Au pays des kangourous

Au pays des kangourous de Gilles Paris.
248 pages, éditions Don Quichotte à 18,00€
Résumé : « Ce matin, j’ai trouvé papa dans le lave-vaisselle. En entrant dans la cuisine, j’ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d’hier soir. J’ai
ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans. Il m’a regardé comme le chien de la voisine du dessous quand il fait pipi dans les escaliers. Il était tout coincé de partout. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans : il est grand mon papa. »
Simon, neuf ans, vit avec son père Paul et sa mère Carole dans un vaste appartement parisien au Trocadéro. Mais le couple n’en est plus un depuis longtemps. Paul est écrivain, il écrit pour les autres. Carole, femme d’affaires accomplie, passe sa vie en Australie, loin d’un mari qu’elle n’admire plus et d’un enfant qu’elle ne sait pas aimer. Le jour où Paul est interné pour dépression, l’enfant sans mère est recueilli par Lola, grand-mère fantasque, adepte des séances de spiritisme avec ses amies  » les sorcières « , et prête à tout pour le protéger. Dans les couloirs trop blancs des hôpitaux, il rencontre aussi l’évanescente Lily, enfant autiste aux yeux violets qui semble bien résolue à lui offrir son aide.
Porté par l’amour de Lily, perdu dans un univers dont le sens lui résiste, Simon va tâcher, au travers des songes qu’il s’invente en fermant les yeux, de mettre des mots sur la maladie de son père, jusqu’à toucher du doigt une vérité indicible.

Extraits : « Quand on pleure et que quelqu’un vous touche, on pleure encore plus, comme si le fait d’être aimé n’arrangeait rien. »
« Les gens ont tous leurs petites faiblesses, leurs moments de fatigue, de stress, et n’importe qui peut en passer par là. Souvent, les gens pensent que celle ou celui qui en vient à se rendre à l’hôpital pour se faire soigner a baissé les bras. Or, crois-moi, c’est tout le contraire. Le malade qui se fait soigner sait au moins qu’il est malade. Contrairement à tous ces gens qui s’enferment chez eux en
essayant de se convaincre que tout vas toujours bien ».
Mon avis : J’ai été agréablement surprise par ce roman de Gilles Paris.
Au début du livre, je m’attendais à lire une histoire un peu enfantine, bateau, sans grand intérêt ni originalité… mais au contraire, ce livre est spécial par son histoire, il est émouvant et hors normes.
L’histoire de Simon, jeune garçon de neuf ans, m’a émue. Les aventures et épreuves qu’il traverse sont vraiment affreuses, et doivent être horribles, surtout pour un enfant de cette âge-là ! Néanmoins, Simon fait preuve d’une grande maturité et d’une forte lucidité pour son jeune âge, il est également très attachant.
Le récit est raconté à la première personne du singulier, ce qui instaure une sorte de confiance et de confidences entre le lecteur et le héros du roman. de plus, nous entrons plus facilement dans l’histoire grâce au « je », nous pouvons plus assurément comprendre le point du vu du personnage principal.
Les divers sujets traités dans cet ouvrage, à savoir le mensonge que les adultes servent à leur petits pour les préserver et la dépression, sont bien mis en avant.
Ce récit, pleins d’émotions, et bouleversant à lire. de part la difficulté et la sensibilité des sujets traités, Gilles Paris réussit quand même à écrire un livre accessible à tous, facile et rapide à lire. J’ai passé un bon moment de lecture, quelques heures de détente, qui m’ont permises de m’évader et de réfléchir sur certains aspects de l’enfance.
Le petit point négatif que je voudrais relever est au sujet du personnage de Lily, la jeune fille autiste, dont Simon va faire la « connaissance » en allant rendre visite à son père aux différents hôpitaux. Tout au long de ma lecture, je n’ai pas compris que Lily était une enfant autiste… ce n’est qu’au court de la re-lecture de la quatrième de couverture, que j’ai enfin compris le pourquoi du comment.
Néanmoins, certaines zones d’ombres subsistent encore dans mon esprit : comment Simon a-t-il pu rencontrer Lily ? A-t-il fait sa connaissance en vrai, ou bien était-elle dans ses rêves et ses pensées ?
Je ne sais pas si c’est à cause de ma lecture rapide ou si c’est par ma propre faute que je n’ai pas compris le sens de certains passages, mais je n’ai pas réussi à découvrir la réponse à ses questions.
Ma note : 7/10