The Rain, tome 1


The Rain, tome 1 de Virginia Bergin

381 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : Ruby passe la soirée avec ses amis quand le monde bascule. La radio diffuse en boucle un message d’alerte : « Protégez-vous de la pluie, c’est une question de vie ou de mort ». La petite bande court se mettre à l’abri, mais l’un d’entre eux décide d’affronter les gouttes. Aussitôt, les parties de son corps exposées à l’eau sont en sang. Ruby réussit à rentrer chez elle et retrouve Rebecca, sa mère, Simon, son beau-père et Henri, son petit frère. Malgré toutes leurs précautions, Rebecca et Henri meurent. Simon décrète une interdiction totale d’utiliser l’eau.La pluie ne cesse de tomber. Il n’y a plus de téléphone ni d’internet. Selon les informations, un nuage de poussière porteur d’un virus se serait abattu sur la terre. Une pluie acide brule la peau et fait exploser les cellules. Un matin, le ciel est bleu. Ruby et Simon s’aventurent dans la ville et découvrent des scènes de pillages, cadavres, voitures entassées. Le temps de revenir à la maison, Simon crache le sang… Désormais, Ruby est seule et décide de rejoindre son père à Londres. Un long périple commence. Quand elle arrive enfin, la maison est vide mais Ruby découvre un mot de son père daté du 23 juin disant qu’il reviendra le 26. Sept semaines plus tard, Ruby a organisé sa survie et elle attend toujours..


Extraits « Ce n’est pas le téléphone, c’est la vie qu’il contient dont on ne peut pas se passer… »
« Est-ce que ça vous est déjà arrivé de voir en rêve des personnes disparues ? Elles sont encore en vie, tout va bien, et c’est merveilleux. Mais, au réveil, l’atterrissage est brutal. Vous vous demandez comment vous avez pu les voir, les entendre, les toucher… Elles étaient là, et elles sont reparties. La douleur que vous ressentez alors est pire qu’un coup de poignard.« 

Mon avis : Quelle merveilleuse surprise que ce premier tome de The Rain !

Une pluie meurtrière s’abat subitement sur le monde, sans aucune explication et sans avertissement préalable. Une mystérieuse bactérie contenue dans les gouttes d’eau tue toutes les personnes qui entrent en contact avec elle. Plus des trois quart de la population succombe aussitôt à cette averse. Ruby, une jeune lycéenne, voit sa mère et son demi-frère Henry mourir sous ses yeux. D’abord seule avec son beau-père Simon, elle le voit à son tour dépérir et mourir. Totalement livrée à elle-même, sans plus d’eau ni de nourriture, Ruby va devoir chercher des alliés pour survivre à cette fin du monde apocalyptique.

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu de dystopie jeunesse, mais c’est à chaque fois un réel plaisir que de replonger mon nez dans ce genre littéraire que j’adore (surtout lorsque celui-ci est bien écrit).

Dans The Rain, j’ai été servie : l’action est omniprésente, il n’y a aucune temps mort ni essoufflement. Tout s’enchaîne avec fluidité et rapidité, si bien que l’on se laisse très facilement entraîner dans l’histoire. D’autant que la protagoniste Ruby est une jeune fille très agréable, a qui l’on peut facilement s’identifier. Courageuse et combattante, malgré la perte de l’ensemble de sa famille, elle reste déterminée à survivre et à retrouver son père vivant à Londres. La seule chose que je regrette, c’est sans doute le manque d’émotions de Ruby. Après la perte brutale de sa mère, de son beau-père et de son demi-frère, la jeune fille ne montre pas tant que ça choc ou tristesse, mais continue à tenter de survivre à cette pluie assassine. Un peu plus de compassion et de sentiments auraient apporté plus de réalisme et d’humanisme au récit.

Pour ma part, j’ai totalement adhéré à cette lecture, puisque j’ai réussi à me faire glisser dans l’histoire, à voir, ressentir, penser même, comme notre protagoniste Ruby. C’est assez exceptionnel, puisque j’ai ressenti vraiment toutes les émotions qui l’ont parcourues, et j’ai pu suivre l’histoire de l’intérieur, les actions et émotions étant alors décuplées. Ce sentiment était totalement délectable, j’ai adoré vivre cette expérience de lecture, tant et si bien que j’en redemande encore. C’est pourquoi je n’ai qu’une hâte : pouvoir connaître la suite de cette saga !

La fin de ce premier tome nous met d’ailleurs l’eau à la bouche, puisqu’une grande annonce y est faite, qui devrait peut-être changer le cours de l’histoire. Affaire à suivre…

Pour votre information, ce livre est à l’origine d’une série diffusée sur Netflix, dont la bande-annonce (disponible en bas de cet article) est totalement géniale ! Je pense que l’adaptation filmique a pris quelques libertés quant au film, mais que l’essence même de l’histoire reste la même. Si j’en ai l’occasion, je regarderai cette série !


Une dystopie jeunesse éprouvante mais exaltante, que j’ai dévoré en quelques heures. La jeune Ruby pourra-t-elle sauver le monde ? Je n’ai qu’une hâte : lire la suite !

Ma note : 8/10

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Agence 42


Agence 42, tome 1 : Terrans de François Rochet

358 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€


Résumé : Décembre 2020. Nouvel attentat aux États-Unis. Le gouvernement est décimé et le pays privé des leaders de ses grandes entreprises high-tech.
Six mois plus tard, Franck Goodo est chargé de reprendre l’enquête. Julia Telco, à la tête de l’Agence 42, a des doutes sur l’identité des responsables de l’attaque.
En parallèle, le véritable auteur de l’attentat est à l’affût. Il lui reste encore un coup à jouer sur l’échiquier de son vaste plan. Les premiers indices d’un complot bien plus alarmant, qui dépasse la logique, font rapidement surface.
Franck Goodo tentera de percer le mystère, quitte à mettre son existence en danger…


Extrait « La plupart des gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas. C’est d’ailleurs ce qui explique souvent les comportements racistes ou homophobes, l’intolérance, les guerres. C’est un comportement des plus classiques chez l’humain, contre lequel il est souvent difficile de lutter. »

Mon avis : Années 2020. L’Agence 42 est une agence top secrète, qui abrite en son sein des agents spécialisés dans le combat, l’informatique ou la médecine. La planète entière est sous le choc après un attentat terroriste contre la Maison-Blanche, qui a tué les plus grandes puissances des États-Unis : Donald Trump et Marc Zuckenberg, par exemple. L’Agence 42 est mandatée pour rechercher l’auteur de ce crime. Mais ce que l’agent Franck Goodo va trouver ira au-delà du réel. Des nombres, inscrits directement dans le cerveau des terroristes. Qu’est-ce que cela signifie ? Comment est-ce possible ? Là est tout le problème.

Agence 42 est une saga, qui commence avec ce premier tome, dans les années 2020. C’est donc une sorte de dystopie, dans un monde futuriste, où les humains ont développés des technologies de pointes qui n’existent pas encore dans notre monde actuel. Les pires catastrophes arrivent sur Terre, des choses qui vont bien au-delà de notre imaginaire.

J’ai beaucoup aimé la modernité de ce récit et aussi sa complexité. J’ai peur de trop vous en dire, je ne voudrais pas gâcher votre surprise en lisant ce livre, mais sachez que cette saga est beaucoup plus complexe et alambiquée que ce qu’il n’y paraît. Il faut s’accrocher pour suivre l’histoire et il faut bien discerner les personnages et leurs implications dans les différentes actions menées, car tout est une question de perception.

Ce livre vous retournera un minimum le cerveau. Et les informations délivrées font vraiment très peur. En tout cas, j’ai eu le très mauvais réflexe de projeter cette histoire dans la vie réelle, et de me questionner sur la possible adaptation de ce récit à notre monde : et si l’histoire contée était en fait la réalité ? Et pour tout vous avouer : ça fait froid dans le dos !

C’est un premier tome étonnant que nous livre François Rochet. L’histoire est originale, puisque je n’avais encore jamais eu l’occasion de pouvoir découvrir un récit comme celui dont il nous conte l’histoire. C’est avec beaucoup d’impatience et de curiosité que j’attends la sortie du second tome, prévue dans les mois à venir.


Un premier tome complexe mais glaçant, qui va faire bouillonner votre cerveau. Une dystopie originale, au concept moderne et novateur ! J’ai hâte de lire la suite. 

Ma note : 7/10

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Dix jours avant la fin du monde


Dix jours avant la fin du monde de Manon Fargetton

452 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Deux lignes d’explosions ravagent la Terre. Nul n’en connaît l’origine mais, quand elles se rejoindront au large de notre côte atlantique, notre monde sera détruit. Sur les routes encombrées de fugitifs qui tentent en vain d’échapper au cataclysme, six hommes et femmes sont réunis par le destin. Ensemble, ils ont dix jours à vivre avant la fin du monde…


Extraits  « Commencer un livre, c’est avoir la responsabilité de le finir. »

« Les dialogues sont tellement plus beaux dans les fictions, débarrassés des banalités. »


Mon avisQue feriez-vous s’il en vous restait plus que dix jours à vivre ? Des explosions ravagent progressivement la surface de la Terre. Personne ne sait à quoi elles sont dues, la seule chose dont sont certains les scientifiques, c’est qu’elles vont détruire l’intégralité de la surface de la terre et des hommes. Dans dix jours, la vie humaine s’éteindra. Sur Terre, c’est le chaos. Les gens fuient, tentent de trouver un abri pour échapper à la catastrophe ou profitent des derniers jours qu’il leur reste à vivre. Nous suivrons particulièrement un groupe de personnes composé de Gwen et Sara, un couple atypique, Brahim, un chauffeur de taxi sans attaches, Valentin, un jeune garçon qui vient de perdre sa mère, Lili-Ann, une femme très attachée à sa famille et Béatrice, une courageuse force de l’ordre. Alors qu’ils ne se connaissaient pas, le hasard va les faire se rencontrer et poursuivre un bout de chemin ensemble.

Dix jours avant la fin du monde est une dystopie apocalyptique angoissante. Le compte a rebours est lancé : il ne reste plus que dix jours à la population humaine pour survivre. Pour ajouter une dose de tension supplémentaire, Manon Fargetton ajoute, à chaque début de chapitre, un décompte sous forme d’heures, qui montre le temps qu’il reste avant la fin complète de l’humanité. Effrayant…

L’histoire se construit avec une alternance à chaque chapitres des différents points de vue des protagonistes. Ainsi, cela donne une dynamique supplémentaire au récit et nous permet de se rapprocher plus étroitement de chacun des personnages.  De cette façon, j’ai réussi à tous les comprendre et les apprivoiser, en quelque sorte, et à voir leurs différentes réactions face à la catastrophe approchante. Tous à leur manière ont su me toucher : Brahim et son grand coeur, Lili-Ann et son amour pour sa famille, Valentin et sa manière de cacher ses sentiments, Gwen, son amour pour la littérature et son côté tête en l’air, Béatrice, avec son courage, sa détermination et son envie d’aider les autres…

Nous assistons, avec effroi, aux actions et décisions stupéfiantes des personnes soumises à la fin du monde. La civilisation humaine, mue par sa peur et sa soif de vivre, souhaite profiter des derniers instants qu’il leur reste à vivre. On ne reconnaît pas l’Homme tel qu’il est dans la société moderne, rabaissé au rang d’animal sauvage et primitif, pris au piège de la situation terrestre. Heureusement que d’autres personnes, comme certains membres de la bande, gardent leur sang-froid et leur éducation face à la catastrophe naturelle qui va sévir.

C’est vraiment un récit prenant et addictif. Chaque fin de chapitre donne envie d’en commencer un nouveau, tant et si bien que j’aie dû lire ce livre en deux jours seulement.

Malheureusement, j’ai trouvé le dénouement du livre un peu abrupte et pas assez clair. Manon Fargetton nous laisse dans le flou, un peu à bout de souffle après avoir découvert l’ensemble de l’histoire. J’espère sincèrement qu’une suite est prévue, et que sa sortie est prévue dans peu de temps. Si c’est le cas, je serai l’une des premières à me ruer dessus pour l’acheter !


Une dystopie bien construite, dynamique, avec des personnages attachants et originaux. Je ne serais pas surprise si j’apprenais dans quelques années que ce livre a été adapté au cinéma…!

Ma note : 8,5/10

 

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La cité de l’oubli


La cité de l’oubli de Sharon Cameron

461 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : Tous les douze ans, les habitants de Canaan subissent l’Oubli, un mystérieux phénomène qui efface leur mémoire. Pas celle de Nadia. Elle seule n’a pas oublié. Elle seule se souvient que se père a profité de ce bouleversement pour l’abandonner… Le nouvel Oubli approche. Nadia doit percer le secret de cette fatalité avant que sa famille ne vole à nouveau en éclats. Avant que la ville ne sombre encore une fois dans le chaos.


Extraits  « Pourquoi chaque « maintenant » devrait-il être gâché par ce qui doit advenir ? »

« Je trouve qu’une fois votre coupe remplie, la douleur ne devrait plus pouvoir se déverser du broc. »


Mon avis : Au départ assez sceptique de découvrir ce livre, ma lecture reflète totalement mon premier sentiment : incrédulité, déception, perplexité.

Canaan, c’est un peu comme un village gaulois. Tous les habitants de la ville vivent confinés dans un espace délimité, entouré par des Murs. Nul n’a le droit de passer de l’autre côté, puisque nul ne sait ce qu’il s’y cache. Mais surtout, tout le monde redoute l’Oubli, un mystérieux phénomène qui arrive tous les 12 ans et qui fait perdre la mémoire à tous les habitants. Mais Nadia, fille de la teinturière est une originale, puisque d’une part elle est la seule à ne jamais Oublier, et d’autre part, elle n’obéit pas nécessairement aux règles dictées et se rend fréquemment seule hors des Murs, en toute illégalité. Elle pensait que personne n’avait remarqué son manège… jusqu’à ce que Gray la surprenne et l’enjoigne de l’emmener avec elle. D’abord hésitante, la jeune fille va se laisser séduire par ce beau jeune homme et lui révéler son secret.

La cité de l’oubli est une dystopie jeunesse, qui reprend tous les codes des dystopies, sans rien ajouter de très novateur au genre. L’Oubli aurait pu être l’élément qui détache le récit des autres. Malheureusement, je ne l’ai pas trouvé assez vendeur et trop peu travaillé, ce qui explique ma frustration de lectrice, pas totalement satisfaite de cette dystopie soit-disant « originale ». J’ai trouvé que l’intrigue globale manquait d’énergie et qu’elle était souvent bien trop suggestive quant à la suite des événements, ce qui enlevait toute notion de surprise et d’étonnement. L’auteure ne nous laissait pas forcément ouvrir notre imagination et tenter de deviner la suite des événements, j’avais l’impression que tout nous était servis sur un plateau d’argent, et que nous étions des acteurs passifs de l’histoire : tout ce dont j’ai horreur ! A mon sens, il faut toujours laisser les lecteurs s’imprégner de l’histoire et se plonger dans son univers.

De plus, j’ai trouvé ce livre dans son ensemble assez mal écrit. Il y a parfois beaucoup trop d’informations condensées dans quelques paragraphes, et d’autres fois pas assez. C’est-à-dire que par moment, j’ai trouvé l’histoire très longue, puisque l’auteure se plaisait à faire de longues descriptions qui n’apportait pas grand chose à l’histoire. D’autres fois, l’histoire devenait plus dynamique, voire trop dynamique, et l’intrigue filait à une telle vitesse qu’il m’était impossible de la comprendre. D’où mon incrédulité face à ce phénomène d’écriture assez spécifique…


Une dystopie jeunesse maladroite et balbutiante, qui manque de clarté dans son écriture. Quant à l’histoire, elle se voulait originale, mais n’a pas été assez travaillée pour être totalement novatrice. 

Ma note : 4/10

Cell.7, tome 2 – La mort vous attend


Cell.7, tome 2 de Kerry Drewery

391 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : En Grande-Bretagne, c’est un jury populaire qui décide du sort des prisonniers à travers une émission télévisée. Martha est sortie indemne de son jugement, mais elle a échoué dans sa volonté de dénoncer cette pratique. Maintenant, c’est la vie de son ami Issac qui est en jeu. Etant surveillée sans répit, Martha ne sait comment l’aider.


Extraits  « C’est bizarre, la mémoire ; les choses qu’elle vous rappelle, le moment où elle vous les rappelle. »

« La vie est un château de cartes, des fois, hein ? On en fait tomber une par maladresse, et tout s’écroule.« 


Mon avis : Un an que j’avais terminé le premier tome de Cell.7, un an que j’attendais avec impatience la suite de cette histoire.

Pour ceux qui ne connaissent pas la saga Cell.7, c’est une dystopie des temps modernes. La peine de mort a été rétablie sous forme de jeu de télé-réalité : tout le peuple a un droit de vote sur la sentence, chacun peut décider de la mort ou non du coupable présumé. Un système terrifiant, qu’a expérimenté Martha, une jeune fille jugée coupable de l’assassinat du milliardaire Jackson. Après sept jours de détention, Martha se trouvait dans la Cell.7, la dernière cellule où se trouve la chaise électrique. Persuadée de mourir ce jour, un surprenant retournement de situation a lieu et Isaac, son petit ami, se retrouve accusé à sa place. Martha s’en sort indemne, mais c’est au tour d’Isaac d’être enfermé dans le couloir de la mort. Martha et ses amis ont sept jours pour tenter d’interférer dans le système et de sauver Isaac.

Je retrouve les ingrédients que j’avais tant apprécié dans le premier tome : un rythme effréné, avec une histoire qui ne connaît pas de temps mort ; du suspense à chaque fin de chapitre ; des personnages attachants et surprenants.

Dans ce deuxième tome, Kerry Drewery va plus loin dans son intrigue et crée une propagande des temps modernes. On y voit plus clairement la mise en place de l’endoctrinement des masses via des médias popularisés, le bourrage de crâne des populations, les informations cachées, falsifiées, censurées…  C’est une bonne alternative pour faire comprendre concrètement aux plus jeunes comment se crée les propagandes, comment elles évoluent et se dispersent à une population entière. Certains ne pourront s’empêcher de faire un parallèle avec la propagande nazie du XXème, qui a utilisé les mêmes moyens (détournement et censure des médias, barricadement des idées…) pour parvenir à leurs fins.

J’ai ressenti comme un sentiment de lassitude au courant de ma lecture. En effet, les personnages se retrouvent seuls à se battre contre une population entière. Quoi qu’ils fassent, où qu’ils aillent, ils seront rattrapés, jugés, condamnés. D’une certaine façon, on retrouve un peu le même schéma que dans le tome précédent, avec seulement une personne différente présente dans le couloir de la mort. Comment peuvent-ils espérer s’en sortir ? J’espère que le troisième tome apportera des idées un peu plus novatrices permettant de faire avancer l’histoire.

En tout cas, si je dois reconnaître un talent à Kerry Drewery, c’est qu’elle sait mettre l’eau à la bouche à ses lecteurs. La fin de ce second tome me laisse encore plus en haleine que la fin du premier. D’un côté, cela me plaît, puisque je vais avoir l’opportunité de revoir ces personnages que j’adore et de poursuivre la découverte de cette intrigue si prenante. D’un autre côté, je me désole en sachant pertinemment que le troisième tome ne sortira sans doute pas avant des mois… C’est un mal pour un bien !


Une dystopie dynamique et prenante, qui manie avec brio les outils de propagande des temps modernes. A glisser entre les mains de tous les adolescents. 

 

Ma note : 7,5/10

Replica


Replica de Lauren Oliver

480 pages, éditions Hachette romans, à 20€


Résumé : D’aussi loin qu’elle se souvienne, Gemma a vécu d’hôpital en hôpital. Adolescente solitaire, surprotégée par ses parents à cause de sa santé fragile, sa vie se réduit maintenant à sa maison, son école et ses échanges avec sa seule amie, April. Mais quand elle découvre que le nom de son père est associé au mystérieux institut Haven, qui d’après la rumeur abriterait des expériences scientifiques monstrueuses, Gemma décide de quitter le sanctuaire qu’elle a toujours connu et de se rendre sur l’île d’Haven pour découvrir ce qu’il s’y passe réellement…
Lyra – ou numéro 24 – n’est pas humaine, c’est une reproduction. Pour elle, le monde se limite à Haven, aux savants et infirmières qui s’occupent d’elle. Le jour où l’île devient le théâtre d’une terrible explosion, Lyra s’échappe. À l’extérieur des murs de l’Institut, elle découvre un monde qu’elle n’avait jamais soupçonné et rencontre Gemma. Ensemble, elles essaient de lever le voile sur les mystères de Haven, et les secrets qui leur seront révélés vont changer leur vie pour toujours…


Extraits :  « De toute façon, la normalité est surfaite. Des gens emmerdants ont inventé ce mot pour justifier le fait qu’ils emmerdaient tout le monde.« 

« On ne naissait pas « monstre », on ne l’était pas par destinée, on ne le devenait pas grâce aux circonstances. Les monstres choisissaient cette voie. Et ce choix terrible se reproduisait constamment, jour après jour.« 


Mon avisReplica ? Kézako ? Le titre est déroutant, tout comme la mise en page du récit, qui se structure autour de deux personnages différents, avec une partie qui se lit normalement, et une autre partie qui se lit à l’envers : en tournant le livre, et en commençant par la fin. Un concept étrange, mais intriguant.

La même histoire est donc racontée deux fois, mais avec des points de vue différents et des divergences narratives. On a d’un côté Gemma, jeune fille tout ce qu’il y a de plus normal, surprotégée par ses parents, qui ne la laissent même pas partir en vacances avec sa meilleure amie April. Pourtant, Gemma va faire une découverte qui va bouleverser sa vie à jamais : elle va découvrir que son père est lié à l’institut Haven, clinique mystérieuse associée à des expériences scientifiques sur des êtres humains. Elle prend son courage à deux mains et part à Haven pour chercher des réponses. Deuxième protagoniste : Lyra. Lyra vit depuis toujours à l’institut Haven et est en quelque sorte le fruit d’expériences de clonage. Mais lorsque l’institut Haven prend feu, la jeune fille s’échappe, aidée par Gemma, qu’elle rencontre au hasard de l’île, puis découvre l’immensité du monde.

J’avais peur que le fait que l’histoire soit racontée deux fois soit bien trop redondant et lassant. Mais il n’en est rien, puisque au contraire, voir deux points de vue disjoints densifie davantage le contenu narratif, qui, de ce fait, devient plus complet. On voit donc l’histoire des deux protagonistes avant leur rencontre, on ressent leurs sentiments durant leur rencontre, ce qui donne une vue d’ensemble plus développée du récit et de ses personnages. Les deux histoires sont donc différentes autant qu’elles sont liées, et c’est tout ce qui fait l’intérêt de l’histoire.

Pour ce qui est de l’intrigue en elle-même, je la trouve intéressante, puisque les expériences scientifiques, notamment le clonage, sont des thématiques qui fascinent autant qu’elles effraient. Néanmoins, j’avoue que par moments, l’auteure m’a perdue. Je n’ai pas totalement compris l’intérêt des différentes castes, le but des captures d’enfants… Sans doute trop peu habituée aux histoires de science-fiction, je n’ai pas réussie à adhérer pleinement au récit.

Fort heureusement, la science-fiction n’est pas seule à gouverner le récit, puisque Lauren Oliver incorpore un zeste de romance entre les personnages. Ainsi, Gemma va tomber en amour de Paul et Lyra de 72. Une romance subtile, qui n’éclipse nullement la thématique centrale, mais qui ouvre le récit à de plus vastes horizons. De plus, des sujets secondaires seront abordés, avec notamment l’apprentissage et la connaissance de soi, la confiance et l’amitié, etc. De quoi convenir à un large public.


Ce fût une lecture expérimentale : expérimentale dans sa forme et sa mise en page, mais aussi dans sa thématique scientifique futuriste. J’apprécie sortir des sentiers battus pour lire ce genre de récit original et innovant. Si tome 2 il y a, je me laisserais sans doute tenter. 

Ma note : 6,5/10

U4. Jules

U4 .Jules de Carole Trébor
421 pages, éditions Syros et Nathan, à 16,90€

 

Résumé : Jules vit reclus dans son appartement du boulevard Saint-Michel, à Paris. Il n’a pas de nouvelles de ses parents, en voyage à Hong Kong lorsque l’épidémie a commencé de se propager. Le spectacle qu’il devine par la fenêtre est effroyable, la rue jonchée de cadavres. Mais il sait qu’il ne pourra pas tenir longtemps en autarcie. Pour affronter l’extérieur, Jules redevient le guerrier impavide qu’il était dans le jeu. Il va alors retrouver son frère aîné, qui se drogue et dont il ne peut rien attendre, puis secourir une petite fille qui a mystérieusement échappé au virus et qu’il décide de prendre sous son aile. Son seul espoir : le rendez-vous fixé par Warriors of Times.

Extraits :  « Le pire, après la puanteur et le silence entrecoupé des cris des charognards voraces, c’est l’immobilité absolue de tout ce qui vivait. La vie, c’est le mouvement, et de mouvement, il n’y en a plus. Hormis les tourbilons d’oiseaux noirs et les cavalcades de rats gris. »
« Je croise son regard et n’y vois qu’une bienveillance infinie. Une putain de bienveillance dans les yeux d’une meurtrière. Je me sens inondé d’une immense gratitude. Cette fille n’était pas destinée à tuer des soldats. C’est le monde qui a fait d’elle une tueuse. »

Mon avis :  Après le fabuleux U4 .Koridwen que j’ai lu la semaine passée, j’ai enchaînée sur ma lancée avec U4 .Jules, un autre des quatre romans de cette magnifique saga. Je vous préviens que je risque de chroniquer ce livre-ci en faisant quelques parallèles avec l’histoire de Koridwen, lu précédemment. Car – si vous n’avez pas lu ma critique sur Koridwen -, les quatre romans de U4 comportent quatre protagonistes différents. Mais chacun est présent dans chaque roman. Je m’explique : Jules est le héros de ce roman ; alors qu’il n’était que personnage secondaire dans U4 .Koridwen et inversement.

L’histoire est simple : suite à un terrible virus, nommé U4, les trois quart de la population a été anéantie. Seuls les adolescents ont réussis à survivre mystérieusement. Jules, originaire de Paris, grand joueur d’un jeu multijoueurs en ligne, reçoit un message concernant un possible retour dans le passé. Un rendez-vous est fixé au 24 décembre, regroupant tous les joueurs Experts de ce fameux jeu. Mais pour l’instant, l’heure est à la survie. Originaire de Paris, il découvre une petite fille dans son immeuble, à l’étage supérieur, et va continuer son aventure avec elle. Une aventure riche en actions, avec de nombreuses scènes de courses poursuites. Mais aussi beaucoup de rencontres et de solides liens d’amitiés qui vont se bâtir au fil des jours…

Jules, contrairement à Koridwen est beaucoup moins solidaire et sensiblement moins froid. En effet, le jeune homme est accueillant, entreprenant, tout sourire ; il a le goût du partage, comme en témoigne la petite fille qu’il a voulu sauver. Il n’hésite pas à venir en aide aux autres, il essaie de se rendre utile au maximum, il réconforte les âmes tourmentées et essaie de redonner de l’espoir à ses compagnons d’aventure.

Car dans sa tragédie, Jules n’est pas seul, bien au contraire. Il a attérit dans un immeuble rempli de jeunes qui s’organisent pour survivre et faire face aux attaques des gangs des rues ou des militaires. Les militaires montent des camps qui regroupent tous les survivants, où l’eau et le manger sont mis à leur disposition. Mais les jeunes qui y entrent sont à la merci des militaires et perdent définitivement leur liberté ; ce que Jules et ses amis ne peuvent concevoir. C’est pour cette raison qu’ils s’organisent hâtivement. Chacun se voit confier une tâche : Isa doit regrouper tous les livres qu’elle trouve, susceptibles de fournir de précieuses informations. Maïa est la guérisseuse, chargée de soigner les blessés de guerre. Il y a aussi le Soldat ainsi que son Chef, etc. Une organisation très strict, qui fera la réussite de ces adolescents.

Mais contrairement au premier roman de U4 .Koridwen que j’ai eu le plaisir de lire, j’ai trouvé que ce tome-ci recelait bien moins de scènes d’actions. Le protagoniste est presque constamment à l’intérieur de l’immeuble, avec ses camarades. Tandis que Koridwen était le plus souvent seule, à arpenter les rues de Paris, à quelques mètres de militaires armés jusqu’aux dents ou de gangs enragés. Avec Jules, il y a moins de tension dans l’air, le lecteur s’effraie moins qu’avec Koridwen. Mais c’est ce qui fait la somptuosité de cette saga : le lecteur voit différents points de vue, différents styles d’écritures, différentes narrations, différents caractères… le tout autour d’une seule et même histoire ! Sans vouloir vous spoiler les dénouements de cette saga, sachez que chaque fin est différente pour les héros de U4. La fin de Koridwen avait été un coup de maître pour moi, alors que celle de Jules est un peu plus classique… mais sympathique à découvrir tout de même !

Vous l’aurez compris, même si j’ai un petit faible pour U4 .Koridwen, j’ai quand même beaucoup aimé U4 .Jules. Une saga qui vaut largement le détour. Même après avoir déjà vécu deux aventures dans ce chaos Parisien du XXIème siècle, j’ai toujours énormément envie de redécouvrir encore et encore cette histoire…

 

Ma note : 8/10