Sweet

Sweet de Emmy Laybourne
357 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€

 

Résumé : Madame, Monsieur,

J’ai l’honneur de vous inviter à une extraordinaire croisière de luxe à bord de l’Extravagance !
Au programme : découverte en avant-première d’un produit miracle qui vous débarrassera de vos bourrelets disgracieux. Et sans efforts !

Vous rêvez de retrouver votre taille de guêpe ? Le Solu est fait pour vous.
Le Solu n’est pas un amincissant comme les autres.
Le Solu vous fera vraiment maigrir.
Vous ne pourrez plus vous passer de lui.

Je vous le garantis.
N’attendez plus : rejoignez-nous sur les rives de Fort Lauderdale, en Floride, pour un embarquement imminent !

Au plaisir de vous aider à mincir,
Timothy Almstead, président de Solu Corporation

Extraits :  « Tu manges ta souffrance, et ça va te détruire. »

« – Quand tous les passagers seront à bord, explique Tom, ces deux hommes vont tracer une ligne sur la coque juste au-dessus de la surface de l’eau. Dans sept petits jours, quand l’Extravagance reviendra au port, la ligne se situera au moins trois mètres plus haut par rapport au niveau de l’eau ! Cela indiquera une perte de poids totale d’au moins 2 250 kilos pour les cinq cents passagers ! Je dis bien au moins 2250 ! »

Mon avis :  Après la superbe trilogie Seuls au monde d’Emmy Laybourne, l’auteure fait son grand retour sur le devant littéraire avec un roman totalement différent de sa précédente trilogie. En effet, aussi surprenant soit-il,Sweet – traduisons « sucré » en français -, parle d’un remède minceur innovant mais oh combien dangereux. Dans notre époque où la minceur devient la norme, il est bon de mettre ce genre d’ouvrage entre les mains des plus jeunes, pour les avertir du danger de cette stupide mode.

Mais revenons-en à l’histoire. Lauren et Vivika, deux meilleurs amies, embarquent à bord d’un bateau de croisière grand luxe. Sur ce bateau ne se trouvent que des célébrités et autres personnes richement pourvus, ayant payé comptant pour avoir leur ticket d’embarquement. Mais cette croisière n’est pas une croisière banale. En effet, c’est à bord de ce bateau que va être lancé le Solu minceur, un médicament ultra-puissant qui permet de mincir efficacement en seulement quelques jours. Autant dire que ce produit est un produit qui promet bien des miracles. Lauren et Vivika ne sont pas spécialement rondes, mais plutôt toutes en formes. Lauren apprécie ses formes, tandis que Vivika ne les supporte pas. C’est pour cette raison que cette dernière se jette à corps perdu sur le Solu. Et cela marche : en à peine quelques jours, la jeune fille a déjà perdue cinq kilos. Mais à quel prix ? Le plaisir de maigrir peut-il devenir une addiction ?

Le récit se découpe en deux narrateurs distincts : la première narratrice n’est autre que Lauren, que j’ai présenté brièvement ci-dessus ; tandis que le second narrateur est Tom Fiorelli, un jeune homme sportif et musclé, qui est aussi une célébrité du petit écran. Tom Fiorelli est monté à bord de la croisière non pas pour maigrir – il n’en a pas l’utilité -, mais pour réaliser un reportage sur l’évolution de la prise de Solu. Autant dire qu’il va avoir matière à traiter.

Comme vous devez vous en douter, une petite histoire d’amour bien stéréotypée va naître en Lauren, cette jeune fille ordinaire un peu rondelette et Tom, le beau goss aux multiples abdos qui passe à la télé. Même si ce rapprochement m’a franchement mit en rogne au début, finalement, on s’habitude lentement à ce couple atypique, si typiquement mis en scène dans les romans.

Bref, ne vous inquiétez pas, il n’y a pas que de l’amour mielleux dans cette histoire. Au contraire, la thématique principale de Sweet repose sur l’envie irrémédiable de mincir. Une envie si omniprésente qu’elle en devient presque vitale. Et c’est justement ce qui va se passer avec ce médicament miraculeux ; le Solu. Tout le monde va se jeter à corps perdu dessus. En quelques jours, constatant les résultats phénoménaux du Solu, les clients vont multiplier leur dose pour perdre encore plus de poids. Un cycle infernal, qui fait prendre conscience aux jeunes qui lisent ce roman, du cercle vicieux qu’entraîne une envie trop prononcée de mal maigrir. Ne faites pas n’importe quoi avec votre corps, privilégiez le sport et une alimentation saine et équilibrée. Et par pitié, ne vous laissez pas avoir par les recettes miracles qui prônent les dix kilos en moins en un temps record ! C’est totalement indécent ; comme nous le montre Emmy Laybourne dans cette histoire caricaturale de la course aux kilos en moins.

J’ai bien aimé l’idée de cette croisière originale, même si, je l’avoue, j’ai été assez choquée des conséquences du Solu sur l’organisme humain. Je me serais crue dans un film bien gore, genre The Walking dead. C’est assez déboussolant quand on ne s’y attend pas. Autre point plutôt décevant que je tenais à souligner, c’est le dénouement. Comment peut-on écrire une histoire aussi originale et produire un dénouement si banal ? Très déçue de cette fin, qui s’est déjà effacée de mon esprit.

Si je n’avais qu’une seule chose à vous dire, ce serait : Mesdames et Messieurs, embarquez sur cette somptueuse croisière grand luxe, croisière unique au monde. En effet, c’est sur celle-ci que va être lancé la commercialisation du Solu, LE médicament miracle pour fondre à vue d’oeil. Prenez votre ticket d’embarquement et laisser vous guider.

Ma note : 7,5/10

Seuls au monde, tome 2

Seuls au monde, tome 2 d’Emmy Laybourne
283 pages, éditions Hachette, à 15,90€

 

Résumé : Après douze jours enfermés dans le supermarché, les survivants décident de se séparer. Alors que Dean préfère rester dans le magasin avec Astrid et les trois autres enfants, son frère Alex et le reste de la bande se risquent à sortir pour tenter d’atteindre l’aéroport de Denver avant le départ du dernier avion et retrouver leurs parents.

Extraits : « Et vous savez quoi ? C’était bon, d’avoir une raison de se battre – en plus de la simple question de la survie. »
« Souffrir, c’est bon ; la douleur se consume et te rend fort. Mais souffrir sans raison, laisse ça aux faibles. »

Mon avis : Vous souvenez-vous de mon bilan de fin d’année 2013 ? J’avais placé le premier tome de Seuls au monde en deuxième position dans mon classement principal des lectures effectuées au cours de l’année précédente. Autant vous dire que ce seconde tome était la principale lecture que j’attendais avec empressement. Un sentiment d’envie de poursuivre les tribulations effroyables des héros, mais aussi d’effroi quant à une possible déception, se sont emparés de mon être. Ne vous inquiétez pas, ces hésitations ont été de courte durée ; sitôt le livre reçu, j’avais déjà le nez plongé dedans.

Chose tout à fait agréable à l’ouverture du livre, un court résumé du volume précédent permettait à notre esprit de replonger dans l’intrigue délaissée quelques temps plus tôt, pour reconquérir au plus vite le fil de l’histoire.

Suite à ce court retour en arrière, l’haletant récit était désormais en droit de reprendre son horripilante traversée. Je vous rappelle en quelques brèves phrases les grandes lignes de l’histoire : l’Apocalypse plonge le monde entier, et particulièrement la vallée de Monument, dans le noir et le chaos le plus total. Une ribambelle de jeunes se sont réfugiés dans un centre commercial pour éviter les fumées toxiques qui s’étiolent et s’emparent du monde extérieur. Suite à une décision quelque peu ardue à prendre, ces adolescents-enfants ont décidés de se diviser en deux groupes : tandis que l’un reste en sécurité dans le magasin, l’autre s’empare d’un bus pour tenter de rallier l’aéroport de Denver, situé à plus d’une centaine de kilomètres…

Le ton est donné, Emmy Laybourne nous plonge in medias res dans le feu de l’action, rendant son roman beaucoup plus sombre que le tome précédent. Usant de descriptions à vous glacer le sang, à vous faire frissonner d’horreur ou à vous liquéfier de peur, elle relève le défi d’un roman noir à l’excès, d’un thriller post-apocalyptique, digne des grands maîtres du polar noir. Même si l’atmosphère générale ne détrône pas le grand maître Stephen King, une impression commune de suffocation, d’étouffement et d’emprisonnement dans une fumée dense et noire s’est fait ressentir dans le second tome de Dôme.

Outre cette terreur ascendante, l’excitation et l’empressement qu’on ressent envers l’histoire qui se déroule ne fait qu’ajouter au halètement d’impatience sur la finalité de l’action. Les personnages sont si attachants, l’action est omniprésente et l’atmosphère semble à la fois figé, mais accéléré ; tant de caractéristiques qui font de ce petit roman de 300 pages une partie de plaisir intense, bien trop courte, qu’on aimerait prolonger au maximum. Tout passe si vite…

L’union se ressert autour des personnages, qui commencement momentanément à perdre leurs attributions humaines au profit symptomatique de bestioles agressives, avides de sang, violentes à souhait. On perçoit plus nettement les enfants, non comme des hommes à part entière, mais plus comme une émission animée, simplistes, mais amplement réussis.

Grâce à de futiles termes, rédigés dans une langue à la portée de chacun, l’auteure arrive à faire passer maintes fortes émotions, toutes plus violentes, sanguinaires et horrifiantes les unes que les autres. Le don du suspense et de l’action à retardement sont deux points forts d’Emmy Laybourne, que j’avais déjà pris plaisir à découvrir dans le premier tome de la saga.

Accrochez-vous bien, ce second tome décèle encore plus de terreur et d’actions que le premier. La fin est un appât efficace pour convaincre le lecteur de continuer à lire la suite de cette fabuleuse saga. J’en suis certaine, je serais de la partie… et aux premières loges !

En exclusivité, vous trouverez à la fin de ce roman une petite nouvelle, en rapport avec l’histoire (mais sans impact sur la continuité du récit), qui ravira les plus enthousiastes. Je vous conseille et re-conseille cette série ; une plume unique, ravissante, doublée d’originalité éclectique… un réel plaisir de lecture, une détente garantie, avec sa dose de frissons.

 

Ma note : 9,5/10

Seuls au monde, tome 1

Seuls au monde d’Emmy Laybourne.
345 pages, éditions Hachette, à 15,90€

 

Résumé : « Ta mère te crie que tu vas louper ton bus. Tu ne prends ni le temps de la serrer dans tes bras ni de lui dire que tu l?aimes. Forcément? Tu dévales juste l?escalier et tu sprintes jusqu?à l?arrêt de bus. Sauf que, si c?est la toute dernière fois que tu dois voir ta mère, tu te mets à regretter de ne pas avoir pris le temps. Y compris de ne pas avoir raté le bus. Là, le mien arrivait, alors j?ai sprinté. » Dean aurait vraiment dû dire au revoir à sa mère. Lui, son petit frère, ainsi que tous les autres passagers des bus qui devaient les conduire, comme tous les jours, à l?école. Mais comment auraient-ils pu deviner ce jour-là qu?une catastrophe écologique les pousserait à se réfugier dans un supermarché ? Au-dehors, le monde est en proie à des tempêtes qui ravagent leur petite ville, des fuites de produits chimiques rendent les gens violents ou paranoïaques? ou les tuent, tout simplement. Ils sont quatorze, ils ont entre cinq et dix-sept ans, et ils doivent survivre et garder espoir.

Extraits : « Des fois, au moment où on s’y attend le moins, la douleur vous coupe les pattes. »

Mon avis : Lorsque j’ai reçu cet exemplaire non corrigé du premier tome de Seuls au monde, j’ai tout de suite su, grâce au superbe résumé, que ce livre allait me plaire. Suspense, action, intrigue… tout prédestiné le lecteur à passer un agréable moment dans cette histoire qui semblait quelque peu noire.

Les premiers événements se déroulent assez rapidement, tout s’enchaîne en un rien de temps, le lecteur n’a même pas le temps de se rendre compte de ce qu’il arrive, ou même de reprendre son souffle, tant Emmy Laybourne captive son attention.

Dans un même temps, nous faisons la rapide connaissance des nombreux (jeunes) personnages, sans pour autant retenir leur prénoms ou un détail de leur personnalité, tant ils sont nombreux. Néanmoins, cet examen plus approfondi du caractère de chacun se fera naturellement, au fil de l’avancement des pages. Très vite, tous ses enfants deviennent attachants, ils émeuvent le lecteur, et ne nous laisse pas indifférent. Leur courage, leur force de volonté, leur naïveté et leur solidarité prouvent leur union envers et contre tout (et peut prouver, dans un même temps, l’intelligence et la coalition des enfants, qui, même sans adultes, peuvent arriver à se débrouiller tout seul. Leur autonomie est remise en jeu, tel un énorme test pour définir leur degré de liberté).

Je n’ai pas parlé de l’atmosphère, alors que c’est cet univers sombre qui peuple la plus grande part du roman. Le cadre est assez phénoménal ; l’apocalypse est là, la fin du monde approche, tout est noir, obscur, oppressant… Mais Emmy Laybourne ne manque pas d’imagination, et pour protéger les enfants, elle les fait se cacher dans un immense centre commercial. Qui n’a jamais rêvé d’être enfermé pendant quelques heures (voire quelques jours, semaines), dans un centre commercial, avoir tous les produits pour lui tout seul… le rêve ! Et bien c’est ce que propose notre auteure dans son roman, mais le cadre qu’elle appose à cet environnement fait très vite redescendre notre fougue pour l’enfermement cloîtré dans un grand magasin.

J’ai totalement adhéré à cette histoire. Les personnages sont très attachants, on ne se lasse pas d’eux. Ils sont tous très différents, autant au niveau caractère qu’au niveau de l’âge, et on chacun une spécificité qui les différences les uns des autres. Leur langage assez enfantin rend le niveau de lecture agréable, fluide et sympathique, et permet à chacun de se plonger aisément avec eux.
Par son histoire hors du commun, Emmy Laybourne fascine, accroche avec forces ses idées, et ancre une bonne fois pour toutes l’esprit du lecteur dans le chaos le plus total de la fin du monde. SI j’avais déjà eu l’occasion de découvrir pas mal de films sur une potentielle fin du monde, les livres papiers étaient une très grande nouveauté pour ma part, et j’en suis conquise. Aucun ennui, que du bonheur !

Le dénouement du livre promet beaucoup d’actions. Déjà que le texte en lui-même est sous haute pression et ne se relâche jamais, la fin est un véritable rebondissement, qui promet déjà beaucoup. J’ai déjà hâte de retrouver ses charmants personnages, et de découvrir enfin, comment l’auteure va réussir à boucler son récit.

Suite à ce premier tome quasiment parfait, qui a répondu à toutes mes exigences et mes espoirs, j’attends avec impatience la parution du second volume, qui sera, à mon avis, encore meilleur que celui-ci. (En tout cas, je mise beaucoup dessus !)

 

Ma note : 9/10