Le vol de l’autruche


Le vol de l’autruche de Crysten Sullivan

357 pages, éditions Carnets Nord, à 16€


Résumé : Maggie, jeune fille de vingt-trois ans, est obèse. D’origine américaine, elle est installée à Paris depuis quelques années. Un jour, Maggie est embauchée dans une entreprise qui veut faire d’elle l’égérie des employés pour sa prochaine campagne de communication sur le bien-être au travail. Petit à petit, au gré des rencontres qu’elle fait, Maggie va se transformer et s’épanouir.

Il y a d’abord Louis-Valentin, le jeune médecin de la boîte, qui apprécie ses rondeurs et l’invite à sortir avec elle. Il y a ensuite Leïla, sa collègue, qui lui coud des vêtements à la mode parfaitement adaptés à sa silhouette. Il y a enfin, « Bouddha », atteint d’une maladie orpheline, qui partage avec elle de gigantesques repas et s’occupe d’un forum internet dédié aux personnes en surpoids. Maggie « l’autruche », complexée, inhibée et mal dans sa peau, va progressivement découvrir ses atouts et prendre son envol, à mesure qu’elle devient une icône.


Extraits « La vie, c’est peut-être aussi taire ses envies de passion pour cueillir son besoin de raison. »
« Je sais qu’il me ment non pas parce qu’il aime le mensonge, mais parce que mentir est la seule solution qu’il ait à sa disposition pour continuer à faire semblant de vivre.« 

Mon avis : Quel bonheur de lire un tel récit !

Margaret – Maggie, pour les intimes -, est une jeune américaine de vingt-trois ans, installée à Paris, qui souffre d’obésité. Quotidiennement, elle doit faire face aux regards et aux réflexions des autres sur son poids. Un beau jour, Maggie est embauchée chez Digitales Natives, un groupe international, pour un poste bien particulier : celui d’assistante juriste… et d’égérie du bien-être au travail ! Ce nouveau poste, quoique surprenant, va littéralement changer la vie de Maggie. Elle va s’ouvrir aux autres, s’épanouir professionnellement et personnellement et surtout s’accepter enfin telle qu’elle est.

Le vol de l’autruche est un roman qui se construit comme un témoignage, puisque Maggie s’adresse directement à nous, lecteurs, pour nous raconter son histoire. J’ai beaucoup aimé l’humour employé tout au long du livre, qui donne bien plus de légèreté aux sujets abordés.

L’obésité, les normes physiques imposées par la société, ainsi que le regard des autres, sont autant de thématiques qui sont très souvent abordées dans les romans, puisqu’ils constituent le quotidien de bon nombre de personnes. Ici, Crysten Sullivan aborde ces sujets par un angle nouveau, puisqu’on se place directement dans la peau de la protagoniste, et on ressent intensément toutes les souffrances et difficultés qu’elle vit au quotidien.

On s’attache très facilement au personnage de Maggie, qui est une jeune femme simple dans sa façon d’être, une bonne vivante, qui malgré ce qu’elle peut en penser, aime la vie et essaie d’en profiter à son maximum. Les amis et connaissances de Maggie sont tout autant attachants : Bouddha, son ami obèse rencontré il y a quelques années sur un forum dédié aux personnes en surpoids ; Louis-Valentin, le médecin de l’entreprise DN, de qui Maggie va s’éprendre ; mais aussi Leïla, sa nouvelle collègue de travail, en surpoids également, mais qui s’assume pleinement, ou Jason, ce Don Juan gay, qui aime s’amuse et sortir. Chacune de ces personnes vont jouer un rôle prédominant dans le changement psychologique que va mener Maggie. À leur façon, ils vont être acteurs de l’épanouissement de la jeune femme et de son changement de regard sur le monde.


Un roman optimiste qui fait du bien. Le Vol de l’autruche est empreint d’humanité et fait passer de très beaux messages de tolérance à travers un personnage touchant par sa sensibilité et son humour décadent ! 

Ma note : 8,5/10

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Les petites voix : Quand l’intuition toque à la porte d’un cerveau rationnel


Les petites voix : Quand l’intuition toque à la porte d’un cerveau rationnel
de Christelle Lauret

447 pages, éditions Carnets Nord, à 19€


Résumé : Notre cerveau est aussi inimaginable que l’univers : 100 milliards de neurones, 10 000 connexions potentielles par neurone, un infini de possibilités qui donne le vertige ! Christelle Lauret, docteur en chimie, chercheur et responsable d’équipes dans une multinationale pharmaceutique, découvre un jour une autre réalité : notre cerveau n’est pas que rationnel. L’intuition s en mêle, et heureusement. Cette première découverte la propulse sur un chemin inattendu et mystérieux… Voilà un incroyable récit, à la portée de chacun d’entre nous. Un récit qui peut modifier profondément notre vie, la chambouler du tout au tout. Pourquoi ? Comment ? Laissez-vous embarquer par ses petites voix… pour aller à la rencontre des vôtres. Un témoignage intime bouleversant. Des outils pratiques à tester vous-mêmes. Des découvertes scientifiques insoupçonnées.


Extraits « Ainsi, changer nos pensées change notre cerveau, changer notre cerveau change nos comportements, changer nos comportements change les résultats que nous obtenons. »
« Car s’aimer soi, c’est aimer le monde, aussi.« 

Mon avis : Lorsque j’ai lu le titre de cet ouvrage, j’ai tout de suite été curieuse de le découvrir. Je suis quelqu’un de très rationnel, mais j’ai quand même l’esprit ouvert, désireuse de découvrir toujours de nouvelles choses. Je me suis donc lancé dans la lecture de ce livre.

L’ouvrage est découpé en plusieurs chapitres, qui eux-mêmes sont découpés en trois grandes parties. La première est un témoignage de l’auteure, qui nous raconte des expériences qu’elle a vécu, qui l’ont marqué et qui l’ont amené à changer sa vision des choses et de la vie en générale. La deuxième partie est consacrée aux découvertes scientifiques. Cette partie plus technique permet aux personnes qui le souhaitent d’en savoir plus sur le pourquoi et le comment des expériences vécues par l’auteure. Enfin, la troisième et dernière partie, plus ludique, regroupe des « trucs et astuces » à faire soi-même pour vivre ses propres expériences. Cet ouvrage est donc bien complet et surtout diversifié. Libre à vous de sauter les parties et/ou chapitres qui ne vous intéressent pas et de vous consacrer uniquement à ceux qui vous interpellent.

C’est en partie la façon dont je l’ai lu : pas entièrement, mais au compte-goutte. C’est un livre qui se déguste en fonction de son humeur, que l’on abandonne au coin d’une table avant de le reprendre quelques jours ou semaines plus tard.

Les récits de Christelle Lauret m’ont particulièrement happé : je les ai tous lu. Certains sont plus frappants que d’autres et nous amènent à nous interroger – je songe notamment à l’expérience qu’a vécue l’auteure avec un mystérieux cheval capable de ressentir les choses intuitivement. Incompréhensible pour mon cerveau rationnel, mais pourtant, l’expérience est avérée. Quand les récits de l’auteure (comme celui cité en exemple juste avant) ont particulièrement attisé ma curiosité, alors je m’engageais dans la lecture des explications et/ou théories scientifiques, pour tenter d’en percer le mystère.

Ce qui est bien avec cet ouvrage, c’est qu’il est écrit avec simplicité et fluidité. Il est accessible à tous, lecteurs avérés ou non, rationalistes ou non… J’ai beaucoup appris durant ma lecture, et je vais tenter de mettre en pratique les trucs et astuces dispensés par l’auteure. Il me faudra sans doute du temps avant de faire totalement confiance aux petites voix de l’intuition, mais j’ai bon espoir d’arriver à les comprendre et de suivre leurs conseils.

 


Un ouvrage enrichissant pour apprendre à ouvrir son cerveau aux  petites voix de l’intuition. Ce livre devrait trouver son public.

Ma note : 6/10

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Tout le bleu du ciel


Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa

648 pages, éditions Carnets nord, à 21€


Résumé : Petiteannonce.fr : Émile, 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple. Émile a décidé de fuir l?hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, avec le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme, qui a pour seul bagage un sac à dos, un grand chapeau noir, et aucune explication sur sa présence. Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naît, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l?amitié, l?amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d?Émile. Une écriture vive et alerte, des dialogues impeccables, des personnages justes et attachants qui nous emportent jusqu?à un dénouement inattendu, chargé d?émotions. On ne sort pas intact de ce récit magnifique, mené de main de maître par Mélissa Da Costa, une jeune auteure de 28 ans, qui a toujours écrit et publie là son premier roman.


Extraits  « À faire de vivre dans le passé comme tu dis, ou dans l’angoisse du futur, on finit par oublier qu’il y a de la beauté dans tout… ou presque tout… Quand on est enfant, on le fait naturellement, non ? On s’émerveille devant… devant un caillou qui a des reflets argentés ou… ou devant une plume. On ramasse des pissenlits et on s’extasie devant leur jaune intense. Après ça, on trouve ça laid, les pissenlits… On les considère comme des mauvaises herbes. »

« La vie n’en a jamais terminé. Il l’a bien compris. Tant qu’il décidera qu’il n’est pas mort, elle continuera de lui jouer de drôles de tours. Et il n’est pas encore mort. Au contraire. Il ne s’est jamais senti aussi vivant. »


Mon avis : Émile est condamné. À 26 ans seulement, il apprend qu’il est atteint d’un Alzeihmer précoce, qui va impacter l’ensemble de son système nerveux. Il ne lui reste plus que deux ans à vivre. Mais Émile entend profiter pleinement de ce laps de temps, et publie une annonce pour rechercher un compagnon, assez fou et intrépide que lui, pour l’accompagner dans son dernier voyage en camping-car. À son plus grand étonnement, une certaine Joanne répond à son annonce. Ni une ni deux, ils se rencontrent et prennent la route ensemble. Bien que la cohabitation soit difficile au début, ils vont lentement apprendre à s’apprivoiser conjointement.

Avant même que je ne débute ma lecture, je pressentais que j’allais adorer ce livre. En effet, j’avais lu énormément d’avis très positifs sur cette histoire, qui me donnaient expressément envie de la découvrir à mon tour. Je me suis donc jeté avidement dans les 650 pages de ce gros pavé, et j’en ressors comblée.

Tout le bleu du ciel est un récit extrêmement bien écrit, d’une plume à la fois douce, subtile, émotive, presque fragile par moment. Je ne connaissais pas Mélissa Da Costa, mais je tiens à la féliciter pour la justesse de son écriture, pour son style si singulier, presque apaisant à lire. Je ne doute pas que je vais entendre parler de cette auteure dans les mois, ou les années à venir.

L’histoire n’a rien d’exceptionnelle en soi, mais la façon dont l’auteure la raconte la rend si  particulière et si touchante. Je me suis attaché aux deux personnages protagonistes. Émile, dont les jours sont comptés, réalise sa dernière volonté : celle de voyager, de se rapprocher de la nature, de se couper du monde pour se recentrer sur soi et profiter pleinement pour soi et seulement soi.

Même Joanne, petite femme sauvage, introvertie et renfermée sur elle-même, s’ouvre progressivement et nous apparaît de plus en plus sympathique et touchante. Ce duo, au début improbable et un peu bizarre, va finalement finir par bien fonctionner.

J’ai adoré voyager dans ce camping-car à leurs côtés. Je me suis sentie comme eux deux, à la fois libre et apaisée par toute cette nature, par la simplicité de la vie qu’ils ont décidé de mener, par les rencontres qu’ils ont fait. Eus, Peyriac-de-Mer, Gruissan… Émile et Joanne m’ont fait découvrir de magnifiques coins verdoyants et accueillants de l’Occitanie, où il fait bon vivre. J’avoue que les descriptions qu’ils en ont fait m’ont donné envie d’aller flâner par là-bas cet été, sorte de pèlerinage, sur les traces de ces deux protagonistes que j’aie tant aimé.

Pour mon plus grand plaisir, ce livre, à peine sorti, va prochainement être adapté au cinéma. Je suis très heureuse pour Mélissa Da Costa, qui le mérite amplement ! Pour sûre, je serai l’une des premières à aller voir son adaptation.


Tout le bleu du ciel est une parenthèse de bonheur et de vie, authentique et pure. Je vous recommande cette lecture, qui m’a fait voyager et m’a apaisée. 

Ma note : 9/10

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