Madame Pylinska et le secret de Chopin


Madame Pylinska et le secret de Chopin
de Éric-Emmanuel Schmitt

118 pages, éditions Albin Michel, à 13,50€


Résumé : En suivant les cours de la tyrannique Madame Pylinska, le jeune Eric Emmanuel cherche à comprendre le mystère de la musique de Chopin. La Polonaise a de surprenantes façons d’expliquer le génie du musicien et la leçon de piano devient peu à peu apprentissage de la vie et de l’amour. Dans le cadre de « Le cycle de l’invisible », un conte initiatique plein d’émotion, d’intelligence et d’humour.


Extraits « Un génie, c’est quelqu’un qui saisit vite ce qu’il doit accomplir sur terre. »
« Chopin écrit sur le silence : sa musique en sort et y retourne ; elle en est même cousue. Si vous ne savez pas savourer le silence, vous n’apprécierez pas sa musique.« 

Mon avis : Je ne le répéterais jamais assez, mais Eric-Emmanuel Schmitt est un auteur incroyable, qui arrive à dépeindre des univers différents dans chacun de ses écrits. Pas une seule de ses oeuvres ne se ressemblent, toutes sont uniques et brillantes à la fois.

Dans Madame Pylinska et le secret de Chopin, c’est un bout de son histoire musicale qu’il nous livre. Très jeune, Eric-Emmanuel était attiré par l’univers du célébrissime Chopin, un musicien hors normes, entouré de mystères. Hélas, n’arrivant pas à s’imprégner pleinement de son aura pour pouvoir reproduire sa musique à la perfection, il fait le choix de prendre des cours de piano avec Madame Pylinska, une professeure polonaise, qui aura d’étonnantes façons d’apprendre le piano à son élève. Avec elle, il ne faut pas seulement jouer des notes, il faut ressentir, toucher, s’imprégner de l’univers du musicien, pour enfin pouvoir pleinement être capable de reproduire les notes du génie Chopin.

Ayant déjà lu plusieurs oeuvres de cet auteur, son style décalé, presque excentrique ne me surprend guère. Entre fiction et réalité, la frontière est très mince : Eric-Emmanuel Schmitt se met en scène directement dans l’histoire, on comprend donc très vite que ce récit ne provient pas uniquement de son imaginaire, mais d’une partie de ses expériences réelles.

Malgré le peu de pages que contient ce livre, la poétique du récit est arrivée à m’agripper et à me toucher. J’ai été émue de ce duo atypique – un jeune garçon désireux d’apprendre et une femme âgée, légèrement excentrique, mais pleine de sagesse -, tous deux passionnés par la musique et le génie de Chopin. Comme quoi, la musique rapproche. Même si les méthodes d’enseignement de cette Madame Pylinska s’avèrent peu crédibles, je me suis prise à y croire, de la même façon qu’Eric-Emmanuel, qui a expérimenté ces cours de piano par des leçons de vie.  Un beau moment de partage et de tendresse que nous livrent ces deux protagonistes.


Un conte poétique et musical, court à lire et intimiste. Un roman autobiographique touchant, écrit avec tendresse et passion.

Ma note : 7/10

Pour lire plus d’avis

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La vengeance du pardon


La vengeance du pardon de Eric-Emmanuel Schmitt

325 pages, éditions Albin Michel, à 21,50€


Résumé : Recueil de quatre nouvelles : deux soeurs jumelles que tout oppose moralement s’aiment et se haïssent tout au long de leur vie, un homme jouisseur abuse d’une fille candide et lui arrache son enfant, un père dur et fermé s’humanise au contact de sa petite fille avec qui il se plonge dans le lecture du «Petit Prince» et une femme rend régulièrement visite à l’assassin de sa fille en prison.


Extraits :  « La solitude est un royaume dont certains voient le trône, d’autres les frontières.« 

« Si l’émotion d’une naissance exalte, rien ne dépasse l’émotion d’une renaissance car on la perçoit en pleine conscience.« 


Mon avis : Eric-Emmanuel Schmitt m’époustoufle par son imagination débordante et sa capacité à se réinventer en permanence. Aucun de ses livres ne se ressemblent, puisque chacun puisent dans des inspirations diverses, qui produisent des thématiques variées, toujours renouvelées.

Dans La vengeance du pardon, ce n’est pas une, mais quatre histoires que l’auteur nous offre. Ce sont quatre courtes nouvelles à la densité monstre, qui ont toutes le point commun de parler du pardon. La première s’intitule Les soeurs Barbarin et met en scène deux soeurs jumelles, identiques physiquement mais différentes psychologiquement. L’une est jalouse de l’autre, et fait tout pour se montrer supérieure, quitte à être injuste et méchante. Quant à l’autre, aveuglée par ses sentiments d’amour envers sa jumelle, elle ne peut que pardonner le comportement de sa soeur. La vengeance et le pardon du titre du recueil, sont ici parfaitement mis en scène.

La seconde nouvelle s’appelle Mademoiselle Butterfly, et c’est la nouvelle que j’ai préféré des quatre. William, jeune adolescent en vacances avec ses copains, décide de répondre à un défi lancé par l’un deux et de coucher avec Mandine, une jeune paysanne avec un retard mental. Quelques mois plus tard, rentré dans son monde bourgeois parisien, il apprend que Mandine attend un enfant. Pendant des années, il va occulter son rôle de père et totalement oublier Mandine et son fils. Jusqu’au jour où son fils deviendra son seul espoir de devenir riche et de reprendre la banque familiale. S’ensuit une marche vers le pardon, pour racheter son comportement aux yeux de Mandine.

La troisième nouvelle est celle qui a donnée son nom au recueil : La vengeance du pardon. C’est l’histoire de Élise, une jeune mère, amputée de sa fille par un homme, qui l’a violé puis assassiné. Depuis de nombreuses années, Élise, meurtrie par la tristesse et la solitude, se rend au parloir, pour rendre visite à l’homme qui a tué sa fille. Elle veut comprendre les raisons de son acte, et lui faire regretter son geste. Cette nouvelle, presque dénuée d’actions, est entièrement tournée vers la psychologie des personnages. On sonde leurs paroles, leurs comportements, leurs actes… tout est travail de réflexion et d’analyse. Encore une fois, vous verrez que le titre du recueil « La vengeance du pardon » s’accorde à merveille avec cette nouvelle, puisque le pardon est la plus belle vengeance que pouvait faire Élise au meurtrier de sa fille.

Enfin, la dernière nouvelle du recueil s’appelle Dessine-moi un avion. Les plus aguerris auront sans peine reconnus la référence au Petit prince de Saint-Exupéry et pour cause : c’est le livre qu’un vieil homme lit chaque jour à une très jeune fille, qui est aussi sa voisine. Ensemble, ils découvrent la célèbre histoire écrite par Saint-Exupéry. La jeune fille, tout comme le vieil homme, se passionnent pour ce conte, mais aussi pour l’auteur, qu’ils apprennent à connaître davantage. Mais cet apprivoisement va permettre de mettre au grand jour des secrets inavoués par le vieil homme.

 Comme d’habitude, Eric-Emmanuel Schmitt fait un travail remarquable sur la psychologie des personnages, puisque que chaque personne qu’il met en scène a une épaisseur psychologique incroyable, que l’on pourrait passer des heures à observer. Chaque histoire a sa particularité, toutes sont belles, touchantes et humaines. Elles nous donnent à réfléchir sur ce que c’est que le pardon, sur comment pardonner, pour ensuite pouvoir se reconstruire. Mais le pardon n’est pas la seule thématique mise en scène. L’auteur fait cohabiter dans ses nouvelles le pardon et la vengeance : deux antonymes, qui se fondent l’un dans l’autre et s’adaptent parfaitement à chacune des histoires.

La particularité des nouvelles, c’est qu’il y a toujours un retournement final inattendu. Ça n’a pas loupé avec les quatre nouvelles de ce recueil, puisque chacune ont apportés leur lot de surprises. Si certaines fins étaient plus prévisibles que d’autres, j’ai beaucoup apprécié ces chutes finales, qui donnent volume et dynamisme au récit.


Ce magnifique recueil de quatre nouvelles donne à réfléchir sur deux thématiques contradictoires : se venger ou pardonner ? L’écriture est belle, accessible et efficace. Les nouvelles sont denses et les personnages bien travaillés. C’est un livre coup de coeur, que je vous recommande de lire.

Ma note : 10/10

L’homme qui voyait à travers les visages

L’homme qui voyait à travers les visages
de Eric-Emmanuel Schmitt,
420 pages, éditions Albin Michel, à 22€

 

Résumé : Une vague d’attentats ensanglante Charleroi. Morts et blessés s’accumulent. On soupçonne des mobiles religieux sous ces actes radicaux. Augustin, jeune stagiaire au journal local, se trouve pris, malgré lui, au cœur des événements. Pour prouver qu’il n’est pas l’idiot que tout le monde croit, il mène son enquête. Pour cela, il possède un don unique : il voit à travers les visages, percevant autour de chaque personne les êtres minuscules — souvenirs, anges ou démons — qui la motivent ou la hantent. Est-il un fou ? Ou le sage qui déchiffre la folie des autres ? Son investigation sur la violence et le sacré va l’amener à la rencontre dont nous rêvons tous…

Extraits :  « Mal lire ne consiste pas à jeter le livre. Mal lire revient à prendre un texte pour argent comptant, à l’avaler tout cru sans le mâcher avec son esprit. Bien lire implique une distance critique. »

« On peut les repérer à ça, les cons : ils n’ont même pas le concept de con dans leur vocabulaire. »

Mon avis :  Après La nuit de feu, Eric-Emmanuel Schmitt poursuit sa quête mystique en se questionnant sur Dieu. Un roman troublant, qui coïncide avec l’actualité et qui cherche à faire réfléchir le lecteur par lui-même.

C’est sans doute l’actualité qui a insufflé son idée de roman à l’auteur. En effet, le livre s’ouvre sur un attentat, commis par Mohammed Badawi, place Charles-II à Charleroi, faisant état d’une dizaines de morts. Suite à ce massacre, les enquêteurs vont se baser sur le témoignage d’un témoin, le jeune Augustin, stagiaire dans le journal local de Charleroi. Il va leur raconter sa rencontre impromptue avec le djihadiste et la vision d’un second homme, plus petit, insufflant dans la tête de ce dernier ses recommandations. Mais Augustin va avoir du mal à se faire entendre, car ce second homme n’est autre qu’un fantôme.

Eric-Emmanuel Schmitt m’étonnera toujours. Dans un seul roman, tel que celui-ci, se regroupe nombre de thèmes et de styles différents. Il surfe sur l’actualité en parlant des vagues d’attentats, il incorpore des personnages fictionnels, mais aussi des célébrités réelles (telle que lui-même). Il s’enfonce dans des débats théologiques, tout en narrant une histoire spirituelle inconcevable. Bref, il arrive à jongler d’un thème à un autre, tout comme il le fait d’un livre à un autre ; en trouvant toujours de nouvelles idées et en changeant constamment de genre littéraire. Seuls quelques petits éléments présents dans son livre précédent – La nuit de feu – se retrouvent dans celui-ci.

Il y a tout d’abord le gros mystère qu’entoure l’irréel, le mystique, le religion. Au nom de quoi, pourquoi et pour qui, ce djihadiste sans problème, a-t-il, du jour au lendemain, voulu se faire exploser, lui, et de nombreux innocents ? Les débats sont lancés ! Pour permettre aux lecteurs de se faire sa propre idée sur la question, l’auteur va mettre en parallèle deux avis totalement opposés. D’abord, celui de la juge Poitrenot, qui pense que Dieu est responsable de toutes les ignominies que les hommes commettent sur Terre. Au contraire, Eric-Emmanuel Schmitt va tenter de donner son avis subjectif sur le poids des religions dans les actes terroristes. Selon lui, Dieu est une sorte d’écrivain incompris par les hommes, qui n’arrivent pas à comprendre clairement les textes saints.

Autre constance que l’on retrouve souvent dans les livres de l’auteur, sa propre apparition dans le cours de l’histoire. Dans La nuit de feu, nous suivions son propre cheminement vers l’apparition mystique du Sahara. Ici, l’auteur s’intègre dans son récit comme un personnage à part entière. De ce fait, il peut ouvertement parler en son nom et non pas à travers un personnage fictif. C’est vraiment original !

Laissez-vous entraîner dans l’univers singulier de Eric-Emmanuel Schmitt. Il proposera des idées philosophiques salvatrices pour faire face à la vague d’attentat qui s’abat sur la France. Je ne m’attendais pas à aimer autant ce roman. Bien écrit, original et d’actualité, il a tous les ingrédients pour satisfaire un maximum de lecteurs. On adore, on achète !

Ma note : 9/10

La nuit de feu

La nuit de feu d’Eric-Emmanuel Schmitt
182 pages, éditions Albin Michel, à 16€

 

Résumé : « Je suis né deux fois, une fois à Lyon en 1960, une fois dans le Sahara en 1989. »
Une nuit peut changer une vie.
À vingt-huit ans, Éric-Emmanuel Schmitt entreprend une randonnée à pied dans le Sahara en 1989. Parti athée, il en reviendra croyant, dix jours plus tard.
Loin de ses repères, il découvre une vie réduite à la simplicité, noue des liens avec les Touareg. Mais il va se perdre dans les immenses étendues du Hoggar pendant une trentaine d’heures, sans rien à boire ou à manger, ignorant où il est et si on le retrouvera. Cette nuit-là, sous les étoiles si proches, alors qu’il s’attend à frissonner d’angoisse, une force immense fond sur lui, le rassure, l’éclaire et le conseille.
Cette nuit de feu -ainsi que Pascal nommait sa nuit mystique- va le changer à jamais. Qu’est-il arrivé ? Qu’a-t-il entendu ? Que faire d’une irruption aussi brutale et surprenante quand on est un philosophe formé à l’agnosticisme ?
Dans ce livre où l’aventure se double d’un immense voyage intérieur, Éric-Emmanuel Schmitt nous dévoile pour la première fois son intimité spirituelle et sentimentale, montrant comment sa vie entière, d’homme autant que d’écrivain, découle de cet instant miraculeux.
Extraits :  « Ce qui constitue la beauté d’une bataille, ce n’est ni le succès ni la défaite, c’est la raison de la bataille. »
« A l’entendre, nous pénétrerions des lieux bioutiful ! Et d’autres bioutifoul. Si le vocabulaire manquait de variété, les regards dont il accompagnait ses exclamations fournissaient un commentaire : là ce serait joli, là ce serait majestueux, là ce serait terrorisant, là ce serait harmonieux. Par ses mimiques, il colorait ses bioutifoul comme un grand peintre.« 

Mon avis :  Deuxième rencontre littéraire avec Eric-Emmanuel Schmitt et pour tout dire… ce roman-ci est totalement différent du livre Le poison d’amour que j’ai lu l’année passée. Avec une écriture surprenant et infiniment poétique, l’auteur nous délivre un pan de sa vie personnelle. Lors d’un voyage au Sahara, des lieux, des rencontres, des événements et des coutumes traditionnelles vont littéralement changer la vision que l’auteur se faisait de la vie.

Bien que La nuit de feu ressemble à un roman ordinaire, c’est bel et bien une courte autobiographie d’Eric-Emmanuel Schmitt. L’auteur est parti en voyage professionnel au Sahara avec son ami Gérard, pour trouver des lieux de tournages pour un film-documentaire sur Charles de Foucauld. Sur les traces de cet homme peu connu, ils vont faire la découverte de lieux époustouflants, de personnes extraordinaires.

Ce sont des paysages insoupçonnés, décrits avec subtilité qui apparaissent sous les yeux du lecteur. Une échappée belle incroyable, un dépaysement total autant pour l’auteur que les lecteurs.
La nuit de feu est ce que l’on pourrait qualifier de voyage initiatique pour l’auteur, qui va apprendre à se connaître, qui va découvrir certaines facettes de sa personnalité, qui va s’ouvrir au monde et aux autres. Un apprentissage et un travail sur soi bénéfique pour l’auteur, qui va lui donner le goût des voyages, le goût du merveilleux, le goût de l’écriture.
C’est à travers des séries de questionnements, de réflexions philosophiques, découvertes et remises en questions qu’Eric-Emmanuel Schmitt va apprendre à se découvrir. Coupé du monde, presque seul dans l’infini du désert du Sahara, le lieu est propice à un retour sur soi.
J’avoue que certaines réflexions philosophiques étaient assez barbantes. Je n’ai pas vraiment compris la totalité de ses pensées, tant les propos étaient complexes à déchiffrer. Mais ça n’a pas gêné la bonne compréhension du récit.

Plongé dans un univers presque inconnu pour lui, l’auteur s’imprègne totalement des nouveautés qui s’offrent à lui. De ce fait, il s’enivre du talent de survie de leur guide, de ses pratiques religieuses, de sa dextérité, de sa jovialité contagieuse. De plus, il se prend à s’intéresser aux rites religieux du pays, chose totalement novatrice pour lui.

J’ai été conquise par l’écriture presque magique de l’auteur, qui arrive à nous faire rêver d’après des événements réels. J’ai aussi été heureuse de m’immiscer dans une partie importante de la vie d’Eric-Emmanuel Schmitt ; une traversée du désert qui le mènera vers le domaine de l’écriture.

 

Ma note : 7/10

Le poison d’amour

Le poison d’amour d’Eric-Emmanuel Schmitt
165 pages, éditions Albin Michel, à 15€

 

Résumé : Quatre adolescentes en quête d’amour s’échangent des messages sur leurs désirs et leur impatience. Entre rêves sentimentaux et pression sociale, les jeunes filles aspirent à devenir des femmes. Jusqu’au jour où le drame a lieu…
Extraits : « Les larmes sont des messagères subtiles qui distillent mille informations à la fois. »
« Les garçons posèdent un radar pour approcher les filles et décocher la phrase qui les blesse au ventre.« 

Mon avis : Première rencontre avec ce grand nom de la littérature française du XX et XXIème siècle : Eric-Emmanuel Schmitt. Cet auteur, au style littéraire très éclectique, sait manier les mots, conter les histoires comme personne, et imprégner de son sceau l’esprit du lecteur.

Dans son nouvel ouvrage de la rentrée littéraire 2014, il raconte dans un style épistolaire reposant sur l’écriture de journal intime, la vie de quatre jeunes filles, quatre meilleures amies de seize années, Julia, Colombe, Raphaëlle et Anouchka. Sans jamais avoir affaire à un genre grammatical formulé au présent, l’auteur arrive à nous imprégner de la vie des protagonistes, qui écrivent chacune dans leur journal personnelle avec un ton intime et secret. Nous suivons de loin leurs aventures, leurs déboires amoureux et leurs querelles féminines.

A première vue, ce roman peut ressembler à la plupart des correspondanes épistolaires liant des jeunes filles : journal intime qui raconte des histoires de garçons, de dispute, de joies… rien de bien passionnant, en somme. Mais sous son côté superficiel et gnangnan se cache une réelle histoire, très émouvante.

Il faut savoir que ce livre prend appui sur la célébrissime pièce de théâtre de William Shakespeare : Roméo et Juliette. La thématique du livre est centré sur ce drame romantique : les protagonistes, toutes scolarisées dans le même lycée, s’apprètent à mettre en scène la pièce de théâtre de ce grand homme. Faute de participant masculin, ce sont deux des quatre jeunes filles qui vont se prêter au jeu de rôle de Roméo et de Juliette. Tout le monde connaît la fin très douloureuse et romanesque de cet amour impossible entre ces deux êtres… mais vous ne savez pas encore comment les deux filles l’ont mis en scène.

Entre réalisme et fiction, Eric-Emmanuel Schmitt réalise un coup double : une histoire de midinettes pour jeunes adolescentes qui se transforme en drame romantique avec référence omniprésente à l’oeuvre de William Shakespeare. Ma première entrevenue avec la plume de cet auteur est une grande réussite. Il me tarde de lire d’autres de ses très nombreux ouvrages. Je recommande ce livre, juste pour que vous puissiez profiter du dénouement inattendu, surprenant et fiévreusement douloureux que nous offre chaleureusement cet auteur.

Ma note : 7/10