Le Château de ma mère

Le Château de ma mère de Marcel Pagnol.
220 pages, éditions de Fallois

 

Résumé : Cette histoire est vraie, mais elle s’est passée il y a bien longtemps, quand vos grands-parents étaient encore des enfants… A cette époque, des charrettes et des fiacres roulaient dans les rues, et quand une auto arrivait, on l’entendait venir de bien loin… Alors les chevaux prenaient le mors aux dents, et les gens couraient s’abriter sous les portes cochères… Mais il a une chose qui ne changera jamais : c’est l’amour des enfants pour leur mère, et j’ai écrit ce livre pour apprendre aux petites filles comment leurs fils les aimeront un jour…

Extraits : « Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants. »
« Jusqu’à la triste puberté, le monde des enfants n’est pas le nôtre : ils possèdent le don merveilleux d’ubiquité. »

Mon avis : Avant de commencer à exprimer mon ressentiment sur cette lecture, je tenais à vous informer que ce roman est le second tome des Souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol, qui est une autobiographie concernant l’enfance de l’auteur. Je n’ai pas lu le premier volet, mais ce second était dans ma bibliothèque depuis très longtemps. Comme ils se lisent séparément, je n’ai pas voulu acheter le premier, et me suis contenté du second… fort heureusement, car j’aurais regretté mon achat !

Marcel Pagnol est un auteur provincial, qui vient du sud, dans les Bouches-du-Rhône, qui a écrit bon nombre de romans, d’essais, ou encore de pièces de théâtre. Comme tout bon sudiste qui se respecte, son langage recèle maintes expressions typiquement provinciales, qui fait peiner l’avancée de la lecture. Néanmoins, son style d’écriture est extraordinairement parfait ; entre modernité et poésie, Marcel Pagnol est arrivé à créer un récit parfaitement adapté à tous.
Quand je parle de récit, c’est surtout une autobiographie que nous dessine ici l’auteur. Il raconte sa propre vie, notamment durant son enfance, et nous narre avec de nombreuses descriptions et des détails très réalistes, sa jeunesse oubliée.

Malheureusement, même si j’ai adoré le style d’écriture posé de l’auteur, j’ai trouvé le contenu du livre assez plat. Il se passe certaines choses, des actions qui devraient donnaient de l’ampleur au récit, mais Marcel Pagnol passe rapidement dessus, et ne s’éternise pas à les narrer. On se perd dans l’espace-temps du livre, dans les lieux et les personnages ; tout s’embrouille et se mêle. (Peut-être, me direz-vous, tout ceci aurait été plus clair si j’avais lu le premier tome avant de débuter ce second).

Il n’empêche que les années se font sentir. Tout semble vieux, dépassé, tout semble provenir d’une autre planète, d’une autre ère, d’une vie lointaine, alors assouvie depuis longtemps.
Le style de l’auteur est sublime, mais pas entraînant pour un sou. Les personnages ne dégagent rien de particulier, et font qu’ils deviennent rapidement de simple figurant dans ce vaste champ littéraire. Je me suis rapidement lassé et ennuyé. C’est regrettable de dire ça, surtout quand on regarde l’incroyable talent d’écriture de l’auteur. Seulement, il ne faut pas, à mon amble avis, sortir les oeuvres de leurs contextes.

En regardant et en comparant la bande-annonce de l’adaptation cinématographique réalisée par Yves Robert avec ce tome-ci, la même ambiance s’est dégagée du film que du livre. Tout à l’air mou et lent, et assez sombre, de surcroît.

Pour conclure, je dirais quand même que je suis assez contente d’avoir découvert la magnifique plume de cet auteur. Même si le récit ne m’a pas plût à cause son côté « vieillot », l’admiration que je portais aux somptueux phrasées de l’auteur m’a permis d’apprécier un minimum son autobiographie.

 

Ma note : 4/10

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert de Joël Dicker.
670 pages, éditions De Fallois à 20,90€

Résumé : À New York, au printemps 2008, lorsque l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.

Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.

Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Extraits : « Car la maladie des écrivains, Marcus, ce n’est pas de ne plus pouvoir écrire : c’est de ne plus vouloir écrire mais d’être incapable de s’en empêcher.  »
« Des gens croient qu’ils s’aiment, alors ils se marient. Et puis, un jour, ils découvrent l’amour, sans même le vouloir, sans s’en rendre compte. Et ils se le prennent en pleine gueule. « 

Mon avis : Tous les prix qui ont été accordés à La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert sont amplement mérités !

Ce livre est un véritable chef-d’oeuvre, le meilleur livre qu’il m’a été donné de lire, jusqu’à présent. A première vue, quand on regarde l’épaisseur de ce roman, on peut être repoussé par la peur de toutes ces pages… mais ne vous laissez pas intimider, et lisez ce superbe livre, que je recommande d’ailleurs à tous. Très distrayant et divertissant, Joël Dicker mêle dans son roman enquête policière et construction littéraire d’un livre..
Accessible pour tout type de personne et facile à lire, vous vous laisserez emporter dans les enquêtes et aventures de l’écrivain, qui se prend pour un détective/policier, Marcus Goldman.

Les personnages, notamment le héros principal, l’écrivain Goldman, est très attachant, il est sympathique, perspicace, et très intelligent. La jeune Nola Kellergan, elle, a, au début du livre, un côté un peu fille gentille, attachante… mais elle se révèle au fil des pages, être une quelqu’un de bizarre, d’étrange, de mauvaise, dans certains passages : de complètement à côté de l’idée que je me faisais d’elle au début. Harry Quebert, quant à lui, m’a donné l’impression d’être complètement à côté de la plaque, déprimé tout au long du livre, bouleversé d’avoir retrouvé le corps de son amoureuse dans sa propre propriété. Il était vraiment mou, un peu trop à mon goût. Alors que le sergent Gahalowood s’est révélé un véritable ami aux yeux de Goldman, quelqu’un de droit, apte aux confidences, et qui inspire la confiance.

J’ai adoré découvrir l’enquête au fur à mesure du livre. Je me posais pleins de questions sur les différents suspects, et je tentais de découvrir le véritable assassin de Nola Kellergan… en vain ! L’enquête avance crescendo, on découvre de plus en plus de preuves à chaque fois, toutes plus inattendues et surprenantes les unes que les autres, avec en prime, une tonne de rebondissements et d’action ! le suspense est vraiment tenu jusqu’au bout, laissant le lecteur en haleine tout au long du livre.

Les petites leçons d’écriture d’Harry Quebert à l’attention de Marcus Goldman à chaque nouveau chapitre était bien pensé. Les nombres des chapitres inversés étaient aussi très original, j’ai bien aimé.

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert a vraiment été une révélation pour ma part. C’est l’un des plus beaux livres qu’il m’a été donné de lire. Je vais d’ailleurs rapidement l’ajouté en première position dans mes « livres a emportés sur une île déserte. » Je l’ai avalé en un rien de temps, dévoré comme jamais ! Je suis triste de quitter tous ces personnages, je me suis tellement attaché à eux, que ça va être dur d’ouvrir un nouveau livre, après ce magnifique bijou !

Un grand bravo à Joël Dicker, jeune auteur de tout juste 27 ans ! J’attends avec impatience votre prochain roman, en espérant que vous n’aurez pas une panne d’écriture, comme Marcus Goldman… .

 

Ma note : 10/10