Cell.7, tome 2 – La mort vous attend


Cell.7, tome 2 de Kerry Drewery

391 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : En Grande-Bretagne, c’est un jury populaire qui décide du sort des prisonniers à travers une émission télévisée. Martha est sortie indemne de son jugement, mais elle a échoué dans sa volonté de dénoncer cette pratique. Maintenant, c’est la vie de son ami Issac qui est en jeu. Etant surveillée sans répit, Martha ne sait comment l’aider.


Extraits  « C’est bizarre, la mémoire ; les choses qu’elle vous rappelle, le moment où elle vous les rappelle. »

« La vie est un château de cartes, des fois, hein ? On en fait tomber une par maladresse, et tout s’écroule.« 


Mon avis : Un an que j’avais terminé le premier tome de Cell.7, un an que j’attendais avec impatience la suite de cette histoire.

Pour ceux qui ne connaissent pas la saga Cell.7, c’est une dystopie des temps modernes. La peine de mort a été rétablie sous forme de jeu de télé-réalité : tout le peuple a un droit de vote sur la sentence, chacun peut décider de la mort ou non du coupable présumé. Un système terrifiant, qu’a expérimenté Martha, une jeune fille jugée coupable de l’assassinat du milliardaire Jackson. Après sept jours de détention, Martha se trouvait dans la Cell.7, la dernière cellule où se trouve la chaise électrique. Persuadée de mourir ce jour, un surprenant retournement de situation a lieu et Isaac, son petit ami, se retrouve accusé à sa place. Martha s’en sort indemne, mais c’est au tour d’Isaac d’être enfermé dans le couloir de la mort. Martha et ses amis ont sept jours pour tenter d’interférer dans le système et de sauver Isaac.

Je retrouve les ingrédients que j’avais tant apprécié dans le premier tome : un rythme effréné, avec une histoire qui ne connaît pas de temps mort ; du suspense à chaque fin de chapitre ; des personnages attachants et surprenants.

Dans ce deuxième tome, Kerry Drewery va plus loin dans son intrigue et crée une propagande des temps modernes. On y voit plus clairement la mise en place de l’endoctrinement des masses via des médias popularisés, le bourrage de crâne des populations, les informations cachées, falsifiées, censurées…  C’est une bonne alternative pour faire comprendre concrètement aux plus jeunes comment se crée les propagandes, comment elles évoluent et se dispersent à une population entière. Certains ne pourront s’empêcher de faire un parallèle avec la propagande nazie du XXème, qui a utilisé les mêmes moyens (détournement et censure des médias, barricadement des idées…) pour parvenir à leurs fins.

J’ai ressenti comme un sentiment de lassitude au courant de ma lecture. En effet, les personnages se retrouvent seuls à se battre contre une population entière. Quoi qu’ils fassent, où qu’ils aillent, ils seront rattrapés, jugés, condamnés. D’une certaine façon, on retrouve un peu le même schéma que dans le tome précédent, avec seulement une personne différente présente dans le couloir de la mort. Comment peuvent-ils espérer s’en sortir ? J’espère que le troisième tome apportera des idées un peu plus novatrices permettant de faire avancer l’histoire.

En tout cas, si je dois reconnaître un talent à Kerry Drewery, c’est qu’elle sait mettre l’eau à la bouche à ses lecteurs. La fin de ce second tome me laisse encore plus en haleine que la fin du premier. D’un côté, cela me plaît, puisque je vais avoir l’opportunité de revoir ces personnages que j’adore et de poursuivre la découverte de cette intrigue si prenante. D’un autre côté, je me désole en sachant pertinemment que le troisième tome ne sortira sans doute pas avant des mois… C’est un mal pour un bien !


Une dystopie dynamique et prenante, qui manie avec brio les outils de propagande des temps modernes. A glisser entre les mains de tous les adolescents. 

 

Ma note : 7,5/10

Cell.7, tome 1 : La mort vous regarde

Cell.7 de Kerry Drewery
314 pages, éditions Hachette romans, à 18€

Résumé : On vient de l’apprendre : Jackson Paige, l’ancienne vedette de télé-réalité, a été assassiné.

La coupable, restée sur les lieux du crime, a déjà tout avoué. Il s’agit de Martha Honeydew, seize ans.

En vertu de la loi des Sept Jours de Justice, Honeydew a été placée en détention dans la Cellule 1 du couloir de la mort. C’est la première adolescente à être jugée par le système Chacun Sa Voix, dans lequel c’est vous, chers téléspectateurs, qui décidez du sort des accusés.

Chaque jour, elle avancera d’une cellule, vers la Cellule 7, où votre vote déterminera si oui ou non elle doit être exécutée.

21 millions de jurés.
1 prévenue.
7 jours pour revenir sur ses aveux.

La vie ? La mort ? à vous de juger !

Extraits :  « Rien ne parle mieux d’un homme que les sentiments qu’il inspire à sa mort. »

« J’ai lu quelque part que si on reste isolé trop longtemps, on finit par voir des visages dans les objets, comme si notre cerveau cherchait de la compagnie. »

Mon avis :  Comment réagiriez-vous si la télé-réalité arrivait à gouverner votre vie ? Bienvenue dans Cell.7, un monde terrible où la justice ne règne plus. La peine de mort a été rétablie, sous la forme d’une télé-réalité : tout le monde peut voir les moindres faits et gestes des détenus et voter pour ou contre leur culpabilité.

Martha, une jeune fille de seize ans, va devenir l’une des victimes de cet odieux système. Elle est accusée d’avoir tué Jackson Paige, un millionnaire qui a fait fortune dans ce milieu de la télé-réalité. Martha est envoyée dans la Cell.1, la première cellule qui marque le début d’une détention de sept jours, avec au bout : la chaise électrique. A moins que le public en décide autrement…

Cell.7 reprend les codes de la célèbre saga Hunger games : dans les deux cas se trouve un public, spectateur d’un massacre sans nom. Involontairement, j’ai transposé certains personnages présents dans Hunger games à cette histoire. C’est le cas notamment des deux présentateurs délurés et excentriques présents dans Hunger games que j’ai associé à Kristina et Joshua, les deux présentateurs sans coeur de l’émission Mort égale Justice de Cell.7. Personnages qui, soit dit en passant, m’ont énervés au plus haut point tant le manque d’humanité dans leurs personnalités m’a troublé. Ils animent une émission manipulatrice et aucunement objective qui prouve à tous, lecteurs, l’énorme pouvoir que détient la télé dans notre quotidien.

Sinon, l’idée de ce roman est simple, mais efficace, à tel point que je me suis laissé totalement embarqué dans le récit. Imaginez un monde où la justice moderne que nous connaissons tous n’existe plus. Cette justice a été remplacée par une justice universelle, dans laquelle tout le monde est juré. Chacun peut voter en son âme et conscience sur le cas présenté. Coupable ou innocente ? Seulement voilà, pour participer, il faut payer. Les plus riches peuvent agir, les plus défavorisés ne peuvent pas se prononcer.

Mais attention ; tout le monde n’est pas d’accord avec ce nouveau système mis en place. Cicero, un ancien juge d’instruction, accuse ce système qu’il juge immoral et totalement arbitraire. Mais il n’est pas le seul. Eve, l’assistante juridique de Martha, seule personne autorisée à voir la détenue, n’accepte pas ces nouvelles pratiques. Et pour cause : la jeune femme a déjà dû subir cette pseudo-justice, car, quelques années auparavant, son mari s’est retrouvé dans ce couloir de la mort. Ensemble, ils vont tenter d’ouvrir les yeux aux millions de voyeurs qui prennent plaisir à jouer avec la vie d’autrui.

On suit les personnages principaux chacun leur tour, en alternant les points de vue – tantôt Martha dans sa cellule, tantôt Eve, son assistante juridique. Le tout entrecoupé de quelques minutes de l’émission de télé-réalité Mort égale Justice. Autant vous dire que le rythme est effréné. Ajoutez à cela le compte à rebours qui rapproche chaque jour un peu plus Martha de la mort. Vous l’aurez compris, on ne s’ennuie pas une seconde dans Cell.7 !

Un roman très bien ficelé, qui jongle entre corruption et justice, télé-réalité et réalité, innocence ou culpabilité. Formidable dystopie qui relance le débat autour de la peine de mort, tout en dénonçant les pouvoirs de la télévision, capable de manipuler des masses de populations entières. Je suis impatiente de découvrir la suite !

Ma note : 8/10