressionné par son histoire.

Chaque personne est impressionnante, dans la force de caractère, le courage et l’audace dont ils ont fait – et font encore – preuve au quotidien. L’entreprenariat, c’est un peu un grand saut dans le vide, c’est quelqu’un chose d’incertain, qui fait peur à de très nombreuses personnes. Pourtant, une poignée de courageux, ceux que l’auteur appelle les audacieux, ont osé franchir le pas qui les séparait de leur rêve. Et souvent, ce pas était celui qui allait changer leur vie à tout jamais.

Bravo à Maxime Fourny d’avoir également respecté la parité hommes/femmes dans ses témoignages : une petite attention comme tant d’autres, mais qui montre que les femmes sont tout aussi compétentes et courageuses que les hommes. L’entrepreunariat et le succès n’est pas réservé qu’aux hommes, et l’auteur nous le montre bien !

J’ai particulièrement apprécié la préface de Frédéric Mazzela, fondateur de la célèbre plateforme Blablacar (que l’on ne présente plus), qui m’a beaucoup plût. Ses quelques mots m’ont inspirés, m’ont charmés, et m’ont fait commencer ma lecture d’un bon pied, avec l’esprit positif.

Et du positif, il y en aura dans ce livre. Pour ne rien vous cacher, il y aura aussi quelques phrases négatives, mais elles sont très rares, vite remplacées par le positif de chaque expérience. Positiver est d’ailleurs très important lorsque l’on souhaite se lancer dans l’inconnu, car pour qu’arrive le meilleur, il faut déjà penser le meilleur. Nombreuses sont les personnalités qui en témoignent dans ce recueil.


Un très beau recueil de témoignages, qui apporte beaucoup d’espoir et de conseils pour se lancer dans l’entrepreunariat. 

Ma note : 7/10

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Am, stram, gram… Ce sera toi qui me plairas !


Am, stram, gram… ce sera toi qui me plairas ! de Catherine-Rose Barbieri

356 pages, éditions Eyrolles


Résumé : Camille bosse dans une grosse boîte. Elle n’a pas d’attachement particulier pour son boulot. Ni pour ses collègues. Ni pour grand monde, d’ailleurs, si ce n’est pour son amie Anna et son voisin de palier septuagénaire, Monsieur Lambert. Dans son appartement, chaque soir, elle s’évade en dévorant films, séries et livres, du moins quand elle ne peste pas contre la piètre isolation phonique au sein de l’immeuble, et notamment contre son voisin du dessus, aux moeurs mystérieuses et certainement dissolues. Et puis un jour, au travail, elle trouve un courrier inattendu dans sa boîte mail… Inattendu et anonyme. Commence alors un jeu de piste improbable pour en démasquer l’auteur, qui va forcer Camille à ne plus seulement croiser les gens sans les voir, mais à prendre le temps de les regarder et parfois même de les apprécier. Entre situations burlesques et malentendus, la jeune femme apprendra à dépasser ses préjugés pour enfin décider de la suite de sa vie, réparer ses erreurs et peut-être même tomber amoureuse… ?


Extraits  « Camille est un paradoxe absolu. Elle ne sait pas vraiment dire non aux trucs qui la barbent d’avance, mais elle ne sait pas non plus dire oui aux trucs qui ont l’air sympa et a priori inoffensifs. Elle se demande des fois si c’est une maladie. Ou son héritage catholique qui la pousse à embrasser la souffrance, quoi qu’il arrive ? »

« La différence entre ces numéros et le tien réside peut-être dans le fait que le tien, je te l’ai demandé. Les autres, non. »


Mon avis : Camille travaille dans une grosse entreprise, lorsqu’elle ouvre, un jour tout à fait ordinaire, un étrange mail anonyme. La personne qui se cache derrière ce mail avoue à demi-mot à Camille son attirance pour elle. Mais qui peut bien être cet inconnu ? Un véritable jeu de piste s’engage, Camille étant bien décidé à découvrir qui est ce mystérieux inconnu, si épris d’elle. Entre-temps, Camille fait la rencontre de son voisin du dessus, un jeune homme bruyant, séducteur et sûr de lui, qui la convie à plusieurs soirées avec ses amis. Le feeling passe immédiatement entre eux deux, si bien que Camille en oublie légèrement son mystérieux corbeau anonyme…

Camille est une protagoniste tout à fait attachante. C’est le genre de femme naturelle, pas stéréotypée, sympathique et enjouée avec tout le monde, dotée d’un grand coeur, qui la rend si attachante. Elle se retrouve parfois dans des situations tout à fait improbables, qui peuvent être hilarantes vues de l’extérieur, mais beaucoup moins drôles pour elle.

C’est désormais officiel : notre protagoniste est maintenant engagée dans l’aventure de l’amour. Car oui, pour elle, c’est une véritable aventure qui s’engage : elle va chercher, pendant des jours, des semaines, voire des mois, à découvrir l’identité secrète de son corbeau. Chaque homme qu’elle côtoie sera soupçonné : son patron, le jeune stagiaire, en passant par son vieux voisin… elle va se retourner la tête et analyser chacune de ses interactions avec la gent masculine, telle un Colombo de l’amour, pour éclaircir ce mystère. Et nous, chers lecteurs, nous sommes aussi impatients que Camille de découvrir qui est l’auteur de ces mystérieux mails. Car les pages défilent, mais aucun indice ne vient pointer le bout de son nez… jusqu’au dénouement suprême !

A travers cette histoire contemporaine, Catherine-Rose Barbieri souhaite surtout nous montrer que les blessures passées peuvent être surmontées. Il faut regarder vers l’avenir pour aller de l’avant, et s’autoriser à faire de nouveau confiance à une tiers personne. Camille en est l’exemple même.


Une romance contemporaine légère et dynamique, qui entraînera le lecteur dans une mystérieuse aventure amoureuse. 

Ma note : 7,5/10

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Et si tu redistribuais les cartes de ta vie ?


Et si tu redistribuais les cartes de ta vie ?
de Carole-Anne Eschenazi

220 pages, éditions Eyrolles, à 14€


Résumé : Tara Bouviers vient de fêter ses 40 ans quand elle voit sa vie s effondrer : Victor, son mari producteur, lui annonce qu il la quitte pour une femme plus jeune, Sherry. Celle-ci animera désormais l’émission MyBeauty à la place de Tara. Sous le choc, Tara se réfugie chez sa marraine Louisiane qui lui laisse les clés de sa maison sur l’île bretonne d’Arvana.

Dans la maison de Louisiane, Tara découvre le cadeau singulier qu’a laissé sa marraine pour elle : un jeu divinatoire doté d’étranges pouvoirs dont le but serait d’aider celui qui l’utilise à retrouver le bonheur. Une fois les cartes tirées, elles font apparaître un message : une action à mener dans un temps imparti. Lorsque l’action a été proprement menée, une croix bleue se dessine au bas de la carte. On peut alors tirer la carte suivante et continuer la partie jusqu’à son terme. Tara choisit de relever le défi et de se servir du jeu…


Extraits  « Chacun se sert des armes qu’il peut pour encaisser les coups sournois que la vie se plaît à infliger. »

« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voyagé. Je suis d’un tempérament qui n’aime pas rester en place. Du moins pas trop longtemps. Traverser les pays, rencontrer de nouveaux êtres, découvrir des cultures à chaque fois différentes, des modes de pensée contrastés, parcourir le monde ; c’est cela qui m’anime. J’en ai presque fait ma mission ici-bas, ma raison d’exister. »


Mon avis : Tara Bouviers, quarante ans, est marié avec Victor, qui est aussi son patron et producteur. Tout se passe pour le mieux dans la vie de Tara, jusqu’au jour où Victor rentre dans leur maison et lui annonce qu’il souhaite divorcer et la licencier, pour donner sa place à Sherry, de vingt ans sa cadette. Sous le choc de cette double claque, Tara décide de se couper du monde pour prendre le temps de se recentrer et de réfléchir à sa situation, et part s’installer chez sa marraine Louisiane, sur une île bretonne. Loin du tumulte de sa vie parisienne, Tara va réapprendre à vivre, elle va faire la rencontre d’Adam, un voisin de Louisiane, puis de Mindy, la factrice de l’île, avant de faire une rencontre qui va changer sa vie… celle d’un jeu de tarot magique, appelé Odissea. D’abord étonnée et suspicieuse en découvrant les règles farfelues de ce jeu, Tara va rapidement céder à la curiosité en commençant la partie. Elle ne savait pas que celle-ci allait changer sa vie à tout jamais.

Et si tu redistribuais les cartes de ta vie ? est un roman frais et léger, qui se dévore en un rien de temps. Les chapitres sont courts, l’histoire est dynamique et addictive, si bien que les chapitres s’enchaînent à un rythme soutenu.

J’ai beaucoup apprécié découvrir cette histoire. Tara fait le choix de quitter son quotidien, de partir loin de ses habitudes, de ses amis, de tous ses repères, pour se recentrer sur elle. C’est un choix complexe à prendre, mais qui s’avère bénéfique dans son cas. Nombreuses sont les personnes qui ont déjà imaginé un jour prendre leurs valises et quitter leur vie quotidienne pour repartir de zéro… mais peu ont osé le faire. C’est pour cela que j’admire particulièrement Tara et sa force de caractère. N’oublions pas qu’elle vient de se faire larguer par son futur ex-mari, qui plus est est son patron. Loin de se laisser abattre, elle va de l’avant et prend les choses en mains : elle va enfin pouvoir penser à elle et rien qu’à elle ! Il est clair que le personnage de Tara ne laisse pas indifférent, et que beaucoup pourront trouver un écho de son histoire dans leur vie personnelle. Elle instille un je-ne-sais-quoi d’espoir qui redonne immédiatement confiance en la vie et en l’avenir.

En plus du personnage de Tara que j’ai beaucoup aimé, j’ai adoré le concept du jeu Odissea. C’est un tarot un peu magique, qui permet à la personne qui y joue de se questionner sur sa vie afin de se remettre en question, et de réaliser différentes actions concrètes pour aller de l’avant. Un soupçon d’imaginaire est nécessaire pour y jouer, ainsi qu’une bonne dose de courage. C’est peu cher payé pour ce que le jeu offre en retour… Amour, amitié, clairvoyance, bonheur… sont autant de choses que va (re)découvrir notre chère protagoniste grâce à ce jeu.


La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille et nous réserve souvent bien des surprises…  Tara Bouviers, l’héroïne de cette histoire, en a fait l’expérience. Un livre à savourer, qui saura illuminer vos journées.  

Ma note : 8,5/10

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