Codex lethalis

Codex Lethalis de Pierre-Yves Tinguely.
376 pages, éditions Hachette collection Black Moon thriller à 18 €

 

Résumé : Deux agents de police en patrouille découvrent une scène effroyable : une petite famille apparemment ordinaire a été massacrée.
Pourquoi Harold Buchanan, bon père de famille sans histoires, aurait-il tué sa fillette et sa femme avant de se supprimer ? L’autopsie révèle que sa propre mort n’est pas un suicide : son cerveau et ses globes oculaires ont comme bouilli. Un informaticien est chargé d’inspecter l’ordinateur de Buchanan : à son tour, il est pris d’une crise de folie meurtrière, et le massacre est évité de peu. D’autres scènes similaires se succèdent : des gens deviennent fous de rage et s’effondrent après avoir tenté d’anéantir tout ce qui les entoure.
Le point commun de toutes ces personnes à la fois meurtrières et victimes ? Une vidéo, huit secondes de mort vivante, diffusée sur la Toile et ouverte d’un simple clic sur leur écran.

Extraits : « Aussi incompatible qu’indispensables, la religion et la science formaient deux façons opposées d’atteindre le même but : comprendre. »
« Le monde courait à sa perte, et l’homme ne cessait d’accélérer le mouvement. »
« Un homme politique ne dit jamais ce qu’il pense, ou alors il a vraiment perdu l’esprit.« 

Mon avis : Quel plaisir de découvrir un vrai thriller franço-suisse digne des américains !!!

Avant de débuter ma critique, je tenais à féliciter la personne qui a réalisé la couverture de Codex Lethalis : elle fait vraiment peur. Outre la couleur noir et sombre qui la compose, on arrive à croire, si nous la regardons longuement, que la personne qui se situe dessus est réelle et qu’elle nous regarde… Juste ça, ça donne froid dans le dos !

Dans un style d’écriture simple, agréable à lire, avec des chapitres courts mais efficace, Pierre-Yves Tinguely nous entraîne au coeur d’une enquête de police très spéciale, et terrifiante. En mélangeant du thriller et un peu de fantastique, il arrive à plonger le lecteur dans un monde horrible, à glacer le sang. Je dois avouer que j’ai adoré ma lecture, je n’arrivais plus à lâcher le livre. Le suspense est présent à chaque chapitre, pas étonnant que je n’arrivais pas à le reposer !

Dans un premier temps, toute la première partie du livre a été une suite d’évènements et d’actions qui s’enchaînent. Aucun temps mort, le lecteur va de surprise en surprise, il ne peut qu’être happé et scotché devant les scènes qu’il découvre. D’ailleurs, dès les premières pages, Pierre-Yves Tinguely donne le ton du roman, il l’introduit de manière à allécher le lecteur, et à repousser les âmes trop sensibles… J’ai plus qu’apprécié l’idée que l’auteur a eu. Ce système d’assassinats en regardant une simple vidéo est invraisemblable, et inimaginable ! En lisant ce livre, je me suis imaginé à la place des pauvres personnages victimes de ce fou de Zack Pierce, mais quelle horreur, j’en ai eu des frissons… Alors, simple invention de l’auteur ou crime futuriste ?

La seconde partie du roman m’a un peu déçu (je ne dis pas que je n’ai pas aimé, loin de moi cette idée, bien au contraire), je n’ai pas retrouvé toutes les scènes que j’avais tant apprécié au début du livre. Il faut dire aussi que cette partie là est plus accès sur l’enquête policière et la recherche du criminel. Mais cela n’a pas empêché de garder une certaine envie de connaître la fin de cette recherche.

Le dénouement m’a également déçu : je m’attendais à quelque chose dont personne n’aurait jamais deviné qu’il se produise, mais que nenni.

Un thriller effrayant, au suspense insupportable, que je conseille à tous. Néanmoins, les âmes sensibles doivent s’abstenir, il y a beaucoup de scènes sanglantes, et je vous conseille de ne pas lire ce livre le soir avant de vous coucher : risques de cauchemars imminent !

 

Ma note : 9/10

Le réveil de Sunshine

Le réveil de Sunshine de Paige McKenzie
284 pages, éditions Hachette, à 15€

 

Résumé : Depuis qu’elle a déménagé à l’autre bout des États-Unis il y a quelques mois, Sunshine peut percevoir des esprits et ressentir des émotions intenses, parfois même accablantes. Elle a d’abord essayé d’ignorer ces manifestations, mais peu à peu le constat s’impose : ce ne sont pas hallucinations. Sunshine a le pouvoir de protéger les humains en obligeant les mauvais spectres à retourner dans leur monde… en d’autres mots : elle est une aël-mat, et elle va devoir s’en accommoder ! Pour garder son pouvoir sous contrôle et trouver des réponses à ses questions, elle supporte les entraînements terrifiants avec son mentor, qu’elle vient de rencontrer. Mais alors que ce dernier rechigne à répondre à ses questions, elle fait des découvertes importantes sur ses propres origines, et sur le dur combat qu’elle va devoir mener pour assurer l’avenir des aël-mat et des humains…

Extrait :  « « Sunshine, il y a une chose qui n’a pas changé et qui ne changera jamais.
– Quoi ?
– L’amour que j’ai pour toi. Tu pourrais venir d’une famille de loups, de lapins ou d’extraterrestres, je t’aimerais toujours autant. »
« 

Mon avis :  Après avoir été effrayée par le premier tome, Sunshine, me voici lancée, imprudemment, dans la lecture du second, Le réveil de Sunshine. Fuyeeeez, mortels, tant qu’il en est encore temps !

Sunshine vient de découvrir l’identité de son père biologique. Elle apprend que c’est grâce ou à cause de lui que lui vienne tous ses pouvoirs surnaturels. Mais pour parfaire tous ses dons, Sunshine va devoir suivre son père à l’autre bout du monde, pour qu’il lui enseigne plus en profondeur ce dont est capable un aël-mat. Mais là n’est qu’une excuse. Car dans le fond, quelqu’un veut la mort de la jeune Sunshine.

Décidément, cette pauvre Sunshine ne pourra jamais vivre tranquillement. Après son premier déménagement laborieux dans le tome 1 – elle a quand même découvert qu’un fantôme vivait dans sa maison -, la voilà repartie pour de nouvelles contrées. On la suit dans son voyage jusqu’à découvrir une espèce d’énorme base militaire, appelée Llevar la Luz, complètement déserte. Seuls son père et un jeune homme, du nom de Lucio, s’y trouvent. Tous les autres aëls-mats sont partis. La cause ? La stérilité subite de toutes les femmes aël-mats après la naissance de Sunshine.

J’ai moins frémi dans ce tome-ci. Peut-être est-ce dû au fait que l’on connaisse déjà intimement les personnages, que l’on sait de quoi ils sont capables. Néanmoins, je dois avouer que Paige McKenzie décrit une atmosphère lugubre et sombre pour accroître nos sentiments d’effroi – déjà dans le premier tome avec une maison déserte, ensuite dans celui-ci avec une grande base militaire délabrée, à mille lieux des premières âmes qui vivent, avec seulement trois habitants en son sein. Une chose est sûre : pour rien au monde je ne quitterais ma maison pour aller là-bas.

Sinon, on en apprend toujours un petit peu plus sur l’héroïne. Autant sur son histoire familiale que sur tout ce dont elle est capable de faire grâce à ses pouvoirs magiques. Elle s’ouvre aussi sentimentalement à nous. Vous souvenez-vous de Nolan, le protecteur de Sunshine ? Eh bien ces deux-là se retrouvent séparés à des milliers de kilomètres l’un de l’autre. Et comme dans les plus grands romans d’amour, c’est dans ces moments-là qu’ils se rendent compte de l’amour qui les unis. Que c’est romantique…

Finalement, le dernier personnage auquel je souhaite faire allusion ne comportera pas de nom. Pour plus de suspense et de surprise pour les futurs lecteurs. Ce personnage n’apparaissait pas dans le premier tome. Ce personnage aux pouvoirs proéminents veut la perte de Sunshine. Pour ce faire, ce personnage n’hésitera pas à s’attaquer à l’entourage de Sunshine. Vous découvrirez son identité en lisant ce deuxième opus.

Un deuxième tome un petit peu moins effrayant que le premier, mais tout aussi rythmé. Tout s’enchaîne sans temps mort, les événements tout comme les mystères. Je serai curieuse de lire la suite, pour voir comment tout cela se termine.

Ma note : 6/10

Sunshine

Sunshine de Paige McKenzie
299 pages, éditions Hachette, collection Black Moon, à 15€

Résumé : L’univers tranquille de Sunshine, 16 ans, bascule à cause du déménagement que lui impose sa mère adoptive Kate. Pour des raisons professionnelles, Kate conduit sa fille à l’autre bout des Etats-Unis, dans une maison qu’elle choisie sur Internet. Sunshine constate que rien n’est à son goût : la maison est décrépie, l’intérieur est moche et sombre. Pour couronner le tout, une odeur de moisi flotte dans l’air, l’humidité imprègne les moquettes, la température ambiante donne la chair de poule en permanence. La première nuit, Sunshine entend des pas et des pleurs à l’étage. Bizarrement, sa mère n’entend rien. Sunshine constate aussi que ses affaires ne restent jamais à leur place, sur les étagères de sa chambre. Aucun doute, la maison est hantée. Bientôt Sunshine découvre qu’il s’agit de l’esprit d’une fillette de 10 ans, auquel elle va peu à peu s’habituer. Mais, un autre esprit rôde, bien plus maléfique… Au cours d’une nuit particulièrement angoissante, sa mère entend cette fois aussi des hurlements en provenance de la salle de bains. De l’eau brune coule à flots sous la porte bloquée. Pourtant il n’y a personne derrière, quoique des traces de lutte soient visibles. Kate semble enfin reconnaître qu’il se passe des choses bizarres dans cette maison. Malheureusement pour Sunshine, dès le lendemain matin, Kate a tout oublié et se comporte de plus en plus étrangement…

Extraits :  « « Maman, c’est flippant comme maison. »
On est encore dans la voiture et j’en suis déjà persuadée. Même l’allée est flippante : longue et étroite, avec des buissons de chaque côté qui masquent les jardins voisins.
 »
« Maman répète toujours que je suis son soleil. Elle le sent depuis que je suis bébé. C’est pour ça qu’elle m’a appelée Sunshine.« 

Mon avis :  Avant toutes choses, je tiens à vous mettre en garde : ne commencez pas la lecture de ce livre un soir d’orage, isolé dans votre chambre, seul dans votre maison. Vous risqueriez de ne pas fermer l’oeil de la nuit.

Sunshine et sa maman, nouvellement mutée comme infirmière à Ridgemont, dans l’état de Washington, viennent d’emménager dans leur nouvelle maison. Mais dès les premiers instants, Sunshine ne se sent pas à l’aise, dans cette demeure bien trop froide et lugubre. Ses craintes vont se justifier dès la première nuit qu’elle va passer dans la maison : elle va entendre des pas au plafond, va sentir des courants d’air et va même entendre des pleurs d’enfant… Mais sa mère semble complétement hermétique aux récriminations de Sunshine. Sont-elles vraiment arrivées dans une maison hantée ?

Clairement, ce livre fout la froisse. Déjà que d’ordinaire, je suis une grande peureuse, alors je ne vous raconte pas comment j’étais durant ma lecture. Pour un peu, des sueurs froides goûtaient dans mon dos. L’atmosphère créée par l’auteure est vraiment lourde, ce qui ajoute une certaine dose de tension au récit. Les lieux décrits sont effrayants : une maison qui ressemble à un manoir, parcourue de courants d’air, entièrement vide – car la mère et la fille viennent d’emménager -. Une ville qu’on peut appeler « ville fantôme », désertée, avec un brouillard presque permanent qui stagne dans l’air, sans jamais une poussée de soleil. Avouez-le : même avec la seule description du cadre, vous vous sentez mal à l’aise dans cette maison !

Sunshine sera de plus en plus persuadée de l’existence d’un fantôme dans sa maison. Mais quelle personne peut la croire, quand sa mère, elle-même, ne peut pas avaler les révélations de sa fille ? A qui demander de l’aide ?
Heureusement, Sunshine fait la connaissance d’un copain d’école, Nolan, très sympathique, qui va devenir son allié dans la course au fantôme. Nolan révèle à la protagoniste que son grand-père était certain de l’existence de fantôme, mais que tous, sa famille y compris, le prennait pour un déluré. C’est pour cette raison que Nolan va aider Sunshine à prouver que les fantômes existent – et à élimiter celui qui squatte la maison de Sunshine et sa mère.

La première partie du roman – l’arrivé sur les lieux, l’apparition du fantôme -, est incroyablement bien écrite. La peur s’est insinuée dans tout mon être. Or, arrivée à la moitié du roman, je me suis aperçue que la tension électrique qui régnait au début du livre, s’amenuise au fur et à mesure des pages. Ainsi, nous passons d’un thriller paranormal à une histoire fantastique abracadabrante, qui ne m’a pas du tout fait frémir. Grosse déception pour la fin du livre.

Un bon début de roman, qui va faire peur à tous les lecteurs. Dommage que l’intrigue s’essoufle peu à peu… Pour votre information personnelle, ce livre est adapté d’une série diffusée sur Youtube ; les plus courageux pourront aller s’y tâter, moi, je laisse ma place.

Ma note : 5,5/10

Le manuel du serial killer

Le manuel du serial killer de Frédéric Mars.
462 pages, éditions Hachette, collection Black Moon thriller à 18 €

 

Résumé : Dans deux ou trois heures ce garçon sera mort.
Je vous raconte la suite ?
Les hurlements de douleur du môme qui se tient le ventre à deux mains ?
Les convulsions sur le sol de la cuisine familiale ? Les cris de la mère
qui découvre déjà son fils quasi exsangue ? Raide comme une batte.
Vidé ou presque de son sang, écrasé comme un petit cafard
sur le carrelage immaculé.
Les yeux du gamin ont cessé de papillonner. Le coma ne va pas tarder
à l’emporter. Même avec la meilleure volonté du monde, le médecin ne sera
pas sur place avant plusieurs minutes. Et, sans soins immédiats, il va…
Alors, je vous la raconte ou pas, cette suite ?
Non.
Je vais plutôt vous parler de moi. C’est ça, de moi seul.
La mort est en moi. Là, dans ma tête. Elle y a toujours été comme chez elle.

Extraits : « Depuis toujours je fais ça : je me pose à moi les questions que je devrais adresser aux autres. »
« Personne ne choisit son enfance. Personne ne maîtrise ce qui lui arrive durant les premières années de sa vie sur Terre. L’autodétermination vient plus tard.« 

Mon avis : Thomas Harris est un jeune universitaire étudiant la littérature dans une des plus prestigieuses écoles : Harvard. Alors qu’il est plutôt rejeté par tous à cause son oeil blanc de verre, son professeure French lui propose de participer hâtivement à un journal qui répertorie les crimes, le Crimson. Il se retrouve mêlé à une enquête policière atroce, et ne peut pas continuer à travailler pour eux. Il informe donc son professeur, qui va lui trouver un nouveau lieu de travail : une maison d’éditions, Killin Publishing. En triant les livres que les auteurs envoient à cette maison d’édition, Thomas va découvrir un livre déroutant, Le manuel du serial killer, qui va lui rappeler très nettement l’enquête à laquelle il a été mêlé quelques temps plus tôt…

Dans une ambiance noire et oppressante, Frédéric Mars nous tord l’esprit dans un roman psychologique et effrayant.

Un univers sombre, riche en rebondissements et retournement de situations. L’intrigue est bien menée, le suspense est tenue jusqu’au bout du livre, le lecteur ne s’ennuie pas une seule seconde ! J’ai d’ailleurs dévoré ce roman en un rien de temps, car chaque fin de chapitre donnait envie de découvrir le suivant.

J’ai trouvé les personnages vraiment mystérieux. J’avais l’impression qu’ils cachaient tous quelque chose, ils dissimulaient leur véritable identité. Je ne me sentais pas vraiment à l’aise en leur présence, je n’ai pas réussi à les cerner clairement…

/!\ SPOILER, ne pas lire, je dévoile la fin, le dénouement du roman.
J’ai retrouvé dans ce livre une copie un peu identique à Shutter Island de Dennis Lehane. Le scénario est le même, il n’y a que l’histoire qui se différencie. Je trouve que sur ce coup-là, monsieur Mars a voulu essayé de reproduire l’oeuvre vraiment magnifique de Dennis Lehane, mais hélas, en moins bien… j’ai vraiment été déçue de cette fin ! Je m’attendais à beaucoup mieux. J’ai été tenue en haleine tout au long du livre, pour terminer sur une histoire déjà vue, telle que celle-ci… c’est vraiment dommage. [FIN DU SPOILER]

Un roman psychologique riche en rebondissements, à faire sombrer le lecteur dans la folie…

 

Ma note : 6/10

La légion de la colombe noire

La légion de la colombe noire de Kami Garcia
350 pages, éditions Black Moon, à 18€
Résumé : Kennedy, dévastée par la mort de sa mère, apprend que ce drame est lié à des forces surnaturelles. Deux frères jumeaux, Jared et Lukas, qui la sauvent d’un dangereux esprit envoyé pour la tuer, lui révèlent qu’elle devra prendre la place de sa mère au sein de la Légion, une société secrète de chasseurs de fantômes dont les cinq membres ont été assassinés et dont les enfants sont les héritiers.
Extraits : « J’ai appris qu’un sourire peut se briser aussi facilement qu’un coeur. »
« S’il est vrai qu’on peut dissimuler les preuves du mal, celui-ci laisse toujours une trace.« 

Mon avis : Kami Garcia, a la réputation d’auteure reconnue pour sa co-écriture de la saga 16 Lunes, elle est à la tête d’un empire de romans fantastiques dédié à la jeunesse ; genre littéraire que je ne porte pas spécialement dans mon coeur. Avec La légion de la colombe noire, j’avais pour ambition de découvrir la romancière, sa plume et son univers fantasy, tout en m’amusant à suivre les aventures lugubres de jeunes héros.

L’histoire se déroule dans une obscurité glaciale, ponctuée de sordides démons, de magie, et de frissons. Tout débute par la mort soudaine de la mère de la protagoniste, Kennedy Waters. Retrouvée avec son chat sur le ventre, elle ne soupçonne nullement l’animal de ce coup de grâce. Mais quelques temps plus tard, lorsque le mammifère essaie à son tour de la tuer et que des inconnus entrent subitement chez elle pour la sauver ; s’en est trop, quelque chose cloche. Elle apprend, par ces mêmes inconnus, jumeaux flamboyants au visage charmant, qu’un démon cherche à la tuer, courant alors un grave danger. La vie de Kennedy va effectuer un virage brutal, se retrouvant plonger dans un cauchemar réaliste, embarquée dans une bande d’adolescents membres d’une certaine « Légion de la colombe noire », à traquer un terrifiant démon aux pouvoirs surdimensionnés.

Du fantastique modéré, dosé à souhait, avec une part de réalisme toujours présent, qui permet aux lecteurs de rester ancrer dans le sol tout en s’élevant dans des affres imaginaires.

L’intrigue n’est pas toujours bien explicitée, Kami Garcia ne s’attache que trop peu à son thème central, préférant privilégier les comportements et caractéristiques humains ainsi que le peaufinement des lieux de l’action. Néanmoins, ce coup double porte ses fruits : même sans attaches profondes au sujet, le développement alentour est si fignolé, qu’il happe entièrement l’esprit du lecteur.

Kennedy Waters ressemble à prime-abord à une jeune fille naïve, assez sotte, banale dans son ensemble. Son caractère ne m’a pas particulièrement plût ; trop stéréotypée, simple et antipathique. Mon apathie envers elle n’a fait qu’accroître, me surprenant même à la haïr pour sa trop grande fragilité concernant la mission extraordinairement peu commune qu’elle doit réaliser. A toujours vouloir se mettre en avant, elle en reste néanmoins attachante.
Le triangle amoureux, typique des histoires pour adolescents, ne va faire qu’ajouter une dose plus légère au ton noir du roman. On en vient à jalouser l’héroïne, mais également à la presser de choisir entre les deux jumeaux sus-mentionnés, les faisant mijoter et piétiner durant une trop grande surface de temps. Son coeur balance et ne laisse transparaître aucune préférence jusqu’à l’entière révélation finale…

Concernant les lieux où se déroulent l’action, Kami Garcia a fait fort : le frisson me venait, des sueurs froides arrivaient, marquant le début d’une longue et tragique traversée de l’enfer. Des passages noirs dignes des plus grands thrillers, qui prouve l’incroyable talent de l’auteure. Les descriptions détaillées (lors de la descente dans le puits, de la visite de la prison…) ne peuvent qu’ajouter au réalisme des scènes et accroître le frisson du spectateur.

Le point final de ce premier tome – oui, La légion de la colombe noire signe le début d’une toute nouvelle saga bien prometteuse -, est chargé d’émotions, d’une triste déclaration qui émeut nos tristes âmes fragilisées. Avec ce sublime dénouement, l’auteure est certaine de me retrouver pour une seconde lecture, en occurrence la suite de ce premier roman.

Chargé de mystère, d’amour et d’actions, ce roman fantastique se lit d’une traite, sans pause et sans ennuie. Les personnages, hautement attachants et l’intrigue opaque à souhait, font de ce livre inquiétant, une mystérieuse histoire tragique, teintée de démons sordides.

 

Ma note : 6,5/10