Ma Vie, mon Ex et autres calamités

Ma Vie, Mon Ex et autres calamités de Marie Vareille
267 pages, éditions City, à 15,90€

 

Résumé : Juliette a un amoureux, un job, un appartement et trente-et-une paires de chaussures. Mais toutes les bonnes choses ont une fin : du jour au lendemain elle se retrouve célibataire, chômeuse et sans logement !
Elle déprime pendant des jours devant Gossip Girl en engloutissant des kilos de Chococookies. Jusqu’à ce qu’une série de quiproquos rocambolesques la contraigne à affronter sa plus grande terreur, l’avion, et à s’envoler pour les Maldives à la poursuite de son ex et de sa mystérieuse nouvelle copine.
Évidemment, là non plus, les choses ne tournent pas comme elle l’avait imaginé. Elle rencontre notamment un jeune homme, certes très beau, mais aussi très désagréable…
Une comédie romantique pétillante et drôle avec une délicieuse french touch !

Extraits : « En plus, franchement, imagine que je tombe sur Ryan Gosling dans la rue… J’aurais vraiment l’air stupide si je ne pouvais pas coucher avec lui parce que je suis mariée. »
« Cara mia, tu sais, quand on aime quelqu’un, on se fait toujours baiser, au sens propre comme au sens figuré. »

Mon avis : Si je devais conseiller un livre de chick-lit pour les vacances, qui permette de s’évader légèrement tout en s’amusant ; ce serait bien ce roman-ci.

Pour se relaxer, cette histoire est vraiment géniale. Usant d’humour et de second degré, Marie Vareille a lancé son héroïne dans des circonstances vraiment époustouflantes et originales. Des situations qui sortent de l’ordinaire, des quiproquos, des éclats de rire dignes des plus grands sketchs. Il est rare que je rigole autant à la lecture d’un livre.

Bien que la vie de notre protagoniste est assez spectaculaire – elle perd son boulot, elle perd son petit ami, qui s’envole au Maldives avec l’une de ses meilleures copines, elle les suit pour tenter de le reconquérir et rencontre un homme bien plus charmant -, je me suis facilement identifiée à Juliette. Son mode de vie, à la fois vagabond mais routinier coïncide avec son température difficile à décrypter : à vif, mais patiente, colérique et exigeante mais sentimentale et romantique.

La couverture du livre le présageait déjà, mais Ma vie, Mon Ex et autres calamités est un condensé de voyages, d’évasion, une bouffée d’air frais. Comme plongé dans un rêve, le lecteur s’embarque avec l’héroïne pour une destination tropicale, où des aventures fabuleuses se dérouleront sous le soleil et les palmiers. Un voyage paradisiadique qui virera du cauchemar le plus total à un conte de fée grandeur nature.

Malgré les nombreux problèmes rencontrés et les obstacles auxquels Juliette doit faire face, le récit se déroule d’une traite, et imbrique le lecteur dans son déroulement. J’ai été littéralement plongée en transe dans l’histoire, ne pouvant pas lâcher un chapitre sans un débuter un second. Le suspens de fins de chapitres est tel que j’ai failli lire ce livre en une seule fois (malheureusement le temps ne me l’a pas permis).

Je recommande chaudement ce léger roman, à lire essentiellement l’été, accompagné d’une boisson fraîche, et d’un paquet de mouchoir pour essuyer les larmes de rires. J’ai vraiment adoré ; je ne pensais pas aimer autant un roman chick-lit !

Ma note : 9/10

Le passage des ombres

Le passage des ombres de David Moitet
317 pages, éditions City, à 18,90€

 

Résumé : La porte est en dedans. C’est le mystérieux message laissé sur le seuil de la chapelle de Tréhorenteuc, en Bretagne. Aujourd’hui encore, nul ne sait ce qu’il signifie. Sauf, peut-être, Léonard de Vinci… Loin de se douter que cette inscription va transformer sa vie, Thomas Galion, l’ancien flic de la criminelle, profite de vacances bien méritées en mer Rouge avec son amie. Mais leur séjour se transforme rapidement en cauchemar… Qui sont ces hommes, qui les pourchassent ? Y-a-t-il un lien avec la délicate affaire qu’ils viennent de résoudre ? Un chassé-croisé sanglant entre la France et l’Egypte les entraine au-delà de tout ce qu’ils pouvaient imaginer, à la découverte d’un secret précieusement gardé au fil des siècles…

Extraits : « Dans le désert, l’homme n’était qu’un mort en sursis, entouré d’un silence si pesant qu’il en devenait bruyant. »
« Le dicton du paysan le plus simple contient parfois la plus grande sagesse. »

Mon avis : Quelle bonne surprise que de découvrir un très bon thriller né d’une plume française. La couverture et le résumé n’étaient pas très engageants, mais ils dégageaient néanmoins une grande part de mystère qui m’a poussé à découvrir plus en profondeur ce roman.

L’histoire débute sur les chapeaux de roues, avec un début d’action dès les premières pages. De l’action, du mouvement, il y en aura à revendre dans ce livre ; David Moitet ne nous laisse pas une seconde de temps mort, aucun blanc ou passage inutile n’est à démontrer. Chaque fin de rebondissement signait le renouveau d’un second, souvent bien plus spectaculaire, et totalement inattendu.

Les scènes d’actions jouent un bien grand rôle dans la quête initiatique du livre, mais les nombreux voyages où nous entraîne le protagoniste le sont tout autant. De Paris jusqu’en Egypte, de Bretagne aux Etats-Unis, tout s’enchaîne très habilement. Le plus impressionnant qui est également la clé de voûte du récit, repose sur les nombreuses escales en Egypte. Le paysage, décrit avec réalisme, se veut à la fois fascinant mais terriblement terrifiant. Cet immense désert, si vide soit-il, cache néanmoins bien des secrets en son sein… et c’est ce qui excite autant la curiosité des personnages, du lecteur, et de l’auteur lui-même.

Au vu des très nettes descriptions, de la ferveur avec laquelle sont décrits les lieux, le lecteur perçoit immédiatement la fascination de l’auteur vis-à-vis de ce splendide pays qu’est l’Egypte.

Le passage des ombres fait preuve d’énormément de réalisme. Les dimensions des pyramides décrient au cours de l’histoire sont exactes, certains personnages cités, qui jouent un rôle clé dans l’accomplissement du livre, ont réellement existé… proche du thriller historique, il n’en demeure pas moins majoritairement une fiction. Une fiction qui est d’ailleurs assez ardue à comprendre. Certains détails m’ont échappés, je n’ai pas su reconstitué la globalité des lieux ou des événements, mon cerveau n’a pas coïncidé avec les descriptions du livre.

A part ce petit problème, j’ai totalement adhéré. Les personnages gardent un minimum de mystère sur leur personnalité, l’intrigue est bien menée, l’auteur nous fait frissonner, il nous tient en haleine, captif de son imagination, dans un paysage propice à ce genre d’énigme.

David Moitet a prit un malin plaisir à jouer avec notre esprit, le malaxant à sa guise, au profit des tournures que prenaient le texte. Il nous a poussé à la réflexion, en philosophant, tel Erasme, sur la statut de la vie humaine, terrestre, intelligible, et s’est même aventuré vers une vie outre-Terre. Ces courts passages de pseudo « science-fiction » ne m’ont pas déplus, bien au contraire. Le lecteur est amené à se poser de vraies questions.

Un auteur très prometteur, une intrigue à couper le souffle, un paysage spectaculaire, et des personnages originaux. Très additif, Le passage des ombres « rend fou« .

 

Ma note : 7,5/10

Quand je me suis arrêtée de manger

Quand je me suis arrêtée de manger
de Léa Mauclère
251 pages, éditions City, à 17,95€
Résumé :Il y a dix ans, Léa s’est arrêtée de manger. Cette jeune adolescente était douée à l’école, faisait beaucoup de sport et semblait très épanouie. On ne cessait pourtant de lui dire qu’il fallait souffrir pour être belle. Et, au fond d’elle-même, Léa se sentait comme morte, n’ayant plus aucun désir de manger et de vivre. Une vraie maladie.

D’abord anorexique, la jeune fille devient ensuite boulimique, avalant tout et n’importe quoi avant de se faire vomir, alternant séances chez le psy et séjours à l’hôpital. Léa raconte ces années de souffrance et de douleur. Dix années de lutte contre une maladie qui l’a rongée au point de la conduire tout près de la mort…
Un bouleversant récit de 10 années d’enfer entre anorexie et boulimie.

Extraits : « Si l’amour fait autant souffrir, pourquoi aimer à nouveau un jour ? Autant profiter et ne pas s’accrocher.  »
« Lire pour vivre une vie meilleure, pleine d’aventures, de rebondissements, une vie différente de la mienne, si lisse en apparence.  »

Mon avis : Quel plus grand acte de courage que de balancer sur le papier l’histoire la plus noire, la plus terrible que l’on puisse vivre un jour ? Un récit cru, tordant et émouvant sur les années d’anorexie de Léa Mauclère, rongée par la maladie, qui détruit peu à peu sa vie, corporelle et sociale. Un témoignage bouleversant sur le combat d’une vie, prouvant la détermination de l’auteure et les méfaits qui accompagnent l’anorexie.

Bien connue pour toucher relativement tôt les adolescentes, l’auteure n’a pas échappée à la cruelle règle, et s’est laissée submergée par l’anorexie. Souvent dans le but de peaufiner son physique, de plaire ou de ressembler à des mannequins fines et sveltes, les jeunes filles se laissent peu-à-peu sombrer dans le cycle infernal de l’anorexie, se séparant de la société le temps de se laisser mourir à petit feu. L’expérience de Léa Mauclère est identique tout en étant différente. Dégoûtée du quotidien, de la nourriture, éprouvée par la vie, elle ne ressent plus le besoin d’exister et cesse de s’alimenter. Une descente aux enfers commence alors, une épopée qui dure depuis plus d’une dizaine d’années, avec ses hauts et ses bas, entièrement contrôlé par la maladie, où la nourriture est au centre de tout.

On peut facilement voir que l’auteure a gâchée une partie de sa vie pour ce qui semble être des atrocités inutiles et futiles, des détails insignifiants qui ne devraient même pas exister.

Entre allers et retours à l’hôpital, au collège où elle travaille et aux toilettes pour vomir, le quotidien de Léa Mauclère est dicté par l’anorexie, omniprésente, la rongeant de l’intérieur, détruisant sa vie sociale et ses repères. Bien qu’ambitieuse de réussir, de se sortir de cet engrenage infernal, le corps et l’esprit de coïncident plus, déconnectés l’un de l’autre, ils agissent indépendamment de tout, prennent des directions différentes pour finalement se rejoindre et anéantir la triste jeune femme. Le filet d’espoir qui arrive à suinter est vite balayé par la maladie, se rappelant irrémédiablement à elle.

Le fait d’écrire ce témoignage, de partager son histoire, de s’ouvrir au vu et au su de tous, prouve la force et la ténacité avec laquelle l’auteure souhaite se départir de l’anorexie. Pour ne pas perdre pied, pour se raccrocher à la vie, pour garder un semblant d’espoir en la vie. Quand je me suis arrêtée de manger est un récit coup de poing, moyen de pression et de dissuasion envers celles – et ceux, plus rares mais existants -, qui commencent à s’engouffrer dans les âpres souterrains de l’anorexie.

Ce profond récit est émouvant au plus haut point. Les points les plus poignants sont certainement ceux des crises à répétitions – de la façon avec laquelle cette jeune femme se nourrissait durant plusieurs heures, pour ensuite se vider complètement, jusqu’à se sentir amoindri. Ses décisions de s’en sortir, de quitter cette affreuse dépendance à la nourriture, montrent la lucidité avec laquelle elle combat. Mais tiraillée entre son poids, son apparence physique, ses proches professionnels, sa vie sociale et son état d’esprit, la remontée n’est pas aisée. Il faut du temps, de la force et du courage pour surpasser tant d’années de galères, pour tenter d’oublier tout ce mal subit.

Ma notation quant à ce témoignage repose essentiellement sur la qualité d’écriture, et le contenu pertinent du livre. Je ne juge en aucun cas la véracité ou les atrocités dépeintes. J’apporte tout mon soutient à l’auteure, lui souhaite le meilleur pour la suite, et la remercie pour la force qu’elle a dépensée dans la confection de son ouvrage, fugaces et tristes moments d’une vie bafouée et gâchée par la maladie.

Ma note : 8,5/10

Les Héritiers des Ténèbres

Les Héritiers des Ténèbres de Damien Leban
380 pages, éditions City, à 18€

 

Résumé : Des femmes sont enlevées les unes après les autres. Leur bourreau, « l’homme à la porcelaine », les séquestre avant de leur faire subir l’innommable. Andrew White, jeune enquêteur succédant à son père assassiné, se retrouve propulsé à la tête de cette enquête qui prend un tour étrange quand les victimes sont découvertes avec des numéros gravés sur la peau. Des tatouages qui, telle la marque des ténèbres, rappellent ceux des camps nazis. Plus effrayant encore, ces crimes ressemblent à une affaire non classée qui s’est déroulée trente ans plus tôt. Andrew White doit tout faire pour arrêter le tueur psychopathe. Il ne se doute pas que leurs destins sont intimement liés. Un bourreau impitoyable, un héritage macabre entre vengeance et oubli.

Extraits : « Quand l’espoir s’enfuit, les forces se consument à grand feu. »
« Il y a une part d’ombre en chacun de nous qui restera inconnue de tous et parfois même de nous-mêmes. »

Mon avis : Il y avait fort longtemps que je n’avais pas lu un thriller digne de ce nom, englobant les éléments clés d’une enquête policière sombre et réussie. Le titre Les Héritiers des Ténèbres ainsi que la mystérieuse couverture donnent le ton de l’histoire, laissant présager un récit macabre, obscure, à faire se dresser les poils de frisson.

Dans un petit village du nom de Porstlive, bien tranquille en apparence, isolé entre des bosquets infinis et des paysages arides et touffus, la quiétude de ce hameau perdu est brisée par la disparition instantanée et inopinée de plusieurs femmes à partir d’un même lieu : le supermarché du village. Le jeune shérif White, ayant pris sa fonction il y a peu de temps suite au décès de son père, se voit confier l’affaire, celle qui deviendra la plus cruelle de sa carrière. Qui kidnappe ses femmes, et pour quel motif ? Où sont-elles retenues prisonnières ? Pourquoi leur infliger de telles tortures (nues, humiliées, torturées, isolées et privées de nourritures…) ? C’est ce que le shérif, accompagné de hauts fonctionnaires comme le lieutenant Carver, Broline ou Cyfrown vont tenter de mettre à jour.

Dès la première page, le lecteur est plongé dans le feu de l’action, découvrant avec horreur les âpres destins des jeunes femmes kidnappées. Ce même lecteur, spectateur innocent et inefficace, est omniscient dans l’histoire : rien ne lui échappe, tout lui est dévoilé. Des atrocités que subissent les femmes, à la recherche vaine des inspecteurs, l’histoire est mise à nue devant lui. C’est là qu’intervient le génie de Damien Leban qui fait planer dès les premières lignes, le mystère des coupables.

Comme tout bon thriller qui se respecte, le récit est entièrement plongé dans la nuit noire, sans trace quelconque de lumière. Le lieu semble isolé et coupé du monde, ce qui rajoute un semblant de peur, de panique et d’effroi dans l’atmosphère déjà lourde et chargée d’angoisse. Damien Leban joue avec nos nerfs durant le fil de notre lecteur, n’hésitant pas à nous enfoncer dans de fausses pistes, pour augmenter le suspens et l’attrait pour son intrigue.

Mais l’intrigue en elle-même, bien que captivante, manque parfois de concordance. Arrivé à la moitié du livre, le lecteur peine à se repérer et à suivre les événements que présente la plume de l’auteur. L’histoire est compréhensible, mais les dénouements le sont beaucoup moins. Les mobiles criminels, les motivations des crimes, les agissements… ne sont pas assez convaincants et réalistes pour s’imprégner pleinement dans le fil du récit. On dirait même que l’auteur n’arrive plus à se convaincre lui-même de ce qu’il raconte, et délaisse totalement la bonne compréhension de l’histoire au détriment de l’action première. Le dénouement final est totalement inattendu, au bord de l’incompréhension et du surréalisme. On se demande quand même un instant si l’auteur est sérieux, s’il ne se fout pas de nous… Ce qui prouve son originalité et son sens de la créativité. L’histoire est somme toute banale, mais l’atmosphère lourde, pesante qui entoure l’enquête donne un train singulier au récit.

Outre ces petits inconvénients, les personnages restent attachants, notamment le shérif White, particulièrement au coeur du roman. Les actions se multiplient et se chevauchent, ne laissant aucun temps mort dans la narration, les rebondissements sont nombreux, mais souvent peu percutants.

J’ai quand même passé un bon moment de lecture en compagnie des personnages, à trembler avec eux, à ressentir la souffrance des femmes ou l’adrénaline des enquêteurs. Bien qu’il ne restera pas gravé indéfiniment dans mon esprit, j’ai pu me libérer un temps soit peu du quotidien pour me retrouver plongée au coeur d’une enquête complexe et ambiguë.

Ma note : 7/10

Drôle de Karma !

Drôle de Karma ! de Sophie Henrionnet
282 pages, éditions City, à 17,50€

Résumé : Joséphine est une trentenaire particulièrement ordinaire en mal de sensations fortes. Son karma finit subitement par lui jouer de curieux tours : en quelques jours elle se rend compte que son petit ami n’est pas celui qu’elle croyait, que ses proches prennent leurs vies en main les uns après les autres et décide alors de faire de même… sans penser une seule seconde que ses choix vont la dépasser totalement !

Extrait : « Les boulets de la vie dont je faisais partie, se vautrent lamentablement, leurs collants se filent et en se redressant elles se tapent la tête contre la table où les deux anglais si sexy prennent un verre, qu’elles renversent évidemment. »

Mon avis : Pauvre Joséphine… avec une telle vie, une si grande malchance, ça ne doit pas être facile à vivre au quotidien. Jeune femme plutôt banale, vivant dans un petit appartement miteux à Paris, tout et tous semblent liés contre elle. Rien ne va plus : elle apprend, lors d’un rendez-vous au restaurant avec ses parents et son compagnon que celui-ci la trompe, elle dévaste un restaurant, est rabaissée par sa voisine, se fait cambrioler son appartement, humiliée par ses amies, elle perd son emploi… Jusqu’au jour où sa voisine, mannequin internationale, est tuée sous ses yeux ; un épisode qui fait littéralement débordée le vase. Joséphine décide de prendre l’air, de partir en Angleterre pour apprendre le français à des enfants d’une famille aisée, tout ceci sous l’identité de sa soeur, sans que personne ne soit au courant. Ce qu’elle ne savait pas, c’est que les ennuis refont toujours surface un jour ou l’autre…

Un roman chick-lit pour fille parfaitement réalisé. De l’humour en veux-tu, en voilà, quasiment présent dans chaque page tournée. Mais ce livre est assez mystérieux, ne se classe pas dans une catégorie précise, et tend à ce que le lecteur se questionne sur sa vraie nature. Chick-lit humoristique, certes, mais dans la seconde grande partie du roman, on peut remarquer une nette ascension vers un roman d’aventures, d’espionnage et d’enquêtes. Tout ceci entouré d’un voile de légèreté féminine, d’une atmosphère doucerette, qui rend beaucoup moins grave les événements qui surviennent.

L’histoire est découpée en deux grandes parties distinctes : l’une, la première, raconte la triste vie de Joséphine, son quotidien parisien et les malheureuses péripéties qui lui arrivent. La seconde, en Angleterre, fait revivre Joséphie sous une autre identité, avec un quotidien mouvementé, une intrigue, de nouvelles rencontres… une vie toute belle, toute rose, à l’avenir rayonnant.

Pour ma part, j’ai trouvé que Sophie Henrionnet a voulu pousser trop loin les limites du roman chick-lit. En intégrant des éléments qui diffèrent grandement du cadre primordial du thème, elle incorpore bien trop d’éléments, et fait virevolter le lecteur dans tous les sens. Fausse identité, mission auprès des enfants, rencontres avec des personnalités, recherche du tueur d’Ingrid – l’ancienne voisine de Joséphine -, recherche du premier compagnon de la grand-mère, recherche du traître qui a colporté des informations dans les journaux, amourette entre la protagoniste et Charly… Trop, c’est trop ! En voulant donner du mouvement à son texte, pour dépoussiérer l’image principale des romans de chick-lit, l’auteure s’est embourbée dans un catalogue monstre d’aventures toutes différentes. En se concentrant sur une seule et même intrigue, en l’étoffant bien, et en rajoutant quelques minces intrigues secondaires, le roman aurait été tout aussi bien.

Le mouvement donné au texte permet de voyager ; de Paris à Londres, en passant par le train qui circule parmi les Highlands… Une histoire plaisante à découvrir, énergique et rythmique, qui permet de s’évader agréablement. Malgré que la seconde partie m’ait moins plût que la première – le comique s’évanouit peu à peu pour laisser place au sérieux de la situation -, je me suis laissé prendre au jeu. Néanmoins, l’auteur s’est un peu trop dispersée dans sa narration, s’engouffrant dans des brèches un peu trop obscures et confuses concernant notamment le meutre de la jolie Ingrid.

Un roman chick-lit novateur, qui incorpore des éléments policiers, tout en gardant sa légèreté principale. Un livre qui prouve que malgré le fait que la vie ne soit pas rose tous les jours, elle nous réserve quand même bien des surprises.

Ma note : 6/10