Qui a tué Rose ?


Qui a tué Rose ? de Claire Allan
377 pages, éditions l’Archipel, à 22€


Résumé : Quand Emily sort du centre commercial ce jour-là, elle assiste, impuissante, à un accident : une femme est renversée par un automobiliste qui prend la fuite.
Très vite, la presse locale relaie les détails du drame : la victime s’appelait Rose. Mère d’un petit garçon et épouse du célèbre écrivain Cian Grahame, elle travaillait comme assistante dans un cabinet dentaire.
En effectuant des recherches sur les réseaux sociaux, Emily se met à envier la vie si parfaite de Rose, elle qui enchaîne les échecs, tant professionnels que sentimentaux.
Mais, à présent, « la place est libre ». Emily réussit à obtenir le poste qu’occupait Rose et à se rapprocher de son ex-époux. Mais, sous le vernis des apparences, la réalité est parfois moins reluisante… voire dangereuse.


Extraits : « Comment faisons-nous pour surmonter tout ça ? ai-je pensé. Toutes ces tragédies que la vie nous inflige. Toutes ces embûches semées sur notre route. »

« On partage trop, vous savez. Tous autant que nous sommes. Même ceux d’entre nous qui affirment le contraire. Notre comportement nous trahit. Ce qu’on « like » – ou pas. Les comptes que nous suivons. Les vêtements que nous portons sur nos photos. Les citations que l’on poste – ou pas. La musique que l’on partage. Ce qu’on écrit quand on est fatigué. Quand on est sous le coup d’une émotion. Ou quand on est pompette.
Toute une vie que l’on expose à la vue des autres. Toute une vie que l’on s’invente. On en arrive bizarrement, en désespoir de cause, à prendre notre existence virtuelle sur Facebook pour notre vie réelle. »


Mon avis : Après Ne la quitte pas du regard, un polar psychologique qui m’avait beaucoup plût, Claire Allan sort son nouveau roman : Qui a tué Rose ?, un thriller glaçant, avec une dose de suspense tout à fait délectable.

Emily, notre protagoniste, assiste impuissante au meurtre de Rose, une passante, sauvagement renversée par un automobiliste qui prend la fuite. Dès lors, curieusement, la jeune femme ressent une irrésistible envie d’en apprendre plus sur la victime. Elle la cherche sur les réseaux sociaux, lit tous les articles qui la concernent et va même jusqu’à s’imaginer dans sa vie, aux côtés de son mari et de son petit garçon. Le point de bascule survient lorsqu’elle décide de postuler au poste laissé vacant par la défunte… et se retrouve embauchée comme assistante dentaire. Elle apprend à connaître les anciennes collègues de Rose, rêve de bâtir de solides amitiés avec elles… et découvre le mari de Rose, qui vient en consultation au cabinet pour son petit garçon. Le coup de foudre est immédiat, brutal, sans équivoque.

Comme dans Ne la quitte pas du regard, le suspense est à son comble et monte crescendo. Le profil psychologique d’Emily est particulièrement bien construit, puisque c’est un personnage auquel on s’attache facilement, tout en gardant quand même une certaine distance, rendue indispensable par ses agissements, qui parfois, dépassent l’entendement. Une certaine gêne s’installe, qui s’accentue au grès des événements malsains qui se déroulent sous nos yeux impuissants. Enfin, le mari, Cian, est un personnage également très intéressant, à la psyché complexe, que l’on apprend à connaître au fil des pages. Le mari idéal, attentionné et bienveillant que peut décrire Rose dans ses publications sur les réseaux sociaux, ne serait-il que façade ? Les apparences sont parfois trompeuses, il faut se méfier de ce que certaines personnes sont capables de faire.

Néanmoins, comme dans Ne la quitte pas du regard, j’ai trouvé le scénario un peu simpliste. Il faut dire que j’ai déjà eu l’occasion de lire un paquet de polars, aux intrigues qui vont de la plus basique à la plus emberlificotée. Ici, l’histoire plaira forcément aux novices du genre, qui apprécieront l’intrigue et le retournement de situation final.


Un polar à suspense, aux personnages psychologiquement bien construits, mais au scénario un peu trop simpliste pour les amateurs du genre, qui y trouveront forcément un goût de déjà lu.

Ma note : 6,5/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-8098-4372-9
Traduction : Nicolas Porret-Blanc

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Ne la quitte pas du regard


Ne la quitte pas du regard de Claire Allan
365 pages, éditions l’Archipel, à 22€


Résumé :  » Ne crois pas ce qu’il te raconte.  » Cette note anonyme glissée dans son casier instille le doute dans l’esprit d’Eli, une infirmière enceinte de sept mois. Simple plaisanterie de mauvais goût ou véritable avertissement ?
Le message fait-il allusion à son mari, Martin, qu’elle sent de plus en plus distant depuis le début de sa grossesse ? Un deuxième message lui parvient bientôt, plus explicite mais surtout plus inquiétant. Puis les menaces se précisent…
Dans l’ombre, une femme semble l’épier. Une femme qui souhaite plus que tout devenir mère…
Ne la quitte pas du regard alterne plusieurs voix – dont celle d’Eli, la future maman, et celle de Louise, qui suit une femme enceinte qu’elle ne juge pas digne d’élever la fillette qu’elle attend. Un suspense dont la tension va crescendo, jusqu’au dénouement… inattendu !


Extraits« En réalité, ce n’est pas d’une mère dont a besoin un bébé. Une fois mis au monde, tout ce qu’il lui faut, c’est quelqu’un qui subvienne à ses moindres besoins. Quelqu’un qui le nourrisse, qui le change, qui lui tapote délicatement le dos après le biberon pour lui faire faire son rot. Quelqu’un qui lui donne le bain, l’habille, le berce tout doucement pour le faire s’endormir.
D’autres pouvaient très bien s’en charger.
Comme moi.
« 

« Une mère ne peut se contenter de manger, ou de faire ce qui lui fait plaisir, sans prendre en compte le petit être qui croît dans son ventre.
Chaque bébé mérite le meilleur départ dans la vie. »


Mon avisEli est infirmière, enceinte de sept mois, elle vit une grossesse difficile, se questionnant sans cesse sur ses capacités à devenir mère. Une crainte qui s’accentue lorsqu’elle reçoit un premier message anonyme lui stipulant de faire attention à son mari, qui la tromperait dans son dos. Interloquée, déstabilisée, Eli ne sait plus que croire, d’autant que son mari lui affirme le contraire. Mais les messages anonymes continuent inexorablement. Souhaitant prendre un peu de recul sur la situation et se reposer de ses journées éprouvantes, Eli se rend chez sa mère, à une heure et demi de route de chez elle, qui l’accueille les bras ouverts. Eli et sa mère ont toujours entretenues une complicité émouvante, elles forment un duo mère-fille soudé, comme nous le montre les quelques flashbacks d’enfance qui viennent égayer le récit. Malheureusement, depuis le mariage d’Eli et son déménagement auprès de son époux, la mère et la fille entretiennent toujours une complicité, amoindrie depuis ces dernières années, en raison de la distance qui les sépare et de ce mari venu s’immiscer dans ce duo si important.

Le polar donne la parole à trois narrateurs distinctes : Eli, notre protagoniste, mais aussi Angela, la maman d’Eli et enfin une mystérieuse Louise, dont on ne connaît pas l’identité. On comprend néanmoins que cette dernière souffre de troubles psychiques assez avancés suite à des fausses couches à répétition et qu’elle formente de voler le futur bébé d’Eli pour se l’accaparer. On peut aisément penser que c’est celle-là même qui est à l’origine des lettres anonymes. Bien que le but de ses démarches s’éclaircissent progressivement, le flou est total autour de l’origine du plan et surtout de la cible en elle-même : pourquoi avoir choisi Eli et pas une autre femme ?

C’est un thriller psychologique glaçant, qui nous tient en haleine du début jusqu’à la fin. Les indices sont disséminés au fil de notre lecture, libre à nous de les comprendre et de reconstituer une trame plausible. Claire Allan a plus misée sur un récit psychologique plutôt que policier, où l’on pénètre profondément dans l’esprit des différents protagonistes, où on s’amuse à essayer de comprendre leur façon de réfléchir et d’agir. On ressent précisément les doutes qui rongent Eli, l’angoisse et la détresse de son mari Martin face à ces accusations qu’il juge mensongères, la tendresse et la compassion de la mère d’Eli, qui soutient vaille que vaille sa fille dans ces moments difficiles.

Néanmoins, j’ai ressenti comme un sentiment de déjà-lu assez tenace. En tant que grande amatrice de littérature et de polars en particulier, j’ai vu défiler pas mal d’histoires à suspense, dont plusieurs aux scénarios qui se rapprochent assez précisément de celui narré ici. Le récit n’en reste pas moins original et savoureux à découvrir, surtout pour les personnes qui lisent peu ou prou de thrillers psychologiques.


Un thriller psychologique glaçant, qui nous tient en haleine jusqu’à la fin. Malgré un scénario déjà lu, j’ai accroché au récit et ai même été surprise par le dénouement. 

Ma note : 7/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-8098-4150-3
Traduction : Nicolas Porret-Blanc