Le cri du cerf

Le Cri du cerf de Johanne Seymour
303 pages, éditions Eaux Troubles
Résumé : Un matin d’octobre, Kate plonge dans les eaux glacées de son lac près du village de Perkins, dans les Cantons-de-l’Est, et trouve le cadavre d’une fillette. Plus tard, une seconde victime confirmera la présence d’un tueur en série. Qualifiée par ses pairs de vindicative, le sergent Kate McDougall devra mener l’enquête la plus difficile de sa carrière. Pour démasquer la Bête, elle aura à affronter ses démons et remonter le fil de son passé. Une démarche qui l’entraînera au cœur d’un cauchemar et qui risque de briser le fragile équilibre sur lequel elle a bâti sa vie. Une vie marquée par le cri du cerf.

Extraits :  « Connaître la victime, c’est commencer à connaître le tueur. »
« On soigne nos maux de ventre. Pourquoi ne pas soigner nos maux d’âme ? »

Mon avis :  Après avoir fait lire ce polar à ma mère, qui a beaucoup apprécié sa lecture – et qui m’a dévoilé la moitié de l’intrigue -, je me suis lancée à mon tour dans la lecture de ce roman.

Dès le premier chapitre, on découvre Kate McDougall, qui fait partie de la police québécoise, se baignant dans son propre lac. Jusque là, rien de plus banal. Mais il s’avère que Kate va tomber nez à nez avec le corps d’une jeune fillette de 9 ans, morte, avec le cou tranchée. Après avoir averti ses coéquipiers et commencé les recherches, les agents se retrouvent avec le cadavre d’une seconde fillette âgée de 9 ans. Avec toujours les mêmes indices, ce qui prouve que le meurtrier est un tueur en série. Chose plus troublante, tous les indices concordent vers l’inspecteur Kate McDougall. Serait-elle liée aux meurtres ou simple victime du tueur ?

Le suspense est intense. L’écriture de Johanne Seymour, auteure québécoise que je ne connaissais pas, est vraiment captivante. A chaque fin de chapitre, j’avais envie de continuer ma lecture. C’est très prenant, une fois qu’on a débuté cette histoire, on ne peut plus s’arrêter. De plus, l’intrigue est bien ficelée. Je ne me suis pas douté une seule seconde de l’identité du tueur. Pourtant, j’ai soupçonné presque tout le monde, mais alors lui… qui l’eut crût ?! Un grand bravo à l’auteure qui a réussie à me surprendre.

Attention, si j’avais un petit reproche à faire, ce serait aux éditions Eaux Troubles. En effet, j’ai remarqué un petit quelque chose qui m’a gêné dans les dialogues, c’est le fait qu’après beaucoup de dialogues, ils enchaînent avec une narration classique. Mais sans de retour à la ligne ; sur la même lignée que le dialogue. A l’inverse, certains dialogues sont présents, mais insérés dans la narration. Des petites fautes d’inattentions, sans doute, qui peuvent quand même être déstabilisantes.

Laissez-vous tenter par ce polar, à l’écriture presque exotique (c’est un roman policier québécois, avec des expressions et tournures de phrases bien locales) et à la tension permanente. Si après ce livre vous en voulez encore plus, sachez que l’auteure prépare une suite à son oeuvre… du moins, c’est ce que j’ai compris, après avoir lu le dénouement de l’enquête !

Ma note : 7/10
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Double JE

Double JE de Jean-François Pré
253 pages, éditions Eaux troubles

 

Résumé : Double JE, c’est l’histoire de deux frères jumeaux, Nestor et Marc Tredennis, qui se racontent à la première personne du singulier. Marc profite de la troublante ressemblance physique avec son frère pour le faire accuser d’un crime qu’il a commis. Pressentis pour assurer la défense de Nestor, l’avocate Laurence Friedman et son ami Georges Langsamer finissent par lever le voile sur un vaste complot de dimension planétaire. Une nouvelle enquête de l’ex-commissaire Langsamer, personnage fétiche de Jean-François Pré, qui nous emmène sur les sentiers brûlants d’une actualité tragique.

Extraits :  « Vous connaissez la différence entre les spermatozoïdes et les immigrés ? Y en a aucune : ils arrivent par millions et y en a qu’un qui bosse. »

« Ça, c’est la meilleure ! La Fondation Global – je ne savais pas qu’ils avaient une fondation, ces enculés – collecte des fonds pour l’institut Duch’mol qui – vous savez quoi ? – est spécialisé dans le cancer du poumon. Si je voulais faire un jeu de mots foireux, je dirais qu’ils ne manquent pas d’air. »

Mon avis :  A Nice, Nestor Tredennis souhaite acquérir un appartement. Pour ce faire, il fait appelle à un agent immobilier, qui lui fait visiter un appartement « zéro défaut ». Nestor, à moitié convaincu, souhaite passer une nuit dans cet appartement, pour vérifier qu’aucun bruit de voisinage ne viendra perturber sa tranquillité. L’agent immobilier accepte, et Nestor revient le soir pour dormir dans son possible futur appartement. Mais ce sont les forces de l’ordre qui l’accueillent, l’accusant du meurtre d’un journaliste. Nestor est emmené en prison, lieu où il rencontrera Laurence Friedman, qui deviendra son avocate, ainsi que Geroges Langsamer, un agent à la retraite, qui vient en aide à son amie Laurence. Les deux compères, convaincus de l’innocence de Nestor, et certains de la culpabilité de son frère jumeau, vont mener de longues investigations, qui aboutiront à la libération de Nestor, et à des découvertes extraordinaires. Ils vont mettre la main sur un complot inimaginable, de dimension planétaire.

Jean-François Pré se veut original dans sa mise en page. Dans son ouvrage, aucun chapitre. Seulement des pronoms personnels, tels que « Lui, Elle, Je’, Je » qui amorcent le point de vue par lequel sera perçue l’histoire. Ainsi, chaque personne a droit à son tour de parole. On entre tour à tour dans la psychologie de l’accusé, puis dans la tête de l’avocate, et ainsi de suite, jusqu’à cerner parfaitement les personnalités à qui l’on a à faire.

En jouant toujours sur l’originalité, l’auteur va mettre en scène deux « Je » : l’un sera Nestor Tredennis, l’autre sera son frère jumeau, Marc. L’un est coupable, l’autre est innocent. L’un est bon, l’autre est méchant. Tout les oppose, sauf leur apparence, identique à tout poil. Nestor va jouer de sa ressemblance avec son frère pour prendre son rôle : il va s’insérer dans la vie de Marc, pour percer à jour ce qu’il trafique. Son rôle devient capital, et peut grandement aider les enquêteurs à fignoler leur enquête. Mais ce ne sera pas sans danger…
Ces deux jumeaux que tout oppose, qui ne se parlent plus, ne se sont jamais vraiment entendus, continuent néanmoins à être lier. C’est le mystère de la gémellité, qui fait que, bien que séparés, les jumeaux peuvent ressentir physiquement et moralement, les maux qui accablent l’autre.

J’ai beaucoup aimé cette enquête policière française. Le rythme est soutenu, dynamisé par les différents points de vue qui s’altèrent durant toute la narration. Il y a aussi du suspens et des rebondissements inattendus, c’est bien écrit et tout s’enchaîne allègrement. Le tout est ancré dans le réel et fait échos à l’actualité, comme nous pouvons le voir avec les différentes références aux attentats, ou avec les questions et débats que soulèvent les religions.

En somme, voilà une enquête policière très agréable à lire, qui comporte tous les ingrédients qui font le succès des thrillers : suspens, actions, surprises, dynamisme. Même si je doute que cette histoire puisse rester graver longtemps dans ma mémoire, j’ai quand même passé un très bon moment de lecture. Je serais d’ailleurs curieuse de découvrir un autre ouvrage de l’auteur…

Ma note : 7/10