Pourquoi pas nous ?


Pourquoi pas nous ? de Becky Albertalli et Adam Silvera

374 pages, éditions Hachette romans, à 16,90€


Résumé : Arthur est à New York pour l’été, en attendant de savoir s’il va être reçu à Yale. Lorsqu’il croise le chemin de Ben dans un bureau de poste, c’est le coup de foudre. Il y voit un signe du destin. De son côté, Ben doute que le destin soit de son côté : il vient de rompre avec son petit ami, Hudson, et n’est pas vraiment prêt pour une nouvelle relation. Pourtant, ni l’un ni l’autre ne parviennent à oublier cette première rencontre. Au fil des rendez-vous, les deux garçons se rapprochent, jusqu’à ce qu’Arthur découvre que Ben, toujours ami avec Hudson, préfère se confier à son ex-petit copain. Arthur est dévasté. Il est persuadé que son amour est à sens unique. Il leur faudra le soutien de leurs amis pour dépasser les malentendus afin de mieux se retrouver.


Extraits  « Je m’en tape que Ben prenne des cours de rattrapage. Je m’en tape; qu’il ait ou non un boulot prestigieux ou qu’il pose sa candidature à Yale. Ce qui m’importe, c’est le courage avec lequel il a fait face à cette ordure dans le métro, et le frisson qui s’empare de moi quand je reçois ses textos. Ce qui m’importe, c’est le soin qu’il a mis à me rendre mon premier baiser parfait. »

« Peut-être que la vie, ça consiste à accueillir des gens dans votre existence pendant un temps, prendre ce qu’ils vous donnent et s’en servir dans l’amitié suivante ou la relation suivante.  »


Mon avis : Arthur et Ben vivent à New York. Arthur travaille dans l’entreprise de sa mère durant l’été, en attendant son admission pour l’université Yale. Quant à Ben, il vient de subir une déception amoureuse, avec son premier petit copain. Leurs chemins vont se croiser à un bureau de Poste, où Ben attendait pour expédier un carton rempli de souvenirs et d’affaires personnels à son ex. Le coup de foudre est immédiat pour Arthur. Ils vont échanger quelques mots, avant de se séparer, sans se laisser leurs coordonnées. Mais Ben, tout comme Arthur, n’arrivent pas à oublier leur rencontre et vont tout mettre en oeuvre pour se retrouver. Leurs chemins vont se recroiser à nouveau, pour se poursuivre ensemble. Mais l’univers n’est jamais très tendre avec les sentiments amoureux…

J’ai beaucoup aimé cette romance homosexuelle. Elle entre parfaitement dans les codes des romances classiques, mais se met à l’ordre du jour, en mettant en scène deux protagonistes masculins, qui vont tomber amoureux l’un de l’autre. Comme toute romance, ils vont se chercher, se tourner autour, et se mettre ensemble, dans une immensité de douceurs, de joies et de bonheurs.

J’ai été assez attristée par une scène du livre, qui malheureusement, doit être le lot quotidien de nombreux couples homosexuels. Ben et Arthur sont dans un train, ils sont blottis l’un contre l’autre, à deux doigts de s’endormir, lorsqu’un père de famille passe, avec un enfant en bas âge dans les bras, et leur reproche leur comportement soit-disant indécent en public. Il leur reproche leur manque de retenue, qui pourrait choquer son jeune enfant. Ils ne faisaient pourtant rien qui aurait pu attenter à la pudeur ou autre. Je trouve cela un peu révoltant, puisque je pense que cette même personne n’aurait jamais osée faire une telle réflexion à un couple hétérosexuel, alors même que l’attitude des deux couples aurait été la même. Cette scène, bien qu’abject, n’est rien en comparaison des nombreuses menaces, insultes et coups que reçoivent très souvent les personnes homosexuelles qui affichent publiquement leur préférence. Cela prouve bien que les mentalités doivent encore évoluer. Et je reste persuadée qu’éduquer les enfants dès leur plus jeune âge peut aider à cette évolution. C’est pourquoi je recommande la lecture de cette histoire par l’ensemble des jeunes adolescents.

Hormis cet aspect de l’histoire, j’ai eu quelques fois un peu de mal à discerner l’ensemble des personnages. Les auteurs alternant les points de vue à chaque chapitre, passant de celui de Ben à celui d’Arthur, et je pense que leurs vies étaient tellement identiques, qu’à un moment donné, les deux personnages se sont mêlés dans mon esprit et n’ont plus fait qu’un. Je n’arrivais plus très bien à discerner lequel racontait et lequel faisait quoi.

Cela n’enlève absolument rien au fait que j’ai apprécié découvrir cette histoire. Très secrètement, j’espère même que Becky Albertalli et Adam Silvera sortent une suite, pour pouvoir découvrir l’évolution de cette jolie histoire d’amour.


Une romance homosexuelle young adult agréable à lire, avec des personnages attachants. 

Ma note : 7/10

Pour lire plus d’avis

 

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Moi, Simon, 16 ans, Homo sapiens


Moi, Simon, 16 ans, Homo sapiens de Becky Albertalli

314 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n’est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est bien à l’abri derrière l’écran de son ordinateur. C’est sur un chat qu’il a « rencontré » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui.

Simplement : 1/ Ils fréquentent le même lycée.
2/ Blue est irrésistible.
3/ Il l’apprécie énormément. (Pour être tout à fait honnête, Simon commence même à être un peu accro).

Simon commet alors une erreur monumentale : il oublie de fermer sa session sur l’ordi du lycée.

Résultat ? Martin, un de ses camarades de classe, sait désormais que Simon est gay. Soit Simon lui arrange un coup avec sa meilleure amie, soit Martin révèle son secret à la terre entière. Problème réglé ? Pas si sûr…


Extraits :  « Il évoquait l’océan qui séparait les êtres. Et leur but : trouver un port qui vaille la peine d’être rejoint à la nage.« 

« Parce que l’amour, ça ne se dicte pas, ça ne s’impose pas, ça ne se manipule pas. »


Mon avis : Simon correspond depuis plusieurs mois avec un certain Blue, un inconnu qui fréquente le même lycée que lui. Sans jamais se révéler leurs véritables identités, ils s’ouvrent leurs coeurs et se racontent leurs quotidiens. Mais voilà, le temps passant, Simon commence à ressentir de l’amour pour ce garçon qu’il ne connaît pas. Des sentiments nouveaux, qu’il va apprendre à connaître et à apprivoiser.

La narration alterne entre correspondances virtuelles entre Simon et le mystérieux « Blue », et des écrits tirés du journal intime de Simon. Un mode de narration original, qui permet de dynamiser le récit.

Ce livre est un bon roman jeunesse, qui aborde de nombreuses thématiques comme l’identité sexuelle, l’acceptation de soi et le regard des autres. Le titre du livre est particulièrement bien trouvé, puisqu’il met en avant l’aspect humain de Simon, qui triomphe sur son orientation sexuelle. Simon est un garçon attiré par les autres garçons, mais ça ne fait pas de lui quelqu’un de différent. Un plaidoyer qui loue la tolérance et la différence. On voit bien que l’amour est plus fort que tout et tous, et que cela ne sert à rien de lutter et de se cacher derrière de fausses apparences. L’histoire de Simon et de Blue pourrait inspirer certains lecteurs et leur permettre de s’accepter tel qu’ils sont réellement.

Cette histoire permet également de sensibiliser les plus jeunes à l’usage qu’ils font d’Internet et notamment à l’impact que peut avoir le web et les réseaux sociaux sur leur vie. L’homosexualité de Simon a été révélée via un post sur un Tumblr qui recense les commérages de l’école où il étudie. Cette information IRL va avoir une conséquence sur sa vie quotidienne, puisque tout le monde va redécouvrir Simon à travers son identité sexuelle étalée au grand jour. Et tout le monde ne va pas forcément abonder dans le bon sens, puisque Simon aura le droit à quelques petits blagues et agissements homophobes de la part d’anciens camarades.

Becky Albertalli aborde ces différents sujets avec simplicité et profondeur. Les personnages sont attachants et se laissent facilement aimer par les lecteurs. J’ai particulièrement apprécié Simon, que j’ai trouvé très touchant, notamment à cause de la sincérité avec laquelle il vit sa vie. C’est un jeune garçon courageux et persévérant, mature pour son âge, et très réfléchi. Ainsi, il vous fera méditer sur la nature du coming out. Pourquoi seuls les homosexuels devraient-ils faire un coming out ? Chaque personne devrait en faire un, pour affirmer son identité sexuelle au grand jour. Comme je vous l’ai dit, en plus d’être intelligent, il ne se laisse pas marcher sur les pieds et ne se conforment pas à la norme que la société impose.

Un joli roman, bien écrit et agréable à lire, qui nous fait réfléchir sur l’identité sexuelle couplée à la période de l’adolescence. Des sujets bien traités, qui permettent en partie de dédramatiser les questions de l’homosexualité chez les adolescents. J’ai bien aimé. 

Ma note : 7,5/10